aidara

Elections générales de 2023, le parti RAG et Birame Dah Abeid sur la sellette d’une exclusion programmée

Si l’aune populaire devrait être le baromètre sur lequel se mesure la légitimité d’un mouvement politique, le parti Refondation pour une Action Globale (RAG), doit être considéré comme un partenaire incontournable sur l’échiquier politique national. Son exclusion infondée de la compétition électorale en vue en 2023, notamment les législatives, les régionales et les communales, dans l’objectif de l’éliminer, ressemble fort bien à une déloyale volonté d’écarter de la compétition, un adversaire redouté d’autant plus qu’il menace la pérennité d’un système de gouvernance que beaucoup de Mauritaniens commencent à ne plus supporter.

La récente tournée de Birame Dah Abeid, leader de l’Initiative de Résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) et de la direction du parti RAG dans les principales localités du Trarza, ainsi que leurs tournées précédentes dans les régions du Nord et de l’Est, ont démontré l’adhésion massive des populations à une vision politique qui représente pour elles une alternative à la gestion tatillonne de pouvoirs successifs qui continue de plonger les Mauritaniens dans la pauvreté, le dénuement et le chômage, avec la recrudescence des faits d’injustice, la montée dangereuse du tribalisme et du favoritisme, mais aussi la déficience de l’offre publique sociale.

Les ressources publiques qui devraient servir au bien-être des populations font l’objet de détournement tous azimuts, au milieu d’un laissez-allez, où les orientations même du président Ghazouani restent lettres mortes.

Face aux défis nombreux qui entravent encore le développement socioéconomique de la Mauritanie, l’alternance politique réclamée par toutes les franges de la population devient ainsi un impératif auquel les forces du statu quo tente de résister de toutes leurs forces.

Dans cette volonté de poursuivre la destruction progressive des reliquats d’une République en difficulté, la majorité qui gouverne le pays, héritière d’une longue tradition de régimes prédateurs qui gouvernent la Mauritanie depuis 1978, tente ainsi de sauver sa peau.

Les élections législatives, régionales et communales de 2023 constituent ainsi un enjeu majeur et un tournant décisif que tous les Mauritaniens appellent de tous leurs vœux. Le changement de régime politique est devenu une exigence, tant la déliquescence des institutions chargées de la gestion du pays ont failli à leur mission, et cela, à tous les niveaux de la pyramide étatique.

Même des forteresses garantes de la pureté de la République, comme l’armée, sont aujourd’hui dévoyées, gangrénées par l’immoralité érigée en mode opératoire, celle qui a expurgé la société mauritanienne de ses valeurs intrinsèques.

La solution à la crise multiforme que connaît le pays depuis des décennies, devrait venir, selon la majeure partie de l’opinion publique nationale, d’un chamboulement total et d’une refondation de la République.

Les Mauritaniens sont aujourd’hui conscients qu’un tel changement est devenu aujourd’hui vital pour la survie du pays en tant qu’Etat. Ils sont également inquiets face à la volonté politique actuelle de fausser les règles du jeu démocratique lors des prochaines consultations électorales. Les prémisses d’une CENI inégalement constituée et d’une élite politique dite opposante, en toute apparence complice d’un partage mutuellement avantageux du gâteau national, sont autant de signaux peu encourageants pour une compétition réellement transparente et claire.  

Reconnaître le parti RAG, ainsi que tous les autres partis dont les dossiers dorment dans les tiroirs du Ministère de l’Intérieur, donnerait le gage d’un respect par la Mauritanie de ses engagements internationaux et de ses propres textes législatifs par rapport à l’exercice du droit politique.

Cheikh Aïdara

COMMUNIQUE DU PARTI RAG

Le récépissé du RAG, une revendication nationale

Face à l’entêtement à ne pas lever l’injustice dont est victime, pendant plusieurs années durant le Parti politique Refondation pour une Action Globale (RAG), l’octroi du récépissé formel qui bloque la reconnaissance de cette formation est aujourd’hui devenu une revendication légitime à tous les nouveaux des formations politiques et de la société civile naguère complètement muettes sur la question.

La revendication relative à la levée du blocage injustement imposé à RAG est consécutive à la patience et à l’attachement profond des militants et sympathisants du Parti à la paix sociale et à la quiétude des citoyens et du pays malgré les provocations multiples et variées de nature à rompre prématurément l’apaisement nécessaire alors à la situation sociopolitique du pays.

Aujourd’hui, à quelques mois seulement des élections municipales régionales et législatives, rare est l’organisation de la société civile qui ne milite pas en faveur de la reconnaissance de RAG, reconnaissance partagée par la totalité des formations politiques ayant participé aux travaux organisés par le Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation.

Par ailleurs, l’opinion nationale et l’opinion internationale auront beaucoup de mal à comprendre que le parti RAG qui a fait preuve de sagesse, de patience et de popularité soit privé d’un cadre qui lui est propre afin de participer aux élections en vue.

Enfin, compte tenu de tout ce qui précède et quoi que l’on dise, la privation du Parti RAG d’avoir son propre cadre, tout en constituant un recul des acquis démocratiques contribue sans nul doute à entacher la crédibilité des élections prochaines. Il revient donc aussi bien aux autorités publiques comme aux différentes forces politiques et de la société civile comme aux personnalités de notoriété publique d’entamer toutes les démarches urgentes pour lever le blocage injustement imposé au parti RAG.

Nouakchott le 10/11/2022

Le Bureau exécutif de RAG


COP 27, le Pavillon Mauritanie anime une conférence sur la durabilité et la transition juste en présence de la Ministre de l’Environnement

Le Pavillon Mauritanie organise ce samedi 12 novembre 2022 un side event animé entre autres, par la Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Mme Lalya Camara. Cet évènement se déroule en marge du 27ème Sommet sur le Climat (COP 27) qui se tient actuellement en Egypte.

Affiche du side event – BIT

La COP 27, Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, a démarré le 6 novembre à Charm El Cheikh en Egypte et se poursuivra jusqu’au 18 novembre, avec la présence d’une forte délégation mauritanienne, des officiels et des membres de la société civile.

Un side event hautement animé

Le Pavillon Mauritanie organise dans ce cadre, samedi 12 novembre 2022, un side event qui sera animé par d’éminentes personnalités. Il sera question au cours des échanges de la question de la transition juste et du développement des compétences ainsi que la promotion des petites et moyennes entreprises, dans les secteurs vulnérables aux changements climatiques en Mauritanie.

Sur la base de leurs expertises respectives et d’exemples concrets de l’expérience mauritanienne, les panélistes proposeront des pistes pour une meilleure appréhension de la question dans le pays.

C’est ce qui ressort d’une note publiée à cet effet qui précise que le side event aura lieu de 11 h à 12 h 30. Il sera animé par Mme Lalya Camara, ministre de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), M. Mansour Ndiaye, Représentant Résident en Mauritanie du PNUD, M. Guité Diop, Expert technique au BIT Mauritanie, MM. Hamza Brahim et Khalil Babeta, tous deux membres de l’Union du Patronat Mauritanien (UPM), en plus de deux experts du BIT Egypte, M. Medina Checa Jose Manuel, Spécialiste Développement d’entreprise et création d’emplois et Mme Laura Schmid, Spécialiste des compétences et de l’employabilité.

La rencontre sera modérée par M. Moussa Elimane Sall, Chargé du Partenariat et de la Mobilisation des Ressources pour le financement du Développement au Bureau du Coordonnateur Résident des Nations Unies en Mauritanie.

Un pavillon Mauritanie pour la 1ère fois

Contacté par nos soins, M. Guité Diop est revenu plus amplement sur l’évènement. Il a déclaré que pour la première fois, la Mauritanie dispose d’un pavillon dans une COP pour deux semaines au cours de laquelle elle pourra communiquer sur les acquis, les réalisations, les potentialités et les vulnérabilités du pays. Cet acquis fait suite à un atelier préparatoire tenu le 1er novembre 2022 à Nouakchott et au cours duquel a été discutée la participation de la délégation mauritanienne à la COP 27 et grâce à l’appui du Système des Nations Unies (SNU) et l’Organisation Internationale du Travail (BIT).

Selon Guité Diop, « c’est une opportunité pour développer un plaidoyer de haut niveau sur les questions de durabilité, de transition juste, de justice sociale et d’engagement sur les questions de climat en Mauritanie ».

Selon lui, c’est dans ce cadre qu’une équipe du SNU et de l’OIT avait été chargée de mettre en place une stratégie pour vulgariser la contribution du SNU aux efforts de la Mauritanie dans la lutte contre le changement climatique et la promotion du développement durable.

Le lead du BIT en matière d’emploi

Ainsi, la stratégie mise en place par le SNU, donne une place centrale à l’OIT, en tant qu’agence lead sur les questions d’emplois, pour mettre en avant, entre autres, les solutions qu’apporte le SNU, en termes d’emplois verts, de mécanisme de résilience communautaire, de transition énergétique ainsi que l’appui à l’initiative de la Grande Muraille Verte.

« Pour rappel, dira M. Guité Diop, l’OIT appui le MEDD dans l’élaboration d’un Plan d’action national pour la promotion des emplois verts dans une perspective de transition juste vers la durabilité environnementale en Mauritanie ».

Selon lui, lors de cette COP 27, les dimensions sociales du changement climatique sont mises en avant dans une série d’évènements organisés par l’OIT.

A rappeler que M. Guité Diop est Expert technique au Bureau Pays de l’OIT pour les Pays du Maghreb Arabe.

Cheikh Aïdara


Abu Dhabi, les leaders religieux du monde adoptent le Document sur la Fraternité Humaine

Les chefs et les leaders des religions mondiales et traditionnelles, participant à la septième Conférence des chefs religieux qui s’est tenue au Kazakhstan et  intitulée: « Le rôle des chefs religieux dans le développement spirituel et social de l’humanité pendant l’ère post-Covid-19 », ont adopté aujourd’hui,  jeudi,  le Document sur la Fraternité humaine dont la signature a eu lieu, le 4 février 2019, à Abou Dhabi, par le Grand Imam  Prof. Dr. Ahmed Al-Tayeb, Cheikh d’Al-Azhar, président du Conseil des Sages musulmans et Sa Sainteté le Pape François, chef de l’Église catholique, sous le patronage de Son Altesse Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, président des Émirats arabes unis.

La déclaration finale de la conférence, qui a réuni plus de 108 chefs et leaders religieux du monde entier, a souligné l’importance du Document sur la Fraternité humaine en tant que document historique contribuant à la promotion de la paix, du dialogue, de la compréhension et du respect mutuel entre tous les êtres humains.

La Conférence des chefs religieux, d’une durée de deux jours allant du 14 au 15 septembre derniers, s’est tenue à la capitale du Kazakhstan renommée « Nour-Soultan » avec la présence et la participation du président kazakh, Kassym-Jomart Tokaïev, et de Son Éminence le Grand Imam Prof. Dr. Ahmed Al-Tayeb, Cheikh d’Al-Azhar, président du Conseil des Sages musulmans et Sa Sainteté le Pape François, chef de l’Église catholique ainsi qu’un grand nombre de chefs et de leaders religieux du monde entier.


Le Forum mondial sur la justice pour les enfants s’ouvre à Nouakchott avec 50 pays invités

Nouakchott a abrité mardi 8 novembre 2022, l’ouverture des travaux du Forum mondial sur la justice des enfants et la privation de liberté. Une feuille de route et un plan d’action global, ainsi que des recommandations issues de travaux de groupes, ont été adoptés à la fin du conclave qui a duré deux jours.
Vue de la salle de conférence – Crédit AIdara
L’évènement est organisé par « Défense des Enfants International (DEI) », une plateforme mondiale représentée en Mauritanie depuis 2015 par l'Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l'Enfant (AMSME), et le comité des organisations non gouvernementales sur les enfants privés de liberté, avec le soutien du Commissariat aux Droits de l'Homme, à l'Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile. 
 Plus d'une cinquantaine de pays et d'organisations ont planché sur les progrès et les défis par rapport à la situation des enfants depuis ces dernières années, après la soumission de l’étude réalisée en 2019 par les Nations Unies sur la question.
Le forum de Nouakchott a été le lieu d’intenses échanges sur les bonnes pratiques entre différents pays, en vue de promouvoir une coopération renforcée et coordonnée aux niveaux national, régional et international. L’idée a été lancée d’adopter un plan d'action global pour mettre en œuvre les recommandations de l'étude mondiale réalisée par les Nations Unies. 
 La Mauritanie et ses efforts pour l’enfance
Rassoul Ould Khal ouvrant les travaux – Crédit Aidara
L’ouverture officielle a été l’occasion pour le Commissaire adjoint aux droits de l'homme, M. Rassoul Ould Khal, de réaffirmer l'adhésion de la Mauritanie aux principes fondamentaux des droits des enfants. « Le forum est l’occasion indiquée de réaffirmer cet engagement et d'évaluer le travail entrepris dans le domaine de la justice pour les enfants et la privation de liberté » a-t-il déclaré. Il a cité dans ce cadre les activités réalisées par son département dans la promotion et la protection des droits humains en Mauritanie, ainsi que les instruments mis en place pour les consolider, tels que l’Observatoire national des droits de l’homme, l’important arsenal juridique mis en place pour la protection des groupes les plus vulnérables, tels que les enfants en conflit avec la loi.
Des experts venus d’une cinquantaine de pays – Crédit Aidara
Selon Rassoul Ould Khal, « tous ces efforts n'auraient pas pu être réalisés, sans une volonté politique sincère de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Cheikh Ghazouani ». Il a souligné que la Mauritanie a élaboré un code de protection de l'enfance, mis en place un Conseil National de l'Enfance, et un observatoire de défense des droits des femmes et des filles. Ces instruments devront être complétés selon lui, par l’adoption imminente de la loi contre les violences faites aux femmes et aux filles. 
Consolider l’élan mondial

Pour sa part, la présidente de l'Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l'Enfant (AMSME), Mme Zeynabou Taleb Moussa, a déclaré que ce forum « constitue une opportunité pour renforcer le dialogue et la coopération sur des questions centrales et les droits actuels des enfants, car il permettra l'interaction et l'échange de vues sur les résultats de l'étude mondiale menée par le Secrétaire général des Nations Unies en 2019 sur la situation de la liberté des enfants ainsi que l’accès à leurs droits et à la justice ».
Le Représentant de l’UNICEF en Mauritanie – Crédit Aidara
Prévenir les effets néfastes de la détention des enfants


M. Marc Lucet, représentant de l’UNICEF en Mauritanie, a remercié le gouvernement mauritanien d’avoir bien voulu accueillir ce forum qui réunit des participants de plusieurs pays et des partenaires techniques et financiers. Il a déclaré que l'étude globale sur la situation des enfants et ses recommandations illustrent l'un des meilleurs moyens de prévenir les effets néfastes de la détention des enfants, pour éviter de les priver de leur liberté. Il a mis en exergue l'engagement de « Défense des Enfants International (DEI) » à aider tous les gouvernements du monde dans ce combat et à se tenir aux côtés des acteurs présents sur le terrain.
Mettre en œuvre l’étude mondiale des Nations Unies
Pour sa part, M. Abdul Manaf Kamokai, président de DEI, a exprimé sa gratitude envers tous les partenaires, soulignant que l'organisation de ce forum vise à donner un nouvel élan à la mise en œuvre des recommandations de l'étude diligentée par les Nations Unies.
Vue partielle de la salle – Crédit Aidara

Le forum a vu la présence des directeurs régionaux de la sûreté nationale au niveau des trois Wilayas de Nouakchott, l’Ambassadeur de France, le président du Forum des Acteurs Non Etatiques et les représentants des organisations internationales présentes en Mauritanie.

Plusieurs panels sur la situation des enfants en situation spéciale

L’ouverture officielle a été précédée d’une session de haut niveau sur la privation de liberté comme violence structurelle et la route vers la justice pour les enfants. Cette session a été ponctuée par une vidéo sur l’étude mondiale, version adaptée aux enfants et commentée par Dr. Najat Maala M’Jid, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies chargée de la question de la violence contre les enfants. Elle a été modérée par Alex Kamarotos, Directeur Général de DEI et animée par le professeur Manfred Nowak, Secrétaire général du Global campus of Human Rights, expert indépendant et auteur de l’Etude mondiale des Nations Unies sur les enfants privés de liberté. Il avait à ses côtés Benoit Van Keirsbilk, membre du Comité des droits de l’Enfant des Nations Unies.

Une assistance captivée par les débats – Crédit Aidara

Après le retrait des officiels, les participants ont suivi plusieurs panels, dont un portant sur la privation de liberté dans l’administration de la justice et les enfants vivant en prison avec la personne ayant leur garde physique. Cette session a été modérée par Margaret Tuite, animée par Aïcha Salma, DEI/Mauritanie, Shahid M. Korjie, Coordinateur, Bureau du procureur général et ministre de la Justice de Sierra Leone, Hannah Tisfentgraber, Programme Mondial sur l’Elimination de la violence à l’Encontre des Enfants (UNODC), Meskerem Geset Techane, membre du Groupe de travail des Nations Unies sur la discrimination envers les femmes et les filles, et le professeur Nancy Loucks, Directrice générale Familles Outside.

Les participants ont suivi par la suite trois autres panels, sur la privation de liberté dans le contexte institutionnel, la privation de liberté et les enfants en contexte de migration, et enfin, la privation de liberté des enfants dans les conflits armés et dans des contextes spécifiques relevant de la sécurité nationale.

La journée a été clôturée par une soirée de gala au cours de laquelle plusieurs prix ont été décernés. Les participants ont également visité les expositions de dessins réalisés par les enfants détenus au Centre d’Accueil et de Réinsertion Sociale des Enfants en Conflit avec la loi (CARSEC) de Nouakchott.

Cheikh Aïdara