Violences basées sur le Genre (VBG) : les Affaires sociales équipent les trois brigades des mineurs de Nouakchott

Article : Violences basées sur le Genre (VBG) : les Affaires sociales équipent les trois brigades des mineurs de Nouakchott
12 novembre 2020

Violences basées sur le Genre (VBG) : les Affaires sociales équipent les trois brigades des mineurs de Nouakchott

Le Ministère des Affaires sociales, de l’enfance et de la famille (Masef), avec l’appui technique du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), a procédé, mercredi 11 novembre 2020, à la distribution d’un lot de matériels et d’équipements aux trois brigades des mineurs de Nouakchott dans le cadre de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG). Valeur totale de ce don, la bagatelle de 571.300 (MRU), soit 14.662 dollars U.S.

Une partie des dons de l’UNFPA – Crédit UNFPA

« Ce don est crucial : il vise des jeunes issus en général de familles démunies, comme il constitue un apport considérable pour notre brigade et nos agents dans la prise en charge des survivantes« . C’est par ces mots que la commissaire cheffe de la Brigade des mineurs de Nouakchott-Ouest (Tevragh-Zeina), Hindou Mint Mohamed Laghdaf, a accueilli mercredi 11 novembre 2020 une délégation conjointe comprenant le représentant du Masef, Professeur Ely Telmoudi, conseiller technique « genre » et les représentants de l’UNFPA, Mme Khadijetou Lô, chargée de programme « violences basées sur le genre » (VBG), Bâ Djibril, consultant et Bâ Mamadou, chargé de communication.

Mme Lô remet le lot d’équipements à la Commissaire de la Brigade de Tevragh-Zeine – Crédit UNFPA

« Nous traitons beaucoup de cas de mineurs et nous insistons surtout sur la rééducation, car nous avons constaté qu’il suffit de peu pour ramener la plupart des jeunes en conflit avec la loi sur la bonne voie« , a ajouté Mme Hindou Mint Laghdaf, qui a mis en exergue les taux élevés de récidive.

Pour Mme Khadijetou Lô, chargée de programme VBG à l’UNFPA, « ce don entre dans le cadre du partenariat stratégique entre l’UNFPA et les brigades des mineurs, qui sont membres du Comité  multisectoriel de lutte contre les VBG ainsi que la plateforme multisectorielle ». Selon elle, « la police des mineurs joue un rôle important dans la chaîne de prise en charge des survivantes« . Ce don est le fruit d’une expression de besoins de la part de ces brigades, a-t-elle souligné, lors d’un atelier sur les dispositifs minimum d’urgence (DMU) en 2019. La visite qu’elle a réalisée par la suite dans les brigades lui ont permis de constater l’ampleur des violences, ce qui lui a fait entrevoir la nécessité de renforcer leur capacité dans la gestion des VBG. Elle a cité, notamment, les unités informatiques qui permettront selon elle à ces unités de police pour mineurs de disposer de bases de données sur les cas de VBG traités à leur niveau.

Mme Lô (au milieu) remettant un lot d’équipements à la Commissaire de la brigade de Dar-Naïm, en présence du Pr. Ely Telmoudi – Crédit UNFPA

Le Pr. Ely Telmoudi, qui représente le Masef au sein de la plateforme multisectorielle de lutte contre les VBG, a insisté sur l’importance de la prévention et de la prise en charge des survivantes des VBG à travers une synergie d’actions entre les structures membres, notamment le Ministère de l’Intérieur, le Masef, le Ministère de la Santé, le Ministère de la Justice, le Ministère de la Défense et le Ministère de l’Education Nationale. A cela s’ajoute les structures décentralisées (mairie, conseil régional, agences des Nations Unies, ONGs, le secteur privé, les radios de proximité et les comités de protection, d’alerte précoce et de surveillance).

A Arafat, la Commissaire reçoit des mains de Mme Lô son lot de matériels en présence du Pr. Ely Telmoudi et Bâ Djibril
– Crédit Aidara

La même distribution de dons en matériels et équipements, effectuée le même jour, a également profité aux deux autres brigades, celle de Dar-Naïm (Nouakchott-Nord) et celle d’Arafat (Nouakchott-Sud). Toutes les deux sont dirigées par des femmes commissaires de police, Mme Maïmouna Mint Yehdhih Ould Sid’Ahmed pour Dar-Naïm et Mme Aïchetou Outhmane Mohamed pour Arafat. Elles se sont félicitées de cet apport qui, selon elles, va contribuer à relever les capacités de gestion des cas de violences qui constituent le lot de leurs activités quotidiennes, tout en estimant à sa juste valeur, l’importance de ce geste vis-à-vis d’une catégorie, les mineurs, dont la plupart sont issus de familles pauvres et déshéritées.

Les lots distribués sont composés d’équipements administratifs (bureau, fauteuil, unité centrale, écran HP, armoire de rangement, imprimante, antivirus Kaspersky, climatiseur, chaises, carton rame de papier, rideaux), mais aussi des équipements pour services essentiels (grand frigo, mini bar frigo, cuisinière), des kits (matelas, couvertures, nattes, moustiquaires) ainsi que des produits désinfectants pour la prévention contre le Covid-19 (savon, eau de Javel, grésil, serpillère, balai et seaux). Au total, ce don est d’une valeur de 14.662 dollars U.S, soit 571.300 MRU (plus de 57 millions ancienne ouguiyas).

Auparavant, des dons de la même nature ont été offerts à la prison de femmes de Nouakchott (30 détenues), en attendant de procéder de même pour la prison de femmes de Nouadhibou (15 détenues).

Cheikh Aïdara

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