LES PLUS GRANDS DOSSIERS D’ESCLAVAGE QUI ONT DÉFRAYÉ LA CHRONIQUE CES DERNIÈRES ANNÉES : AFFAIRE AÏN VARBA (HODH GHARBI)

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7 septembre 2016

LES PLUS GRANDS DOSSIERS D’ESCLAVAGE QUI ONT DÉFRAYÉ LA CHRONIQUE CES DERNIÈRES ANNÉES : AFFAIRE AÏN VARBA (HODH GHARBI)

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JANVIER 2012

Lutte contre l’esclavage : Heurts entre sympathisants de l’IRA et maîtres esclavagistes

La lutte contre l’esclavage menée par l’organisation non autorisée l’Ira connaît une nouvelle escalade inquiétante dans la capitale du Hodh El Gharbi où la détermination des autorités à traduire en justice les militants de cette organisation, en sit-in depuis plusieurs, avant d’être mis en garde à vue par la suite, en prélude de leur jugement, s’est terminée dimanche dernier par des violents heurts entre ces activistes et les proches des maîtres esclavagistes, qui se sont soldés par des blessés de part et d’autre, sans que la situation n’augure une accalmie pendant les prochains heures.
Evoquant ces altercations entre forces de l’ordre et ses militants, l’Ira indique dans un communiqué publié hier que ces activistes emprisonnés par la gendarmerie de Ain Farba avaient été transférés dimanche a Aioun. Objectif : être entendus par le procureur. A cet effet, l’Ira n’a pas tardé à dépêché un collectif de défense pour assister ses militants à Aioun composés de Me Zayed El Mislimine et Me Bah Ould Mbarek.
Selon cette organisation, les autorités sont toujours déterminées à détourner l’affaire de l’esclavage avéré, déclenché depuis la semaine dernière par cette organisation, vers une affaire qui oppose la gendarmerie a l’IRA, à l’instar de la première confrontation survenue il y a quelques mois à Arafat 2 à Nouakchott. L’Ira souligne également que les présumés esclavagistes ne sont pas inquiétés par cette évolution et qu’ils n’ont pas fait l’objet d’une enquête, déplorant le fait que la justice accorde une entière confiance à la gendarmerie, au lieu de déplacer ses agents experts en la matière pour situer les responsabilités et appliquer la loi.
Aux dernières nouvelles, on apprend auprès de l’Ira, que devant le tribunal d’Aioun, il y a eu une altercation entre les sympathisants de l’IRA et les parents des esclavagistes « venu fêter leur impunité garantie par le pouvoir » selon cette organisation. Quatre personnes auraient été blessées suite à ces accrochages entre des militants de l’IRA et deux jeunes, venus faire un acte de vente pour un véhicule au tribunal de la ville, a lors que se déroulait le procès des quatre détenus du mouvement abolitionniste IRA qui s’étaient rendus à Aïn Farba pour une affaire de présumé esclavagiste. « Les deux jeunes avaient provoqué les militants du mouvement IRA venus soutenir leurs amis qui sont déférés devant le parquet » selon des sources présentes sur place. Selon les dernières informations, les deux blessés de l’IRA sont encore détenus dans les locaux du commissariat de police d’Aïoun
L’Ira dénonce la torture des militants
Des photos parvenues hier aux journalistes montrent, ce qui s’apparente à des présumés actes de torture et de sévices immoraux (déshabillement), supposés exercés par les gendarmes contre les militants de l’Ira, détenus à Hodh Gharbi. Selon le mouvement IRA, ces photos ont été prises hier dimanche, lors du transfert des quatre détenus au parquet du tribunal d’Aïoun. Selon cette organisation, les militants sont arrêtés « pour avoir exigé, par un sit-in pacifique, l’application de la loi criminalisant l’esclavage ». Le principal chef d’inculpation est « l’appartenance à une organisation non reconnue » selon le mouvement.

Cas d’esclavage à Ain Farba: « Mes enfants étaient bien des esclaves d’Ehel Khanvour à Agharghar » dixit Mbarek, père des huit présumés esclaves.

lundi 23 janvier 2012

LE CALAME : Dans une déclaration aux défenseurs des droits de l’homme, notamment Boubacar Messaoud, président de SOS-Esclaves et Aminetou Mint El Moktar, présidente de l’Association des Femmes Chefs de Familles (l’AFCF) Mbarek, le père des neuf enfants esclaves dans l’affaire Ain Farba, rencontré à Aioun, a reconnu sans détours que ses enfants (quatre garçons : Mohamed Lemine, Taleb Jiddou, Mohamed El Moktar, Cheikh Oumar et quatre filles : Zeinebou , Ainna, Lveive, Aichatta ) sont bel et bien des esclaves comme leur mère Salka Mint Elemine de Lettou Mint Gardi Ould Taleb Ely dont le mari Mohamed Nouh Ould Khanvour est conseiller municipal dans la commune d’Ain Farba. Le père des enfants a déclaré aussi que les maîtres leur infligeaient, parfois devant lui, toute sorte de mauvais traitements. Aussi, Mbarek a rappelé qu’il a épousé Salka après avoir souscrit à la condition des maîtres de celle-ci, qu’elle ne rejoigne pas le domicile conjugal.

La mère des enfants Salka est devenue malade mentale à cause de leur séparation suscitée par les colportages et fausses informations. Pour les responsables des droits humains, cette histoire révèle bien un cas d’esclavage avéré pour au moins les quatre caractéristiques suivantes :

– Salka a été mariée à Mbarek par ses maîtres sur la base de conditions auxquelles il a souscrit dont principalement l’exigence de rester auprès d’eux dans le village d’Agharghar.

– Sa fille Zeinebou s’est mariée sans son consentement. Son tuteur est Mohamed Nouh Ould Khanvour, l’époux de Lettou Mint Gardi Ould Taleb Ely, la maîtresse de sa maman Salka. Son père ne connaît même pas le montant de sa dot.

– Salka, sa femme habitait dans un taudis à côté de ses maitres pour qui, elle travaillait sans contrepartie et ses enfants servaient à toutes autres occupations comme bergers, domestiques.

– Tentative de Mohamed Nouh Ould Khanvour de convaincre Mbarek de lui donner une procuration attestant que ses enfants ne sont à sa charge que pour leurs bienfaits en contrepartie d’un montant de 150.000 UM et d’aller avec lui le déclarer officiellement au Wali et de dessaisir son fils ainé Mohamed Lemine qui a porté l’affaire devant les tribunaux de cette question. Mbarek a porté plainte pour l’exploitation de ses enfants et de sa femme.

 

Conférence de presse

Faisant un retour sur la question de Ain Varba, Biram a indiqué qu’il s’agit d’un cas d’une importance capitale pour son organisation, à ceci qu’il symbolise la situation des esclaves en Mauritanie. « Cet officier sera jugé, tout comme le seront ceux qui, en 1991, ont tué de sang froid des centaines de négro-mauritaniens », a souligné Biram. Il s’agit explique-t-il, d’un engagement que nous prenons devant le peuple mauritanien.
Enfin, le président s’était réjoui de la liberté acquise par les neufs membres de la famille soumise à l’esclavage à Agharghar, aux environs de Ain Varb. Mais les coupables n’ont pas été traduits devant la justice comme l’exige la loi sur la criminalisant l’esclavage. Ici encore, l’impunité des maîtres a prévalu et ce sont les défenseurs des droits de l’homme, membres d’IRA et de SOS Esclaves, qui ont été emprisonnés, torturés et traînés devant les tribunaux.

Ce que Birame Dah Abeid, a déploré, notamment la détention de Cheikh Ould Vall, Alioun Ould M’Braek et Moctar Ould Merzou, respectivement militants d’IRA et de SOS esclaves, arrêtés à Aîoun sur fond de l’affaire de Aïn Farba

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