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Une délégation de l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé à Nouakchott, « assurer l’accès aux services de santé basé sur les droits »

Une mission conjointe de l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS), du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et du Projet Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel (SWEDD) a rencontré, jeudi 10 février 2022, les ministres des Affaires Economiques, de la Santé, des Affaires Sociales et de la Délégation TAAZOUR. Objectif : échange d’expériences et recherche de bonnes pratiques en matière de santé, plaidoyer en faveur de l’autonomisation des femmes, la santé reproductive et les droits à la santé.

Passage de la délégation OOAS au Ministère des Affaires Economique – Crédit Aidara

Une délégation de six membres de l’OOAS, conduite par son Directeur Général, Pr. Stanley Okolo, a effectué, jeudi 10 février 2022, une véritable visite marathon entre différents départements publics. Reçus tour à tour par le Ministre des Affaires Economiques et de la Promotion des Secteurs Productifs, le Délégué Général à la Solidarité Nationale et à la Lutte Contre l’Exclusion « TAAZOUR », le Ministre de la Santé et le Secrétaire Général du Ministre des Affaires Sociales, la délégation a tenu à exprimer partout sa satisfaction d’être à Nouakchott pour la première fois, non sans expliquer l’objet de sa mission.

« On ne peut pas bâtir une économie sans travailler sur la santé »

Le Ministre Kane Ousmane écoutant le discours de M. Stanley – Crédit Aidara

En recevant dans ses bureaux, la délégation de l’OOAS conduite par son Directeur Général, Pr. Stanley Okolo, M. Kane Ousmane, Ministre des Affaires Economiques et de la Promotion des Secteurs Productifs, a d’emblée souligné les liens étroits entre l’économie et la santé. « Si nous l’avions oublié, la pandémie Covid-19 nous l’a rappelé, si l’on sait que les économies les plus solides au monde se sont effondrées sous ses effets » a-t-il illustré.

Il a mis en exergue la dimension particulière du projet SWEDD, insistant sur le volet communication, qui selon lui est aussi importante que le volet financier. Le ministre a surtout insisté sur l’africanité de la Mauritanie, membre fondateur de l’Union Africaine et de la CEDEAO, siège du G5 Sahel et de la Grande Muraille Verte.

M.Stanley-Aidara

Auparavant, Pr. Stanley Okolo, Directeur Général de l’OOAS, dont c’est la première visite en Mauritanie, avait évoqué le rôle de son organisation dans le renforcement des systèmes de santé publique en Afrique. Sa mission à Nouakchott s’inscrit selon lui dans le cadre d’une discussion avec les autorités mauritaniennes sur les droits de la santé des femmes et des jeunes en particulier, la lutte contre le mariage précoce, la planification familiale, l’autonomisation des femmes et des filles, et les échanges sur les bonnes pratiques.

« Pour une meilleure convergence et harmonisation des actions de développement »

Le Délégué Générale de TAAZOUR ( à gauhe) et Pr. Stanley Okolo – Crédit Aidara

M.Mohamed Mahmoud Bouasrya, Délégué Général de TAAZOUR a livré à la délégation de l’OOAS qu’il a reçu jeudi 10 février 2022 dans ses locaux, des informations exhaustives sur son département, des informations sur les actions déjà menées et ses projections. Il a cité entre autres, les interventions de l’agence dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, citant les aides aux ménages dirigés par les femmes sans revenus, le registre social qui fait la cartographie des ménages et des zones les plus vulnérables, mais aussi la couverture sanitaire universelle et les 100.000 ménages bénéficiaires.

« Nous avons l’intime conviction que le traitement de la pauvreté et de toutes les dimensions liées à la vulnérabilité est essentiellement économique » a-t-il précisé. Le Délégué Général de TAAZOUR a déclaré enfin qu’une meilleure coordination et harmonisation des interventions entre les acteurs intervenant auprès des populations est la meilleure solution pour parvenir à un résultat optimal vers le développement en évitant les doublons et le gaspillage des ressources.

Vue partielle de la délégation OOAS – Crédit Aidara

Intervenant en premier lieu, Pr. Stanley Okolo, Directeur Général de l’OOAS avait rappelé le caractère multipartite de la mission conjointe qu’il dirige, et qui est avant tout, selon lui, une mission de solidarité et de renforcement du plaidoyer en faveur de la santé de la femme et des jeunes, mais aussi de la fourniture, la disponibilité et la sécurisation des produits de la santé de la reproduction, notamment les produits contraceptifs et la lutte contre le mariage précoce.

Il s’est réjoui de la ratification par la Mauritanie de la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), soulignant l’importance des programmes que son institution conduit, dont celui dédié à la lutte contre le paludisme et le projet de la Banque Mondiale sur la sécurité en matière de santé et le projet SWEDD.

« Nous portons beaucoup d’espoir à cette mission de l’OOAS »

Dr. Sidi Zahaf, ministre de la Santé – Crédit Aidara

Au ministère de la Santé, Dr. Sidi Ould Zahaf, flanqué de sa Secrétaire Générale, Dr. Halima Bâ et d’une partie de son staff, a reçu l’importante délégation de l’OOAS, accompagnée de l’UNFPA et du Projet SWEDD.

D’emblée, le ministre de la Santé a reconnu que depuis longtemps le département de la santé en Mauritanie attend une visite de l’OOAS et qu’il attache un grand espoir à cette mission et son impact sur le système de santé national. Il a réitéré l’engagement du ministère de la Santé en faveur de l’autonomisation des femmes et des filles, tout en remerciant l’OOAS pour son élan de solidarité.

Dr. Sidi Ould Zahaf a égrené les nombreuses difficultés auxquelles est confronté son département, notamment les normes sociales qui entravent encore l’indépendance de la femme et son autonomisation, surtout en matière de droits sexuels et reproductifs. Il a cité aussi le retard dans l’ambitieux projet de faire de l’Ecole Supérieure de Santé de Nouakchott, un Centre d’excellence pour le mentorat des sages-femmes en Afrique de l’Ouest et du Centre, la faible capacité d’approvisionnement du pays en produits de santé de la reproduction et en médicaments de qualité, ainsi qu’à leur accessibilité.

Le Ministre de la Santé (premier plan) et le DG de l’OOAS – Crédit Aidara

 Il a aussi posé le déficit en ressources humaines de qualité, la fragilité du système de santé, la faiblesse de la logistique pour l’accessibilité des produits contraceptifs jusqu’au dernier kilomètre, la fragilité du cadre pharmaceutique. « La couverture santé universelle que nous avons initié est le lieu de provoquer une réflexion globale sur notre système de santé au moment où nos Etat continuent de dépenser des fortunes au profit des pays du Nord pour la santé de sa population» a-t-il déclaré.

Une partie de la délégation OOAS – Crédit Aidara

Dans son intervention, Pr. Stanley Okolo, Directeur Général de l’OOAS a expliqué que la mission qu’il dirige est une mission de prise de contact et de solidarité, se réjouissant de la ratification par la Mauritanie de la CEDAW et de l’appui que son organisation apporte au projet SWEDD. « Nous sommes aussi là pour écouter les bonnes pratiques en matière de santé pour les partager avec les autres pays SWEDD » a-t-il ajouté. Il a mis l’accent sur certains domaines d’intervention de son organisation à travers le projet SWEDD dans les pays d’intervention, notamment la planification familiale, le droit à santé sexuelle et reproductive, le renforcement des systèmes de santé,

« Le projet RAVA ou bien-être familial est l’un de nos projets phares »

Le Secrétaire général du MASEF (à droite) et le DG de l’OOA – Crédit AIdara

En l’absence de la Ministre des Affaires Sociales de l’Enfance et de la Famille (MASEF), la délégation OOAS-UNFPA-SWEDD a été reçu l’après-midi du jeudi 10 février 2022 dans ses locaux, par le Secrétaire Général du département, Mohamed Mahmoud Ould Ahmed.

Le Directeur des Etudes, Dr. Saleck Jeireb a évoqué le contexte particulier de la Mauritanie par rapport aux autres pays ouest africains, soulignant que l’autonomisation de la femme tourne autour d’un axe fermé, éducation-santé-autonomisation. Il a parlé de la mise en place d’un programme économique, social et politique qui alimente l’indice d’inégalité de genre en Afrique et qui permet d’évaluer le pouvoir des femmes dans chaque pays. Il s’agit selon lui d’un indice pondéré dans lequel se trouve toute la question de la santé maternelle et infantile, la santé reproductive et la santé des adolescents, autant de questions au cœur des priorités du gouvernement, a-t-il précisé en substance.

La délégation conjointe au MASEF – Crédit Aidara

C’est dans ce cadre, selon lui, qu’a été mis en place le programme RAVA ou bien-être de la famille et des couples, surtout les femmes et les jeunes, en matière de santé sexuelle et reproductive. « Nous sommes dans cette dynamique » a-t-il souligné.

Pour Dr. Saleck Jeireb, les actions du projet SWEDD sont des actions pilotes qui couvrent toutes les régions du pays, citant ses interventions dans le domaine de la santé reproductive (SR), l’approvisionnement en produits contraceptifs, formation du personnel, dans un contexte où il manque encore beaucoup d’efforts, a-t-il précisé en substance, malgré l’existence d’un arsenal juridique complet (loi et décret d’application sur la SR).

Mission conjointe

SEM. Cheikh Fall (premier plan) et le reste de la délégation- Crédit Aidara

A noter que le Directeur Général de l’OOAS était flanqué tout au long de sa visite par son propre staff, une Coordinatrice Projet SWEDD, une directrice exécutive, un chargé de mission droits à la santé, un coordinateur programme contraception et achat de produits contraceptifs et un chargé suivi-évaluation.

Justin Koffi du Bureau Régional UNFPA – Crédit Aidara

Cette délégation de l’OOAS était accompagnée par le Représentant résident de l’UNFPA en Mauritanie, SEM. Cheikh Fall et du Représentant de la Directrice régionale de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, M. Justin Koffi, ainsi que le Coordinateur du Projet SWEDD Mauritanie, Ahmed Souleymane Haiballa et ses assistants, Mme Halima et Dr. Dieng Diombar.

Le Coordinateur du projet SWEDD – Crédit Aidara

A noter aussi que le Directeur Général de l’OOAS a offert à tous ses interlocuteurs des cadeaux.

Cheikh Aïdara


Conférence africaine de la paix à Nouakchott, combler le vide entre la jeunesse, les décideurs politiques et les religieux

Le Palais des Congrès « Al Mourabitoune » de Nouakchott a abrité pour la deuxième journée, mercredi 9 février 2022, la Conférence Africaine pour la Paix. Une large place a été accordée à la jeunesse lors d’un panel et des sessions parallèles animées par un groupe de jeunes experts du continent sur le rôle de cette frange dans la consolidation de la paix.

Dr. Mohamed Alsanousi, à sa droite Elwane – Crédit Aidara

Sous la modération du Dr. Mohamed Alsanousi, Directeur exécutif des réseaux des concepteurs religieux et traditionnels de la paix, la Conférence Africaine pour la promotion de la Paix organisée à Nouakchott, a abordé lors de sa deuxième journée, mercredi 9 février 2022, la question de la jeunesse et ses liens avec les décideurs politiques et religieux. Un lien distendu, par la non implication des jeunes dans les centres de décision, et qui constitue selon plusieurs observateurs, un facteur inhibiteur de la promotion de la paix en Afrique et ailleurs.

La Somalienne Elwane a déclaré dans son intervention que son pays, en guerre depuis plusieurs années contre les groupes terroristes, a créé une jeunesse frustrée qui croit qu’on lui a volé sa joie à vivre dans la paix. « Parmi les défis posés à l’Afrique, et en particulier à mon pays la Somalie ainsi qu’à tous les pays en conflits, c’est la non implication des jeunes dans les processus de paix et leur non insertion dans la vie active, malgré leur rôle comme facteur de paix » a-t-elle plaidé.

Elwane dirige une ONG qui assure la prise en charge psychologique des jeunes et la prévention contre l’extrémisme violent afin d’empêcher les jeunes de rejoindre les groupes terroristes.

Quant à Rashad Hussain, ambassadeur itinérant auprès du Département d’Etat américain pour la liberté religieuse, « la réponse quant au rôle de la jeunesse dans la consolidation de la paix est devant nous », citant les témoignages de ses prédécesseurs, notamment, Elwane. « Il faut impliquer les jeunes à travers l’éducation » a-t-il déclaré, prenant comme référence, le discours prononcé par le Président Ghazouanie la veille, lors de l’ouverture de la conférence. « Son Excellence a parlé de l’approche basée sur l’éducation, la justice, la réhabilitation et le développement, pour permettre à la jeunesse de jouer pleinement son rôle dans ces différents domaines » a-t-il souligné.

De son côté, l’ancien ministre de l’Education du Nigéria, Pr. Ali Ibrahim, a mis en exergue le danger que constitue les fake news. « Si une troisième guerre mondiale devrait éclater, elle le sera sûrement à cause d’une fausse information » a-t-il illustré. Selon lui, il faut définir l’information, mais aussi la désinformation. Il a déploré le nombre incommensurable de fausses informations qui circulent et don les premières victimes sont les jeunes qui ne savent pas distinguer entre une vraie information vérifiée et une fake news. Il a aussi trouvé urgent de combler le fossé qui se creuse de plus en plus entre les jeunes, les décideurs et les Ulémas.

Le Burkinabé, Moumouni Dialla, président de l’Union panafricaine de la jeunesse, s’est réjoui du fait que la frange est de plus en plus interpellée pour son apport dans la promotion et la consolidation de la paix. « Plus de 70% des populations en Afrique sont jeunes, d’où la nécessité de les impliquer en mettant en avant la formation professionnelle et l’éducation » a-t-il souligné, non sans oublier la nécessité également de créer des emplois pour les jeunes.

Par la suite, plusieurs personnalités et Ulémas ont pris la parole pour alimenter le débat sur la triptyque Jeunesse-Décideurs politiques-Ulémas, à l’image de Mahfoudh Ben Boya, Secrétaire général du Forum d’Abu Dhabi pour la Paix, Mansour Sy député sénégalais, qui a cité le rôle des sports dans la consolidation de la paix (évoquant la ferveur autour de l’équipe sénégalaise après sa victoire à la CAN).

Cheikh Aïdara


Nouakchott abrite la 2ème Conférence africaine de la promotion de la paix

La 2ème Conférence africaine pour la promotion de la paix, organisée par le Forum d’Abu Dhabi pour la paix, s’est ouverte mardi 8 février 2022 pour trois jours sous le parrainage du Président de la République, Mohamed Cheikh Ghazouani. L’occasion de faire le point sur la menace du terrorisme et de l’extrémisme, en présence d’éminentes personnalités, des diplomates, des jeunes, des oulémas et des universitaires, et plus de 300 experts venus plus de 40 pays à travers le monde.

« L’extrémisme des idées est dans la plupart des cas à l’origine de l’extrémisme et de la violence dans les actes » a déclaré le Président Mohamed Cheikh Ghazouani, à l’entame des travaux de la 2ème Conférence africaine de la promotion de la paix, qui s’est ouverte mardi 8 février 2022 au Centre International des Conférences « Al Mourabitoune » à Nouakchott.

Pendant trois jours, du 8 au 10 février 2022, plus de 300 experts venus de plus de 40 pays au monde, des personnalités religieuses, des diplomates, des jeunes et des universitaires, vont échanger leurs expériences et débattre sur les questions de paix et de réconciliation en Afrique.

Dans le discours qu’il a prononcé à l’occasion, le Président Ould Ghazouani a cité l’expérience mauritanienne dans la lutte contre le terrorisme, soulignant que cette approche intégrée et globale, « ne se limitait pas à la seule dimension militaire et de développement, mais englobait également la dimension idéologique qui est au centre de la structure générale de ce phénomène. »

Il a ajouté que « la victoire sur le terrorisme exige de briser son épine militaire ainsi que de le priver d’un environnement favorable en luttant contre l’ignorance, le chômage et la pauvreté, et d’instaurer un État de droit solidement ancré et de construire un développement durable ».  Selon lui, « il convient, en priorité, d’œuvrer à ôter des esprits les germes de l’extrémisme idéologique en assurant la promotion de la culture de la paix, de l’amour et de la fraternité, ainsi qu’en prêchant les valeurs islamiques authentiques de tolérance, de modération, de fraternité tout en les protégeant contre les interprétations perverties. »

Tour à tour, Abdallahi Ben Boya, président du Forum d’Abou Dhabi et de la Consolidation de la Paix dans les sociétés musulmanes, Mohamed Mokhtar Joumaa d’Al Azhar Acharif, Mohamed Koné, Ministre des affaires religieuses du Mali, Mohamed Salem Nedhir, Représentant des Nations Unies pour le Sahel et Chahed Houceine, ambassadeur itinérants libertés religieuses du Département d’Etat Américain, se sont succédés au micro pour mettre en exergue l’importance de ce forum pour la consolidation de la paix dans le monde et dans le Sahel en particulier.

Les débats et les communications de cette conférence vont se poursuivre pour aboutir du 10 février 2022 à des propositions pratiques de nature à contribuer au raffermissement des liens de coopération entre les différents acteurs publics et politiques et les initiatives des leaders religieux pour la promotion de la paix et de la stabilité sur tous les territoires africains.

Cheikh Aïdara


La Mauritanie prépare son premier forum national sur la nutrition et l’alimentation

Repoussé d’une date à l’autre depuis novembre 2021, le premier forum national sur la nutrition et l’alimentation devrait se tenir, selon la volonté des autorités mauritaniennes, avant mars 2022.

La Plateforme multisectorielle sur la nutrition s’est réunie mercredi 22 février 2022, en présentielle et en visioconférence dans les locaux du ministère des Affaires Economiques et de la Promotion des Secteurs Productifs. C’était sous la présidence de M. Abass Sylla, Point Focal SUN Mauritanie et Directeur Général des Stratégies et Politiques au Ministère des Affaires Economiques.

A l’ordre du jour, les préparatifs pour l’organisation du Forum national sur la nutrition et l’alimentation, premier du genre dans le pays, dans un contexte marqué par une forte volonté des pouvoirs publics mauritaniens de donner un coup d’accélérateur à la lutte contre la malnutrition.

Cinq commissions sont prévues à cet effet pour accompagner le processus, avec une commission Organisation déjà pourvue et qui a commencé ses activités. Les autres commissions, Finance, Communication, Logistiques, Scientifiques et Capitalisation, avec comme lead la Direction des Politiques du Ministère des Affaires Economiques, les Nations Unies (Unicef notamment), et l’Université, devront démarrer leurs travaux dans la deuxième semaine de février 2022.

Pourquoi un forum sur la nutrition et l’alimentation ?

Ce forum, placé sous le haut patronage du Président Mohamed Cheikh Ghazouani, traduit l’engagement politique du gouvernement en faveur de la nutrition. Il est appelé à offrir l’opportunité d’aligner la nouvelle vision de développement axé sur le capital humain, à la nouvelle dimension de l’Agenda de la nutrition, comme libellé dans la nouvelle Stratégie SUN 3.0 (2021-2025).

Ne sont nullement oubliés, l’Agenda mondial 2030, les conclusions et recommandations du dernier Sommet mondial sur les systèmes alimentaires (New York, 23 septembre 2021), du Sommet mondial de la nutrition pour la croissance N4G (Tokyo, 7-8 décembre 2021), et la nouvelle orientation du prochain Plan d’Action 2022-2025 de la SCAPP (Stratégie de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée 2016-2030), instituant la Nutrition comme levier de croissance et de prospérité autant que la Santé, l’Agriculture et l’Education.

L’objectif global de ce forum est de mutualiser les ressources et les compétences à travers la cohérence et la synergie entre les différents intervenants et à travers également la corresponsabilité des acteurs : Etat, partenaires, société civile, milieu académique et secteur privé.

Le Forum va regrouper pendant trois jours, environ, 250 participants, décideurs politiques, parlementaires, partenaires techniques et financiers, experts, chercheurs, universitaires, cadres techniques, acteurs régionaux et locaux des secteurs étatiques contributeurs à la nutrition, des industriels de transformation agroalimentaire, des associations de consommateurs, des représentants des ONGs et organisations de la société civile, impliqués dans la lutte contre malnutrition sous toutes ses formes et d’experts de la sous-région et d’organisations internationales et régionales.

Brefs chiffres sur la nutrition en Mauritanie

Des données 2020 du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et du Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA) montrent que 11, 7¨% des ménages mauritaniens sont en insécurité alimentaire, dont 1,3% souffrant de la forme sévère.

Selon l’enquête SMART (juillet 2021), 17% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique, 11,1% de malnutrition aigüe modérée et 1,9% de malnutrition aiguë sévère.  

Selon l’Enquête Démographique et de Santé (EDS 2020), près de 80% des enfants mauritaniens sont touchés par l’anémie.

Ces chiffres alarmants interrogent sur la situation nutritionnelle et la qualité de la vie des populations urbaines et rurales, et cela s’est empiré sous la pandémie Covid-19.

Cheikh Aïdara

Association des Journalistes Mauritaniens Santé-Nutrition (membre de SUN Société Civile)