La Suède, un partenaire peu connu des acteurs mauritaniens

Très présente en Afrique de l’Ouest, à travers notamment les projets financés par le Fonds africain de développement (FAD) et la Banque africaine de développement (BAD), mais aussi à travers son initiative pour la finance au service de l’Afrique dite MFW4A (Marking Finance Work for Africa), la Suède est l’une des nations occidentales les plus généreuses en matière de soutien et d’appui à l’Afrique dans l’urgence humanitaire et l’agriculture notamment. L’Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (en anglais SIDA pour «Swedish International Development coopération Agency) vient d’octroyer à certaines organisations mauritaniennes la bagatelle de 32, 5 millions de couronnes suédoises, soit, 4, 306 millions de dollars U.S. Cette aide est passée inaperçue, presqu’octroyée en catimini à des organisations internationales basées en Mauritanie.

Cette aide a été octroyée dans le cadre de la réponse humanitaire face à la sécheresse persistante en Mauritanie pour la période 2017-2018, en coordination avec l’Equipe Pays des Nations Unies. Elle a ciblé les secteurs de la sécurité alimentaire, la nutrition et le secteur agricole.

Les acteurs sélectionnés sont : Action contre la faim (ACF) qui a bénéficié d’un montant de 5 millions de couronnes, le Croissant Rouge Mauritanien en coopération avec la Croix Rouge Suédoise pour 3 Millions de couronnes, la SMC avec l’ONG Espoir pour 4 Millions de couronnes, la FAO avec 10 Millions, l’UNICEF avec 7 Millions et OXFAM avec 3, 5 Millions de couronnes.

Certes, la politique africaine de Stockholm est un modèle en matière d’aide publique au développement, la Suède figurant parmi les nations les plus généreuses. Le contribuable suédois donne plus de 200 dollars par an, alors qu’en France,  avec le même PIB par habitant, le contribuable en donne deux fois moins. Seulement, la visibilité de la Suède en Mauritanie reste presque nulle, bien que les autorités suédoises actuelles cherchent à repenser les rapports avec l’Afrique dans le sens d’une meilleure efficacité de l’aide octroyée aux pays du continent.

Reste que le soutien financier que la Suède vient d’accorder à certains de ses partenaires en Mauritanie n’a pas répondu, selon des spécialistes, à la note d’orientation de l’IASC (la plus haute instance mondiale dans le domaine humanitaire), notamment sur l’emploi de l’approche de groupe sectoriel (cluster approach).

Selon cette note, les bénéficiaires des subventions, en l’occurrence les organisations bénéficiaires, doivent suivre les recommandations et les engagements du Comité permanent inter-organisations (2007) relatifs aux responsabilités à l’égard des populations touchées et à la protection contre l’exploitation et les atteintes sexuelles. La note exige également aux organisations bénéficiaires des subventions dans le domaine de l’humanitaire d’adopter des mécanismes institutionnels alimentant et soutenant des approches collectives –et ou- coordonnées, axées sur l’être humain, de nature à permettre aux femmes, aux filles, aux garçons et aux hommes, y compris les plus marginalisés et les plus vulnérables au seins des communautés touchées, de participer avec un rôle actif, à la prise des décisions qui auront une incidence sur leur existence, leur bien-être, leur dignité et leur protection. La note d’orientation recommande aussi aux organisations bénéficiaires d’adopter et de maintenir des partenariats équitables avec les acteurs locaux afin de consolider la bonne relation et la confiance avec les communautés cibles.

Cheikh Aïdara

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