DÉCLARATION ALLIANCE SC SUN MAURITANIE : La nutrition est passée sous silence dans le Plan National Multisectoriel de Riposte au COVID-19

Article : DÉCLARATION ALLIANCE SC SUN MAURITANIE : La nutrition est passée sous silence dans le Plan National Multisectoriel de Riposte au  COVID-19
15 mai 2020

DÉCLARATION ALLIANCE SC SUN MAURITANIE : La nutrition est passée sous silence dans le Plan National Multisectoriel de Riposte au COVID-19

La Mauritanie vient d’adopter son Plan National Multisectoriel de Riposte au  COVID-19 et qui repose sur trois piliers : a) la réponse sanitaire et sécuritaire à la pandémie ; b) la réponse économique et sociale immédiate ; c) la relance de l’économie. Le coût de ce plan de riposte au Covid – 19 s’élève à 24 291 439 950 MRU, soit 643 953 USD.

Nous constatons malheureusement que la nutrition est passée sous silence dans ce plan.

Or, le cycle de la malnutrition aiguë est persistant dans notre pays avec des pics en période de soudure. La sécheresse et la pression accrue exercée sur des ressources limitées contribuent à la détérioration de la situation nutritionnelle des enfants. Au cours des deux dernières années, la Mauritanie a dépassé le seuil de malnutrition aiguë sévère (MAS) fixé par l’Organisation mondiale de la Santé (MAS>2%). En 2019, la prévalence de la malnutrition chronique, qui se manifeste par un retard de croissance, est de 19% au niveau national. De plus, le taux de MAS qui menace la survie et le développement de l’enfant est de 1,8%, très proche du seuil critique (MAS>2%) ; 21 des 56 Moughataas sont dans une situation nutritionnelle critique (MAG >15% et/ou MAS > 2%) selon l’enquête SMART d’août 2019.

De plus le COVID 19 est venu aggraver une situation nutritionnelle et alimentaire déjà critique par les mesures énumérées dans le plan de réponse à savoir, le confinement, fermeture de marchés et des frontières, couvre-feu… Entrainant des pertes de revenus, des difficultés d’accès à l’alimentation et affectant l’offre de service sanitaires pour la nutrition. Même non infectieuse,  la malnutrition cause plus de décès que le COVID 19 au sein des couches les plus vulnérables enfants et femmes.

La Mauritanie a ratifié la Convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989, reconnaissant ainsi le droit qu’a tout enfant de jouir du meilleur état de santé possible, et donc son droit à une bonne nutrition avec ses trois composantes vitales: aliments, santé et soins.

Notre Pays  a également adhéré très tôt au mouvement mondial SUN pour  créer un environnement social, économique et politique propice, permettant aux enfants de réaliser leur plein épanouissement. De même,  la Mauritanie a désigné un Point Focal qui agit comme une force motrice essentielle pour le mouvement national et coordonne toutes les activités de nutrition au niveau national.

Rappelons que le plaidoyer de haut niveau porté par Mme Gerda VERBURG, Sous-Secrétaire Générale des Nations Unies et Coordinatrice du Mouvement SUN, lors de sa visite en Mauritanie en mars 2020 sur invitation du Gouvernement avait pour objectif principal de « rassembler toutes les parties prenantes autour de la nutrition, sous l’égide du Point Focal du Gouvernement ». Lors de cette visite, son Excellence, le Président de la République Monsieur Mohamed OULD CHEIKH EL GHAZOUANI, Monsieur le Premier Ministre et les membres du Gouvernement qu’elle a rencontrés, ont exprimé leur engagement politique et leur volonté d’accorder la priorité qu’il faut à la Nutrition.

Nous Alliance SC SUN Mauritanie, recommandons :

  • La traduction en actes des engagements de haut niveau pris lors de la visite de la Coordinatrice du mouvement SUN ;
  • La continuité des services de prise en charge de la malnutrition du jeune enfantdoit être assurée et la réponse au COVID 19 ne doit occulter son intérêt vital ;
  • La prise en compte de la nutrition dans le Plan National Multisectorielde Riposteau  COVID-19 ;
  • L’intégration de la plateforme multisectorielle SUN dans toutes les instances de coordination des plans de réponses au COVID 19 pour une meilleure prise en compte de la nutrition ;
  • L’identification et la priorisation de l’information dont nous avons besoin et celle qui fait défaut pour savoir comment adapter les services de prise en charge de la malnutrition aigüe dans le contexte de COVID 19 ;
  • La promotion de normes d’hygiène strictes pour les mères et toutes les personnes prenant soin/étant en contact avec les nourrissons de moins de six mois et/ou étant en contact avec des dispositifs d’alimentation, tout en recommandant activement le contact peau à peau et l’allaitement pour les mères.

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