Conférence de presse IRA : Birame signe et persiste, il sera candidat en 2019

Au cours d’une conférence de presse dont la première partie ressemble fort à un prêche religieux et qu’il a animée jeudi 7 septembre à son domicile, le président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Birame Dah Abeid, auréolé du titre de Hajj après son pèlerinage à la Mecque, a renouvelé son soutien aux prévenus dans le dossier du sénateur Ould Ghadde ainsi qu’aux populations éplorées du Brakna et de l’Assaba, avant de réitérer sa ferme volonté de se présenter aux élections présidentielles de 2019.

Birame (calotte blanche) entouré de ses collaborateurs (Photo Aidara)

C’est un Birame Dah Abeid, la tête surmontée de la calotte blanche des pèlerins, qui a convié les Mauritaniens à accomplir, ne serait-ce qu’une seule fois dans leur vie, le pèlerinage à la Mecque. C’était au cours d’une conférence animée jeudi 7 septembre 2017 à son domicile à Riadh à Nouakchott, en présence d’une foule de partisans. D’emblée, le président de l’IRA, a exhorté ses concitoyens à  ce 5ème pilier de l’Islam, «une expérience importante pour la construction personnelle de l’individu » dira-t-il et un «fortifiant pour tout dirigeant politique ».

Ce n’est que par l’endurance, la forte dévotion et l’élévation morale que des hommes et des femmes ont pu faire sortir de cette terre aride et inhospitalière d’Arabie il y a plus de quatorze siècle, une civilisation qui a conquis le monde et étalé sa puissance dans les quatre coins de l’Univers, dira-t-il en substance. De quoi faire méditer, selon lui, tous ceux qui se battent pour une cause et dont les conditions actuelles sont meilleures que celle des Compagnons du Prophète (PSL) qui ont su, malgré un environnement difficile, développé une religion aujourd’hui deuxième en termes d’adeptes.

Haro sur les «Tekfiristes »
Parmi les autres avantages tirés de son pèlerinage, Birame a cité l’accueil chaleureux et fraternel dont il a été l’objet à Médine et à la Mecque de la part de ressortissants mauritaniens établis en Arabie Saoudite. «Des érudits, des docteurs, qui ont tellement entendu du mal sur ma propre personne et qui, après m’avoir entendu et échangé avec moi, m’ont demandé pardon d’avoir cru aux médisances que certains courants hostiles avaient répandu sur le mouvement IRA et sur son président ». Selon lui, le plus grand danger qui menace la cohésion sociale et la stabilité du pays, ce sont ces mouvements «Tekfiristes» qui ont pignon sur rue, entretenus et soutenus par le pouvoir en place. «Ces mouvements racistes et discriminatoires animés par des érudits non pratiquants m’ont déjà excommunié et excommunié mes partisans, distribuant le titre de musulman et de mécréant selon leurs bons vouloirs » dira-t-il.  Il les a comparé à Pharaon et à son lieutenant Haman, des suprématistes qui «ne savent pas que la déchéance de Ibliss est dû justement à son orgueil et à son esprit suprématiste par rapport à Adam » a-t-il rappelé. «Pour la Paix sociale en Mauritanie et l’unité nationale, nous devons tous combattre ces  Tekfiristes, qui sèment le racisme, la discrimination et consolide l’esclavage en Mauritanie » a-t-il martelé.

Militants d’IRA (Photo Aidara)

Solidaires avec les victimes d’injustice
Revenant sur le dossier des prévenus dans l’affaire du sénateur Ould Ghadde, Birame Dah Abeid a réitéré le soutien du mouvement IRA à «toutes ces victimes du pogrom et de l’injustice érigés en système de gouvernance ». Selon lui, des citoyens respectables, des sénateurs, des hommes d’affaires, des syndicalistes, des journalistes, sont trainés dans la boue, par un régime dictatorial qui cherche à intimider tous ceux qui osent dénoncer ses dérives. Mais la leçon doit être apprise, selon lui, «car hier, c’était IRA, ses responsables et ses militants qui étaient victimes d’exactions de la part du même régime et rares sont ceux parmi les victimes actuelles qui s’étaient solidarisés avec eux. Mais nous à IRA, nous avons l’habitude de défendre toutes victimes d’injustices quelles que soient son appartenance et son orientation » a-t-il ajouté, précisant que le mouvement IRA fait du dossier Ould Ghadde son sacerdoce par le combat de terrain dont il est l’un des preux chevaliers.

En ce sens, il a demandé aux Mauritaniens, toutes tendances confondues, à cultiver l’esprit de solidarité pour toute victime d’injustice, rappelant dans ce cadre le «Pacte de l’honneur » (Hilv El Voudoula) signé durant la période Jahilite par quelques Qoraïch dans la maison de Abdoullah Ibn Jid’Ane, pour mettre fin à l’injustice de certains d’entre eux qui avaient l’habitude de détrousser en toute impunité de pauvres pèlerins venus de contrées extérieures.
Selon Birame, la démocratie est aujourd’hui foulée aux pieds et «nous devons faire barrage aux règlements de compte érigé par le pouvoir en épée de Damoclès brandis sur la tête de ses opposants ».

Candidat en 2019
Après avoir réitéré le soutien moral d’IRA aux populations victimes des dernières intempéries dans les régions du Brakna et de l’Assaba, Birame a dénoncé le manque d’intérêt et la nonchalance avec laquelle les autorités ont géré ces drames, fustigeant le voyage du président Mohamed Abdel Aziz en France alors que des populations sont sinistrées et en deuil.

Il a par la même occasion rappelé que sa candidature pour la présidentielle de 2019 est plus actuelle que jamais, exhortant ses militants à entamer dès à présent les démarches pour la préparation d’une telle échéance, en termes de sensibilisation des électeurs sur leur devoir de vote, d’inscription sur les listes électorales, d’obtention de leur carte d’identité. Une mobilisation qui devra se faire selon lui, au niveau de toutes les circonscriptions, de tous les départements, de toutes les Wilayas. «Si aux termes de toutes ces procédures, nous gagnons les élections, et qu’une CENI ou qu’une Cour nous vole notre victoire, nous l’anéantirons » a-t-il averti.

Cheikh Aïdara

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *