Respect de la Constitution : Mohamed Abdel Aziz renvoie dos à dos ses partisans et ses opposants

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Abdallahi Sarr

En réitérant sa ferme volonté de respecter le principe de l’alternance pacifique au pouvoir en Mauritanie, le président Mohamed Abdel Aziz a surpris tout le monde. En fin tacticien, il a gardé le silence, tout en observant la scène politique se perdre en conjectures pendant toute la durée du dialogue et même bien avant. Entre ses partisans, qui faisaient monter les enchères en brandissant le troisième mandat, et la levée des verrous limitant le mandat présidentiel d’un côté, et ses opposants qui ont cherché à construire une popularité perdue sur le scénario d’un supposé parjure doublé d’un coup d’état constitutionnel imaginaire de l’autre côté, le président Mohamed Abdel Aziz a laissé la sauce mijoter en attendant le moment opportun pour abattre ses cartes. Pour un coup d’essai politique, son discours clôturant le dialogue national inclusif fut un véritable coup de maître. En annonçant qu’il n’avait jamais eu l’intention de briguer un troisième mandat et qu’il n’avait nullement l’intention de toucher à l’article 28 de la Constitution fixant la durée du mandat du président de la République, renouvelable une seule fois, il a en réalité coupé l’herbe sous le pied des deux camps, ses partisans comme ses opposants les plus radicaux, notamment le FNDU.

Ces derniers, désarmés et désarçonnés par le stratagème du Président Aziz, semblent aujourd’hui  perdus. Ils vivent un véritable dilemme qui menace de briser leur entente sacrée. En effet, la planche sur laquelle le FNDU et le RFD surfaient jusque-là, projetant d’en faire leur cheval de bataille lors de la fameuse marche de protestation qu’ils prévoyaient d’organiser le 29 octobre, s’est désormais brisé en mille morceaux. De là à se demander l’entêtement à maintenir une telle manifestation qui a perdu son principal slogan de campagne, à savoir l’intention de Mohamed Abdel Aziz à se maintenir au pouvoir, l’histoire d’un homme que la honte contraint à s’entêter dans son erreur, en donne une parfaite illustration.

En réalité, Mohamed Abdel Aziz a libéré tout un peuple, délié toutes les appréhensions et démontré que l’intérêt de la Mauritanie et de sa démocratie passent avant toute considération. Si les plus sceptiques de ses partenaires politiques, notamment une partie de l’opposition dialoguiste, en doutaient, l’évidence de ses propos a contribué à briser les barrières d’à-priori qui s’étaient dressées et à calmer tous les faux préjugés. Mais en décidant de lâcher le pouvoir en 2019, conformément à la Constitution, Mohamed Abdel Aziz a décidé également d’entraîner avec lui, ceux que la Constitution oblige à une retraite politique. Exit Messaoud Ould Boulkheïr et Ahmed Daddah notamment, qui auront largement dépassé la limite d’âge, prévue à 75 ans, en 2019. S’ouvrent ainsi, aux termes du dialogue qui vient de s’achever, la perspective d’un renouvellement assuré de la classe politique et le maintien de la Mauritanie dans la dynamique qu’elle avait entamée en 2005, lorsque pour la première fois de leur histoire, les Mauritaniens s’accordèrent, au sortir d’une longue crise politique, à asseoir un texte fondamental qui fixe désormais, et de façon pérenne, le principe de l’alternance pacifique au pouvoir. Aujourd’hui, la Mauritanie redevient un exemple de démocratie aussi bien en Afrique que dans le monde arabe. Le témoignage de l’ambassadeur américain à Nouakchott, SEM Larry André, exprime ainsi le satisfecit des Etats-Unis face à l’évolution politique de la Mauritanie.

 

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