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En prélude à la 5ème édition du Festival LETRITUDE, les organisateurs ont animé une réunion préparatoire avec le public

La 5ème édition du festival des arts oratoires, LETRITUDE, aura lieu du 1er au 6 novembre 2023 à Nouakchott. En prélude à ce grand évènement culturel initié par Cheikh Diagne dit Mister X, une réunion préparatoire a eu lieu vendredi 29 septembre 2023 à l’Ecole des sciences Appliquées aux Technologies informatiques et de Management (ESTIM) sis à Tevragh-Zeine, à Nouakchott.

Mister X (au milieu de la photo) entouré de ses collaborateurs – Crédit Aidara

Un public jeune et nombreux a assisté vendredi 29 septembre 2023 à l’ESTIM, à Nouakchott, à une réunion préparatoire de la 5ème édition du festival LETRITUDE. Il s’agissait d’une sorte de brainstorming au cours duquel, le directeur du festival, Cheikh Chérif Idrissa Diagne, dit Mister X et ses collaborateurs, ont expliqué ce qu’est le festival en question. Il fallait selon les organisateurs, éclaircir certaines zones d’ombre et incompréhensions.

Lever des équivoques

Certaines pensaient qu’il s’agit d’une école de formation ou une entreprise qui offre de l’emploi. En fait, les formations dont il est question et qui seront initiées tout au long du festival sont en réalité, selon Mister X, « des formations d’initiation et d’éveil ».

Vue partielle du public – Crédit Aidara

Ainsi, chaque formation se décline sous forme de groupes WhatsApp ou sous forme de travaux en groupes. Mister X a tenu à préciser que ces formations ne sont pas exclusives et qu’elles sont ouvertes à tous les citoyens selon des tranches d’âge et en fonction des inscriptions.

D’une manière précise, la réunion de contact du 29 septembre visait essentiellement selon son promoteur, à faire savoir au public et à l’opinion ce qu’est le festival LETRITUDE ainsi que les modalités des formations prévues durant l’évènement. Cette rencontre avait aussi pour objectif, d’après les organisateurs de créer un premier lien d’échanges entre eux et le public.

Du festival LETRITUDE

Dans un communiqué diffusé le 25 septembre 2023, le staff du festival, a annoncé la tenue du festival du 1er au 6 novembre sous le sceau du numérique et de l’autonomisation du jeune artiste.

 Une vingtaine d’activités sont au programme et se dérouleront de manière simultanée avec la participation d’invités qui viendront des régions de l’intérieur du pays et de l’étranger, en particulier du Sénégal et de la Guinée. Conférences, formations et spectacles meubleront ainsi toute la semaine que durera le festival.

Vue d’ensemble du public – Crédit Aidara

LETRITUDE s’inscrit selon son promoteur dans le paysage des cultures urbaines en Mauritanie. Elle est basée sur le renforcement de capacités à travers les formations et les échanges, avec un accent sur les jeunes artistes à l’ère du numérique.

Plus de 800 jeunes formés

Plus de 800 jeune ont ainsi été ciblés et ont bénéficié des programmes du festival LETRITUDE durant ces quatre dernières années, d’après le communiqué. LETRITUDE est devenu au fil des ans, une passerelle interculturelle, entre les arts oratoires, les cultures urbaines, les arts de la vie et les instruments. Ce qui permet de se projeter vers une professionnalisation, selon ses initiateurs.

Prix Ahmed Hamza

Particularité de la 5ème édition 2023 du festival, l’introduction du Prix Ahmed Hamza pour impacter les communautés en consacrant une partie des ressources qui seront engrangées au profit des personnes vulnérables. Une façon aussi pour les organisateurs de rendre hommage à Ahmed Hamza, un ami de la jeunesse mauritanienne et soutien de première heure du festival.

Cheikh Aïdara


Projet Dialogues Migration Mauritanie, fin de clap à l’Ecole nationale d’administration de Nouakchott

Lancé en 2022, le Projet « Dialogue et Migration » en Mauritanie a été clos mardi 26 septembre 2023 dans les locaux de l’Ecole Nationale d’Administration, de Journalisme et de Magistrature (ENAJM) de Nouakchott. Ce projet était mis en œuvre par l’Agence française de développement médias (CFI) et suivi de près par l’Ambassade de France en Mauritanie.

Vue partielle de la salle – Crédit Aidara

La rencontre a été marquée à son ouverture par un échange de discours qui a porté essentiellement sur l’apport du projet « Dialogues et Migrations » dans la formation des journalistes mauritaniens.

A l’entame, une journée pleine, faite d’échanges entre les journalistes binômes qui avaient suivi une formation sur le « Traitement déontologique des enjeux relatifs aux migrations » entre le 3 et le 7 juillet 2023.

Formés en matière de migration

Vue partielle de la salle – Crédit Aidara

Cette formation théorique a été suivie par six (6) mois de coaching durant lesquels les journalistes travaillant en binôme devaient produire des articles pour consolider les connaissances et améliorer la chétive banque mauritanienne en données journalistiques dans le domaine migratoire. L’espoir est naturellement de susciter des vocations et créer une véritable presse intéressée par la problématique des mouvements humains.

Les acteurs présents

Vue partielle de la salle et de la table officielle – Crédit Aidara

La journée s’est déroulée en présence des responsables de l’ENAJM, en l’occurrence le directeur de la formation, Mokhtar Zeine, les formateurs, Houlèye Kane et Abou Dicko, et un représentant de la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA), Sy Mamadou.

Sur place, il y avait également Issa Djimera, Coordinateur CFI en Mauritanie et de l’autre côté de l’écran, en visioconférence depuis la France, Hélène Brousseau, responsable de projet « Dialogues et Migration ».

La moisson journalistique

Les participants ont suivi par la suite une restitution des productions (reportages, témoignages et portraits en presse écrite, en image et podcast) réalisées par les binômes de journalistes.  Des morceaux de vie, des retours réussis de Mauritaniens de la diaspora, des migrants étrangers obligés de prolonger leur transit à Nouakchott…

Sy Mamadou remettant son certificat à Aminata Kane de la TVM – Crédit Aidara

Bref, une panoplie de visages et de situations qui restituent la dimension de la migration Nord-Sud et Sud-Sud vue de la Mauritanie. Les participants ont meublé la journée par des échanges d’expériences et d’impression sur le projet « Dialogues et Migrations » ainsi que sur la suite à donner dans la poursuite des productions en matière de migration.

A la fin de la cérémonie, des certificats ont été remis aux participants, le tout immortalisé par une photo de famille.

Cheikh Aïdara


Interview avec Mme Hawa Dia, présidente et fondatrice de l’ONG « Femmes Leaders pour le Développement en Mauritanie »

« Notre objectif est de participer à l’inclusion sociale de tous les Mauritaniens conformément aux orientations du Président de la République »

Installée depuis plus de vingt ans aux Etats-Unis, Mme Hawa Dia, n’a pas oublié son pays la Mauritanie. Grâce à ses contacts au pays de l’Oncle Sam, elle apporte son appui aux populations démunies de son pays, grâce aux dons qu’elle parvient à collecter. L’organisation qu’elle a mise en place, « Femmes Leaders pour le Développement en Mauritanie », grâce à des femmes battantes sur le terrain en Mauritanie, s’est lancée depuis plus d’une année dans des actions de sensibilisation et d’accompagnement dans les milieux déshérités. Interview.

Mme Hawa Dia

Bonsoir Madame, le mouvement des femmes leaders pour le développement en Mauritanie aurait été créé sous votre initiative. Pouvez-vous d’abord vous présenter aux lecteurs de notre organe de presse ?

Je m’appelle Hawa sall Dia je suis Mauritanienne originaire de Bababe région du Brakna. Je vis aux Etats-Unis depuis 21 ans. Je suis la fondatrice du mouvement Femmes Leaders pour le Développement.

Pourquoi et comment l’idée vous est venue de créer ce mouvement ?

Après avoir écouté le discours du président de la République, M. Mohamed Cheikh Ghazouani, sur l’inclusion de tous les Mauritaniens, cela m’a poussé et donné le courage de contribuer à ce processus par l’implication de femmes mauritaniennes dynamiques et engagées. Je me suis lancée avec mes camarades dans le plaidoyer et la sensibilisation sur toutes les questions nationales, afin de contribuer à la formulation de solutions capables de donner corps à cette inclusion sociale si chère au Chef de l’Etat et au gouvernement.

Quels sont les objectifs de cette association, sa sphère d’intervention ainsi que ses perspectives ?

Notre association s’intéresse à toutes les questions nationales, notamment l’éducation, le développement, la justice et l’égalité de chances entre tous Mauritanien, car chaque citoyen de ce pays est un agent de développement dont les actions doivent être capitalisées et valorisées pour le bien de la Nation.

Nous sommes également dans les droits humains en général, en particulier la protection de la femme et de l’enfant. Nos actions sont aussi orientées dans le domaine de la santé, la nutrition, la lutte contre l’analphabétisme, la promotion de la paix et de la cohésion sociale, la participation citoyenne des femmes aux instances de décision politique, économique et sociale.

Nous œuvrons dans La lutte contre la désertification et la protection de l’environnement, la lutte contre les maladies endémiques, l’assistance aux personnes en situation d’handicap et l’encadrement des jeunes.

Pour le moment, nous disposons de quelques cellules actives, à Kaédi, Nouadhibou, Boghé, Bababé. A Sélibaby, notre installation est en cours.  

Est-ce que vous disposez déjà de partenaires, étrangers ou locaux, prêts à vous accompagner ?

Pour l’instant, nous avons un seul partenaire, World vision, qui nous a accompagné dans nos premières activités de sensibilisation citoyenne, notamment l’enrôlement dans les régistres de l’état-civil. Nous comptons également développer d’autres partenariats avec toutes les bonnes volontés pour relever les nombreux défis qui entravent notre développement, en particulier avec les partenaires étrangers qui le souhaitent, la société civile mauritanienne, et bien entendu le gouvernement et les autorités nationales.

Quel message souhaitez-vous lancer ?

Notre association qui a été reconnue le 18 juillet 2022 compte apporter sa participation aux efforts de développement entrepris par notre pays. Dans ce cadre, nous lançons un appel à tous les Mauritaniens et Mauritaniennes pour accompagner ce processus que nous avons lancé et d’accompagner tous les projets de développement afin de résoudre les difficultés auxquels fait face notre cher pays.

Propos recueillis par Cheikh Aïdara


Esclavage en Mauritanie, quand l’impunité devient un mode opératoire supervisé par l’Etat sous la pression des tribus

Victime de propos esclavagistes et avilissants, Moussa Bilal, un ressortissant de Boutilimit était hors de lui, lors de la conférence de presse qu’il avait animée, lundi 11 septembre 2023, en compagnie du député et président de l’ONG IRA-Mauritanie, Birame Dah Abei

Table des conférenciers – Crédit Aidara

La personne contre laquelle il avait porté plainte, également natif de Boutilimit, Sid’Ahmed Ould Jeylani, fonctionnaire à l’Agence nationale des statistiques et des analyses démographiques et économiques (ANSADE), écroué le 23 août 2023 par le Parquet de la République pour injures à caractère esclavagiste, punies par l’article 19 de la Loi 031-2015 incriminant les pratiques esclavagistes, a bénéficié d’une liberté provisoire

Moussa Ould Bilal – Crédit Aidara

Selon Moussa Bilal, sa libération s’est déroulée dans une atmosphère de fête et magnifiée par des chapelets de louanges portés par des bloggeurs de la tribu qui l’ont magnifié en héros. En fait, selon Moussa Bilal, cette liberté provisoire est la victoire du système esclavagiste et tribal sur les institutions et les lois de la République.

Pourtant, selon Abdallahi Abou Diop, responsable des droits de l’homme au sein du mouvement IRA, non seulement l’accusé, Sid’Ahmed Jeylani, est sous la coupe d’une loi réprimant des crimes contre l’humanité, mais en tant que fonctionnaire, il est passible de l’article 19 de la loi 031-2015 qui stipule : « la qualité de fonctionnaire ou d’officier public, de dépositaire ou d’agent de l’autorité ou de la force publique de l’auteur d’infractions, prévues par la présente loi, constitue une circonstance aggravante ».

Abdallahi Abou Diop – Crésit Aidara

Pire, selon lui, l’accusé a été libéré sous la pression de sa tribu, notamment de ses députés et de ses magistrats, à l’image du député de Boutilimit, Abdoul Mawahab Mohamed Houcein, qui s’est particulièrement distingué dans sa lutte pour l’obtention de cette liberté provisoire, soutenu par des magistrats de la tribu, lesquels ont échangé des blogs magnifiant ce qu’il a fait.

Dans son intervention, Birame Dah Abeid, a relevé deux curiosités. D’abord, la Cour d’Appel avait refusé tout recours contre le billet d’écrou dressé par le Parquet contre l’accusé, avant que le juge chargé du dossier ne se rétracte sous la pression tribale et n’accorde la liberté provisoire à l’accusé.

Ensuite, il s’est étonné de voir un magistrat dévoiler les secrets de l’instruction judiciaire, dans la mesure, où il a continué à communiquer avec une tierce partie favorable à l’accusé sur les résultats satisfaisants des délibérés pour l’élargissement provisoire de l’intéressé. Et ces échanges étaient répercutés sur le groupe de réseaux sociaux des intéressés.

C’est en fait, ce vaste mouvement d’impunité sur l’ensemble des cas d’esclavages jugés et condamnés depuis l’adoption en 2015 de la loi incriminant l’esclavage en Mauritanie qui a été mis en exergue et dénoncé lors de la conférence de presse.

Selon Abdallahi Abou Diop, il est étonnant de constater qu’aucune des personnes poursuivies pour des crimes d’esclavage depuis 2015 ne se trouvent en prison, alors que des dizaines de cas ont été jugés ces dernières années.

Birame Dah Abeid – Crédit Aîdara

Pire, Birame Dah Abeid a fustigé le caractère mensonger des déclarations du Commissariat aux droits de l’homme qui affirme que plus d’une cinquantaine de personnes accusées d’esclavage sont actuellement en prison. Selon lui, c’est un gros mensonge, aussi a-t-il demandé à l’actuel Commissaire, arrière-petit-fils de l’Emir du Trarza, Cheikh Ahmedou, de démissionner et de quitter l’antre de la falsification qu’est le département qu’il dirige.

Il faut noter que Moussa Bilal a affirmé, lors de la conférence, qu’il n’est pas membre du mouvement IRA, qu’il est plutôt dans la mouvance du président Ghazouani, mais qu’il est conscient qu’il s’agit de la seule organisation vers laquelle se tournent les victimes d’injustice, quelle que soit leur obédience.

Cheikh Aïdara