Journée internationale de la contraception, les religieux au devant du combat

Imams de mosquée et jurisconsultes membres de l’Association des Ulémas de Mauritanie ont pris part avec force à la Journée Internationale de la Contraception du 26 septembre 2019 organisée sous le thème «Espacement des naissances pour accélérer la réduction de la mortalité maternelle ». Le Ministère de la Santé à travers le Programme National de Santé de la Reproduction (PNSR), avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) Mauritanie, a tenu ainsi à donner un cachet particulier à cette célébration en mettant en avant le rôle des érudits dans une société mauritanienne profondément religieuse mais encore réticente à la planification familiale (PF).

Au cours de la journée deux communications ont été présentées, dont celle du Coordinateur du PNSR, Dr. Sidi Mohamed Ould Abdel Aziz sur la situation de la planification familiale en Mauritanie, acquis, défis et perspectives. Il a mis en exergue le caractère alarmant du taux de mortalité maternelle en Mauritanie, 582 décès pour 100.000 naissances vivantes, l’un des plus élevés de la région, avec un taux de prévalence contraceptive de 17, 8% dont 15, 7% pour les méthodes modernes, et un indice synthétique de fécondité encore élevé, 5, 1 enfant par femme.

Le Coordinateur a souligné les plans et stratégies mis en place depuis des années par les autorités mauritaniennes pour renverser la tendance, citant le premier Plan d’action national budgétisé de la PF (PANB) de 3 Milliards MRO qui s’est achevé en 2018, et du prochain PANB en cours d’élaboration. Mais également le Plan stratégique de la santé de la reproduction 2016-2020, le programme Maternité Sans Risques, le droit à l’accès à la santé pour les jeunes et les adolescents, le Plan de repositionnement de la PF 2019-2023 qui tient compte de l’outil FP 2020 Goals.

La deuxième communication présentée par Marième Tendghi Yahya, a porté sur la Loi portant Santé de la Reproduction adoptée en 2017 par le Parlement mauritanien. Elle a décortiqué le texte article par article, parcourant ainsi ses 26 articles et ses 8 chapitres.

Les érudits présents ont meublé les débats, certains allant jusqu’à critiquer l’écart entre la rigueur des textes de loi sur la santé et la réalité affreuse dans les structures de santé et auprès du personnel soignant. D’autres, ont demandé à ce que l’Etat profite de la prolifération des mosquées jusque dans les hameaux les plus lointains pour diffuser la loi sur la SR.

Cheikh Aïdara

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