Covid-19 en Mauritanie : une journée de débat pour l’action humanitaire et sociale

Article : Covid-19 en Mauritanie : une journée de débat pour l’action humanitaire et sociale
20 novembre 2020

Covid-19 en Mauritanie : une journée de débat pour l’action humanitaire et sociale

Le Groupe parlementaire à l’action humanitaire et sociale a organisé, mercredi 18 novembre 2020 à Nouakchott, un débat sur la situation humanitaire et sociale en Mauritanie sous Covid-19. Etat des lieux, projection et impacts socioéconomiques … La réunion s’est déroulée en présence de représentants de divers départements ministériels. Cette journée a été organisée avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).

Table officielle Crédit photo : Aidara

« La pandémie de Covid-19 est une catastrophe mondiale qui a mis à genoux les états les plus puissants du monde et qui a compromis les croissances des pays en voie de développement, avec un impact grave sur la vie des populations pauvres ». C’est en ces termes que le président du groupe parlementaire à l’action humanitaire et sociale au sein de l’Assemblée nationale, El Khalil Ould Ennahwi, a ouvert les débats sur les conséquences de la pandémie de Covid-19 sur l’action humanitaire et sociale en Mauritanie. Selon lui, « il est urgent d’activer les ressorts de notre patrimoine culturelle, la solidarité sociale, tout en veillant à renforcer la capacité des députés en matière législative dans ce domaine ».

SOS pour l’action humanitaire et sociale

« Face à la Covid-19, notre devoir en tant qu’élus est de lancer un SOS face à la dégradation de la situation humanitaire et sociale dans notre pays » ajoute Ould Ennahwi. Il souligne que dans nos traditions et notre religion, on considère que les « catastrophes sont en général dues à notre action sur la nature, d’où la nécessité d’une introspection pour changer nos comportements vis-à-vis de notre environnement« . L’objectif de cette rencontre, pour le président du groupe parlementaire, est de susciter un échange d’idées, d’expériences et d’expertises pour trouver une solution.

Une partie des députésCrédit photo : Aidara

A son tour, le représentant résident de l’UNFPA en Mauritanie, SEM. Saidou Kaboré, a indiqué que « toutes les études ont montré sur le plan mondial, régional et national, que la pandémie de Covid-19 a impacté tous les secteurs de développement, y compris les services sociaux de base ». Il a évoqué le Plan multisectoriel mis en place par le gouvernement mauritanien. Avec la santé comme axe central, ce plan a pour objectif de réduire les impacts de la pandémie notamment sur les Objectifs pour le Développement Durable (ODD).

Assurer le maintien de l’accès aux services sociaux de base

SEM. Saidou Kaboré a indiqué que les études menées par la Mauritanie pour mieux répondre à la pandémie ont mis en exergue des chiffres. Il en a cité certains dans le secteur social, où les enquêtés en 2020 ont relevé, pour 83, 6 % d’entre eux, les pertes économique dues au chômage. Environ 55,4% des interrogées ont aussi souligné le phénomène croissant des violences sexuelles. Sur la base de ces études, a ajouté le représentant de l’UNFPA, le gouvernement a développé un plan de riposte multisectoriel efficace, avec au cœur du processus la santé, mais aussi le volet économique.

Les représentants des départements ministériels – Crédit photo : Aidara

M. Kaboré a précisé que l’UNFPA s’inscrit dans la mise en œuvre de cette réponse planifiée par le gouvernement, à l’instar de tous les autres partenaires techniques et financiers, ainsi que le système des Nations Unies, pour la préservation de la propagation de la maladie ainsi que le maintien de l’offre de santé, de la reproduction en particulier. L’accent a été mis, selon lui, sur tout ce qui pouvait influer sur la réduction de la mortalité maternelle et néonatale, l’accès aux services de planification familiale et l’espacement des naissances, la lutte contre les violences, incluant les mutilations génitales féminines.

Série de présentations et de communications

Par la suite, les participants ont suivi plusieurs communications, dont celle du Dr. Zala Anssoumana, directrice Santé mère et enfant au bureau régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (WCARO), sur la « situation de la mortalité maternelle et néonatale ». Elle a rappelé les taux élevés de la Mauritanie, 582 décès maternels sur 100.000 naissances vivantes, par rapport aux pays du Maghreb notamment.

Le Directeur général de la santé publique, Dr. Sidi Ould Zahaf, a évoqué les principaux axes de la stratégie de lutte contre la Covid-1. Il a évoqué les derniers chiffres de la pandémie, tout en brossant les mesures prises par le Ministère de la Santé face à la nouvelle vague du Covid-19. Il a aussi mentionné le renforcement du dépistage (dépistage rapide et PCR) dans les hôpitaux à Nouakchott et à l’intérieur du pays, ainsi que le système de prise en charge. Une cagnotte de 13 milliards MRU a été mobilisée selon lui, pour faire face à la pandémie Covid-19.

L’ouverture des débats a été marquée par la présence du Vice-président de l’Assemblée Nationale, Mokhtar Taleb Nave, la Présidente du Conseil Régional de Nouakchott, Vatimetou Mint Abdel Maleck et le Maire de Tevragh-Zeina, Isselmou Ould Mahjoub.

Cheikh Aïdara

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