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Coalition de l’Alternance, après Zouerate, Atar fait le plein et enregistre un premier incident fâcheux

La Coalition de l’Alternance constituée entre autres du parti Refondation pour une Action Globale (RAG) et son charismatique leader Birame Dah Abeid et le mouvement Mithaq Harratine sous la bannière du parti SAWAB a organisé la soirée du lundi 1er mai 2023 un rassemblement monstre à la place centrale d’Atar. Après le succès des meetings à Chami, Akjoujt, Nouadhibou et à Zouerate, la Coalition est partie pour une bonne représentativité dans les régions du Nord avant d’attaquer les bastions inexpugnables du Chargh (régions de l’Est). Seulement à Atar, un incident est venu perturber la sérénité jusque-là absorbée.

A Zouerate, les photos de Birame brandis par les partisans – Crédit Aidara

Dernière étape de la 6ème journée de la campagne électorale qui bat son plein, la ville d’Atar a accueilli la délégation de la Coalition de l’Alternance enrôlée sous la bannière du parti Sawab. 

Micro arraché des mains d’un candidat

Tout semblait pourtant se dérouler dans la sérénité jusqu’à l’incident provoqué par un journaliste de la télévision nationale. Celui-ci, après un bref échange téléphonique est venu arracher le micro de la chaîne des mains du leader Birame Dah Abeid à l’entame de son discours.

Un geste qui a été différemment interprété et que tous s’accordent cependant à qualifier de provocateur et d’incident inédit dans le déroulement de la campagne.  

Birame a mis en index, dans un vocal largement diffusé sur les réseaux sociaux, le président de la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA), gendarme de la communication dans cette opération électorale et le ministre de l’Intérieur. Selon lui, cet incident a été provoqué expressément pour réagir contre lui si =le journaliste en question avait reçu le moindre coup de la part de ces partisans. Pour lui, cette entourloupette des tenants du pouvoir dénote d’un comportement déloyal de la part d’un pouvoir qui ne sait plus comment éliminer un adversaire politique et un concurrent de taille.

SAWAB dénoncer l’incident d’Atar

Dans la soirée, le président du parti SAWAB, Abdessalam Ould Horma, a animé une conférence de presse à Nouakchott pour dénoncer cet acte irrespectueux envers l’un des représentants du parti, et non des moindres, dénonçant ce qu’il appelle une atteinte grave à la liberté d’expression et à l’esprit démocratique qui doit prévaloir. Il a requis dans ce cadre la solidarité de l’opposition et des hommes de bonne conscience qu’il a invité à dénoncer de tels comportements.

Pour l’heure, aucun parti politique ni de l’opposition ni de la majorité n’a dénoncé l’incident d’Atar, alors que les organisations de presse et les journalistes sont restés muets face à cette agression.

Poursuite de la tournée

Revenant sur la tournée de la Coalition de l’Alternance qui se poursuit dans les régions de l’Est, après Tijikja, son passage dans les régions du Nord restent encore dans les esprits.

En effet, le discours politique des leaders de la Coalition de l’Alternance dans les régions industrielles du Nord, le cuivre à Zouerate, l’or à Chami, la pêche à Nouadhibou et le fer à Zouerate, a porté sur les contextes sociopolitiques et économiques de ces régions.

Il s’est agi d’attaques en règle des politiques du pouvoir actuel qui selon, Birame Dah Abeid, s’est adossé sur l’enrichissement illicite de ses barons sur le dos des populations et des travailleurs.

A Zouerate, Birame a surtout fustigé le système de tâcheronnat qui suce selon lui les travailleurs par la spoliation de leurs droits et leur maintien dans une précarité au bénéfice de ceux qu’il appelle « les moutons engraissés » du régime en place.

Réponse au parti au pouvoir

Birame s’est attaqué à l’ancien ministre des Finances, Mokhtar Ould Diaye, dépêché à Zouerate pour le vote en faveur du parti INSAF au pouvoir. Il l’a attaqué pour ses propos selon lesquels Sawa et RAG ne sont pas des partis qu’il faut suivre. Birame lui a répondu que si on enlève Sawab, RAG et Tawassoul de la scène politique qu’est ce qui reste, rappelant sa trahison lui et les autres caciques du pouvoir envers le président Mohamed Abdel Aziz qui les a créés de néant. Selon lui, INSAF, comme tous les fantomatiques partis au pouvoir n’est qu’une émanation qui disparaîtra avec le président du moment, comme le PRDS de Maaouiya et l’UPR de Aziz dont il est l’héritier.

Il est revenu sur la présidentielle de 2019 et sa victoire volée et récusée à force de renforts militaires et de leur arsenal de guerre.

C’est pratiquement la même verve contre les tenants du pouvoir actuel qui a dominé les meetings de la Coalition depuis le début de la campagne, qui a été lancée le 28 avril 2023 à la Foire de Nouakchott, puis repris durant son périple dans le Trarza et à Rosso, la capitale régionale.

Cheikh Aïdara


6ème jour de campagne, les concurrents politiques mettent plein gaz

A quelques encablures de la fin de la campagne électorale pour les municipales, régionales et législatives fixée au 11 mai 2023, les candidats en lice et leurs partis ou mouvements politiques mettent plein gaz. Face à l’incroyable férocité de la joute électoraliste en cours, où plus d’une dizaine de candidats se disputent parfois un seul siège dans une circonscription, tout est mis en œuvre pour capter autant de voix indécis possible.

Air de campagne – @Cheikh AIdara

La campagne pour les élections municipales, régionales et législatives prévues le 13 mai prochain, se poursuit sur l’ensemble du territoire national. Les sièges et les tentes de campagne sont pris d’assaut chaque soir par des centaines de militants qui, pour le règlement de quelques problèmes de logistiques, qui pour réclamer un budget de campagne, qui va de gros budgets, des milliers d’ouguiyas voir un ou deux millions d’ouguiyas, alloués aux directions régionales ou départementales de campagne, jusqu’au menu budget de campagne pour les tentes, cinq à dix milles ouguiyas.

 INSAF et ses supposés « milliards » de subventions

Le parti-Etat, INSAF, qui bénéficie du plus gros budget de campagne électorale, avec un apport considérable de ses membres, les plus nantis de la République, puis qu’il concentre à lui seul le gotha de la politique et de la finance en Mauritanie, peine pourtant à satisfaire toutes les requêtes qui lui sont soumises. Pourtant, selon certaines informations, le budget de campagne du parti s’élèverait à plusieurs milliard d’ouguiyas. C’est l’unique formation politique qui a pu déposer des listes dans la totalité des circonscriptions du pays.

A Dar-Naîm, ses candidats butaient il y a quelques jours contre la menace faite par certains militants de les boycotter, puisque la subvention promise, quinze mille ouguiyas, ne leur a pas été versée, au cinquième jour de la campagne. Aux dernières nouvelles, quelques tentes situées notamment à Zaatar et Lemgheïty, de pauvres hameaux où vivotent le bas-peuple, auraient reçu enfin leurs subsides.

Il faut dire que la majorité compte plusieurs autres partis, dont la plupart ont été sommés dans quelques circonscriptions de retirer leur liste électorale au profit du parti INSAF. Seule l’Union pour la Démocratie et le Progrès (UDP) de Naha Mint Mouknass avait refusé la consigner, créant une brouille entre elle et l’actuelle ministre de l’Intérieur.

Comme parti satellite de la majorité, Karama, Vadila, Ravah, Hiwar, entre autres.

Tawassoul et la verve religieuse

Premier parti de l’opposition en termes de poids parlementaire, lors de la législature passée, le parti islamiste Tawassoul qui a déposé plus de cent liste dans la quasi-totalité du pays, reste sobre dans sa campagne électorale.

Dans les tentes de ce parti, c’est le calme plat. Pas de musique. C’est la consigne donnée à tous ses dresseurs de tente. 

Le parti Tawassoul qui a lancé sa campagne électorale vendredi 28 avril dernier à Kiffa, capitale de l’Assaba, compte consolider ses acquis et se repositionner comme deuxième force politique du pays et première force de l’opposition

Coalition de l’Alternance, la force d’attente

La Coalition de l’Alternance regroupe un certain nombre de mouvements et partis dont la reconnaissance juridique est encore refusée par le ministre de l’Intérieur. C’est le parti Sawab dirigé par Abdessalam Horma qui leur sert de paravent institutionnel. Elle regroupe comme force motrice, le parti en gestation Refondation pour une Action Globale (RAG) et son leader charismatique, Birame Dah Abeid, deux fois deuxième aux présidentielles de 2014 et de 2019, mais aussi d’autres mouvements comme le Mithaq Harratine, puissant mouvement dirigé par l’ancien officier de l’armée Ould Hendaya.

Le couple Sawab/RAG qui avait percé lors de la législature de 2018 avec trois députés et plusieurs conseillers municipaux compte cette fois aller plus loin, rafler plusieurs communes, davantage de députés avec des candidats symbole, comme l’ancienne esclave, Habi Mint Rabah, ou encore, la fille d’un martyr du massacre d’INAL en 1991. La coalition a déposé plus de cent trente listes et figure parmi les trois partis qui ont déposé le plus grand nombre de listes dans la quasi-totalité des circonscriptions électorales.

Ribat, bastion de l’ancien président Aziz

Le parti RIBAT présidé par Saad Louleid, ancien transfuge du mouvement IRA, compte cette fois sur l’apport des soutiens de l’ancien président déchu Mohamed Abdel Aziz pour faire son entrée au Parlement. Jusque-là non représentatif, car n’ayant jamais pu décrocher un siège à l’Assemblée Nationale ni obtenir le moindre conseiller municipal, le parti RIBAT cherche en effet à profiter de l’aura de l’ancien président et de ses cadres restés loyaux, mais surtout sur la vague de sympathie créée par ce que certains qualifient d’acharnement judiciaire contre l’ancien homme fort du pays, pour se positionner sur l’échiquier politique national.

Mohamed Ould Abdel Aziz, empêtré dans un procès qui dure depuis janvier 2023, ne pouvant pas prendre part aux élections, ce qui aurait donné un goût supplémentaire à la joute électorale, le parti RIBAT met en avant sa sœur, sur la liste nationale des femmes.

Coalition CVE-CVE/VR-AJD et Coalition de l’Espoir le bloc des négros-mauritaniens

Face à l’échec de la coalition qui devait les lier au bloc Sawab/RAG, le bloc des négros-mauritaniens a préféré faire cavalier seul. La Coalition « Vivre Ensemble » (CVE) dans ses deux versions, plus le parti Alliance pour la Justice et la Démocratie-Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR), ont pris comme cheval de bataille Samba Thiam, président des Forces Progressistes pour le Changement (FPC), parti dont le récépissé est bloqué au ministère de l’Intérieur.

En tête de liste pour les législatives de mai 2023, Samba Thiam compte sur la population de la Vallée pour briguer un mandat qui aura tout son poids dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale. Le passif non encore soldé des exactions communautaires de 1989-1991, sera son cheval de bataille ainsi que la question de l’unité nationale et de la cohabitation.

Autre regroupement de poids, la Coalition de l’Espoir et ses snippers, à l’image de l’ancienne député Kadiata Malick Diallo, l’avocat El Id Mohameden MBareck, mais aussi le jeune Khally Diallo connu surtout pour son association caritative « La Marmite du Partage » ainsi que son engagement militant pour les droits de l’homme. Ce sera sous la houlette du parti Front République pour l’Unité et la Démocratie (FRUD) de Diop Amadou Tijane.

Chute de popularité de l’opposition classique

Dans cette joute électorale en feu, les partis classiques qui avaient dominé la scène politique les années passées, ne sont plus qu’ombres chinoises. Il s’agit des partis Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) d’Ahmed Ould Daddah, l’Union des Forces du Progrès (UFP) de Mohamed Ould Maouloud et l’Alliance Populaire Progressistes (APP) de Messaoud Ould Boulkheïr.

Si déjà leur déclin avait commencé avec le règne de Mohamed Abdel Aziz, leur rapprochement trop suspect avec l’actuel président Mohamed Cheikh Ghazouani a signé leur fin politiques, selon plusieurs observateurs. En effet, ces derniers ont constaté le silence complice de ces partis face aux dérives de l’actuel pouvoir, notamment la hausse des prix de consommation, la gouvernance politique du pouvoir, les meurtres jamais condamnés des citoyens mauritaniens aux frontières nord et sud. Silence total face aux malheurs des populations. Résultat, ces partis qui dominaient la scène politique n’ont pas pu déposer plus d’une trentaine de liste dans quelques maigres circonscriptions.

Leurs discours contre les dérives de l’Etat et de ses suppôts qu’ils commencent à rengainer au cours de cette campagne électorale ne font plus écho, selon les mêmes observateurs politiques.

Cheikh Aïdara


Mauritanie, la fête des travailleurs éclipsés par la campagne électorale

La fête des travailleurs, célébrée le 1er mai 2023 en Mauritanie est passée inaperçue. Elle a été éclipsée par la campagne électorale pour les municipales, les régionales et les législatives qui se déroulera du 28 Avril au 11 mai, et dont le scrutin aura lieu le 13 mai prochain. Le discours prononcé à l’occasion par la Ministre de la Fonction Publique et du Travail, Mme Zeinebou Mint Hmednah n’a pas connu l’écho des autres fêtes de travail célébrées les années passée, où l’engouement des travailleurs et leurs revendications occupaient presque la « UNE » de tous les journaux.

Célébrée cette année sous le thème « Résilience et travail décent: agir ensemble au sein du monde du travail pour améliorer les conditions de vie et de l’inclusion sociale », le 1er mai 2023 a été surtout marqué par la déclaration d’intention jamais réellement traduite dans la réalité faite par les pouvoirs publics de bâtir un partenariat solide avec les acteurs sociaux.

La ministre s’est contentée dans son allocution diffusée par les organes publics de citer une longue liste de réalisations en faveur des travailleurs, tels que les récentes augmentations de salaire et le recul de l’âge à la retraite, ainsi que l’augmentation des allocations familiale , entre autres.

Ci-dessous, le message du Directeur General de l’OIT, Monsieur Gilbert F. Houngbo, à l’occasion du 1er mai

Directeur General de l’OIT, Monsieur Gilbert F. Houngbo

Il est temps de prioriser la justice sociale

Le 1er mai est reconnu comme la fête du Travail, un jour où nous célébrons la contribution des travailleurs du monde entier. C’est un moment de fierté, de célébration et d’espoir.

Après trois années de crise du COVID-19, suivies d’inflation, de conflits de crises énergétiques et alimentaires, nous en avons grandement besoin. Mais les promesses de renouveau faites pendant la pandémie, de « reconstruire en mieux », n’ont pas encore été tenues pour la grande majorité des travailleurs dans le monde.

A l’échelle mondiale, les salaires réels ont chuté, la pauvreté augmente, les inégalités semblent plus ancrées que jamais.

Les entreprises ont été durement touchées. Nombre d’entre elles n’ont pas pu faire face aux effets cumulés des événements inattendus récents. Les petites et microentreprises ont été particulièrement affectées et beaucoup ont cessé leur activité.

Les gens ont l’impression que les sacrifices consentis pour passer le cap du COVID-19 n’ont pas été reconnus, encore moins récompensés. Leur voix n’est pas suffisamment entendue. Ce sentiment, combiné à l’impression d’un manque de perspectives, a généré un niveau de défiance inquiétant.

Ce n’est pas une fatalité. Nous restons maîtres de notre destin. Si nous voulons forger un nouveau monde, plus stable et plus équitable, nous devons choisir une autre voie. Une voie qui donne priorité à la justice sociale.

Je crois que c’est non seulement faisable mais c’est aussi fondamental pour un avenir durable et stable. Comment y parvenir ?

Tout d’abord, nos politiques et nos actions doivent être centrées sur l’humain, pour permettre aux individus de poursuivre à la fois leur bien-être matériel et leur développement spirituel dans des conditions de liberté et de dignité, de sécurité économique et d’égalité des chances. Cette approche n’est pas nouvelle, elle a été définie et approuvée à la fin de la seconde guerre mondiale, quand les Membres de l’OIT ont signé la Déclaration de Philadelphie de 1944.

Ce document visionnaire énonce des principes directeurs pour nos systèmes économiques et sociaux, à savoir qu’ils ne doivent pas être tournés exclusivement vers la réalisation de taux de croissance spécifiques ou d’autres objectifs statistiques mais qu’ils doivent répondre aux besoins et aux aspirations des êtres humains. Cela veut dire qu’il faut se concentrer sur les inégalités, la réduction de la pauvreté et la protection sociale de base. Le moyen le plus efficace d’y parvenir est de fournir des emplois de qualité afin que les gens puissent subvenir à leurs besoins et construire leur propre avenir — un « travail décent pour tous », tel que le stipule l’Objectif de développement durable no 8.

Il s’agit d’aborder avec réalisme les transformations structurelles à long terme de notre époque; de veiller à ce que les nouvelles technologies créent et soutiennent l’emploi; de relever de manière proactive les défis du changement climatique et de veiller à offrir les emplois, la formation professionnelle et l’aide à la transition dont les travailleurs et les entreprises ont besoin pour bénéficier d’une nouvelle ère à faibles émissions de carbone; de traiter l’évolution démographique comme un «dividende» plutôt que comme un problème, en soutenant les initiatives sur les compétences, les migrations et la protection sociale afin de créer des sociétés plus solidaires et plus résilientes.

Nous devons également réévaluer et redessiner l’architecture de nos systèmes sociaux et économiques afin qu’ils concourent à ce changement de cap vers la justice sociale, plutôt que de continuer à nous entraîner dans une « spirale fatale » d’inégalités et d’instabilité. Nous devons revitaliser les institutions du travail et les organisations syndicales afin que le dialogue social soit efficace et vigoureux. Nous devons réviser les lois et les règles qui régissent le monde du travail pour qu’elles soient pertinentes, actualisées et capables de protéger les travailleurs et de soutenir les entreprises durables.

Pour que tout cela se concrétise, nous devons renouveler notre engagement en faveur de la coopération et de la solidarité internationales. Nous devons accroître nos efforts et renforcer la cohérence des politiques, en particulier au sein du système multilatéral, comme le dit le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres.

C’est pour cette raison qu’il nous faut une Coalition mondiale pour la justice sociale. Une Coalition pour constituer une enceinte où rassembler un large éventail d’organismes et d’acteurs internationaux. Elle fera de la justice sociale la pierre angulaire de la reprise mondiale de manière que les politiques et les actions nationales, régionales et mondiales lui accordent la priorité. En résumé, elle veillera à ce que notre avenir soit centré sur l’humain.

Nous avons l’occasion de remodeler le monde dans lequel nous vivons — du point de vue économique, social et environnemental. Saisissons cette opportunité et allons de l’avant pour construire des sociétés équitables et résilientes qui puissent fonder une paix durable et la justice sociale.


Campagnes électorales 2023, la Coalition de l’Alternance s’élance à partir de la Foire

La Coalition de l’Alternance sous la houlette du parti SAWAB, avec dans ses rangs le parti de la Réforme pour une Action Globale (RAG) et d’autres mouvements comme le Mithaq Haratine, a lancé sa campagne vendredi 28 avril 2023 à partir de la Foire de Nouakchott.

Discours d’ouverture de la campagne par Birame Dah Abeid – Crédit Aïdara

C’est à 1 heure du matin environ, que la Coalition de l’Alternance a ouvert à la Foire de Nouakchott, vendredi 28 avril 2023, son meeting de campagne, annonçant les prémisses d’une joute électorale de quinze jours où il faudra convaincre les électeurs mauritaniens.

Harangues et enthousiasme d’une foule déchaînée

Face à une immense foule venue des quatre coins de la ville, les leaders se sont exprimés tour à tour pour demander à leurs électeurs de rester vigilants et de choisir la « Tête du Lion doré », symbole de la coalition qui figure dans la longue liste des 25 partis présents sur les bulletins de vote unique.

Une partie de la foule à l’ouverture de la campagne à la Foire – Crédit Aidara

L’ouverture de la campagne de la Coalition de l’Alternance s’est déroulée en présence de ses principaux candidats à Nouakchott. Les candidats qui se présentent dans les différents départements, localités et régions du pays, s’étaient rendus depuis quelques jours dans leurs circonscriptions pour y préparer eux aussi leur campagne électorale

Le leader charismatique de la coalition, le député sortant Birame Dah Abeid qui brigue un second mandat, a fustigé les tenants du pouvoir qui cherchent selon ses dires, à se reproduire pour continuer à saper les fondements de la nation et piller ses ressources.

Le président du parti SAWAB lors de son intervention – Crédit Aidara

Il a exhorté la foule à bien utiliser sa voix et à voter utile en choisissant les candidats de la coalition dans les consultations du 13 mai prochain qui détermineront pour les cinq ans à venir la cartographique politique du pays.

En effet, l’électorat mauritanien est appelé à choisir ses futurs conseils municipaux et régionaux, ainsi que ses futurs parlementaires, dans six urnes qui seront complétées par la liste nationale des jeunes et la liste nationale des femmes.

La foule à l’ouverture de la campagne – Crédit Aidara

Tour à tour, Oumar Ould Yali, président du parti RAG, Abdessalam Ould Horma, président du parti Sawab et le jeune Moulaye Hassene qui assure la direction de campagne des jeunes, ont pris la parole pour haranguer la foule qui est restée jusqu’à une heure tardive de la nuit.

La soirée qui avait commencé plus tôt a été égayée par des chants et danses de troupes folkloriques ainsi que la prestation de jeunes rappeurs.

Le Trarza, première citadelle ouverte

Tôt le matin du vendredi 28 avril, la délégation de la Coalition de l’Alternance conduite par ses leaders s’est rendue au Trarza, première étape d’une tournée qui va les mener dans les 15 régions du pays.

Discours de Birame Dah Abeid à Rosso – Crédit Aidara

A Rosso, capitale du Trarza, la coalition a mobilisé une foule immense qui s’est massée dès les premières heures de l’après-midi devant l’estrade aménagé pour le meeting de campagne.

Mélangeant le Wolof, langue vernaculaire la plus parlée dans la région à côté du Hassaniya, Birame Dah Abeid qui avait du mal à s’exprimer à cause d’un malaise dans la voix, a promis de libérer les habitants de Rosso de la vassalité imposée depuis des décennies par la mafia politique locale.

Meeting de Rosso – Crédit Aidara

Selon lui, ces politiciens qui prennent en otage la ville de Rosso ont tout pris, notamment les terres agricoles, principale source de revenus des populations, avec l’aide des hommes d’affaires et la complicité de l’Etat.

Il fait remonter les malheurs de Rosso à 1978, date de la confiscation du pouvoir par les militaires qui continuent selon lui à confisquer le destin de tout un peuple.

Auparavant, la délégation s’était arrêtée dans plusieurs localités, dont Tiguint et Techteya.

Cheikh Aïdara