Situation sécuritaire au Sahel, la Mauritanie face à l’extrémisme religieux

Rouge Mauritanie


Les Emirats Arabes Unis ont conseillé récemment à leurs ressortissants de ne pas se rendre en Mauritanie. Ils viennent ainsi s’ajouter à la longue liste des pays occidentaux qui continuent de maintenir le pays « dans le rouge ». Les rumeurs persistantes sur les tentatives du groupuscule extrémiste Boko Haram à s’installer sur le sol mauritanien et l’avancée de l’Etat Islamique – fortement implanté en Libye – serviraient de toile de fond à ces mesures que d’aucuns considèrent infondées.

La Mauritanie est tombée dans la « black liste » des pays non sûrs, classification récente établie par les Emirats Arabes Unis. Ce pays du Moyen-Orient déconseille à ses ressortissants de se rendre dans de nombreux pays comme la Mauritanie, le Soudan, la Libye, l’Irak et le Liban, avec pour cause la situation sécuritaire instable dans ces pays. «La Mauritanie n’a aucune raison de figurer dans cette liste, le pays est calme et très sûr, aucun attentat terroriste n’y a été signalé depuis 2011 » font remarquer tous les analystes mauritaniens. Ces derniers trouvent que la Mauritanie souffre d’une absence totale de visibilité à l’extérieur, un déficit qui serait dû à la carence des diplomates mauritaniens à l’étranger, lesquels, au lieu de mieux faire connaître leur pays à l’étranger s’adonnent exclusivement à leur propre business. «Malgré plusieurs représentations diplomatiques éparpillées à travers le monde et un budget consistant alloué au Ministère des Affaires Etrangères, la Mauritanie reste l’un des pays les plus méconnus de la planète » soulignent-ils.
Si la Mauritanie est parvenue à bétonner ses frontières , grâce au relèvement considérable du budget de l’armée, qui s’est traduit par l’amélioration des armement, des recrutements massifs et le niveau de plus en plus élevé de la formation, des rumeurs persistantes continuent à véhiculer des images tronquées de la réalité nationale, estime-t-on dans les cercles du pouvoir.

Ainsi,  une rumeur de plus en plus persistante a évoqué il y a quelques jours les tentatives du groupe extrémiste Boko Haram à s’installer aux frontières Sud du pays. Cette rumeur est née dans le sillage de l’extradition au Sénégal d’un suspect soupçonné d’avoir des liens avec le mouvement et que les autorités mauritaniennes avaient livré il y a quelques semaines à leurs homologues sénégalais. Mais selon les spécialistes des questions terroristes, il n’y a aucun risque que Boko Haram puisse s’installer en Mauritanie, parce que ce groupe terroriste n’y dispose d’aucun potentiel foyer d’accueil. Tout cela se passe au moment où le groupuscule radical religieux implanté au Nigéria traverse une crise aigüe de leadership depuis son allégeance à l’Etat Islamique.Il semblerait que la forte contestation contre l’autorité d’Aboubacar Cheikhou, chef de Boko Haram, serait bien antérieure à cette allégeance et remonterait à 2015. Elle n’aurait cependant été évoquée qu’au détour d’une interview publiée par le journal de l’EI, «Nebe» de l’ex-porte-parole du mouvement, Abou Mous’ab Barnawi, devenu Emir de la région occidentale de l’Afrique, nom actuelle de Boko Haram depuis son allégeance.
Beaucoup pensent qu’une forte dissension divise ainsi le mouvement entre ceux qui refusent l’allégeance à l’EI, le camp de Mohamed Daoud, un ancien militaire, et ceux qui ont déjà entériné cet état de fait.

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