La Mauritanie D’Abord, hôte du président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme

Article : La Mauritanie D’Abord, hôte du président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme
11 mars 2020

La Mauritanie D’Abord, hôte du président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme

Une délégation du groupe «La Mauritanie d’Abord » conduite par sa présidente Mme Sidhe Mint Yenge, présidente de l’ONG ASPOM et du Groupe de la société civile a été reçue lundi 9 mars 2020 par le président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), M. Ahmed Salem Ould Bouhoubeïny, à son siège sis à Tevragh-Zeina.

Les échanges, au cours d’un petit-déjeuner copieux, ont recoupé les principales préoccupations de la population, l’état-civil,  le poids d’une jeunesse mal éduquée, mal formée et sans identité, l’esclavage, l’état de la justice, le problème du foncier, les injustices marquantes dans le monde du travail, l’inapplication des lois en Mauritanie, l’unité nationale, la cohésion sociale…Tout y est passé. Les intervenants ont abordé pratiquement, les questions de l’heure.

En réponse aux préoccupations avancées, le président de la CNDH a dit tout le plaisir de prendre contact avec une société civile réellement représentative de la diversité nationale, une société civile agissante et présente sur le terrain, une société civile incontournable dans la résolution des grands problèmes de l’heure et avec laquelle il serait heureux de collaborer.

Il est revenu sur les prérogatives de la CNDH que le président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh Ghazwani et le Premier ministre Ismaël Ould Cheikh Sidiya, ainsi que son gouvernement ont entièrement restitué. Conseillère du gouvernement certes, mais avant tout indépendante et souveraine, la CNDH selon Ould Bouhoubeini, et conformément au mandat que lui confèrent ses textes, a désormais cartes blanche de la part des plus hautes autorités pour jouer pleinement son rôle de gardienne de la justice sociale et du respect des droits de l’homme en Mauritanie.

Selon lui, dès qu’un cas d’esclavage est signalé, une commission composée de représentants de son institution, du Bureau du Haut-commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme en Mauritanie et de la société  civile se rend aussitôt sur place pour suivre le dossier. Dans les deux cas de la jeune Maïga et du jeune Beibeu, il s’agit selon lui, pour le premier cas, de maltraitance commise sur une employée et pour le second cas de travail d’enfant. Dans les deux cas, dira-t-il, il y a eu violation des droits de l’homme et atteinte aux droits d’enfant, mais pas d’esclavage au sens primaire du terme. Une thèse que ne partagent pas cependant certaines organisations des droits de l’homme qui parlent de «blanchiment» de cas d’esclavage dans les deux cas cités.

Dans le domaine de l’état-civil, Ould Bouhoubeïny se dit prêt à accompagner tout Mauritanien qui se sentirait privé de ses papiers par mesure discriminatoire, soulignant que le gouvernement est conscient de l’acuité de la situation et de l’urgence à régler ce problème. D’où les mesures prises récemment consistant à créer des centres départementaux de l’état-civil pour accélérer et décentraliser les opérations d’enrôlement afin de trouver des solutions aux nombreux cas qui se posent au niveau local.

En conclusion, le président de la CNDH s’est dit ouvert à toutes les organisations de la société civile ainsi qu’à toutes les victimes de violation de droits humains, soulignant que le temps des arrestations abusives est révolu. Que quelqu’un soit arrêté, dira-t-il en substance, dès que la CNDH est saisie, ses parents sauront dans les minutes qui suivent dans quel commissariat il est détenu. A la minute, le détenu pourra rencontrer sa famille, recevoir son avocat, son médecin et ses médicaments, s’il le souhaite. Il a ajouté également que la CNDH peut visiter tous les lieux de détention, s’enquérir de la situation de tout prisonnier et intervenir rapidement si nécessaire.   

Cette nouvelle donne qui confère à la CNDH un rôle central dans la défense des droits de l’homme dans le pays, dénote, selon Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, la priorité que les nouvelles autorités mauritaniennes accordent au respect des droits de l’homme en Mauritanie.

Un avis que ne partage pas cependant bon nombre d’organisations de la société civile. Ainsi, certains activistes des droits de l’homme trouvent que sur ce plan, les avancées restent encore timides, d’autres ont l’impression qu’aucun progrès notoire n’a été enregistré, tellement selon eux, l’ampleur des injustices reste importante, ainsi que les atteintes à l’unité nationale et à la cohésion sociale.

A la fin de l’entretien, la délégation du groupe «La Mauritanie d’Abord » et le président de la CNDH ont pris une photo de famille devant le perron de l’institution.

Cheikh Aïdara

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