Birame Dah Abeid, président de l’IRA : «Je rentrerais bientôt en Mauritanie »

Lors de sa dernière conférence tenue le 17 décembre dernier à Paris, le président de l’initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Birame Dah Abeid a annoncé son retour imminent en Mauritanie, après plusieurs mois d’absence et de tournées à l’étranger. Un retour à risque selon certains observateurs.

Absent du pays depuis le mois de juin 2016, Birame Dah Abeid a annoncé son retour dans quelques semaines en Mauritanie. C’était au cours d’une conférence de presse animée à Paris samedi 17 décembre 2016 en présence des militants de l’IRA-France, d’organisations de défense des droits de l’homme et de plusieurs hautes personnalités.
Au cours de son intervention, le président de l’IRA a fait le bilan de sa tournée en Afrique, en Europe et aux Etats-Unis. Selon lui, la diplomatie active de son organisation lui a permis de marquer des points importants sur le plan international, infligeant au régime mauritanien des défaites cuisantes.
«Chaque fois que nous engrangeons des points au niveau international, le pouvoir mauritanien panique et procède à des arrestations dans les rangs de notre mouvement ». La dernière défaite sanglante infligée au gouvernement mauritanien selon lui, est cette tentative de démanteler IRA en arrêtant, torturant et condamnant lourdement les membres de son bureau exécutif avant de faire machine arrière sous le coup de boutoir de la pression internationale.
«Cette stratégie des coups d’éclats nous a permis de marquer partout des points » dira Birame qui a prôné l’union de tous les démocrates mauritaniens pour déboulonner le système en place.
«Seule l’union de toutes les forces progressistes permettra de changer la donne » ajoutera-t-il. Selon lui, IRA qui est une organisation non violente, est contre la vengeance des vainqueurs, trouvant que toute bataille peut mener à la victoire ou à l’échec. «Donnons aux thuriféraires du pouvoir qui ont tué, déporté et pillé, une porte de sortie, une sorte de paix des braves » a-t-il lancé, mentionnant l’exemple irréfléchie de l’opposition gambienne qui aux lendemains de sa victoire électorale avait commencé à menacer de représailles un pouvoir encore en place.
Pour Ahmed Baba, professeur à l’Université de Clairmont-Ferrand et membre du bureau exécutif d’IRA, «le mouvement s’est distingué par son apport qualificatif à la lutte pour les droits de l’homme en Mauritanie ». Selon lui, l’organisation ne fait qu’exiger l’application de lois que le législateur mauritanien avait votées sans penser qu’il y aura des Mauritaniens déterminés à en suivre la stricte application. Un exercice périlleux qui a valu et continue de valoir selon lui aux militants d’IRA des emprisonnements, des arrestations et des jugements tous azimuts.
Mais selon plusieurs observateurs, le retour annoncé de Birame Dah Abeid en Mauritanie est à risque. Bien que n’ayant commis aucun délit, certains craignent qu’ils ne fassent l’objet d’une interpellation par la police politique. Un risque que le président de l’IRA semble assumer entièrement.

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