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Situation nutritionnelle en Mauritanie : une évaluation sous la loupe du Mouvement SUN

Un atelier d’évaluation conjointe 2017 sur les progrès réalisés par la Mauritanie dans le domaine nutritionnel par rapport aux quatre objectifs stratégiques du Mouvement SUN, a eu lieu vendredi 26 mai 2017 à Nouakchott. Plusieurs acteurs de la nutrition, cadres de l’administration publique, universitaires, membres de la société civile et du système des Nations Unies avaient pris part aux travaux.

Djibril Cissé, consultant Mouvement SUN

Rassembler les parties prenantes autour d’un espace commun, garantir un cadre politique et juridique cohérent, aligner les actions autour d’un cadre commun de résultats et assurer le suivi financier ainsi que la mobilisation des ressources ! Tels sont les quatre processus du Mouvement SUN à l’aune desquels a porté l’atelier d’évaluation conjointe 2017 des progrès réalisés en Mauritanie sur le plan nutritionnel.

Basé sur une approche participative, avec la participation des différentes parties prenantes, représentants de l’Etat, société civile, universitaires et partenaires au développement, l’atelier qui a eu lieu vendredi 26 mai 2017 à l’hôtel Wissal de Nouakchott a porté sur une présentation des réalisations en rapport avec les quatre processus du mouvement SUN ci-dessus cités ainsi que les défis posés à leur réalisation.

Un expert du Mouvement SUN, Djibril Cissé, PhD, Nutrition Manager à l’UNICEF Mauritanie avait supervisé les travaux de l’atelier où les participants s’étaient scindés en quatre groupes, avec un facilitateur et un rapporteur. Ils devaient remplir un canevas et procéder à l’évaluation des progrès et défis pour chacun des quatre processus du mouvement SUN.
Processus 1 : rassembler les parties prenantes autour d’un espace commun
Par rapport à ce premier point, la Mauritanie a mis en place en 2010 un Conseil national de développement de la nutrition (CNDN) associé à un Comité technique permanent (CTP). Elle a validé en 2016 le Plan stratégique multisectoriel de nutrition avec son cadre commun de résultats pour une meilleure coordination entre les acteurs impliqués, avec une cellule de coordination présidée par le Ministère de la Santé. Il existe également un Réseau de la société civile SUN-Mauritanie dynamique et un Réseau SUN du Système des Nations Unies doté d’un système de planification et d’un reporting annuel.

Travaux en atelier 1

Cependant des défis persistent, dont l’absence d’une planification pour la mise en œuvre du Plan stratégique multisectoriel de nutrition et un suivi annuel des progrès réalisés à travers un système de coordination. D’autre part, le Plan stratégique multisectoriel de nutrition n’a pas été vulgarisé et souffre d’un manque de suivi pour sa mise en œuvre.

Processus 2 : garantir un cadre politique et juridique cohérent
Sur le plan institutionnel, plusieurs documents et stratégies en cours pourraient être favorables à la nutrition, dont la Stratégie de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP) 2016-2030, la Politique Nationale de Santé horizon 2030, la seconde phase du Plan National de Développement Sanitaire 2017-2020, la Feuille de route pour le renforcement de la fortification à grande échelle des aliments, la révision du décret du Conseil National de Développement Nutritionnel (CNDN), l’élaboration en cours du décret sur l’application du code de commercialisation des substituts du lait maternel, la nouvelle orientation stratégique pour la supplémentation en vitamine A couplée au déparasitage et dépistage de la malnutrition aiguë, l’existence d’un réseau de parlementaires en faveur de la Nutrition, le plaidoyer de l’UNICEF pour une contribution aux intrants nutritionnels à hauteur de 200.000 dollars US planifiés en 2017, le plaidoyer engagé par la société civile en faveur du Plumby Nut dans la liste des médicaments essentiels, le processus d’élaboration de plusieurs plans de passage à l’échelle en cours pour appuyer les interventions spécifiques de nutrition, etc.

Travaux groupe 2

Les défis sont cependant énormes dans ce processus 2, dont la lenteur dans les processus d’adoption des décrets en faveur de la nutrition (Code international de substitut du lait maternel), l’insuffisante application du décret 2004-034 de 2010 sur l’obligation d’iodation du sel destiné à la consommation, la lenteur dans l’application du décret portant Conseil National de Développement de Nutrition, l’absence d’ancrage institutionnel et de coordination entre les acteurs de la nutrition, l’absence d’un système de reportage sur l’apprentissage et le maintien de l’impact de la politique nutritionnelle.

Processus 3 : aligner les actions autour d’un cadre commun de résultats
Le Plan stratégique multisectoriel de nutrition 2016-2020 reste le document de référence qui guide toutes les interventions dans le domaine de la nutrition en Mauritanie. Mais il se heurte à plusieurs défis.

Travaux groupe 3

Le premier défi est l’absence d’une planification pour la mise en œuvre de la stratégie pour permettre un suivi régulier de la situation nutritionnelle à travers un système de coordination ainsi que des revues annuelles d’analyse des progrès. Sont cités, l’inventaire des interventions spécifiques ou sensibles, mais aussi l’identification des graps, goulots d’étranglement ou actions à entreprendre.

Processus 4 : suivi financier et mobilisation des ressources
Le Budget destiné à la nutrition en Mauritanie ne représentait en 2015 que 2,4% (1,19% dépensés) par rapport au Budget annuel de l’Etat, alors que la part des interventions spécifiques par rapport au budget dédié à la nutrition ne représentait que 7,40% (6,88% dépensés).

Travaux groupe 4

Ces interventions spécifiques sont évaluées à 76 millions de dollars pour les dix prochaines années en utilisant les coûts unitaires supplémentaires calculés au niveau mondial pour atteindre les objectifs de l’Assemblée mondiale de la santé en matière de nutrition.
Ainsi, l’allocation budgétaire allouée au Ministère de la Santé n’accorde qu’une faible partie à la nutrition, en l’absence de toute perspective d’améliorer la situation.

Cheikh Aïdara

Contexte et justificatifs de l’atelier
La  Mauritanie a adhéré au Mouvement international Scaling Up Nutrition (SUN) depuis le19 mai 2011. Elle s’est ainsi dotée depuis 2016 d’un plan stratégique multisectoriel de nutrition (PSMN). Ce plan comporte un cadre commun de résultats qui donne des orientations sur le rôle attendu des secteurs ayant des interventions spécifiques ou sensibles de nutrition (Santé, Agriculture, élevage, Eau/Assainissement, Education, protection sociale). Le PSMN constitue un cadre d’orientation pour tous les acteurs intervenant dans le domaine de la nutrition. Ainsi, il sert de base pour l’élaboration des plans d’actions spécifiques aux Département Ministériel en conformité avec les responsabilités qui leur sont assignés, renforçant ainsi la redevabilité envers les résultats attendus.

Photo de famille des participants

Les dimensions multisectorielles et multi-acteurs de la lutte contre la malnutrition restent au cœur de la Stratégie et de la Feuille de route 2016-2020 du Mouvement SUN et, de plus en plus, les pays SUN démontrent les avancées réalisées en matière de dépenses et de mise en œuvre, et présentent les résultats obtenus et leur impact. Le système de suivi, évaluation, redevabilité et apprentissage (MEAL) permet de mesurer la progression du Mouvement SUN vers les résultats escomptés et d’en évaluer l’impact.

L’exercice d’évaluation conjointe 2017 a pour objectif de :

–              Favoriser le rapprochement des parties prenantes de chaque pays à travers un processus participatif, en vue d’harmoniser leur vision de l’état des transformations institutionnelles visant à renforcer la nutrition dans le pays, y compris des progrès réalisés au cours de la dernière année ;

–              Donner un aperçu des défis et des obstacles rencontrés ;

–              Mobiliser le soutien pour la réalisation d’objectifs communs,

–              Établir des priorités communes pour 2017-2018 et évaluer l’appui disponible pour les mettre en œuvre ;

–              Apporter des contributions concrètes au processus de prise de décision de l’ensemble du Mouvement SUN et son système de soutien, y compris le Comité exécutif, le Groupe principal, les Réseaux, les groupes d’experts, la Coordinatrice et le Secrétariat du Mouvement SUN.


Stratégie nationale de l’emploi : Réduire les déficits quantitatifs et qualitatifs de l’emploi

Le ministère de l’Emploi, de la formation professionnelle et des technologies de l’information et de la communication, en collaboration avec le Bureau International du travail (BIT) et l’appui de la Banque africaine de développement (BAD) a organisé le 22 mai 2017 à Nouakchott un atelier de présentation de la Stratégie nationale de l’emploi (SNE) et son Plan d’action opérationnel. L’ouverture officielle a été marquée par le discours du ministre de l’emploi, Moctar Malal Diallo, en présence du Directeur du Bureau de l’OIT à Alger et du Représentant de la BAD en Mauritanie.


L’hôtel Mauricenter de Nouakchott a abrité le 22 mai 2017 un atelier de présentation de la Stratégie nationale de l’emploi (SNE) et son Plan d’action opérationnel (PA0). Devant un parterre de responsables issus des différents départements ministériels, des membres de la société civile et de personnes ressources, le ministre de l’emploi, Moctar Malal Diallo devait mettre en exergue l’approche participative qui a sous-tendu l’élaboration de la Stratégie de l’emploi en s’appuyant sur l’expertise du BIT avec l’appui financier de la BAD. L’objectif de la stratégie est, selon lui, de résorber le problème de l’emploi à travers la création de 800.000 opportunités de travail d’ici 2030, soit 60.000 emplois par an à partir de 2019.

La transversalité de l’emploi

Le Directeur du Bureau de l’OIT à Alger, Mohamed Ali Deyahi a souligné au cours de son intervention que le BIT va œuvrer à identifier les axes et les principes d’orientation de la nouvelle Stratégie nationale de l’emploi à travers la réduction du déficit qualitatif et quantitatif de l’emploi et faire de cette stratégie la base qui servira à réaliser la croissance accélérée et la prospérité partagée ainsi que l’amélioration du climat de travail et de l’investissement.

De son côté, le Représentant du bureau de liaison de la BAD en Mauritanie, Marcellin NDong Ntah a affirmé que son institution participera à hauteur de 3,5 millions dollars U.S, soit 1,260 milliard d’ouguiyas, à la réalisation du projet d’appui à la formation et à l’emploi des jeunes.

Les participants ont suivi par la suite plusieurs communications, notamment sur le diagnostic et la vision de la Stratégie de l’emploi ainsi que son articulation avec la Stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée (SCAPP) qui est le document stratégique de la Mauritanie entre 2016 et 2030.

L’accent a été mis au cours de l’atelier sur la flexibilité de l’emploi et son caractère transversal (tous les départements ministériels sont concernés par la question de l’emploi), ce qui exige la révision du Code du travail et du Code des investissements.

La nécessité de développer l’économie sociale et solidaire pour créer des emplois et booster la créative a été évoquée, en se basant sur la réforme du système de formation et l’adaptation des outils de l’ Agence nationale d’emploi des jeunes (ANAPEJ) aux nouvelles technologies de l’information et de la communication à travers la mise en place d’une plateforme e-emploi susceptible d’améliorer le système d’intermédiation entre les acteurs de l’emploi.

Le plan d’action de l’emploi est une composante de la SCAPP

Abordant le Plan d’action opérationnel de la SNE, le directeur de l’emploi, Ould Maayiv, devait souligner que la Stratégie a une dimension contractuelle et qu’elle s’insère parfaitement dans la SCAPP, avec un volet programme secteur public-privé, des objectifs opérationnels conjoints avec les autres départements. Il a mis en exergue la nécessité d’une modernisation des programmes d’insertion professionnelle.

Selon les projections sur la croissance annuelle de la population active, celle-ci devrait atteindre 20.414 emplois actifs en 2018, avec 56% de salariés, contre 111.581 emplois actifs, avec 68% de salariés en 2030.

Une nouvelle approche formation-emploi

Le Directeur de l’Emploi a mis en exergue la conception de certaines filières, comme la formation par apprentissage, notamment la formation de maîtres de stage. Dans ce cadre, il est prévu de former en 2018, quelques 15.000 maîtres pour 11.000 apprentis, pour un budget de 2,338 milliards d’ouguiyas.

La stratégie prévoit ainsi la création de plusieurs micro-entreprises qui cibleront les sortants de l’enseignement secondaire et du supérieur, selon un cycle formation-accompagnement-appui financiers à travers l’octroi de crédits. Cette approche sera sous-tendue par l’amélioration du système d’informations sur l’emploi-formation et la création d’un Conseil Supérieur de l’Emploi qui pourrait être présidé par le Premier ministre avec une Commission technique présidée par le ministre de l’Emploi.

Un fonds pour l’emploi sera également crée et pourrait être alimenté à hauteur de 4% des droits de douane directement logé dans un compte spécial du Trésor public pour faciliter son utilisation. Ce fonds permettra, selon le Directeur de l’Emploi, de financer les différentes actions en matière de travail, avec la possibilité de lever 4 milliards d’ouguiyas auprès des partenaires techniques et financiers, voire même 10 milliards d’ouguiyas.
L’avis des participants

Dans les débats qui ont suivi, Marième Kane, présidente d’une plateforme d’incubateurs jeunes a soulevé le caractère encore inconnu en Mauritanie de l’économie sociale solidaire qui est pourtant selon elle source de créativité et d’innovation chez les jeunes, mais aussi une approche à forte potentialité d’emploi.

Un jeune cadre du ministère de l’Economie et des Finances a souligné pour sa part que le secteur public n’a pas vocation à créer des emplois et que ce  rôle doit être dévolu au secteur privé qui concentre à lui seul, d’après lui, 70 à 80% des offres d’emploi.

Enfin, M.Issa Bellal du BIT-Mauritanie devait souligner que le rôle de l’institution qu’il représente, c’est-à-dire le Bureau International du Travail, dans la formulation de la stratégie de l’emploi s’est traduit par le recrutement des consultants, la définition des termes de référence et le contrôle qualité du programme pour préserver l’approche participative, avec l’implication de tous les mandants de l’OIT, à savoir l’Etat, les syndicats, le patronat et le secteur privé.

«Nous avons fait ce travail d’approche participative d’abord à partir d’un travail de diagnostic sur une base scientifique qui se réfère aux dernières données, notamment la dernière enquête emploi et la dernière enquête sur les conditions de vie des ménages, entre autres » a-t-il précisé.

Ce qui est nouveau et qui est d’une grande importance selon lui, c’est le Plan d’action opérationnel qui dégage un certain nombre d’axes stratégiques déclinés sous formes d’activités et de programmes et qui a déjà fait l’objet d’un atelier national en septembre 2016.

«Nous attendions la SCAPP pour une meilleure articulation, avec d’éventuelles stratégies sectorielles, afin de ne pas faire deux fois le même travail» a-t-il ajouté.

Le BIT devait donc, selon le protocole d’accord avec l’Etat, appuyer cette stratégie de l’emploi sur financement de la BAD qu’il a tenu à remercier ainsi que les pouvoirs publics pour avoir élaboré ce document de référence et procédé à sa mise en œuvre.

Il faut souligner que le Ministre de l’Economie et des Finances et son homologue de la Jeunesse et des Sports avaient assisté à l’ouverture de l’atelier sur la stratégie nationale de l’emploi.

Cheikh Aïdara


Election au syndicat des journalistes mauritaniens (SJM) : un passage à témoin dans les normes démocratiques

Accolades et congratulations ! L’image est saisissante au point qu’elle sera sans doute la seule retenue après une campagne féroce qui a opposé les deux listes candidates à l’élection des instances dirigeantes du Syndicat des Journalistes Mauritaniens (SJM). Il s’agit de celle dirigée par le président sortant, Mohamed Salem Mohamed Mokhtar Salem et celle de son tombeur, Ahmed Salem Dah, vainqueur du scrutin organisé le dimanche 21 mai 2017 au Palais des Congrès de Nouakchott.

Discours des deux candidats à la fin du scrutin (en costume le vainqueur et en boubou bleu le président sortant)

La tension grandissait au fur et à mesure du décompte des voix. L’atmosphère était lourde dans l’énorme amphithéâtre du Palais des Congrès de Nouakchott où plusieurs centaines de journalistes attendaient les résultats, malgré l’heure tardive. Il était presque minuit. Les deux candidats, assis côte-à-côte, suivaient le rythme des bulletins tantôt favorables à l’un, tantôt favorable à l’autre.

Puis ce fut l’explosion de joie des partisans du candidat de la liste El ISLAH (La Réforme), Ahmed Salem Ould Dah. Il venait de remporter le scrutin par 252 voix contre 243 pour le président sortant, Mohamed Salem Ould Mokhtar Salem (qui dirigeait la liste El IJMAA – Le Consensus). Dans l’euphorie, une table de la salle se brisa en mille morceaux. Un détail qui ne sembla nullement perturber la joie ressentie par les vainqueurs de la nuit qui se jetèrent les uns sur les autres dans un tourbillon de boubous et de voiles entremêlés. L’incrédulité s’affichait dans le camp des vaincus. Certains esquissèrent même un élan de revendication, cherchant dans les méandres du scrutin, une faille pour tout remettre à zéro. Mais, en bon démocrate et avec fair-play, le président sortant s’avança vers son confrère qui venait de le battre dans un scrutin dont la transparence était indiscutable. Il le félicita chaleureusement et reconnut sa défaite avec magnanimité. Un geste qui eut pour mérite de ressouder les liens au sein d’un corps, dont les relations, dans la fièvre de la campagne électorale, auraient pu bien mal tourner…

Les journalistes attendent les résultats

«Je remercie ceux qui ont voté pour la liste El ISLAH et je remercie aussi ceux qui ont voté pour moi. Je souhaite bon vent à mon confrère». Telle fut la substance du discours prononcé par Mohamed Salem Ould Mohamed Mokhtar qui venait de clore un chapitre, celui d’un mandat de trois ans, critiqué par les uns, magnifié par les autres.

Le jury

Mais les journalistes sont unanimes à reconnaître que la tâche qui attend le nouveau président et son bureau exécutif est énorme. L’assainissement de la profession, la restructuration des instances avec la mise en place de plusieurs commissions spécialisées, l’implication des journalistes dans le fonctionnement du syndicat, la quête d’une confiance perdue entre les acteurs des médias et leur structure d’attache, sont autant de problèmes qu’Ahmed Salem Ould Dah et son équipe devront relever, sans compter d’autres problèmes structurels et institutionnels, comme la mise en place d’une véritable administration syndicale, les rapports avec l’Etat, la question des contrats de travail, l’assurance maladie, la retraite, etc.

Cheikh Aïdara


Finale de la Coupe nationale de Basket-Ball : Participation remarquée de l’UNFPA

«L’UNFPA est une organisation qui travaille pour le bien-être des enfants, des jeunes, des femmes et des adolescents pour que leur potentiel soit libéré et c’est dans ce cadre que nous avons soutenu cette activité». C’est par ces propos que Mme Cécile Compaoré Zoungrana, Représentante résidente du Fonds des Nations Unies pour la Population en Mauritanie (UNFPA) a exprimé ses impressions aux termes d’une belle finale qui a opposé samedi 20 mai 2017 à l’Ancienne Maison des Jeunes de Nouakchott, l’équipe d’El Mina à celle de Boghé. Score final, 74 contre 61.

La Représentante de l’UNFPA honorée par l’ancien président de la fédération de Basket, NDiage Dieng

Le terrain de basket de l’Ancienne Maison des Jeunes de Nouakchott a abrité en nocturne, samedi 20 mai 2017, la finale de la Coupe nationale de basket-ball, match placé sous le haut patronage du Ministre de la Jeunesse et des Sports, Ahmed Ould Djibril. Avaient assisté à la rencontre, le ministre de la Culture et la Ministre Déléguée chargée des Affaires Maghrébines, le Wali de Nouakchott-Ouest, ainsi que plusieurs hautes personnalités, dont les représentants de l’UNFPA, de l’UNICEF, l’ancien président de la fédération de basket, le général NDiage Dieng, et le conseiller à la Primature, Ahmed Challa, invité d’honneur.

Table officielle : le ministre des Sports et à sa gauche le ministre de la Culture

Dès 18 heures, le mythique terrain de basket avait déjà affiché plein, au son des tam-tams et des bruits assourdissants des supporters des deux équipes. Le Challenge était d’autant plus grand, que la finale opposait une équipe de la Capitale, Nouakchott et une ville de l’intérieur, Boghé.

L’ambiance bon enfant qui régnait laissera la place aux environs de 20 heures 30 au derby tant attendu, juste après l’arrivée des officiels et l’hymne national.

Amené par son dynamique président, Moussa MBareck, les jeunes d’El Mina prendront le match en main, dominant du début à la fin une accrocheuse équipe de Boghé qui compte quelques bonnes individualités.

Au coup de sifflet final, El Mina l’emportait par le score sans appel de 74 à 61, déclenchant un concert d’enthousiasme dans les gradins. Au cours du match, les supporters de Boghé ont à plusieurs reprises manifesté leurs mauvaises humeurs par des jets de bouteilles d’eau sur la main courante, ce qui a peu perturbé le déroulé de la rencontre.
Le ministre de la Jeunesse a remis à la fin du match la coupe au capitaine de l’équipe d’El Mina plus un chèque d’1 Million d’ouguiyas, tandis que son challenger s’est retrouvé avec un chèque de 300.000 UM. La coupe du meilleur marqueur a été décernée à Alassane Niang d’El Mina et celle du meilleur joueur à Alassane Gaye de Boghé. Quant à la coupe du Fair-Play, elle a été attribuée à l’équipe de Nouakchott.

Le ministre des Sports remettant le trophée et le chèque d’1 Million au capitaine de l’équipe d’El Mina

A la fin de la rencontre, la Représentante Résidente de l’UNFPA, Mme Cécile Compaoré Zoungrane a exprimé sa joie d’avoir assisté à la finale, que son organisation a soutenu. «L’UNFPA est une organisation qui travaille pour le bien-être des enfants, des jeunes, des femmes et des adolescents pour que leur potentiel soit libéré et c’est dans ce cadre que nous avons soutenu cette activité» a-t-elle déclaré à la presse. Le sponsoring par l’UNFPA d’une telle rencontre s’expliquait également selon elle, par le thème phare qui a été retenu pour cette fête et qui recoupe les objectifs de l’UNFPA tels qu’adoptés pour l’année 2017 par l’Union Africaine, «Investir dans la jeunesse comme dividende démographique».

Public
Equipe de l’UNFPA

Selon Djeynaba Diallo, jeune supportrice d’El Mina «la rencontre a été d’un bon niveau. Nous remercions les sponsors qui ont soutenu la finale, notamment l’UNFPA, l’UNICEF et Mauritel, car la jeunesse a besoin d’être soutenu». Pour Malick Sy, supporter de Boghé «nous sommes heureux d’être parvenu jusqu’en finale, mais le basket a besoin d’être soutenu davantage à l’intérieur du pays où le minimum pour le développement de ce sport manque».

Simple amateur de basket, Pape Demba NDiaye, étudiant en économie, trouve pour sa part que «rien ne vaut plus qu’investir dans la jeunesse, car c’est la force du pays et son avenir, mais aussi son défi majeur, car sans une jeunesse épanouie, c’est une société en danger que l’on risque de couver».

Il était prévu que le ministre de la Jeunesse et des Sports fasse une conférence de presse à la fin du match, mais elle a été annulée au dernier moment.

Cheikh Aïdara