Le G5 Sahel, l’Union européenne et la MINUSMA réunis à Nouakchott

Article : Le G5 Sahel, l’Union européenne et la MINUSMA réunis à Nouakchott
29 septembre 2020

Le G5 Sahel, l’Union européenne et la MINUSMA réunis à Nouakchott

Nouakchott a accueilli, mardi 29 septembre, la réunion tripartite entre les Nations Unies, l’Union européenne et le G5 Sahel, dans le cadre d’un arrangement technique pour la fourniture d’un appui opérationnel et logistique à la force conjointe du G5 Sahel. Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies vient d’élargir les prérogatives de la MINUSMA, l’Union européenne, seul partenaire du G5 Sahel, promet d’injecter 400 millions d’euros, avec un focus sur les droits de l’homme.

Le G5 Sahel, l'Union européenne et la MINUSMA réunis à Nouakchott.
De Gauche à Droite : le Chef de la Minusma le Secrétaire Exécutif G5 Sahel et l’ambassadeur Délégué UE – Crédit Aidara

En plus de la Mauritanie, des délégations sont venues des quatre autres pays membres du G5 Sahel (Burkina Faso, Niger, Mali et Tchad) et de son secrétaire exécutif, Maman Sambo Sidikou, ainsi que le Chef de la MINUSMA, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour le Mali, Mahamat Saleh Annadif, et l’ambassadeur en chef de la délégation de l’Union européenne en Mauritanie, SEM. Giacomo Durazzo. Nouakchott fut ainsi le lieu d’une réunion tripartite de très haut niveau.

Retrouver le maillon manquant du G5 Sahel

Comme l’a rappelé dans son discours le Chef de la MINUSMA, force de maintien de l’ordre au Mali, M.Mahamat Saleh Annadif, « cette réunion tripartite vient combler une lacune, voire un maillon qui a pu manquer au lancement de la force conjointe G5 Sahel depuis qu’elle a été initiée en février 2017« .

Il a aussi rappelé que les Nations unies n’ont pas seulement salué la mise en place du G5 Sahel en tant qu’institution en 2014, elles ont surtout salué la mise en place de cette structure comme outil de développement et de sécurité.

II a souligné l’engagement du Secrétaire général des Nations Unies à rendre opérationnelle cette force conjointe, car selon lui sa mission ne doit pas seulement concerner les seuls pays du G 5 Sahel, mais doit régler de manière globale les questions de sécurité. .

Le Chef de la MINUSMA a expliqué les difficultés au sein du Conseil de sécurité pour faire passer le message, ce qui a abouti à un minima, avec la résolution 2391 de 2017, accompagné par l’arrangement technique signé en février 2018 à Bruxelles, permettant ainsi la mise en place de ce financement par l’Union européenne, qui mandate la MINUSMA pour fournir cet appui logistique (rations alimentaires, carburant, évacuations médicales et autres).

Le G5 Sahel, l'Union européenne et la MINUSMA réunis à Nouakchott.
Une partie de la salle – Crédit Aidara

Un pas politique important

Enfin, le Chef de la MINUSMA a salué au passage la dernière résolution du Conseil de sécurité, qui selon lui, a permis cette concertation tripartite, déclarant que « l’appui des Nations Unies à travers la MINUSMA doit être coordonnée avec le Secrétariat exécutif du G5 Sahel« . Il s’agit, d’après lui, d’un pas politique extrêmement important, parce que c’est le maillon qui manquait.

« La réunion de ce matin a pour objectif de matérialiser cette décision importante prise par le Conseil de Sécurité« , a-t-il souligné.

Auparavant, le Secrétaire Exécutif du G5 Sahel, Maman Sambo Sidikou, avait évoqué les insuffisances à combler afin de rendre les opérations plus efficaces. Selon lui, l’objectif assigné aux bataillons ne peut être atteint par le système actuel. Cette réunion est pour lui une occasion de revisiter les méthodes en cours, ajoutant que le meilleur moyen d’atteindre les objectifs visés est d’impliquer les opérateurs locaux.

Le respect des droits de l’homme, la priorité

De son côté, l’ambassadeur délégué de l’Union européenne en Mauritanie a mis l’accent sur l’apport de l’Europe en termes financiers, dont une promesse de 400 millions d’euros déjà tenue, a-t-il souligné, évoquant une enveloppe de plus de 230 millions d’euros déboursée grâce à la facilité africaine de paix qui se décline selon lui en plusieurs composantes.

Il a cependant insisté sur deux aspects, le cadre de conformité qui met un accent particulier sur le respect des droits de l’homme et le soutien à l’équipe chargée de ce volet (HRDDP) de la MINUSMA. Il a souhaité que cette réunion puisse encourager la collaboration entre la force conjointe G5 Sahel, la MINUSMA et le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme.

Les responsables ont par la suite répondu aux questions des journalistes avant de poursuivre leurs travaux en huis clos. 

Cheikh Aïdara

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