Mauritanie : répression d’une manifestation anti-raciste – Note d’alerte

Article : Mauritanie : répression d’une manifestation anti-raciste – Note d’alerte
21 avril 2020

Mauritanie : répression d’une manifestation anti-raciste – Note d’alerte

Les militants de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) – Mauritanie sortaient, le matin du 20 avril 2020, sur l’avenue principale de la capitale Nouakchott, pour réclamer, pacifiquement, la libération de Mariem Cheikh injustement incarcérée 8 jours plus tôt. Mariem Cheikh est une bloggeuse qui dénonce les dérives du système de domination ethno-tribal, sa prédation et son recours récurrent à la violence, comme unique mode de régulation des contradictions dans la société. 

Manifestants IRA

La police, intervenue en surnombre, s’est violemment attaquée aux militantes et militants, les a lourdement chargés, battus, par de coups de matraques, de gourdins et de bottes. Les forces de l’ordre, en nombre, intervenaient à bord de plus d’une dizaine de pik-up, en tenue anti-émeute. Selon un premier décompte, l’on déplore 5 blessés hospitalisés et une arrestation.

Un des blessés de l’IRA

Certains blessés souffrent de contusions au thorax, à l’abdomen, aux jambes et mains oû ont subis des coups à la téte et affichent des hématomes :

Cheikh Vall

– Abdallahi Homody 

– Sidi Nagi

– Beddine Mechinou

– Mohamed Sghair.

Fut également interpellée, en état de déstresse physique : 

– Mama Moussa

Les images, jointes, témoignent de la grande brutalité de la police politique. 

Ira-Mauritanie réitère son engagement non-violent, visant à faire éclore une société égalitaire, un Etat de droit où cesseraient de prévaloir les interdictions de partis et mouvements dédiés à la défense de la dignité de l’Homme noir. Le maintien de telles exclusions, grâce à la connivence du groupe mono-ethnique et monocolore des généraux avec les milieux et l’élite suprématiste arabo-berbère, expose le pays à l’effritement, de l’intérieur, dont résulte un surcroît de fragilité face au péril mondial du terrorisme. La Mauritanie, prise en tenaille, entre la pandémie du Covid-19 et la désagrégation de la citoyenneté, n’a plus les moyens de l’autoritarisme ni le souffle de la résilience sur une simultanéité de fronts. Ses partenaires – régionaux et au-delà – se doivent d’observer la plus grande vigilance, à l’endroit d’une gouvernance qui menace la stabilité et la paix.

IRA – Mauritanie
Nouakchott, 20/avril/2020

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