Premier cas de coronavirus en Mauritanie : les autorités tentent de circonscrire le mal et la panique

Article : Premier cas de coronavirus en Mauritanie : les autorités tentent de circonscrire le mal et la panique
16 mars 2020

Premier cas de coronavirus en Mauritanie : les autorités tentent de circonscrire le mal et la panique

Ça y est ! La Mauritanie a enregistré son premier cas de coronavirus. Un expatrié travaillant pour le compte de la société Tasiast, qui exploite l’or dans le pays, serait le premier à être testé positif sur le territoire. Le patient en provenance d’Europe se serait auto-isolé, quatre jours après son retour dans le pays, lorsqu’un ami à lui qu’il venait de quitter lui a appris qu’il avait attrapé le virus. Il a aussitôt averti les autorités sanitaires mauritaniennes qui l’ont placé aussitôt en isolement, ainsi que toutes les personnes avec qui il était en contact.
Le ministre de la Santé, Dr. Nedhirou Hamed (costume bleu) visitant un centre de rétention des suspects

Le soir-même, le ministre de la Santé, Dr. Nedhirou Hamed, annonçait à la télévision publique ce premier cas. Mais selon le ministre, son département s’était déjà préparé à cette éventualité et avait ainsi pris toutes les mesures nécessaires pour faire face à cette pandémie. Et les premières mesures de tomber. Fermeture de tous les établissements d’enseignement, du primaire à l’Université, en passant par les instituts qu’ils soient publics ou privés, interdiction de toute manifestation à caractère publique ou privée, culturelle ou sociale, suspension des prières collectives dans les mosquées, suspension de tous les évènements sportifs, fermeture de 26 points d’entrée dans le territoire, suspension de plusieurs vols en provenance de six pays d’abord, Chine, Corée, Iran, France, Espagne et Italie. Cette mesure semble avoir été élargie car il serait question aujourd’hui de la fermeture de tous les points d’entrée et de la suspension de toutes les liaisons avec l’extérieur à partir du mardi 17 mars 2020. Les émissions de télévision se multiplient, les spécialistes, médecins, religieux, sociologues, se relayent dans les médias pour expliquer la nature de ce virus, ses symptômes, les mesures préventives. Deux numéros verts sont mis à la disposition du public et le ministère de la Santé déploie ses moyens techniques et humains, tandis que la Banque Mondiale vient d’injecter 5 millions de dollars U.S pour aider le pays à faire face à la maladie.

La panique s’installe déjà, malgré les multiples conseils des autorités expliquant que la population doit rester calme et sereine, et que toutes les mesures ont été prises pour freiner l’évolution de la pandémie dans le pays. N’empêche, les ballets masqués ont déjà commencé. La rue mauritanienne, Nouakchott en particulier, commence à voir apparaître de plus en plus de personnes avec des cache-nezs blancs ou bleus. Une célèbre cantatrice qui appréhendait apparemment l’apparition du premier cas, aurait chaussé son cache-nez dès l’annonce du premier cas alors qu’elle était en pleine séance musicale. L’habitude des Mauritaniens commence ainsi à changer peu à peu. Les accolades, les serrements de main, les séances de thé publiques, se raréfient. L’heure est à la prudence. Qu’une personne éternue dans la rue, la méfiance se lit sur les visages alentours. Qu’on tousse, et c’est toute la rue qui se vide. Pour le moment, ces évolutions sont encore à peine perceptibles. Les Mauritaniens dans leur majorité continuent en effet à vaquer à leur train-train quotidien. Les habitudes mécaniques se maintiennent, mais tout le monde sent que plus rien ne sera plus exactement comme avant.

Cheikh Aïdara

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