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Daech remporte une victoire en France, radicaliser l’Etat français

L’État français est entré dans une spirale de démence islamphobe sans précédent. Une victoire précieuse pour les organisations terroristes qui se servent de l’Islam pour leurs sales besognes.

Crédit photo : Clément Mahoudeau / AFP via rfi.fr

 

Cette folie de l’État français fait suite à l’affaire Mickaël Harpon, cet informaticien de la préfecture de police de Paris, auteur d’une tuerie qui a fait quatre morts parmi ses collègues. Tout musulman en France exerçant une pratique religieuse rigoriste, notamment plus exacerbée durant le Ramadan, qui porte la barbe, qui a un comportement équivoque envers les femmes, qui pratique régulièrement et de façon ostentatoire la prière rituelle, qui porte un signe noir au front, est désormais suspect de radicalisation.

Une catégorisation du parfait terroriste que le Ministre de l’Intérieur français, Christophe Castaner, vient de brosser suite à l’affaire Michael Harpon, et donc susceptible d’être complétée par le prochain terroriste qui ne manquera pas de se manifester, tant cette catégorisation à elle-seule ne parviendra pas à éradiquer les actes criminels que les détraqués de la société française, jetant leur dévolu au dernier moment et on ne sait pourquoi sur l’Islam, ne manqueront pas de commettre en prenant notre Sainte religion comme cheval de bataille.

Cette psychose générale qui s’est emparée de l’État français risque fort d’avoir de dangereuses répercussion sur les 5 millions de citoyens français de confession musulmane, laissés en proie aux délires de leurs compatriotes qui ne manqueront pas de submerger les services de renseignement français chaque jour et chaque nuit de signalements de comportements suspects d’un voisin, d’un collègue de bureau ou d’un promeneur solitaire, répondant aux critères le qualifiant de « suspect terrorise », des critères établis le plus scientifiquement du monde par le Ministre de l’Intérieur.

Imaginez les tonnes de dénonciations que les services de sécurité français vont recevoir par heure et par jour, et imaginez le nombre de musulmans de France, qui risqueront des interpellations, des interrogatoires, des harcèlements, parce que justement, la catégorisation du « parfait suspect de radicalisation », sortie de l’imaginaire du Premier ministre français, s’applique parfaitement aux musulmans du monde entier, qu’ils soient en France ou ailleurs. La France ne pourra pas empêcher ses citoyens de confession musulmane de faire leur prière quotidienne, de redoubler d’efforts dans l’adoration durant le ramadan, de porter la barbe, et d’avoir le front noirci à force de prosternation.

En plongeant dans les abysses de l’absurde, sous la poussée d’une extrême droite aveuglée par sa haine de l’Islam, soutenue en cela par une partie des médias à large audience, l’État français vient de concéder sa première défaite contre les organisations terroristes. Celles-ci se féliciteront de la victoire formidable qu’elles sont en train de remporter sur la France, et qui va les inciter à enfoncer encore et encore le clou, par des coups d’éclat qu’ils exerceront non en passant par les vrais porteurs des valeurs de l’Islam, c’est-à-dire l’écrasante majorité des citoyens musulmans de France, mais par des convertis récents, faciles à manipuler et à embrigader jusqu’à l’acte final.

Car, si l’on juge les attaques terroristes essuyées par la France, toutes sont le fait soit de délinquants multirécidivistes soit de nouveaux convertis. Des personnes qui, dans leur parcours, ne sont pas connues pour leur dévotion religieuse et, paradoxe, ignorent tout de l’Islam.

Cheikh Aïdara


Route Nouakchott-Rosso, SOGEA SATOM promet la livraison en 2020

Les travaux du tronçon Nouakchott-Rosso, entre le PK 25 et le PK 145, avancent lentement mais sûrement. La société française SOGEA SATOM chargée de la réalisation des 120 kilomètres jusqu’à Bombri  sur financement de l’Union Européenne, a promis de livrer la route en juin 2020. C’est ce qu’une mission conjointe du Ministère de l’Equipement et des Transports et les ambassadeurs de l’Union Européenne accrédités à Nouakchott étaient venu constater ce 8 octobre 2019 aux termes d’une visite de terrain. 

Application de l’enrobé au PK 29 de Nouakchott par Satom (Crédit Aidara)

«L’objet de notre visite ce matin est de nous informer sur l’avancée des travaux sur la route Nouakchott-Rosso qui est une route vitale dans le développement économique de notre pays et dans le renforcement des échanges avec les pays de la sous-région, surtout avec le démarrage incessant de la construction du pont de Rosso» a déclaré le Ministre de l’Equipement et des Transports, M.Mohamedou Ahmedou M’Haimid à la fin de la visite effectuée mardi 8 octobre 2019 aux PK 44, PK 29 et PK 26 de Nouakchott. Il a surtout insisté sur le respect des délais de livraison et celui des normes et standards signés entre le maître d’œuvre et l’entreprise française.

Le Ministre de l’Equipement (Crédit Aidara)

Le ministre qui était accompagné par ses proches collaborateurs ainsi que le Wali du Trarza, avait effectué cette tournée en compagnie des ambassadeurs d’Allemagne, France, Espagne, Grande Bretagne et l’Ambassadeur Délégué de l’Union européenne en Mauritanie, SEM. Giacomo Durazzo. Ce dernier s’est d’ailleurs félicité de l’avancée des travaux malgré quelques retards qui seront selon lui vite comblés. Il a surtout mis en exergue l’impact de cette route sur l’économie nationale et sur l’économie régionale, mais surtout sur l’emploi de la main d’œuvre mauritanienne.

SEM.Giacomo Durazzo (Crédit Aidara)

Les deux délégations, européennes et mauritaniennes, ont ainsi visité la base de vie de l’entreprise française SATOM où ils ont pu suivre une brève présentation des travaux du chantier PK 25-Bombri. L’entreprise emploie au total 362 personnes, 22 expatriés et 291 mauritaniens, dont 5 femmes. Elle travaille également avec 45 sous-traitants. Il faut noter que plus de vingt ans après la réalisation de la route Nouakchott-Akjoujt en 1997, la route Nouakchott-Rosso en cours d’exécution est le deuxième contrat routier que SATOM décroche dans le pays.

Séance de briefing (Crédit Aidara)

Après le débriefing à la base de vie, les deux délégations se sont rendues au chantier de concassage, là où se trouve l’usine de l’enrobé, avant de pousser jusqu’au PK 29 pour suivre l’application de cette dernière couche. La tournée s’est achevée au PK 26, à l’atelier d’application, là où le coquillage est traité.

Il faut souligner que les 120 kilomètres de tronçon que SATOM est en train de réaliser sont financés entièrement par l’Union européenne, à travers le 10ème et le 11ème FED (Fonds européen de développement) à plus de 51 millions Euros. C’est la deuxième adjudication, intervenue fin 2016 puis notifiée en octobre 2017. SATOM a débuté les travaux de la route le 23 février 2018 pour une livraison prévue le 22 mai 2020. Auparavant, la réalisation de la route a été confiée en 2014 à une société portugaise, Monte Adriano, qui n’a pas pu respecter les termes du contrat qui sera résilié en 2016.

Photo de famille des deux délégations (Crédit Aidara)

La route Nouakchott-Rosso est considérée comme l’un des plus importants axes routiers du pays, en ce qu’elle relie l’Europe, via le Maghreb, et l’Afrique noire. Construite en 1968, elle s’était considérablement dégradée ces quinze dernières années, au point où ses nombreux nids de poules et ses crevasses ont fauché des dizaines de vie et causé d’importants dégâts matériels.

Cheikh Aïdara


Quand Dicko Hanoune s’en prend à Brahim Bilal Ramadan

Faisant suite au droit de réponse de Brahim Bilal Ramadan, président de la Fondation Sahel dans lequel il répond à ses détracteurs qui lui ont reproché d’intercéder en faveur du gouvernement mauritanien, lors de son séjour aux Etats-Unis sur invitation du Département d’Etat, pour la levée des sanctions américaines excluant la Mauritanie des facilités commerciales conférées par l’AGOA, Dicko Henoune, activiste mauritanien des droits de l’homme résidant en France, a publié un article incendiaire où il s’en prend aux démarche entreprises par le président de la Fondation Sahel. Voici ci-après l’article de Dicko Henoune et le droit de réponse de Brahim Bilal Ramadan qui a entraîné une telle controverse.

Article de Dicko Hanoune : «Brahim Bilal Ramdane président de la Fondation Sahel est devenu paranoïaque »

Qui peut  comprendre le comportement de Brahim Bilal Ramdane, Président de la fondation SAHEL depuis son dernier séjour aux Etat Unis ? Son problème vient du double jeu qu’il joue, narguant les victimes de l’esclavage héréditaire, ce n’est pas surprenant  pour nous. Absolument pas, il tient un discours populiste en Arabe pour plaire, accompagner les esclavagistes et un autre discours en français ou anglais pour tromper l’opinion internationale et les partenaires de  la Mauritanie sur le respect des droits  de l’homme. Voila pourquoi,  il est obligé de balancer son fameux  « droit de réponse » sans qu’on ne sache à qui, il répond vraiment. Comment un président d’une organisation non gouvernementale, qui prétend  défendre le respect des droits de l’homme, va  plaider la levée des sanctions « économique » à la place de l’application des lois qui sont à l’origine de ces sanctions ?

Brahim Bilal : « J’ai plaidé également pour la levée des sanctions ainsi que pour donner une opportunité au nouveau Président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, dans l’espoir qu’il traduise ses dires en actes. Que les sanctions à caractère économique, ne nuisent qu’à la population, aux bienfaiteurs et donateurs et ceux-ci constituent le meilleur soutien – ou du moins le voudrions-nous – de la Fondation Sahel … »

Mais qui a dit à Brahim  Bilal Ramdane que les victimes de l’esclavage, d’exécutions sommaires ont bénéficié les avantages de l’AGOA ? Qu’il nous sort des exemples. Que Brahim Bilal nous  dit clairement, il parle de quelle population ? Depuis quand les sanctions l’AGOA visent les populations ? Qui a donné mandat à Brahim Bilal d’aller parlé au nom de la population  victime à sa place?  Les promesses n’engagent que ceux qui y croient, il fallait attendre les actes de Ghazouani avant d’aller plaidé quoique ça soit. Les victimes de l’esclavage ne sont elles pas aussi importantes au point à les mettre  en dessous de quelques retombées économiques en faveur de la classe féodale qui détient le pouvoir mauritanien ?  Nous mettons en garde les partenaires de la Mauritanie sur le volet du respect des droits humains  contre ces fausses  informations de la Fondation Sahel et d’autres ONG  qui prétendent défendre les droits de l’homme en Mauritanie. Le département des Etats Unis n’a pas de leçon à recevoir d’une fondation fantôme venant de la Mauritanie sur le respect des droits humains.

Rappel : Dans un décret présidentiel que vient de rendre public le Bureau américain en charge du commerce, le chef d’Etat américain, Donald Trump a informé le Congrès américain ainsi que le gouvernement mauritanien de la suspension de la Mauritanie des facilités accordées dans le cadre de la Loi sur la croissance et les perspectives économiques en Afrique à compter du 1er janvier 2019. Washington explique que sa décision a été motivée par le manque de progrès du pays en matière de lutte contre l’esclavage en Mauritanie.

Le président Donald Trump a particulièrement insisté sur l’esclavage héréditaire et les pratiques de travail forcé. «La Mauritanie ne respecte pas les critères d’éligibilité de l’AGOA. En particulier, la Mauritanie n’a pas progressé dans la lutte contre le travail forcé, précisément contre le fléau de l’esclavage héréditaire. En outre, le Gouvernement mauritanien continue à limiter la capacité de la société civile à travailler librement pour résoudre les problèmes liés à la lutte contre l’esclavage »

Brahim Bilal est il conscient de la gravité de son acte devant le département Américain ? Les ONG abolitionnistes prennent acte de ses  agissements ignobles contre l’intérêt des victimes.

Diko Hanoune/ Militant Abolitionniste  

Brahim Bilal Ramadan (2ème à partir de la droite) lors de son séjour aux USA

Droit de réponse de Brahim Bilal Ramadane, président de la Fondation Sahel

J’ai lu les commentaires d’un article paru sur Cridem à propos d’une réunion qui m’a regroupé avec le département d’État américain (TIP) et le parti travailliste (https://cridem.org/C_InfoCat.php?cat=9).

J’ai remarqué que certains politiciens semblent confondre entre les vaches. Ce qui suscite de ma part les clarifications suivantes :

– Je ne suis membre d’aucun parti politique et n’appartient à aucune tendance et je ne reçois, ni ne donne de leçons à qui que ce soit, en dehors de la fondation Sahel.

Dire que je suis envoyé par le régime ou que je travaille avec lui, ce sont de vieilles accusations sans la moindre preuve et je n’arrive pas à comprendre pourquoi certaines personnes utilisent une torche en plein jour.

– Je suis venu ici , assister à ma manière, en tant qu’organisation de défense des droits de l’homme représentant un projet communautaire, à la recherche de relations, de soutiens et de relations.

– Le titre choisi pour l’article publié sur Cridem n’était pas innocent. nous n’avons pas déployé d’efforts et nous ne sommes ni représentants du régime ni de l’opposition.

Il n’est pas de notre ressort ni compétences de lever les sanctions contre l’État, mais nous avons fourni un avis duquel nous sommes convaincus : Que les sanctions à caractère économique,ne nuisent qu’à la population , aux bienfaiteurs et donateurs et ceux-ci constituent le meilleur soutien – ou du moins le voudrions-nous – de la Fondation Sahel …

– Nous n’avons coordonné cette position avec aucune partie en dehors du contour Sahel (ici) et nous n’en demandons contre cela ni remerciements ni gratifications.

Mais cela s’inscrit dans le cadre de notre amour pour la patrie et de notre volonté de profiter de toutes les chances qui s’offrent à notre développement.

– Si une quelconque partie veut sanctionner les personnes impliquées dans la corruption et le vol de l’argent des citoyens, nous la saluons et lui tendons la main de la collaboration-

Cela nous l’avons exprimé à deux reprises – à condition que les sanctions visent les intérêts particuliers de ces personnes impliquées, tels que leurs virements bancaires, les visas pour leurs voyages, etc.

Quant au peuple mauritanien, nous sommes ici pour le défendre avec foi et impartialité.

Nous avons dit sur toutes les plateformes, ici et là, et nous continuerons à dire, à moins que quelque chose ne change vraiment, que la situation des droits de l’homme en Mauritanie n’est pas bonne ,que les lois et accords ne s’appliquent pas et qu’il n’y a pas de volonté politique de résoudre les problèmes du passif humanitaire et de l’esclavage.

L’injustice fondée sur la couleur ou la race est évidente encore et il n’ya meilleure preuve à cela, que les récentes nominations du jeudi noir.

Brahim Bilal Ramdane, Président de la fondation SAHEL


Litige foncier, quand un puissant homme d’affaires cherche à dépouiller ses pauvres voisins

La famille Haratine Ehel Hadrami vivait côte à côte avec celle du puissant homme d’affaires Mohamed Mahmoud Ould Atigh Ould Mohamed Abdallahi pendant des années dans ce qui n’était encore qu’une gazra à Arafat. La première cherchait un gît, l’autre, avec les preuves détenues aujourd’hui, l’accumulation de terres.

Derrière le mur cassé, des coeurs en colère (Crédit Aidara)

Lorsqu’enfin en 2009, l’Etat décida de régulariser ce vaste squat situé dans la Moughataa d’ Arafat, la famille Ehel Hadrami hérita du lot n°1574 du secteur 11 B, situé à proximité de l’Hôpital Sadagha et dans lequel elle a vécu de nombreuses années. Quand à la famille Mohamed Mahmoud, elle eut droit à trois terrains, l’une à l’emplacement de leur gazra et les deux autres dans une autre zone. Mais le puissant homme d’affaire voulait deux parcelles dans cette partie là, ce qu’il n’obtint pas. C’est ainsi qu’il jeta son dévolu sur celle de ses voisins. Une pauvre famille Haratine composée de plusieurs garçons et filles orphelins de père. Mais leur mère, Metou Mint Mohamed El Abd, décida de se battre pour remplacer le père disparu. Elle résista à toutes les tentatives de Mohamed Mahmoud. Un jour, ce dernier lui proposa de lui acheter le terrain. Ce qu’elle refusa catégoriquement. Il lui proposa le terrain contre ses deux terrains situés dans l’autre zone. Elle refusa. Il lui déclara alors la guerre. Selon les propos de sa fille, Khdeija, il lui aurait répondu : «puisque tu refuses de céder à toutes mes propositions, je t’arracherais ce terrain, j’ai de l’argent et l’administration est corruptible ».

Metou, la mère de la famille Hadrami, mènera pendant dix ans, un combat acharné contre Mohamed Mahmoud, fort du badge que l’administration lui avait délivré. Epuisée par ce long combat, à coups de va-et-vient devant les différentes administrations, qu’il pleuve ou qu’il vente, sous le soleil ardent et sous l’urgence du quotidien, Metou tomba malade, puis décéda en avril 2019.

Vulnérables après la mort de la mère

Restés seuls, les enfants Hadrami devenaient encore plus vulnérables. Plus de père, plus de mère pour les protéger. Des orphelins pauvres, issus d’une couche défavorisée et sans soutien. Mais la famille Hadrami s’arc-bouta sur son fameux Badge que l’Agence de Développement Urbain (ADU) lui avait délivré sous le n° 11 R, lui conférant la propriété des lieux (voir photo). Ce que la commission du Ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme allait confirmer après une visite de terrain (voir photo).La conclusion de la Commission de l’ADU du 26 mars 2014 est la suivante : «La Commission demande l’attribution du lot n° 1574 au recensé C8-271 et le déménagement des autres recensés ». Or, le recensé C8-271 est Hacen Hadrami. C’est sur cette base que le badge lui a été délivré. Ce que l’l’Inspecteur général du Ministère de l’Habitat, rapporté par la famille, a confirmé à deux reprises. Selon lui, «ce terrain, selon les données de base du département, appartient bel et bien à El Hacen Ould El Hadrami ».

Le badge délivré par l’ADU (Crédit Aidara)

Mais le puissant homme d’Affaires, Mohamed Mahmoud Ould Atigh était parvenu, par on ne sait quel stratagème, par obtenir plusieurs complicités. D’abord, celui d’un inspecteur de l’ADU dénommé Abdallahi qui bloqua dans les données de base de l’agence, le badge de la famille Hadrami, après plusieurs visites à la famille pour l’inciter à abandonner le combat. Puis, le préfet d’Arafat et contre toute attente, le préfet de Toujounine, qui osa contre toute prérogative se manifester à plusieurs reprises dans le dossier. Même la complicité du Wali de Nouakchott-Sud n’est pas à écarter, selon la famille Ehel Hadrami.

La conclusion de la Commission d’attribution du Ministère de l’Habitat (Crédit Aidara)

Ainsi, depuis près d’un mois, le préfet d’Arafat fait tout pour arracher la terre de la famille Hadrami au profit de Mohamed Mahmoud. Cette connivence des autorités administratives dans une affaire qui relève du Ministère de l’Habitat, a été vite perçue par les militants du mouvement Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), l’association antiesclavagiste dirigée par Birame Dah Abeid, comme un combat d’un clan composé de Maures contre une famille Harratine. Ce qui donne aujourd’hui à ce dossier litigieux une autre dimension. Celle de la domination et de l’esclavage qui continue de perdurer sous la forme foncière à l’encontre des Harratines qui sont toujours dépouillés au profit d’un clan d’oppresseurs.

La résistance des Ehel Hadrami renforcée par IRA

Ainsi, la résistance de la famille Ehel Hadrami fut-elle renforcée par l’afflux du mouvement IRA, dont les éléments se déployèrent dans la dite parcelle pour la protéger de jour comme de nuit. La famille Ehel Hadrami était empêchée depuis des années à construire sa parcelle, alors que Mohamed Mahmoud Ould Atigh avait pu en toute tranquillité clôturer la tienne, qu’il n’habite pas, en attendant de faire main basse sur le terrain contigu, celui occupé par la famille Hadrami.

Quelques membres de la famille Hadrami arrêtés au commissariat Arafat 1 (Crédit Hadrami)

Le préfet d’Arafat continue ainsi d’accentuer sa pression sur la famille Hadrami, multipliant les arrestations de militants d’IRA et de membres de la famille. Des arrestations qui s’arrêtent tous au niveau du commissariat d’Arafat 1, sans que les menaces de déferrement devant le Procureur de la République soient effectives. Puis, les arrêtés d’hier, se font relâcher le lendemain. Une vie qui régule désormais le quotidien de la famille Hadrami qui s’est même vu agressée un jour par le clan Mohamed Mahmoud. Il s’en est suivi des échauffourées aux termes desquels, le clan Mohamed Mahmoud a battu retraite, emportant ses blessés.

La complicité du préfet d’Arafat

Entre temps, la famille Hadrami qui vit dans des baraquements sordides était parvenue à ériger un mur de façade. Il ne dura pas longtemps, car le 3 octobre 2019, le préfet envoya des renforts de garde et de policiers, plus un «Caterpillar». La famille refusa que l’on casse son mur. La charge des forces de l’ordre fut impitoyable. Il n’y avait en ce moment que les membres féminins de la famille, dont une vieille femme aveugle qui sera bastonnée devant un grand rassemblement de curieux. Les filles furent traînées, battues, déshabillées. Puis, le petit mur, d’à peine 1 mètre de long sur 10 mètres de large, fut abattu. Des filles et quelques garçons en plus de quelques militants d’IRA furent arrêtés et conduits au commissariat de police d’Arafat 1. Le lendemain, ils furent relâchés. Ces arrestations s’étaient faites à l’insu du Directeur régional de la Sûreté de Nouakchott Sud.

Le préfet envoie des policiers casser le mur (Crédit Aidara)

Selon le témoignage de la famille, le préfet refuse de les écouter et de recueillir leur version. «Chaque fois, il nous dit que le type, c’est-à-dire Mohamed Mahmoud, dispose d’un badge. Et quand nous lui disons, nous aussi nous avons non seulement le badge, mais l’attestation de l’Inspection générale du Ministère de l’Habitat et de sa commission, attestant notre propriété, il bouche les oreilles ». Selon Hacen Ould Hadrami, le préfet a pris fait et cause pour Mohamed Mahmoud et ne veut rien entendre. «Le comble, selon lui, même le préfet de Toujounine, qui n’a rien à voir dans cette affaire qui ne relève nullement de sa circonscription s’est aussi immiscé dans ce dossier, car à plusieurs reprises, ce sont des forces de l’ordre venant de Toujounine qui viennent nous harceler. Nous savons que nous avons affaire à un puissant homme d’affaires qui est prêt à dépenser des fortunes pour récupérer notre parcelle, mais ce sera  en passant sur nos corps».

Lundi 7 octobre 2019, la famille Ehel Hadrami a promis de demander audience à la Ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, pour qu’elle tranche définitivement sur ce dossier d’injustice flagrante. «Mohamed Mahmoud dispose de plusieurs terrains, alors que nous ne possédons que celui-ci. Nous ne possédons rien en dehors et si on nous dépouille, nous préférons nous immoler ici que de quitter » a affirmé Hacen, l’aîné de la famille Hadrami.

Cheikh Aïdara