L’assèchement de la mare de Kankossa menace la vie des populations

L’assèchement de la mare de Kankossa menace les moyens d’existence des populations de cette ville, chef-lieu de la Moughataa relevant de la région de l’Assaba. L’alerte est donnée par l’Association pour le Développement Intégré du Guidimagha (ADIG) qui travaille sur la région du Guidimagha et de l’Assaba.

Le tarissement des ressources en eau de cette mare interpelle en effet les pouvoirs publics et les partenaires au développement  sur le sort préoccupant des populations locales dont la mare constitue l’unique source en eau et en ressources économiques. Hormis l’usage domestique, la mare regorge de poissons, développant ainsi une activité de pêche qui fait travailler des dizaines de personnes et alimente le marché en produits riches en protéine.

La mare abreuve également les animaux, mais aussi participe au développement du maraîchage et de l’agriculture locale. Plusieurs milliers de personnes vivent des ressources qu’elle fournit et de l’écosystème engendré par sa présence pluriséculaire. Les habitants de Kankossa souffrent énormément de son assèchement et de la détérioration des capacités de production agricole. Toutes les activités socio-économiques s’en trouvent affectées et la surexploitation des ressources en eau et en terre entraînera sans nul doute conflits et migrations.

Le PNUD par le biais du SGP avait anticipé et  travaillé sur le long du bassin Msilé qui alimente la mare  afin d’organiser les  communautés du bassin dans une action coordonnée au niveau local (5 communes) pour protéger et préserver l’écosystème du bassin, qui représente un patrimoine commun, en tant que ressources environnementales pour le bien de générations présentes et futures. La situation s’est cependant détériorée au fil des ans, du fait des changements climatiques et de la pression démographique au cours des dernières décennies

Le contexte climatique défavorable, la forte pression démographique et la pauvreté accentuée, mais aussi l’inadéquation des politiques publiques ainsi que la faiblesse des institutions sont les principales causes de l’insécurité alimentaire dans cette zone.

La Moughataa de Kankossa enregistre le taux de malnutrition le plus élevé du pays, 6,2% de malnutrition aigüe sévère (MAS) et 20,5% de malnutrition aigüe grave (MAG). La détérioration graduelle et accélérée de la situation de la mare aura des effets néfastes sur les populations et en particuliers les femmes et les enfants qui sont déjà fragilisés par une situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle dépassant de loin le seuil d’alerte.

L’association des pécheurs de Kankossa vient de lancer un appel que vous pouvez visualiser sur le lien suivant :

http://kiffainfo.net/article24797.html

Les populations lancent ainsi un appel de détresse pour attirer l’attention des pouvoir publics et des partenaires sur la situation catastrophique de la mare. Une mobilisation rapide est requise, sur la base d’une analyse urgente de la situation afin d’assurer la survie de la population de Kankossa, avant que son état ne s’aggrave face à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle grave

Le SG de l’Association des Pêcheurs lance un appel de détresse

Dans la vidéo dont le lien est au dessus, le Secrétaire général de l’Association des pêcheurs de Kankossa, Mohamed Lemine Ould Abdallahi Ould Kaber, a déclaré que son association a alerté depuis des années les autorités administratives sur la situation de la mare qui s’asséchait année après année, sans qu’aucune oreille attentive n’ait voulu les écouter.

Mohamed Lemine Ould Kaber qui avait accordé une interview au site «Kankossa Yowm», affirme que son organisation a alerté les autorités administratives et les responsables de la commune. Ils ont même alerté tous les responsables gouvernementaux qui ont eu à effectuer des passages dans la ville, le Wali de l’Assaba et même le président de la République. L’association des pêcheurs de Kankossa accuse ainsi les autorités de faire la sourde oreille face à la menace dangereuse qui s’annonçait. Aujourd’hui, la mare de Kankossa, dit-il, s’est asséchée, créant la panique au sein de la population dont la survie est intimement liée à elle, en particulier les populations pauvres, les pêcheurs qui ont perdu leur unique source de revenus, sans compter les élèves et les commerçants.

Désignant une bande de poissons en décomposition, Mohamed Lemine Kaber n’a pas pu cacher sa douleur et a réclamé une intervention rapide des autorités.

Cheikh Aïdara 

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