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5.800 kits au profit de populations sinistrées du Trarza et du Guidimagha

Un camion stationné portant plusieurs tonnes de matériels et équipements, dont 5.800 kits individuels, des salles et des allées bondées. Un spectacle saisissant que celui offert, en cette matinée du mardi 15 décembre 2020, par le Centre de santé de  l’Association mauritanienne pour la promotion féminine (AMPF) de Dar-Naïm, à Nouakchott. C’était lors du lancement d’une vaste opération de distribution de dons financée par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) au profit des populations sinistrées du Trarza et du Guidimagha suite au dernier hivernage.

Les principaux acteurs en photo devant l’un des deux camions – Crédit Aidara

Un «Camion 30 Tonnes » remplis de couvertures, nattes, sacs, produits et équipements divers, des salles de soins transformés à l’occasion en magasins bondés, un personnel pris entre quatre feux, plusieurs personnalités, des hommes et des femmes, en costumes et habits traditionnels. C’est l’image phare de la cérémonie de lancement de l’opération de distribution que le centre de santé de l’AMPF à Dar-Naïm a abrité mardi 15 décembre 2020. Cette opération financée par l’UNFPA, était portée par plusieurs acteurs de la société civile, notamment le Groupe parlementaire à l’action humanitaire et sociale, en partenariat avec l’AMPF, la Fédération mauritanienne des associations nationales de personnes handicapées (FEMANPH) et SOS Esclaves. Les bénéficiaires sont les personnes vulnérables, victimes des dernières inondations suite à l’hivernage 2020 dans les localités de Rosso, Keur Macène et Mederdra au Trarza, Sélibaby, Ould Yenge et Ould MBoni au Guidimagha.

Dans le mot qu’il a prononcé à l’occasion, le Représentant Résident de l’UNFPA en Mauritanie, SEM. Saidou Kaboré, a relevé au passage l’absence du président du Groupe parlementaire à l’action humanitaire et sociale, le député Khalil Ennahwi, «qui n’a pas pu se joindre à nous » dira-t-il, mais « dont le déplacement aux Nations Unies et son plaidoyer, ont permis, entre autres, l’organisation de la cérémonie de ce matin » a-t-il souligné. SEM. Saidou Kaboré a salué les efforts du gouvernement dans le soutien aux populations sinistrées, saluant à l’occasion la présence de la représentante du Hakem de Dar-Naïm. Il a précisé que « ce que nous faisons aujourd’hui vient compléter ce qui est déjà engagé par le gouvernement ».

Selon le Représentant Résident de l’UNFPA, ce don est composé de kits de dignité destiné aux femmes et aux filles, de couvertures, de nattes et des équipements de protection pour le personnel chargé de la distribution. «  Ce qu’il faut retenir, ce don concernera les personnes impactées par les inondations, avec une priorité accordée aux femmes, aux filles et aux vieillards, et en particulier les groupes les plus vulnérables, les personnes handicapées et celles vivant dans les Adwaba »  a-t-il précisé. Il a salué au passage le partenariat liant l’UNFPA et le Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille dans ce genre de réponse humanitaire, mais aussi le partenariat entre l’UNFPA et le Ministère de la Santé, soulignant que cette opération de distribution de dons aux sinistrés est associée à des cliniques mobiles qui vont permettre d’organiser régulièrement des séances, tenant en compte les mesures barrières liées à Covid-19, pour répondre aux besoins en matière de santé de la reproduction.

Il a salué aussi la détermination et l’engagement des parlementaires, y compris ceux du Groupe d’amitié Mauritanie-Chine, présents à la cérémonie, « à appuyer toutes les actions humanitaires et sociales, et répondre ainsi aux plus vulnérables ». Il a souligné le rôle que jouent les parlementaires à côté de leurs électeurs, notamment la sensibilisation qu’ils mènent pour l’atteinte des Trois Zéros, « Zéro décès maternel évitable, Zéro besoin non satisfait en planification familiale, Zéro violence basée sur le genre ». Il a ajouté que c’est de cette façon que « la Mauritanie va accélérer son développement pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD) à l’horizon 2030 ». Le meilleur moyen d’y parvenir selon lui, « c’est de prendre en charge la réponse aux besoins des populations les plus fragiles ». Il a aussi salué le partenariat entre l’UNFPA et la Fédération des personnes handicapées, tout en louant l’engagement de la Présidente de l’AMPF et de son organisation.

Auparavant, Mme Marième Mint Ahmed Aïcha, présidente de l’AMPF s’est dite honorée de voir son centre de santé de Dar-Naïm abriter une telle cérémonie, remerciant au passage le Représentant Résident de l’UNFPA, et précisant que « ce don est destiné à assister des populations affectées par les dernières inondations sur financement de l’UNFPA ». Elle a remercié le groupe parlementaire à l’action humanitaire et sociale, ainsi que tous les autres acteurs de la société civile impliqués dans l’opération.

Pour sa part, la députée Messaouda Mint Baham, s’exprimant au nom du Groupe parlementaire pour l’action humanitaire et sociale, a tenu à remercier SEM. Saïdou Kaboré pour avoir répondu à l’appel de son groupe aux termes d’un plaidoyer qui a duré un mois. « Il s’agit d’un don généreux qui va profiter à nos populations les plus vulnérables dans les Wilayas qui ont été victimes des dernières inondations » a-t-elle rappelé, louant le choix porté sur l’AMPF pour superviser l’opération de distribution, ce qui dénote selon elle, de la clairvoyance de l’UNFPA et sa détermination à assurer la meilleure gestion de l’aide. « Je tiens à renouveler mes remerciements à l’UNFPA, tout en espérant que ce n’est que le début, car notre groupe envisage d’autres actions avec l’UNFPA dans le cade de la protection humanitaire et sociale » a-t-elle conclu.

Le Vice président de l’Assemblée Nationale, le député Mokhtar Ould Taleb Nave a de son côté souligné que « cette remise de don intervient à un moment crucial et marque le lancement d’une vaste opération de distribution de matériels et d’équipements destinés à des populations qui en ont un grand besoin dans deux régions parmi les plus vulnérables du pays ».

Le Président de la Fédération des handicapés, Lehbouss Ould Id a mis en exergue le rôle pionnier joué par l’UNFPA dans l’inclusivité, rendant un hommage appuyé à SEM. Saïdou Kaboré « pour sa volonté à toujours associer les personnes vivant avec un handicap, et à la base, amorcer un développement inclusif qui tient compte de toutes les catégories de la population ». Cette égalité de chance offerte à tous les citoyens, constitue selon lui, « un bel exemple à suivre pour permettre aux personnes handicapées de participer pleinement au développement du pays et être présentes au rendez-vous de l’Agenda 2030 ».

Cheikh Aïdara


Déguerpis de Sélibaby, la Ministre de l’Habitat sourde aux instructions du Chef de l’Etat

Lors de sa récente visite à Sélibaby, entre le 19 et le 20 novembre 2020, le président Mohamed Cheikh Ghazouani avait écouté les représentants des populations déguerpies d’un quartier loti de la ville. Il avait donné des instructions à la Ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire, Mme Khadijetou Cheikh Bouka, pour résoudre leur problème. Des instructions tombées apparemment dans l’oreille d’une sourde, car les habitants déclarent que la Ministre n’a entamé aucune démarche pour résoudre leur situation.

Déguerpis de Sélibaby – Crédit Aidara (Photo d’archive)

Les déguerpis du quartier « Deyboussat » à Sélibaby ne sont pas au bout de leurs peines. Ils avaient beaucoup compté sur la visite du Président Mohamed Cheikh Ghazouani, les 19 et 20 novembre 2020 dans la ville pour lui soumettre l’injustice qu’ils disent avoir subi de la part de la Société El iskan, dépendant du Ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire.

Ils parviendront à capter l’attention du Chef de l’Etat qui avait bien écouté leurs doléances. Il donna aussitôt des instructions à la Ministre, Khadijetou Mint Bouka, des instructions d’autant plus claires qu’elles ont été retransmises par les télévisions et les radios du pays.

Près d’un mois après cette visite, les déguerpis attendent toujours une réaction du département et de sa ministre. Aucun signe allant dans le sens du règlement de leur problème ne semble pointer à l’horizon, ce qui serait un affront incompréhensible au Chef de l’Etat, qui donne l’impression qu’il n’est même pas écouté par ses ministres.

Cette attitude que d’aucuns trouvent grave, pourrait même à la longue affecter la confiance des populations aux institutions de la République, si la plus haute autorité du pays n’a aucune emprise sur des collaborateurs qu’il a lui-même nommés. Sauf, si les instructions données à la ministre n’étaient que formelles, ce qui ne cadre pas, selon les observateurs, à la personnalité de Mohamed Cheikh Ghazouani.

Toujours est-il que les instructions données par le Président de la République à la Ministre de l’Habitat pour résoudre un problème de déguerpissement qui ne semble pas avoir suivi les procédures légales, continue de troubler la conscience des victimes. Le paradoxe, c’est que les principaux habitants du quartier dont la propriété a été confisquée en faveur de plus nantis qu’eux, sont de la même tribu que le Chef de l’Etat. Pire, aucune réaction officielle dans le sens d’une explication valable pour édifier l’opinion publique sur la procédure suivie par El Iskan pour procéder au déguerpissement des populations n’a jamais été fournie.

Il faut rappeler qu’un groupe de plusieurs organisations non gouvernementales du Guidimagha, avait dénoncé cet acte. Dans un compte-rendu public, ils avaient parlé d’une « absence d’acte légal, arrêté ou décret, autorisant la société El Iskan, à déposséder les populations de leurs terrains ». Ce qui est, selon elles, en porte-à-faux avec la Déclaration de Politique Générale du Premier Ministre, Mohamed Ould Bilal, devant les dépités de l’Assemblée Nationale.

Mieux, un acte de la Cour Suprême aurait même interdit toute activité de la société El Iskan sur les terrains susvisés. Faisant fi de la levée de bouclier de la société civile et de l’arrêté de la Cour Suprême, la société El Iskan a poursuivi son opération, démolissant à coups de bulldozers les constructions érigées sur des terrains dont les propriétaires détiennent des permis d’occuper. Il s’agit en effet de terrains lotis, dûment attribués par l’Etat et non des squats.

Les habitants après l’engagement du Chef de l’Etat, s’attendent aujourd’hui à ce que la ministre de l’Habitat exécute les instructions qui lui ont été données. Sinon, ils devront faire leur deuil de leurs maisons confisquées.

Cheikh Aïdara


Handicap et Covid-19 : une journée internationale annulée mais une volonté de forcer le destin

Prévue jeudi 3 décembre 2020, la commémoration de la Journée internationale des personnes handicapées, célébrée cette année sous le thème « Une journée pour tous », a été annulée. Pour cause, l’interdiction de tout regroupement, décrétée par le gouvernement la veille lors du dernier conseil des ministres, face à une nouvelle vague de Covid-19. Mais le discours du président de la Fédération mauritanienne des associations nationales des personnes handicapées (FEMANPH) a été largement commenté par les membres qui ont fêté à leur manière cette journée, via les réseaux sociaux.

Campagne de distribution de kits d’accouchements aux femmes handicapées à Riadh – Crédit : Aidara

Pour cause de Covid-19, la Journée internationale des personnes handicapées n’a pas eu lieu comme d’habitude ce 3 décembre 2020. Néanmoins, la fédération a publié un communiqué dans lequel elle a magnifié les décisions importantes prises par le Chef de l’Etat, Mohamed Cheikh Ghazouani, au profit des handicapés à l’occasion de la célébration de l’indépendance nationale, le 28 novembre dernier. Il s’agit notamment de l’assurance maladie pour les personnes handicapées et les cash transferts au profit des enfants polyhandicapés. Le communiqué a rappelé l’inauguration par la Première Dame d’une unité d’éducation des enfants autistes à Nouadhibou, et l’extension de l’Ecole nationale de l’action sociale à Nouakchott, qui devra dispenser une éducation inclusive « cohérente et en harmonie avec les Objectifs du développement durables ODD« .

Mesures sociales fortes en faveur des handicapés

Dans le discours diffusé dans les médias traditionnels et les médias sociaux, le président de la Fédération mauritanienne des associations nationales des handicapées, Lehbous Ould El Id, a rappelé la résolution 47/3 de 1992 des Nations Unies instituant la Journée internationale des personnes handicapées. Il a souligné que cette journée vise à « promouvoir les droits et le bien-être des personnes handicapées dans toutes les sphères de la société et du développement et accroître la sensibilisation à leur situation particulière…« 

M.Lehbous Ould El Id

Il a également mis en exergue la prise en compte dans le programme du Président Ghazouani « Ewlewiyati » des personnes handicapées, soulignant que « 3.800 personnes handicapées ont été retenues pour bénéficier des projets générateurs de revenus », et que 1.000 personnes handicapées ont déjà bénéficié de crédits sans intérêts, remboursables en 24 mois, avec 6 mois de délai de grâce. Il a aussi mentionné « l’important accompagnement de l’UNFPA dans le cadre de la campagne de distributions de kits d’hygiène contre la Covid-19 » mais aussi « le financement d’activités au profit des femmes handicapées à travers la distribution de kits d’accouchement, la mise en place d’un programme de planification familiale, de consultations gratuites et de distributions de médicaments, en appui aux services de santé à Nouakchott ». Il s’est félicité des décisions prises par le Président de la République à l’occasion du 60ème anniversaire de l’indépendance nationale au profit des personnes handicapées.

Lehbouss Ould El Id a toutefois déploré l’absence d’inclusivité des programmes de développement, soulignant qu’ils nécessitent une nouvelle orientation. Aussi, il a préconisé la redynamisation du « Conseil national multisectoriel pour la promotion des personnes handicapées, pour lui permettre de jouer pleinement son rôle en tant qu’organe consultatif pour la mise en œuvre des engagements du gouvernement dans le domaine« .

L’état-civil, un frein à l’accès aux services de base

Dans le mot qu’il a prononcé, le Représentant résident du fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) en Mauritanie, SEM. Saidou Kaboré, a félicité le président de la Fédération des personnes handicapées et son équipe, le Secrétaire général et tous les présidents d’associations membres pour leur combat quotidien en faveur des filles, des femmes et des hommes pour un meilleur accès au bien-être. Selon lui, « l’Etat-civil constitue une des difficultés auxquelles sont confrontées les personnes vivants avec un handicap pour avoir accès à la facilité mise en place par le gouvernement pour la couverture maladie, d’où la campagne soutenue par l’UNFPA pour sensibiliser l’ensemble des membres à l’enregistrement des naissances et des différents faits d’état-civil, et accéder à la carte nationale d’identité ».

SEM. Saidou Kaboré

S’agissant des mesures préventives contre le Covid-19, le représentant résident de l’UNFPA a tenu à rappeler les actions conjointes menées avec le Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF) et le Ministère de la Santé pour soutenir la Fédération des personnes handicapées. « C’est ainsi que nous avons développé ensemble une campagne spécifique de planification familiale au profit des couples et une campagne pour l’accès aux accouchements assistés dans les centres de santé de l’Etat« , a-t-il rappelé.  Mais aussi, les actions dans le domaine de l’urgence humanitaire, y inclus le Covid-19, « pour prendre en compte les besoins des personnes vivant avec un handicap impactées par les inondations dans les régions de Rosso, Sélibaby et d’autres localités, afin que dans toutes les initiatives, elles ne soient pas oubliées« .

Pour SEM. Saidou Kaboré, « les personnes vivant avec un handicap ont les mêmes droits que toutes les autres franges de la population, comme l’affirme la Convention relative aux droits des personnes handicapées ». Il a affirmé que pour l’UNFPA, « tous les pays devraient avoir des politiques et des programmes en faveur d’une santé de la reproduction pleinement inclusive, afin que les personnes vivants avec un handicap puissent y avoir accès« . Selon lui, l’ensemble des agences du système des Nations Unies en Mauritanie œuvrent au côté du gouvernement pour répondre aux besoins des personnes vivant avec un handicap.

A noter que lors de sa déclaration, la directrice exécutive de l’UNFPA, Dr. Nathalia Kanem, a rappelé que « plus d’un milliard de personnes, c’est le nombre de personnes vivant avec un handicap dans le monde aujourd’hui », citant les handicaps non apparents, comme les troubles d’apprentissage, les troubles mentaux, par exemple, qui peuvent selon elle « empêcher une participation pleine et effective à la société« . A l’occasion de cette journée, a-t-elle déclaré, « nous nous engageons à construire un monde accessible à tous » et pour en faire une réalité, « il faut supprimer les barrières persistantes qui en excluent encore beaucoup ».

Réaliser ses droits et ses choix, avoir accès aux services, ouvrir l’égalité des chances de vivre et de prospérer, débarrasser les sociétés de la stigmatisation et de la discrimination auxquelles les personnes handicapées sont trop souvent confrontées… Autant de questions et de pistes de réflexion que la directrice exécutive a ouvertes dans le message qu’elle a adressé au monde, surtout en cette période de Covid-19, qui a imposé des charges supplémentaires aux personnes handicapée.

Témoignages

Abdallahi Oumar Sy, 61 ans, non voyant

« Père de 5 enfants, j’ai été frappé de cécité à partir de 2002-2003, année où j’ai rejoins l’Association des personnes handicapées. Auparavant, je travaillais à la SNIM, qui m’a remercié quand j’ai commencé à avoir des problèmes de vision à partir de 1992. J’ai bataillé dur, jusqu’à fin 2019, pour avoir droit à une pension de retraite avec laquelle je fais vivre ma famille dans le quartier Dar-El Beida à Nouakchott. Ma femme tient un petit commerce de « balbastic » (sachet de lait, bissap ou pain de singe en liquide congelé). Quant à moi, j’ai obtenu une aide de l’Etat, un montant de 30.000 MRU avec lequel j’ai monté un projet de poulailler. Mais j’ai besoin d’un espace pour ce commerce, car il est incommodant de vivre dans une maison exigüe avec des poules. Je profite de l’occasion pour remercier le président Ghazouani pour le geste important envers les retraités dont la pension a été doublée à l’occasion de la célébration de l’indépendance nationale. J’ai un seul reproche à faire aux agences des Nations Unies. Elles doivent donner l’exemple en recrutant les personnes vivant avec un handicap ».

Aminetou Mohamed Mokhtar, 41 ans, présidente du Regroupement des femmes handicapées

« Je suis célibataire endurcie, donc sans enfant, mais j’ai des frères et des sœurs en charge. Je suis archiviste à la Primature, à la Coordination à l’action gouvernementale où je travaille depuis 2017, avec un salaire minime, moins de 10.000 MRU. Je fais partie des 100 personnes handicapées formées puis recrutées par la fonction publique. Il faut dire que les personnes handicapées sont celles qui souffrent le plus des impacts du Covid-19, notamment avec les multiples restrictions qui peuvent les empêcher de poursuivre leurs activités, comme ce fut le cas lors de la période du confinement. Nous avions prévu de faire beaucoup d’activités lors de la célébration de la Journée internationale qui vient d’être annulée, mais nous avons discuté amplement sur nos réseaux sociaux. Nous avons aussi apprécié le geste du président de la République Ghazouani, notamment par rapport à la prise en charge santé et les cash transferts au profit des enfants ayant plusieurs handicaps. Nous demandons à l’Etat de traiter les fonctionnaires handicapés comme tout le monde, avec des salaires décents et surtout des promotions, car on ne peut pas rester stagnant dans la même fonction au moment où les autres avancent et trouvent des promotions. Je demande aux partenaires de financer les personnes handicapées pour leur permettre de développer des activités, mais pas avec de petits montants, qui ne servent réellement pas leurs ambitions. Imaginez des financements qui dépassent rarement 30.000 MRU pour un regroupement qui compte 800 femmes, dont la plupart sont des femmes divorcées avec enfants en charge !« 

Bineta Moussa Sow, licence en sociologie, Université Al Asrya de Nouakchott

« Je ne suis pas handicapée mais c’est tout comme, car en tant que jeune file célibataire, je supporte deux sœurs non voyantes et un frère handicapé physique. Ce qui fait que j’évolue dans le monde des personnes vivant avec un handicap, j’assiste à toutes leurs activités. Licenciée en sociologie, sans travail, j’habite au PK 9 avec ma petite famille dans une situation difficile. Avec un appui du GRDR, j’ai initié un projet de fabrication de savon traditionnel qui peine à décoller, à cause de manque de moyens et de soutien, mais aussi d’écoulement. Je demande à l’Etat et aux partenaires d’appuyer les jeunes et les porteurs de projets qui n’ont pas la chance d’avoir accès à des financements publics ou privés ».

Cheikh Aidara


L’UNFPA offre des machines à coudre à SOS Esclaves

Le représentant résident du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a remis jeudi 3 décembre 2020 un lot de machines à coudre aux femmes et filles du Centre de formation professionnelle de l’ONG SOS Esclaves. La cérémonie s’est déroulée dans les locaux de l’organisation, en présence de son président, Boubacar Ould Messaoud.

SEM. Saidou Kaboré et Boubacar Messaoud échangeant des discours – Crédit Aidara

Le siège de l’ONG SOS Esclaves, situé à Nouakchott, a abrité jeudi 3 décembre 2020, une cérémonie de remise de dons de l’UNFPA, au profit des femmes sortant du Centre de Formation Professionnelle de l’organisation. Cette ONG est présidée par Boubacar Ould Messaoud. Créée il y a plus de vingt ans, elle s’occupe de l’insertion des victimes de l’esclavage et de leurs descendants. Elle prend également en charge les cas d’esclavage et le suivi des dossiers qui y sont relatifs, avec l’appui d’un pool d’experts et d’avocats.

Remise symbolique d’une machine à coudre à une bénéficiaire par le Représentant de l’UNDFPA – Crédit Aidara

C’était l’occasion pour le représentant résident de l’UNFPA en Mauritanie, SEM. Saidou Kaboré, de rendre hommage à une organisation. «Elle sauve des vies et participe à la cohésion sociale et à la paix civile, mais aussi aux objectifs de développement tracés par le gouvernement» a-t-il indiqué. Selon lui, le Système des Nations Unies (SNU) en Mauritanie suit de près l’évolution de la situation socioéconomique au niveau du pays. Il juge aussi les jalons que le président Mohamed Cheikh Ghazouani est en train de poser en matière d’autonomisation des femmes et des filles, de lutte contre les violences qui leurs sont infligées, et d’accès aux services de planification familiale. Il a tenu à féliciter l’ensemble de l’équipe de SOS Esclaves, pour leur engagement dans l’amélioration des conditions de vie d’une frange très vulnérable.

Boubacar Messaoud remet symboliquement une ^machine à coudre à une bénéficiaire – Crédit Aidara

Le président de SOS Esclaves a tenu à remercier «le Système des Nations Unies, principal partenaire de notre organisation», pour les multiples aides qu’elle n’a cessé de leur apporter.  «Nous sommes pour une Mauritanie où tous les citoyens jouiraient des mêmes droits » a-t-il souligné. Selon lui, la Mauritanie ne vit pas dans un îlot isolé du monde, et «continue de vivre les affres de l’esclavage, du racisme et de la discrimination»

Cérémonie en présence du staff de l’UNFPA et de SOS Esclaves – Crédit Aidara

«Nous sommes descendants d’esclaves et avons vécu les affres subis par nos parents, c’est pourquoi nous appréhendons plus que les autres les souffrances que continuent de vivre cette frange » a-t-il poursuivi.

La cérémonie s’est achevée par la remise des dons aux bénéficiaires, lesquelles ont exprimé leur gratitude, en affirmant que les machines à coudre constituent une véritable opportunité qui leur permettra de développer des activités génératrices de revenus.

Cheikh Aïdara