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2ème édition du Festival International du Film de Nouakchott, annonce des lauréats des différentes compétitions et fin de clap

La 2ème édition du Festival International du Film de Nouakchott a été close durant la soirée du samedi 26 octobre 2024 par la distribution des prix aux lauréats vainqueurs des compétitions dans les différentes catégories cinématographiques, suivi des discours de clôture. Les participants se sont donné rendez-vous pour la prochaine édition en 2025.

Photo de famille de clôture – Crédit Aidara

La 2ème édition du Festival International du Film de Nouakchott a baissé ses rideaux samedi 26 octobre 2024 tôt dans la soirée au Parc de l’OMVS en plein cœur de la capitale mauritanienne, Nouakchott.

Au total, le jury des différentes catégories en compétition ainsi que le public de Nouakchott ont visionné quelques 35 films issus de 18 pays en cinq jours, durée du festival, lancé le 22 octobre au même lieu sous une présence officielle très relevée.

Outre la Présidente du Conseil Régional de Nouakchott, l’ouverture du festival a été rehaussée par la présence du Ministre de la Culture, celle de son homologue chargée de la Jeunesse et des Sports, plusieurs élus, acteurs du monde du cinéma, venus d’ici et d’ailleurs.

En compétition pour la Coquille d’Or, 5 longs métrages étaient en lice, ainsi que 11 films courts métrages dont 2 films mauritaniens, répartis entre narratifs et documentaires, 5 films produits par des créateurs de contenus exclusivement mauritaniens, et 4 films issus des ateliers du Nord qui avaient permis à 79 jeunes de l’Inchiri, de l’Adrar, du Tiris-Zemmour et de Dakhlet-Nouadhibou de se former dans les métiers du cinéma.

La soirée du samedi 26 octobre avait sa particularité, car entièrement dédiée à l’annonce des résultats des différentes compétitions et la distribution des prix aux lauréats.

Ainsi :

Ahmed Chadiky et son prix remis par le Directeur de Afroport Mauritania – Crédit Aidara
  • « Le village des aveugles » du réalisateur Ahmed Chadhily a remporté le prix du « Meilleur créateur de contenus » avec une prime de 1.000 dollars U.S.
  • Cheikh Ould Varwi a quant à lui remporté le premier prix dans la catégorie des « Films d’atelier » avec en prime 1.000 dollars U.S pour son film « La folie du regret ».
  • Dans la catégorie « Courts Métrages » deux sous-catégories ont été primées, un parmi les quatre films documentaires en compétition et un parmi les 7 films narratifs.

Ainsi, le Premier prix de la catégorie « Court métrage documentaire » doté de 1.000 dollars a été remporté par Muhammad Nassif de l’Egypte pour son film, « Un siècle et six ans » et le Premier prix, doté du même montant, dans la catégorie « Court métrage fiction » a été remporté par le réalisateur algérien, Kamal Al Ruwaini pour son film « The Whispers of Dawn » ou « Les Murmures de l’Aube ».

Le Directeur du festival remettant le prix du court métrage. En l’absence du lauréat, c’est son compatriote Issaoui qui réceptionne son trophée – Crédit,Aidara

Une mention spéciale a été accordée au film « Qatra » du réalisateur tunisien, Youness Ben Hajia et le film « Trace » du éalisateur libyen Faraj Maayouf.

  • Dans la catégorie « Longs Métrages » 5 films étaient en compétition. Le premier prix de cette compétition doté de 1 500 dollars U.S a été remporté par le film « The Burdened » du réalisateur Omar Jalal du Yémen.

Mention spéciale a été accordée à « Goodbye Julia » du réalisateur soudanais Mohamed Cordovan.

Durant les échanges de discours entre officiels, le Directeur du Festival International du Film de Nouakchott, Mohamed Moustapha Al Bane, a évoqué l’opportunité que le festival a offert à l’art d’une manière générale, et d’une manière plus spécifique, au cinéma et à l’esthétique.

Discours du Directeur,du,festival ,- Crédit Aidara

« Ce fut une belle opportunité pour nous d’exprimer nos sentiments par rapport à la question palestinienne, en accueillant le cinéma palestinien comme invité d’honneur et de permettre au public d’assister à la projection du film palestinien, « Distance Zéro », et ses 22 séquences » a-t-il souligné.

Le festival a également été l’occasion, selon lui, de se former dans les domaines de l’écriture, du scénario et de la réalisation dans le domaine du cinéma.

Le directeur du festival a félicité tous les lauréats mais aussi tous les réalisateurs et producteurs qui ont animé ces cinq jours dédiés au 7ème art.  Il a remercié au passage la Présidente du Conseil Régional de Nouakchott, Mme Vatimetou Mint Abdel Maleck, dont l’institution est le premier partenaire du festival, mais aussi le Ministère de la Culture qui a pris le train en marche cette année ainsi que les sponsors, notamment l’Office national du tourisme, la société Afroport Mauritania et l’Institut National des Arts. Mohamed Moustapha a aussi remercié le public de Nouakchott pour sa présence tout au long du festival.

La Vice-présidente du Conseil Régional de Nouakchott entourée du Conseiller du Ministre de la Culture (à gauche) et du Directeur de Afriport – Crédit Aidara

La Vice-présidente du Conseil Régional ainsi que son staff, présents à la cérémonie de clôture, ont exprimé au nom de la Présidente Mme Vatimetou Mint Abdel Maleck, la volonté de la Région de Nouakchott à poursuivre son soutien et son accompagnement au Festival International du Film de Nouakchott dans ses prochaines éditions.

Cheikh Aïdara


Depuis Dakar, Birame fustige le blanc-seing accordé à un président « mal élu »

Alors que le président mauritanien sortant Mohamed Cheikh Ghazouani vient d’être réélu, son principal opposant, Biame Dah Abeid, crie au scandale et à la corruption. À Dakar, il s’élève contre son rival et contre le système sociétal que ce dernier soutient.

Premier août 2024 ! Que d’évènements sensationnels aussi bien à Nouakchott qu’à Dakar ! Là, on célèbre l’investiture d’un président sortant, Mohamed Cheikh Ghazouani, confiant aux résultats qui le donnent vainqueur du scrutin présidentiel du 29 juin 2024. Là-bas, son principal challenger, Birame Dah Abeid, contre-attaque à dose de « com » en lui déniant toute légitimité. Au milieu, une communauté internationale clouée au pilori pour avoir donné son onguent à un hold-up électoral et blanchi une « démocrature digne des pires dictatures ».

Birame avec les dirigeants de l’association JAMRA-Crédit Aidara

Birame Dah Abeid, président de l’ONG Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), deuxième à la présidentielle du 29 juin dernier en Mauritanie a animé jeudi 1er août 2024 à Dakar (Sénégal) une conférence de presse couverte par plusieurs médias sénégalais et mauritaniens, en plus de quelques correspondants de médias étrangers.

Cette conférence de presse coïncidait avec l’investiture à Nouakchott, le même jour, du président Mohamed Cheikh Ould Ghazouani, devant un parterre de chefs d’Etat et de gouvernements, mais aussi de représentants d’institutions internationales.

Le président mauritanien sortant Mohamed Ould Ghazouani votant dans un bureau de vote à Nouakchott le 29 juin 2024. © AFP – MICHELE CATTANI

Birame a déclaré son indignation face au blanchiment d’un président « élu par la fraude et non par la vérité des urnes », accusant les principaux chantres de la démocratie dans le monde d’offrir, par leur présence à la cérémonie d’investiture de Mohamed Cheikh Ghazouani, un blanc-seing à un président « élu par le vol électoral et non par le peuple mauritanien ».

Un bref cours d’histoire

Auparavant, Birame Dah Abeid avait procédé à un bref survol de l’histoire de l’esclavage et de l’inégalité sociale en Afrique subsaharienne, surtout la souffrance à travers les siècles des populations d’origine noire. Il a rappelé le commerce triangulaire, la déportation de dizaines de millions d’esclaves africains vers les Amériques mais aussi vers l’Orient. Pour aboutir dans sa narration sur la situation en Mauritanie, dominée selon lui pendant longtemps par la persistance des pratiques esclavagistes et la stratification de la population par castes, puis la paupérisation qui a englobé, dans ses plus sombres replis, les couches faibles et défavorisées de la population.

Selon lui, la cause de tant de malheur est imputable à une oligarchie militaire, soutenue par des armadas de « profiteurs » qui n’ont cessé depuis des décennies, régime après régime, de se partager les richesses du pays au détriment de la grande masse qui croupit dans la plus grande misère.

Cette situation de pourrissement intérieur aurait fait selon lui, la lie d’une « élite corrompue » qui se maintient au pouvoir grâce à un système de fraude alimenté par les chefferies traditionnelles, l’appareil civil et militaire de l’Etat dans tous ses attributs et avec tous ses moyens.

Cette fraude ne passera pas

Si en 2019, dira Birame, le « hold-up » de la présidentielle a pu être digéré aux termes de dialogues et de conciliabules aux promesses jamais tenues, le vol de la présidentielle de 2024 ne passera pas dans la même tranquillité.

Il a égrené au passage quelques exemples de fraude, dont la plupart, selon lui, ont eu lieu « dans le désert avec les règles du désert », mais aussi la connivence de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) accusée d’avoir parrainée cette large forfaiture.

Finalement, dira-t-il, la coalition qui a soutenu sa candidature ne reconnaît pas les résultats de l’élection présidentielle passée. Elle continue de dénier à Ghazouani le titre de président légitimement élu et déclare poursuivre la résistance pacifique tant qu’un dialogue inclusif et sérieux ne sera pas mis en branle pour mettre à plat tout le mécanisme électoral en vigueur.

« Mon souci, est d’offrir aux Mauritaniens des instruments fiables et indiscutables pouvant assurer dans l’avenir des compétitions électorales saines et incontestables, pour qu’il n’y ait plus de manifestations postélectorales, plus de morts et plus de coupure d’Internet » a conclu Birame qui a répondu par la suite aux questions des journalistes.

Il faut noter qu’à la veille, Birame s’était soumis à un feu de questions-réponses sur les réseaux sociaux, face à un quatuor de journalistes et de blogueurs mauritaniens. Cette émission a été vue par plus d’un million de personnes sur la page d’un activiste mauritanien basé aux USA.

Il faut signaler enfin que la conférence de presse de Birame Dah Abeid a eu lieu dans les locaux de l’association « JAMRA » un partenaire du mouvement IRA au Sénégal.

Cheikh Aïdara


Mauritanie : meeting « Coalition Birame », rejet de la présidentielle et feuille de route pour tout remettre à plat

Le meeting du dimanche 21 juillet 2024 à l’ancien aéroport de Nouakchott, organisé par la « Coalition Birame président 2024 », ensemble de mouvements et de partis politiques dont certains en gestation, a tenu toutes ses promesses. Un rassemblement monstre formé par des centaines de militants et partisans, des discours enflammés, une extraordinaire et discrète mobilisation policière. Fait marquant, une feuille de route en plusieurs points adressée au pouvoir pour tout remettre à plat.

Debout, l’arrivée triomphale de Birame – Crédit Aidara

Faute d’une autorisation pour une marche qui était prévue le jeudi 18 juillet 2024, la « Coalition Birame président 2024 » a finalement reçu en compensation, face à un pouvoir qui a dû lâcher du lest, un meeting qui a finalement eu lieu le dimanche 21 juillet 2024 à l’ancien aéroport de Nouakchott.

La mobilisation a rassemblé des centaines, voire plusieurs milliers de militants, partisans et curieux. L’estrade prévue pour les officiels était entourée par plusieurs barrières derrière lesquelles s’était agglutiné une foule immense que les organisateurs habillés en gilets jaunes avaient du mal à contenir.

Aux alentours, des dizaines de voitures, dont certaines serviront de perchoir, des bus et des camions dont les toits disparaissaient sous une avalanche humaine. Chaque fronton de dunes était pris d’assaut par des nuées de personnes qui ne voulaient rien rater du meeting qui battait son plein.

A l’intérieur du cercle délimitant l’espace réservé à l’estrade officielle, aux invités de marque, aux journalistes, quelques dizaines de militants qui étaient parvenus à se faufiler se mêlaient aux organisateurs qui peinaient pour maintenir l’ordre.

Des discours de réchauffe

Quelques minutes avant l’arrivée de Birame Dah Abeid, classé 2ème avec 22% des suffrages selon les chiffres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), confirmés par le Conseil constitutionnel, donnant le président sortant, Mohamed Cheikh Ghazouani, vainqueur avec plus de 56% des voix de l’élection présidentielle du 29 juin 2024, plusieurs leaders se sont succédé au micro. Saadani Seddoum, l’amazone du mouvement KAVANA, avait remporté la vedette grâce à une sortie qui résumait avec toute la puissance de sa rhétorique tout ce que ceux qui vont la suivre avait dit.

Une immense foule au rendez-vous sans Internet – Crédit Aidara

Un, la coalition Birame restera soudé derrière son leader, Birame Dah Abeid, et aucun membre de la coalition ne fera scission comme y travaille les officines du renseignement.

Deux, le refus catégorique des « résultats frauduleux de la présidentielle » et l’affirmation sans ambages que le vrai président de la République, c’est Birame Dah Abeid.

Successivement, Abdessalam Horma, président du parti Sawab, Samba Thiam, président des Forces populaires de changement FPC (parti non encore reconnu), les représentants de la CVE et de Fouta Tampi, entre autres, prendront la parole ainsi que le doyen Ladji Traoré et ses camarades transfuges du parti Alliance Populaire Progressiste APP. Tout le directoire de campagne du candidat est aussi passé au perchoir pour traduire l’aspiration du peuple mauritanien au changement, « un changement volé par le bourrage des urnes et les bureaux fictifs, les chantages des électeurs et les déplacements massifs de votants dans des hameaux jadis dépeuplés » ont-ils déclaré.

« Nous n’accepterons pas ce énième hold-up électoral »

Une partie de la tribune officielle – Crédit Aidara

Théâtrale a été l’arrivée de Birame Dah Abeid après que la foule ait été chauffée à blanc par les discours de réchauffe, les refrains des rappeurs et les danses des jeunes militantes. Bras tendus vers la foule en délire, Birame a pratiquement déchiré l’immense rassemblement, drapé d’un boubou bleu chemise blanche à moitié visible dans la voiture qui le conduisait vers la tribune.

Son discours ne dérogea guère à sa verve rhétorique. Un recueillement devant les morts de Kaédi, l’exigence d’une enquête sur ces évènements tragiques et leur règlement judiciaire, le refus de reconnaître la victoire de Ghazouani, l’engagement à poursuivre la lutte pour la rétrocession de sa « victoire volée » aux élections de juin 2024, et rappel des divers points inscrits sur la feuille de route qui avait été lue par son directeur de campagne, Yacoub Lemrabott, président du mouvement KAVANA.

Les « Ni Ni »

Pour ceux qui ne sont ni avec Birame ni rangé du côté du pouvoir, le président Ghazouani doit prendre de la hauteur pour comprendre le message d’une partie de la population (plus de 40%) qui aspire au changement. Il est surtout invité à apporter les solutions aux problèmes soulevés par tous ceux qui n’ont pas voté pour lui et qui demandent, entre autres revendications, un rééquilibrage dans les nominations, plus de justice sociale et plus d’intérêts aux aspirations du peuple.

Jeunes filles militantes portant une banderole – Crédit Aidara

Certains donnent le « Pacte Républicain » comme une référence dont il ne faut se départir, reprochant à Birame et à plusieurs pans de l’opposition de n’avoir pas adopté ce document. A rappeler que le « Pacte Républicain » a été dénoncé comme une démarche unilatérale et non consensuelle initiée par deux partis de l’opposition jugés non représentatifs sur l’échiquier politique avec le parti au pouvoir INSAF. Même si le contenu paraît aux yeux de certains opposants comme acceptable, ces derniers lui reprochent la démarche qui l’a sous-tendu.

Avis des détracteurs

Le meeting de la « Coalition Birame président 2024 » a été très suivie par l’ensemble des Mauritaniens, y compris le camp adverse.

Certains détracteurs de Birame sont étonnés de le voir « refuser de reconnaître Ghazouani comme président » et en même temps demander le dialogue avec le pouvoir qu’il représente.

D’autre part, ils accusent Birame d’être un extrémiste et un raciste à la solde des Forces de Libération Armée de Mauritanie (FLAM), une organisation née dans les années 80 de la lutte de quelques intellectuels négro-mauritaniens contre le système « beydane » selon leur terminologie. La branche active du mouvement et tout son directoire sont aux USA et en Europe, déportés et forcés à l’exil depuis plusieurs décennies.

Abdessalam Horma (à gauche) leader du parti Sawab – Crédit Aidara

Durant toute l’histoire politique de ces quarante dernières années, les FLAM sont ainsi agités comme un épouvantail par les différents régimes comme le danger qui menace la vie de la communauté arabe, dans une stratégie de conservation et d’unité de cet ensemble pour éviter qu’elle ne sorte du giron du pouvoir seul sensé les protéger.

Ainsi, pour éloigner l’électorat « beydane » de la candidature de Birame et pour contrer sa campagne de refus des résultats de l’élection présidentielle, le pouvoir a mis en place une stratégie de diabolisation, jouant sur la peur d’un complot ourdi pour déstabiliser le pays et accusant les FLAM d’être derrière ce plan. Samba Thiam, ancien membres des FLAM et qui a accepté de revenir au pays, sur la demande de l’ancien Président Sidi Cheikh Abdallahi, pour compétir dans l’arène politique, est pointé du doigt et jeté à la vindicte populaire. Président d’un parti politique non encore reconnu, les FPC, Samba Thiam paye les frais d’accusations montées de toutes pièces, selon ses proches.

C’est ce qui fera dire à Birame, « si Samba Thiam est si dangereux, pourquoi le pouvoir le laisse tranquille sans l’interpeller et démontrer au peuple mauritanien qu’il complote pour brûler le pays ».

Cheikh Aïdara

Cheikh Aïdara

Feuille de route politique présentée par la coalition « Birame Président 2024 »

Les dernières élections présidentielles ont conduit à une crise politique et sociale aiguë, ayant coûté la vie à de nombreux jeunes innocents et perturbant gravement la vie des citoyens et limitant leurs mouvements et communications.

Le régime actuel est entièrement responsable de cette escalade injustifiée après avoir manipulé le processus électoral et falsifié la volonté des électeurs de manière effrontée. Malgré cela, la compilation de nos résultats indique que M. Mohamed Ould Ghazouani ne peut pas être élu dès le premier tour ; par conséquent, nous rejetons les résultats fabriqués par la CENI.

Le gouvernement actuel détient la clé pour sortir de la crise et, s’il agit de manière sincère, la coalition sera ouverte aux négociations nécessaires pour résoudre la crise.

La coalition « Birame Président 2024 », convaincue que l’intérêt supérieur de la nation prime sur toute autre considération et consciente de la nécessité de maintenir la sécurité publique et la sérénité des citoyens, présente la feuille de route politique suivante au régime actuel et à l’opinion publique nationale et internationale :

1. *Phase d’apaisement immédiat

   – Libérer tous les prisonniers politiques (certains étant toujours détenus dans des casernes) avec l’élucidation de certains cas de disparition forcée.

   – Mettre fin à l’état d’urgence non déclaré en retirant les forces de sécurité des rues des villes.

   – Créer une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur les événements douloureux de Kaédi et traduire les coupables devant la justice pour leur infliger les peines les plus sévères.

   – Rétablir immédiatement le service de l’Internet.

   – Autoriser les manifestations pacifiques.

   – Abroger la loi sur les symboles et garantir les libertés publiques.

2. *Phase de dialogue national inclusif axée sur deux volets conduisant à :

   *A) Volet électoral et démocratique

   – Lever immédiatement l’interdiction de reconnaissance des partis politiques et appliquer la loi relative à la légalisation des partis en revenant au système déclaratif.

   – Assurer le respect de la loi sur les libertés publiques et fondamentales (réunions, associations, liberté d’expression, manifestations, etc.).

   – Revoir l’ensemble du processus électoral (code électoral, audit des registres, découpage électoral, financement, méthode de vote, mode de désignation du chef de l’opposition, recensement à vocation électorale, commission électorale consensuelle, etc.).

   – Adopter la proportionnelle intégrale aux élections législatives, considérant la nation entière comme une seule circonscription électorale ; ce qui limitera la banalisation de la vie politique et renforcera l’harmonie et la cohésion nationales, avec un seuil de 3% des suffrages exprimés pour accéder au parlement pour tout parti politique.

   – Dissoudre le parlement et organiser des élections législatives anticipées en adoptant la proportionnelle intégrale avec un seuil de 3% pour être éligible au parlement.

   – Revoir les lois du code électoral pour établir une véritable démocratie permettant une alternance pacifique au pouvoir, par :

 –  la Dissolution de la commission électorale nationale indépendante et le choix d’une nouvelle commission composée de personnalités reconnues pour leur intégrité et leur probité.

   – interdiction de l’inscription à distance sur les listes électorales et son bannissement en tant que source de fraude majeure en plus de l’élimination des bureaux de vote fictifs.

   – Non-renouvellement de mandat pour tout membre actuel du Conseil constitutionnel et le choix des nouveaux membres parmi des personnalités juridiques indépendantes, éminentes et crédibles.

   *B) Volet politique (discussion des questions profondes liées à l’unité nationale)

   – Résoudre les questions complexes telles que le passif humanitaire et l’initiation d’une enquête qualitative et quantitative pour déterminer, de manière exhaustive, les contours de la problématique de l’esclavage et ses séquelles.

– Officialiser toutes les langues nationales.

   – Réformer l’enregistrement biométrique.

   – Organiser les Etats généraux de la nation pour réformer les institutions de l’État.

   – Etendre l’assurance maladie universelle pour couvrir tous les citoyens.

   – Prendre des mesures urgentes et immédiates en faveur des pauvres et des marginalisés, comme la réduction des prix des produits de première nécessité et leur stabilisation.

La coalition « Birame Président 2024 » estime que ces mesures sont de nature à permettre une sortie de la crise actuelle et de poser les jalons d’une nouvelle ère marquée par la confiance et la coopération au service de l’intérêt général de notre peuple.

Nouakchott, le 21 juillet 2024


Présidentielle 2024, des morts, des blessés et des arrestations à Kaédi

Selon des informations de presse confirmées par un communiqué du Ministère de l’Intérieur, trois personnes sont mortes à Kaédi, capitale régionale du Gorgol, dans le Sud mauritanien. Dans ce communiqué, le Ministre de l’Intérieur a présenté ses condoléances aux familles éplorées. Une enquête aurait été ouverte par le parquet pour déterminer les circonstances de ces décès, a-t-il affirmé en substance.

Manifestants contre forces de l’ordre-Crédit Aidara (photo archives)

Plusieurs personnes auraient été également blessées durant les manifestations qui ont eu lieu durant la nuit du lundi au mardi, non seulement à Kaédi mais dans plusieurs autres grandes villes comme Nouakchott et Nouadhibou.

Alors que le ministre de l’Intérieur a évoqué la mort des quatre personnes durant les manifestations, d’autres sources parlent d’arrestations ciblées qui ont visé des responsables de la campagne présidentielle du candidat Birame Dah Abeid au niveau de Kaédi.

Parmi les personnes tuées par forces de l’ordre à Kaédi, suite aux manifestations, deux jeunes victimes ont été identifiées, Mbaré Ablaye Diop et Amadou Diobel. Six responsables et membres du staff de campagne de Birame sont actuellement détenus, Ibrahima Sow, son directeur de campagne, Mohamed Diop, superviseur des opérations électorales, Oumar Diarra, chargé de communication, Ly Ibrahima, Bocar Ly et Bebel. Il semble que la répression a été menée par la gendarmerie.

Cheikh Aîdara