Dr. Taleb Sid’Ahmed, des chaumières dénudées d’un campement d’anciens esclaves au «Panthéon de la République»

Simple, affectueux et terriblement marqué par son parcours atypique, Dr. Taleb Sid’Ahmed qui vient d’être coopté dans le premier gouvernement de l’ère Ghazwani, est le prototype du cadre supérieur, bétonné dans les abysses de la pauvreté et qui s’est moulu tout seul au contact de la vie. Sa nomination a été unanimement saluée, car elle représente la consécration d’une bataille livrée à armes inégales à une existence qui ne lui a fait aucun cadeau. A la tête du Ministère de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports, il saura, si on lui en donne l’occasion, insuffler à ce département momifié par plus de dix ans d’immobilisme, le tonus qui lui manque.

Taleb Sid’Ahmed (ici avec une vielle femme du milieu rural) durant sa mission de Chargé de Communication au Bureau de la Banque Mondiale à Nouakchott

Certains trouvent que sa nomination est liée à une vidéo largement diffusée récemment et où il raconte sa vie, une vidéo à relent de leçons de vie adressées à tous ces exclus, tous ces enfants de pauvres, tous ces oubliés des Edebaye éloignés et reclus comme il le fut, et qui leur dit, «vous aussi, vous pouvez devenir un jour quelqu’un si vous vous armez du savoir et de la connaissance, si vous allez à l’école et si vous persévérez dans vos études ».

Tel fut en effet son parcours. Exclu en 3ème année de Collège, pour n’avoir pas pu soutenir le rythme de l’enseignement pour des raisons sociales, Taleb Sid’Ahmed a appris tout seul, en autodidacte, en parallèle à des activités de puisatier par-ci, de maçons par-là, pour gagner sa vie. En 1993, il passe le baccalauréat en candidat libre sans jamais avoir fréquenté le lycée, mais en se forgeant seul, à coup de «bouffe pantagruélique d’ouvrages », au Centre culturel français, debout devant les fenêtres de certains établissements pour suivre les cours, en empruntant les cahiers de quelques camarades…

Le Bac en poche, l’enfant de Edebaye Loudeye, finira de brillantes études en Tunisie (Institut de la Presse et des Sciences de l’Information) puis décroche un doctorat à l’Université Stendhal de Grenoble en Sciences de l’Information et de la Communication. Il fait ses débuts professionnels à la Télévision de Mauritanie, puis atterrit au Bureau de la Banque Mondiale à Nouakchott comme chargé de communication, avant de s’envoler au Bureau des Opérations de la Banque Mondiale à Abidjan (Côte d’Ivoire).

Avant sa nomination, Dr. Taleb Sid’Ahmed était cadre à la Banque Maghrébine d’Investissement et de Commerce Extérieur à Tunis.

Il a publié deux ouvrages, «L’Afrique face à ses retards, quelle place pour les NTIC ? » et «Banque mondiale, Etat et société en Afrique ».

Cheikh Aïdara

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