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Concours Eloquence 2021, Néma, 2ème étape de la caravane de sensibilisation régionale

Organisée par l’association culturelle Traversées Mauritanides, avec l’appui de l’UNICEF, la 3ème édition du concours Eloquence pour l’année 2021 se prépare activement avec la participation des jeunes de l’intérieur du pays. Après Kiffa, cap sur Néma, capitale du Hodh Echarghi où l’équipe a débarqué dimanche soir, 10 octobre 2021.

@crédit Aidara

La Maison des Jeunes de Néma, la mythique cité à l’ombre du Guelb NGady qui a inspiré tant de poètes, a accueilli lundi 11 octobre 2021, la caravane de sensibilisation autour du Concours Eloquence dans sa 3ème édition.

Une vingtaine de jeunes, dont plusieurs filles, ont pris part à la séance d’explication autour du thème retenu pour cette édition, « Covid-19, quelle vie après ? ».

@crédit Aidara

Prenant la parole à l’occasion, Cheikh Nouh, coach et membre de la délégation, a expliqué en hassanya, les raisons de la caravane et les conditions de participation. Il s’agit selon lui d’offrir aux jeunes, de moins de 30 ans, l’occasion de laisser exploser leur talent dans l’art oratoire et l’éloquence. Il a expliqué que la participation se fait à travers un écrit de deux pages au maximum, ou à travers un audio ou une vidéo, chacun de moins de 3 minutes, sur le thème fixé cette année.

Il a également expliqué comment se fera la présélection des demi-finalistes, qui subiront pendant trois semaines, un encadrement par des professionnels du théâtre, mais aussi des poètes et des journalistes. Puis, il a donné un aperçu de la finale et les prix offerts aux lauréats ainsi qu’aux finalistes.

@crédit Aidara

Prévue auparavant pour le 5 octobre 2021 comme dernier délai, la date de clôture du concours a été repoussée jusqu’au 15 octobre pour permettre aux candidats de l’intérieur de postuler. Ces derniers bénéficient aussi d’une exception. En cas de sélection par le jury, le ou les candidats de l’intérieur retenus, ont une prise en charge pour le transport aller-retour jusqu’à Nouakchott, mais devront se prendre totalement en charge durant tout leur séjour dans la capitale.

A noter que la caravane est composée de trois anciens candidats, dont la lauréate de la dernière édition, Djiefoulbe Bâ. Il s’agit de Moustapha Dedde et de Yahya MBodj, Esprit Poête. La caravane comprend également deux coachs, Cheikh Nouh et Fatou Kiné Diaw, mais aussi un animateur culturel, slameur, Cheikh Diagne dit Mister X. Les organisateurs font aussi partie de la délégation. Il s’agit de Bios Diallo, président de l’association Traversées Mauritanides et Cheikh Aidara, journaliste et Secrétaire général de l’association.

Après l’entrevue avec les jeunes de Néma, Bassiknou est la prochaine et dernière étape du périple.

Cheikh Aïdara


Concours Eloquence 2021, la caravane de sensibilisation régionale dépose ses valises à Kiffa, 1ère étape

La caravane de sensibilisation régionale autour du concours Eloquence 2021, 3ème édition, est arrivée à Kiffa, capitale de l’Assaba. La rencontre avec les jeunes de la région, dimanche 10 octobre 2021, a permis de les informer sur l’importance de ce concours dans l’art de l’éloquence ainsi que les conditions de participation.

Des explications aux participants – Crédit Aidara

Conduite par Bios Diallo, président de l’association Traversées Mauritanides, la caravane de sensibilisation autour du concours Eloquence 2021, organisée avec l’appui de l’UNICEF, est arrivée samedi soir à Kiffa, capitale de l’Assaba. Elle est composée de trois anciens finalistes de l’année dernière dont une lauréate, Djefoulbe Ba. Il s’agit de Yahya MBodj, Esprit Poete et de Moustapha Dedde. La caravane est accompagnée également par deux coachs, Cheikh Nouh et Fatou Kiné Diaw, ainsi qu’un animateur, Cheikh Diagne dit Mister X et d’un journaliste, Cheikh Aïdara, Secrétaire général de Traversées Mauritanides.

Partie des participants – Crédit Aidara

Près d’une trentaine de jeunes, tous membres de l’Association des Jeunes Volontaires pour le Développement (AJVD) présidée par Youssouf Sy, dont une majorité de filles, avaient assisté à la séance d’explication. La rencontre, tenue dimanche 10 octobre 2021, a été marquée par une introduction faite par Bios Diallo sur les origines du concours, ses objectifs et les conditions de participation. Il est revenu sur les principes clés du concours adressé aux jeunes de moins de 30 ans. Les participations se font à travers un écrit de deux pages au maximum, avec production d’un élément audio ou filmé, pour permettre au jury chargé de la présélection de s’imprégner de la capacité des candidats dans la maîtrise de l’oralité et de l’art de l’éloquence.

En voyage vers Kiffa – Crédit Aidara

Cette année, le thème choisi est « Covid-19, quelle vie après ? ». C’est autour de ce thème central que la compétition va se dérouler.

Tour à tour, les anciens candidats aux concours précédents, dont la lauréate de Eloquence 2019, Djefoulbé Bâ, ont décliné des extraits de texte. Les coachs ont pour leur part expliqué le déroulé de l’encadrement des candidats demi-finalistes et finalistes durant quinze jours à travers des séances assurées par des professionnels du théâtre, du cinéma et de la poésie.

A la fin des présentations, les organisateurs ont répondu aux questions des participants. Prochaine étape, Néma, capitale du Hodh Charghi.

Cheikh Aïdara


« Birame Dah Abeid et le Pacte de la Renaissance », le livre de Tania Tinoco qui a fait sensation à la Sorbonne

La Sorbonne, temple du savoir français en plein cœur du quartier latin à Paris, a abrité jeudi 7 octobre 2021, la présentation de la version française du livre « Birame Dah Abeid et le Pacte de la Renaissance » de l’écrivaine équatorienne, Tania Tinoco.

Au centre Tania Tinoco, Birame et son épouse Leila et à l’extrême droite Bakary Tandia, l’ex-directeur de campagne de Birame à la présidentielle de 2019 et qui a fait le déplacement depuis les Etats-UnisCrédit IRA

Publié en version espagnole, puis traduit en anglais, l’ouvrage sous sa version française, qui retrace le parcours du leader abolitionniste et parlementaire mauritanien, Birame Dah Abeid, est le fruit de la collaboration de plusieurs personnes.

Birame lors de son discoursCrédit IRA

Il s’agit notamment d’Antonio Sola Reche, stratège politique de renommée internationale et son épouse, Susana Gonzales, mais aussi du Mexicain, Ignacio Gomez grâce à qui Antonio Sola et son équipe ainsi que Tania ont fait la connaissance de Birame à Nouakchott en 2019.

Il y a également deux français qui ont contribué à cet ouvrage. Il s’agit en l’occurrence du photographe Mathieu Dandoy et de Juan Francisco Capunay, Master en droit international général, mais aussi du photographe palestinien résidant à Paris, Raed Bawayah.

L’équipe comprend aussi deux professionnels équatoriens, Kevin Ponce et le journaliste Rafael Veintimilla, pour la mise en page et la dernière révision et l’édition, l’Argentine Soledad Waisman pour la traduction des chapitres, ainsi que la journaliste équatorienne, Andreina Laines Herrera, pour la correction et le style.

Le livre s’articule autour de 12 chapitres, plus un prologue, une note au lecteur, deux chapitres extra, « Dernier aveu » et « Pour une cause » et enfin, des remerciements.

Les 12 Chapitres

Comme les 12 travaux d’Hercule, l’ouvrage qui est égaillé par plusieurs photos de Birame ainsi que celles de femmes harratines et quelques anciennes esclaves libérées par son mouvement abolitionniste IRA, telles que MBarka Essatim et Haby, retrace le parcours d’un homme. Il alterne dans un style simple et plaisant, des moments douloureux dans le combat contre l’esclavage, tels que les récits douloureux de quelques rescapés, les répressions et les emprisonnements successifs sous le double quinquennat de Mohamed Abdel Aziz (2009-2019), mais aussi des moments d’intimité et d’humour.

Au cœur de ce champ plein d’embuches et de surpassement de soi, une philosophie humaniste se dégage, débouchant sur une reconnaissance populaire et un couronnement internationale d’un combat qui a pris ses racines dans des promesses d’un enfant à son père, celles de Birame Dah à son père Abeid.

Leila Ahmed, épouse et compagnon de lutte de Birame Dah AbeidCrédit IRA

Le titre de l’ouvrage est tiré d’un slogan de campagne lancé le 16 avril 2019 à l’orée de la dernière présidentielle mauritanienne à laquelle Birame avait pris part et à l’issue de laquelle il conforta sa place de dauphin et de principale option pour une alternance politique en Mauritanie. C’est au cours de cette campagne que l’auteur de l’ouvrage, Tania Tinoco, accompagnée de son mari, ainsi que d’Antonio Sola et son équipe, fit la connaissance de Birame. De ses entretiens avec lui, elle tirera la substance de l’ouvrage qui a été présenté jeudi 7 octobre 2021 à la Sorbonne, devant un public varié de défenseurs des droits de l’homme, d’écrivains, d’universitaires, de journalistes et d’étudiants.

Le regard que jette Tania sur la Mauritanie et sur les pratiques esclavagistes qui y sévissent à travers les dix ans de combat du mouvement IRA, mais surtout son regard sur Birame et sur la société mauritanienne, donne au lecteur mauritanien l’impression d’un regard tout à fait nouveau sur tous les faits relatés. Même si certaines assertions subjectives restent discutables, comme le nombre d’esclaves en Mauritanie ou l’approche sur les ethnies minoritaires ou majoritaires, bidhanes, harratines et négro-mauritaniens.

Le discours

C’est surtout, le discours de Birame Dah Abeid, au cours de la cérémonie de présentation de l’ouvrage de Tania Tinoco à la Sorbonne qui semble avoir le plus captivé l’assistance plus que la présentation de l’ouvrage lui-même.

Vue partielle du public- Crédit IRA

A noter dans ce cadre que l’ouvrage de Tania Tinoco est le deuxième publié sur Birame. Paradoxalement, c’est encore une étrangère. Il s’agit de la Malgache, Vanina Raliterason qui avait publié en 2017, un livre intitulé, « Birame Dah Abeid, l’enfant du pays, petit-fils d’esclave : la liberté immédiate » où elle évoque en filigrane de la vie de Birame et du mouvement IRA, l’esclavage et la torture en Mauritanie, deux luttes à mener au 21ème siècle, selon elle.

Cheikh Aïdara 


Affaire Ehel Bneijara- Oulad Melouk : un conflit foncier qui risque de dégénérer à la veille de la visite du Ministre de l’Intérieur à Néma

La négligence ou le « je m’en foutisme » du Wali du Hodh Charghi, Cheikh Ould Awa, selon la famille Ehel Bneïjara, risque de mettre la poudrière entre elle et les Oulad Melouk, sous fond d’un conflit foncier. Et cela à une journée ou deux de la visite que devra effectuer dans la région, le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Mohamed Salem Merzough.

Photo d’illustration – Crédit Aidara

La visite du Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation Mohamed Salem Merzough au Hodh Charghi, prévue le 1er ou le 2 octobre 2021, ne passera certainement pas inaperçu. La famille de Ehel Bneïjara, répartie dans toutes les régions du pays, vont converger vers la capitale du Hodh Charghi, Néma, dans un sit-in que ses membres ont décidé de tenir devant les locaux de la Wilaya, lors de la visite de Ould Merzough. Ils comptent protester contre le refus du Wali, Cheikh Ould Awa, d’exécuter les instructions du Ministre de l’Intérieur dans le conflit foncier qui les oppose à la faction Oulad Melouk.

En effet, le Ministre de l’Intérieur avait dans une lettre en date du 10 décembre 2020, instruit le Wali Cheikh Ould Awa d’appliquer l’accord signé entre les deux parties le 24 avril 2000. Ce que ce dernier se refuse de faire depuis cette date. Cela a poussé la famille Ehel Bneïjara à se demander ce que veut réellement ce Wali. « Veut-il nous pousser à la rébellion, comme les gens de R’Kiz, ou ce qui s’est passé antérieurement à Tintane, Kobeni et Aïoun ? ». Mieux, Mohamed Bneïjara, porte-parole de la famille, se demande pour qui roule le Wali Cheikh Ould Awa, « pour Ould Abdel Aziz, sous lequel il a servi jusqu’à maintenant ? » Il s’étonne de la persistance du Wali à jouer le rôle d’une opposition au sein du pouvoir actuel, en refusant d’obtempérer aux instructions de son ministre.

Fac-similé de la lettre du Ministre de l’Intérieur au Wali du Hodh Charghi

L’affaire en question porte sur une étendue territoriale située dans la commune de Hassi Etile, à une trentaine de kilomètres de Néma. Elle a été à l’origine de l’avortement d’une tentative de l’Etat d’opérer un regroupement dans le cadre de la politique initiée à l’époque par les pouvoirs publics pour le regroupement des villages. Seulement, le lieu choisit faisait l’objet d’un conflit latent. Ce conflit avait dégénéré en batailles rangées, avec casse de biens communautaires, comme des digues. L’affaire sera exposée aux instances judiciaires, jusqu’à l’arrivée du Wali Ould Abdallah, vers la fin du quinquennat de Ould Abdel Aziz. Face à l’échec de la tentative de regroupement, il demandera à chacune des deux familles de rejoindre son territoire antérieur. Mais cela ne mit pas fin au conflit.

Pourtant, un accord explicite, enregistré au niveau du Cadi de Néma avait permis par acte en date du 24 avril 2000, de régler définitivement le conflit.

C’est la substance de la lettre que le Ministre de l’Intérieur, Mohamed Salem Merzough avait adressé en décembre 2020, sous forme d’instruction, au Wali Cheikh Ould Awa. Dans cette lettre (voir fac-similé), le Ministre demande au Wali de revenir à cet accord basé sur un partage de la zone litigieuse suivant le lit de la Batha. La partie Sud revenait à la famille Bneijara et la partie Nord à la famille Oulad Melouk.

Non seulement, le Wali Cheikh Ould Awa, a osé affirmer ne pas avoir pas pris connaissance de la lettre du Ministre de l’Intérieur trois mois après l’avoir reçu, mais il s’abstiendra de toute tentative depuis cette date d’appliquer les instructions de son ministre.

Ce qui est sûr, c’est que les deux factions sont prêtes à en découdre si l’Etat, à travers le Ministère de l’Intérieur, ne prend aucune disposition pour remettre chacune des deux parties dans ses droits. A quelques encablures des graves évènements de R’Kiz, Néma et ses alentours risquent à leur tour de s’enflammer face à l’inertie des pouvoirs publics d’imposer le respect de l’Etat de droit, en commençant par rappeler à leurs représentants au niveau des régions, leurs entières responsabilités.

Cheikh Aïdara