Bamba Samory Soueidat, l’amoureux protecteur des tortues terrestres

Article : Bamba Samory Soueidat, l’amoureux protecteur des tortues terrestres
1 janvier 2020

Bamba Samory Soueidat, l’amoureux protecteur des tortues terrestres

C’est par un pur hasard, une matinée de l’année 1998, que Bamba Samory Soueidat tombe sur deux individus en train de griller une tortue. Depuis, il est devenu le protecteur de la Sulcata, menacée de disparition en Mauritanie.

 La carapace de l’animal trônait sous le soleil ardent de l’Iguidi, à quelques encablures de Tiguint, tandis qu’une deuxième tortue attachée, attendait son triste sort. Pris de pitié pour elle, il débourse 17.000 UM, une fortune à l’époque, pour empêcher la malheureuse de finir en brochette. Il décide de la ramener à Nouakchott. Une passion était née. Depuis, Bamba Samory Soueidat est devenu l’un des plus fervents protecteurs de la Sulcata, la tortue terrestre mauritanienne menacée de disparition.

Le vaste terrain qu’il avait acquis et qui vaut aujourd’hui un trésor immobilier, est devenu un refuge pour une colonie de quarante tortues, dont une centenaire et quelques septuagénaires. Grâce à ses moyens propres, Bamba Samory Soueidat a transformé les lieux en une luxuriante et exotique petite forêt de manguiers, citronniers, dattiers, ainsi qu’une riche flore importée dans les années 1990 du Sénégal, depuis les abords de la Patte d’Oie, avec le concours d’un ami jardinier sénégalais.

Les enfants émerveillés par les tortues sous le regard attendri de Bamba.

Écoliers, étudiants des filières scientifiques, de l’Université de Nouakchott ou de l’Institut supérieur de Rosso, mais aussi institutions publiques nationales ou internationales exerçant en Mauritanie, prennent de temps en temps d’assaut cette bâtisse anodine, située aux abords de l’ancienne gare routière du PK 7 de Riadh. Beaucoup d’habitants de Nouakchott ignorent que derrière ces murs dont une simple plaque signale la présence, trime un sexagénaire qui a dédié sa vie à la protection de la Sulcata. Seul. Sans l’appui de l’Etat mauritanien, ni de bailleurs ou de partenaires.

« C’est un vieil homme qui a de l’argent pour nourrir des tortues », entend-on souvent comme alibi pour se soustraire au devoir humanitaire, écologique et environnemental de soutenir un projet aussi grandiose et utile que le parc aux tortues de l’Association Dbagana pour le développement et la protection de l’environnement que préside Bamba Samory Soueidat, membre du Conseil économique, social et environnemental. Pour le moment, un seul mécène l’a déjà aidé, ce qui lui a permis de construire des abris supplémentaires pour ses tortues.

Depuis la naissance du projet, il affirme avoir déjà lâché quelques 1.600 petites tortues terrestres dans la nature, au Tagant, au Guidimagha, au Trarza et dans d’autres régions du pays, pour repeupler de nouveau ces immensités et restaurer l’équilibre naturel rompu par la raréfaction de l’espèce.

Cet après-midi de lundi 30 décembre 2019, une vingtaine d’enfants de la colonie de vacances de Traversées Mauritanides ont visité le parc aux tortues. Leur émerveillement et leur enthousiasme juvénile suffisaient à combler Bamba, qui n’a pas pu se retenir de manifester sa joie. Pour lui, le rire cristallin des enfants et leur curiosité doublée d’excitation au contact de ses tortues est la plus grande récompense et le plus grand appui qui lui font dire que finalement, il ne perd pas ni ses moyens (limités), ni son temps, ni son énergie !

Cheikh Aïdara

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