Bureau Mauritanien pour l’Insertion (BMI), une structure au secours des jeunes chercheurs d’emploi

Article : Bureau Mauritanien pour l’Insertion (BMI), une structure au secours des jeunes chercheurs d’emploi
22 septembre 2019

Bureau Mauritanien pour l’Insertion (BMI), une structure au secours des jeunes chercheurs d’emploi

Depuis janvier 2018, des jeunes chercheurs d’emploi comme Koudy Diallo et Abdoulaye Brahim Dia, ont une porte à laquelle taper pour les accompagner dans l’insertion professionnelle. En effet, le Bureau Mauritanien pour l’Insertion (BMI), mis en place avec l’appui du Bureau International du Travail (BIT) sur financement de l’Union européenne, à travers le Fonds Fiduciaire d’Urgence pour l’Afrique dans le cadre du PECOBAT, est une structure avec une vocation d’insertion. Il intervient à Nouakchott, au Brakna, au Gorgol et au Guidimagha.

Atelier d’entretien avec des jeunes demandeurs d’emploi

«Les besoins en matière d’insertion de jeunes diplômés chercheurs d’emploi directs ou d’auto-emploi sont réels. C’est la raison pour laquelle, forts de notre expérience de plus de dix ans avec le Groupement de Recherches Technologiques (GRET), à travers son projet CAP-Insertion qui a pris fin, mon ami Alpha et moi, avions décidé en décembre 2017 de créer le BMI. Notre structure dispose de son récépissés de reconnaissance en tant que SARL», a déclaré Mamadou Bâ, l’un des initiateurs du projet. Selon lui, les jeunes chercheurs d’emploi sont confrontés aux mêmes problèmes. Ils ne savent pas à qui s’adresser pour obtenir des informations sur les opportunités de travail, de stage ou de formation professionnelle. Ils ont un besoin impérieux en services de conseils, d’orientation et d’information. Tout ce que le BMI leur offre.

Le département de Sebkha, notamment Basra, l’un des quartiers les plus précaires de Nouakchott, avec son fort taux de chômage, abrite le siège central de BMI. «Nous avons choisi de nous installer dans un quartier périphérique de la capitale, l’un des plus déshérités, parce que les structures étatiques d’emploi, comme l’Agence Nationale Pour l’Emploi des Jeunes (ANAPEJ), fournissent certes des efforts, mais n’atteignent pas une couche de jeunes résidant loin du centre-ville et confrontés à des problèmes de transport, de connexion et d’information »a précisé Mamadou Bâ. ««Ici, nous recevons beaucoup de jeunes de tout bord. A travers les contrats qui nous lient à certains partenaires, tels que le BIT ou Terre des Hommes Italie, nous assurons le suivi-insertion des jeunes formés dans le cadre de projets comme PECOBAT, pour les aider à accéder au marché du travail après leur formation» nous confie-t-il. Selon lui, le BMI accompagne aussi les jeunes désireux de créer leur propre entreprise.

Interview avec une jeune demandeuse d’emploi

Concernant la méthodologie, M. Bâ explique que leur démarche se base sur les techniques de recherche d’emploi, notamment les conseils d’orientation, le ciblage et la démarche d’emploi, les techniques d’entretien d’embauche, de rédaction de curriculum vitae (CV) et de lettre de motivation, la défense d’un projet. «Autant d’appuis que nous apportons pour répondre aux besoins des jeunes dans leur quête de travail » souligne-t-il.

Le BMI s’est impliqué dans plusieurs projets visant l’insertion et l’emploi des jeunes à l’intérieur du pays, comme le Chantier-école d’entretien routier à Aleg (Brakna), le projet PECOBAT à Kaédi (Gorgol) et à Sélibaby (Guidimagha) dans l’insertion des jeunes formés en maçonnerie-terre et en énergies renouvelables. Ces deux projets sont mis en œuvre par le BIT sur financement de l’Union européenne. A noter que contrairement à Nouakchott, où le BMI dispose d’un siège fixe, il n’est présent à l’intérieur du pays que dans les moments actifs d’exécution de contrats de suivi-insertion avec les partenaires.

«Le BMI est parvenu, dans le cadre du PECOBAT, à insérer 66 jeunes sur 96, soit un taux d’insertion de 71% » a précisé Mamadou Bâ. Il s’agit selon lui, d’un pourcentage important, compte-tenu des réalités du marché de travail mauritanien et des difficultés inhérentes à l’insertion des jeunes en situation de vulnérabilité, avec peu ou pas d’instruction de base.

Indépendamment des projets confiés par les partenaires, il ajoute que le BMI accueille également des jeunes issus d’autres quartiers précaires de Nouakchott, tels que ceux d’El Mina, de Riadh, d’Arafat ou de Dar-Naïm, qui viennent spontanément pour une recherche de stages ou d’emplois. «C’est notre participation sociale à l’effort d’insertion que nous offrons, dont l’auto-emploi » explique Mamadou Bâ. «Dans le cadre des nouveaux chantiers écoles de formation du PECOBAT, qui ont démarré à MBagne (Brakna) et Gouraye (Guidimagha), avec cofinancement de l’Union européenne et de l’Agence Française de Développement (AFD), le BIT nous à approchés à nouveau» confie-t-il. Et d’ajouter, «nous avons été invités à rencontrer les stagiaires dès le processus de sélection pour les formations, en vue d’un éventuel accompagnement en suivi-insertion».

Selon lui, à part le BIT, dans le cadre des projets financés par l’Union européenne, les partenaires du BMI sont les ONG, Terre des Hommes, ECODEV, Mauritanie 2000, GRET et Action pour le Développement (Action-Dev), ainsi que l’institution DJIKKE de microfinance et le Centre d’Accueil et de Réinsertion sociale des Enfants en Conflit avec la loi (CARSEC).

Témoignages

Koudy Abdoul Diallo, 23 ans, divorcée : «je fais partie de la promotion formée par PECOBAT en maçonnerie-terre à Kaédi. J’ai travaillé dans la construction de l’école de Dar-Salam. J’ai été contactée ensuite par le BMI, ce qui m’a permis d’être retenue pour la construction d’une autre école à Mbagne, au Brakna. Je salue l’attention particulière que BMI nous a accordée. Je les remercie de leur accompagnement et de leur aide précieuse. Je remercie également le PECOBAT, le BIT et l’UE qui nous ont formés et qui ne nous ont pas lâchés, car c’est grâce à eux que j’ai été contactée par le BMI pour la phase du suivi-insertion»

Abdoulaye Brahim Dia, électricien-maintenance formé au CFPP de Nouakchott : «j’ai été formé au CFPP de Nouakchott en électricité en 2013, puis en maintenance électrique en 2015. Je ne connaissais pas le BMI. J’avais suivi une formation supplémentaire avec le BIT sur les énergies renouvelables en 2018, ici à Nouakchott. C’est le BIT qui m’a demandé de contacter le BMI pour le suivi-insertion. Depuis, je viens de temps en temps, voir s’il y a du nouveau. En attendant, je travaille pour mon compte dans des chantiers privés dans l’installation, la maintenance, les raccordements à domicile. Je cherche une embauche dans une entreprise du BTP, et si je trouve un petit financement pour ouvrir un atelier, ce serait mieux. En attendant, je ne chôme pas, car l’essentiel pour moi est de travailler et ne pas être dépendant. Merci au BIT et à l’UE et félicitations au BMI au service des jeunes».

Cheikh Aïdara

 

 

 

 

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