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Présidentielle 2024, la confiance serait-elle rompue entre le citoyen mauritanien et ses institutions publiques ?

Pathétique est ce qui arrive en Mauritanie. La destruction des institutions et des administrations publiques entamées depuis le contrôle par l’armée des arcanes du pouvoir, il y a de cela plus de quarante ans, a atteint son paroxysme avec cette présidentielle du 29 juin 2024. Une autre élection avec ses lots de contestation.

Emeutes à Nouakchott-Crédit Aidara

Le cycle de hold-up électoral que beaucoup de candidats ont dénoncé, aurait repris ses droits, selon bon nombre d’entre eux et sans trop remonter dans le temps, en 2008. Notamment depuis le coup d’Etat militaire, dont Oud Ghazouani est l’un des artisans, contre Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu et le plus éphémère parce que son mandat n’a duré que quinze mois. Aujourd’hui ce cycle infernal de coups d’état militaire et institutionnel qui a jalonné l’histoire politique de la Mauritanie est fortement contesté et le peuple n’est plus enclin à voir sa volonté détournée.

En effet, nombreux parmi la population sont ceux qui n’ont plus confiance en la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Elle aurait failli, à leurs yeux, à la noble mission qui lui était confiée et pour laquelle ses responsables ont prêté serment devant Allah et devant les hommes. Celle de superviser en toute neutralité et indépendance la comptabilité des voix des Mauritaniens dans le choix de leurs dirigeants.

Pour eux, la CENI s’est transformé en un instrument au service du maintien ad aeternam, des fossoyeurs de la République. Ceux qui en cinq ans de mandat n’ont apporté que des malheurs à la population, hausse des prix des denrées de première nécessité, apologie de la médiocrité à travers des recrutements et des nominations à caractère népotiste au sein de l’administration publique, discrimination et racisme, répression de toutes les libertés fondamentales, résurgence de l’Etat policier, démultiplication de la gabegie, détournements des ressources nationales et protection des auteurs, déliquescence du service public, et on en passe.

Pire, la CENI est accusée d’être une anti-antichambre du Ministère de l’Intérieur, bras policier armé d’un système qui cherche vaille que vaille à se maintenir contre toute volonté populaire. Le président sortant, Mohamed Cheikh Ghazouani, est perçu par bon nombre d’observateurs, comme l’otage de ce système que certains qualifient de militaro-civil et tribal dont le principe est basé sur la préservation d’intérêts personnels et égoïstes au profit d’une oligarchie qui a saigné la Mauritanie, maintenu sa population dans la pauvreté et la précarité, et qui se partage les prébendes de la République sans la moindre compassion pour ses habitants et les générations futures.

Rien qu’en se basant sur la déclaration d’un haut responsable espagnol qui avait parlé des 15.000 résidences appartenant à des Mauritaniens à Las Palmas ces dernières années, chacun peut mesurer l’ampleur de la saignée qui a affecté l’économie du pays. Il n’est un secret pour personne que beaucoup de nantis mauritaniens, hommes d’affaires, administrateurs et hauts gradés de l’armée possèdent des villas à l’extérieur ainsi que des doubles nationalités. Leurs progénitures étudient dans les plus prestigieuses écoles et universités à l’étranger. Ils s’y soignent, y passent leur vacance et y gardent leur argent volé du pays. Pour eux, la Mauritanie n’est qu’une vache à traire. Ils y restent tant que la situation est stable. A la moindre incartade, ils sautent eux et leur famille dans le premier avion. Ce fut le cas en 2003 lors de la tentative de coup d’Etat de Hanana et ses amis.

C’est ça que les éléments du système cherchent à préserver. Or, ils ne peuvent y arriver qu’en soutenant ce système prévaricateur dont l’objectif n’est nullement national mais clanique et tribalo-affairiste.

De quoi s’agit-il ?

Lundi 1er juillet 2024, le président de la CENI, Dah Ould Abdel Jelil, ancien ministre de Taya et ancien gouverneur du Guidimagha, avait annoncé les résultats de l’élection présidentielle compilés depuis le soir du 29 juin 2024, à la clôture du scrutin. Il a égrené devant les médias publics et privés, les chiffres déjà affichés sur le site informatique « Myceni » et a livré les résultats officiels provisoires qui donnent le président sortant, Mohamed Cheikh Ghazouani vainqueur des élections avec un score de plus de 56%.

Annonce des résultats provisoires par le président de la CENI-Crédit Aidara

L’annonce de ces résultats sera suivi quelques heures plus tard, par des défilés monstres organisés par les partisans du pouvoir sur les artères de Nouakchott et dans d’autres villes du pays.

Mais ces résultats ont été fortement contestés par son principal challenger, Birame Dah Abeid, classé deuxième du scrutin avec 22, 10%. Il avait organisé le 30 juin au soir à son siège de campagne situé à l’Ilot K de Nouakchott une conférence de presse durant laquelle il avait déclaré ne pas reconnaître les résultats livrés par la CENI et ne reconnait pas Mohamed Cheikh Ghazouani comme président de la République. Dans la foulée, il se proclama président légitime de la Mauritanie, accusant la CENI de vouloir lui voler sa victoire comme elle l’avait fait en 2019.

Lundi 1er juillet, une immense foule était sortie sur le sillage de Birame pour une marche qu’il a voulu pacifique pour protester contre les résultats. Selon lui, sur la base d’une compilation des procès-verbaux de ses représentants, ses informaticiens avaient trouvé des résultats contraires à ceux avancés par la CENI.

Ses caravanes seront bloquées par les forces de l’ordre, et son siège de campagne fut bouclé pendant toute la journée, interdisant son accès à ses partisans et aux journalistes. A noter que plusieurs responsables de campagne de Birame ont été arrêtés. Son directeur exécutif de campagne au niveau national, Bakary Tandia a été séquestré pendant deux jours par la police politique lorsqu’il s’était présenté pour voter dans son bureau. Il a été relâché avec de plates excuses. Idem pour son directeur de campagne Yacoub Lemrabott, ainsi que d’autres notamment à Kaédi remporté par la Coalition Birame 2024. Cette dernière ville a enregistré dans la nuit du mardi 2 juillet 2024, quatre morts parmi les jeunes détenus par les forces de l’ordre. Le parquet a promis d’ouvrir une enquête.

Birame appelle ses partisans à manifester contre les résultats-Crédit Aidara

Durant toute la journée du lundi, Nouakchott et plusieurs villes de l’intérieur seront le théâtre de marches de protestations, arrestations de militants, coups de gaz lacrymogène. La situation va s’empirer la nuit vers 23 heures. Des foules immenses étaient sorties dans tous les recoins du pays, en particulier à Nouakchott et Nouadhibou, proclamant Birame président de la République. La confusion était totale et peu sont ceux qui n’y avaient pas cru. Une forte rumeur ayant circulé sur la rétrocession par le pouvoir de ses droits à Birame. Cette rumeur allait s’ajouter à des masses innombrables de fausses informations, intox et autres fakenews.

Si les partisans de Birame ont approuvé sa démarche, trouvant normal de faire bouger la rue pour réclamer sa « victoire », d’autres ont critiqué cette méthode, estimant que Birame devait réunir ses preuves et suivre le processus normal de recours auprès des instances compétentes, en l’occurrence le Conseil constitutionnel et même les juridictions de droit.

Mardi 2 juillet, Internet a été coupé sur l’ensemble du territoire national pour circonscrire le vent de protestation qui souffle sur le pays. Mais bon nombre d’observateurs ont appelé au calme, estimant que le pouvoir de Mohamed Cheikh Ghazouani qui avait entamé son processus de réélection par des arrestations jugées arbitraires dans les rangs des partisans de l’ex-président Aziz, doit jouer la carte de l’apaisement et de la concertation. Car si ces partisans le considèrent président légitimement élu, près de 48% de la population mauritanienne qui avaient voté contre lui, exigent le changement dans son mode de gouvernance.

Cheikh Aïdara


Présidentielle 2024, Ghazouani rempile, Birame se rebiffe et organise une marche avortée

Les résultats provisoires du scrutin du 29 juin 2024 sont tombés. Selon les décomptes de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le président sortant Mohamed Cheikh Ghazouani remporte l’élection présidentielle au premier tour, avec plus de 56% des voix. Il rempile ainsi pour un second mandat de 5 ans. Il est suivi par le leader antiesclavagiste, Birame Dah Abeid, avec un peu plus de 22%. Ce dernier a réfuté les résultats annoncés. Dimanche soir, il a conduit ses partisans dans une marche qui devait les conduire vers les locaux de la CENI.

Durant la campagne présidentielle – @Crédit Aidara

Il n’a fallu que quarante-huit heures pour que les Mauritaniens soient fixés sur les résultats provisoires du scrutin présidentiel du 29 juin 2024. Il faut dire que la CENI a commencé à débiter les résultats par bureau une heure environ après la clôture du vote. Dimanche en fin d’après-midi, près de 98% des 4.503 bureaux de vote répartis sur le territoire national étaient déjà dépouillés et les résultats publiés sur le site Myceni, accompagnés des procès-verbaux.

Les premiers résultats à être publiés furent ceux de l’étranger. Si Hamady Mohamed Abdi, le candidat du parti islamiste Tawassoul est arrivé en tête dans les pays du Golfe arabique, Arabie Saoudite, Emirats et Qatar, Birame Dah Abeid avait raflé la première place en Europe, aux USA et en Côte d’Ivoire, en particulier.

Plié au premier tour

Le scrutin du 29 juin 2024 a été plié dès le premier tour avec un taux de participation de 55,39%, loin des 62% de 2019. Le président sortant, Mohamed Cheikh Ghazouani a été en effet déclaré vainqueur à l’issue du premier tour avec 56,12 % des suffrages exprimés, selon les résultats provisoires proclamés par la CENI. Les résultats officiels et définitifs seront annoncés dans quelques jours par le Conseil constitutionnel après examen de tous les recours introduits par les candidats contestataires.

Birame Dah Abeid confirme sa place de challenger avec 22, 10% des suffrages exprimés. Il a enregistré un bond quantitatif extraordinaire par rapport à ses 8% de la présidentielle de 2014 et ses 18% de 2019.

Il a conservé ses fiefs de Sélibaby, Kaédi, Nouadhibou, en plus de plusieurs localités du pays et trois des neuf départements de Nouakchott, Sebkha, El Mina et Riyadh. Par contre il a perdu Rosso et MBout et a gagné Kankossa en Assaba.

Malgré ce classement qui en fait le deuxième homme fort du pays, il a contesté les résultats, estimant que s’il s’est tu pour « sa victoire arrachée en 2019 », il ne se taira pas cette fois, estimant être l’objet d’un « holdup électoral ».

En effet, lors de la conférence de presse qu’il a animée quelques heures après la fermeture du vote et le début des dépouillements au soir du samedi 29 juin, il avait demandé au président Ghazouani de « reconnaître sa défaite et de lui transmettre les clés de la présidence de la République », non sans accuser la CENI de fomenter un « coup fourré ».

Dimanche, il a mobilisé ses partisans pour une marche « pacifique » qui devait le mener de son domicile au PK 9 vers le siège de la CENI où il comptait organiser un sit-in pour protester contre les résultats. Son convoi a été bloqué par des éléments de la garde nationale à plusieurs kilomètres de sa destination. Son siège de campagne à l’Ilot K a été pris d’assaut par les forces de l’ordre qui ont évacué ses alentours et empêcher son staff et ses partisans d’y pénétrer.

En même temps, plusieurs manifestants sont sortis dans des quartiers populaires, comme Basra et Netek à Sebkha, mais aussi à El Mina et Nouadhibou. Des pneus ont été brûlés et quelques commerces vandalisés. Un climat de terreur qui a poussé le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Mohamed Lemine dit Ould Houerthi à faire une sortie à la télévision nationale pour affirmer que les forces de sécurité ont ramené l’ordre dans le pays, que la situation est sous contrôle et que les autorités ne permettront pas que la quiétude sociale et la paix civile soient mis en péril.

Des irrégularités constatées

Plusieurs irrégularités ont été constatées par les différents états-majors des candidats. Sont cités, les déplacements d’électeurs en particulier des grandes villes comme Nouakchott et Nouadhibou vers des circonscriptions à l’intérieur du pays. Des bourgades hier dépeuplées se sont retrouvées avec des milliers d’électeurs comme la petite localité de Nimjat qui a permis à Ghazouani de remporter la région du Trarza. Sont aussi cités, les bourrages d’urnes, le renvoi de représentants de candidats de l’opposition, les votes multiples, la substitution d’électeurs, certains votant à la place d’autres, l’achat de conscience, à travers notamment l’utilisation d’institutions publiques, comme Taazour pour la Solidarité, le Commissariat à la sécurité alimentaire, les registres de l’Etat-civil, etc.  L’implication des hauts cadres de l’Etat, ministres et autres directeurs centraux, a été aussi dénoncée. Ils sont accusés d’avoir manié la carotte et le bâton, distribué des menaces de privation de services publics comme sanction pour les localités qui voteraient autrement qu’en faveur du président sortant et le chantage électoral.

Birame et d’autres candidats ont notamment promis de joindre toutes ces plaintes aux autres griefs qui nourriront les recours qu’ils déposeront auprès de la CENI et du Conseil constitutionnel.

Ces démarches seront entamées, selon leur porte-parole, dès qu’ils finiront leurs procédures de vérification des procès-verbaux en leur possession qu’ils compareront avec les résultats proclamés par la CENI.

Il faut noter que les observateurs internationaux lors d’une conférence de presse qu’ils ont organisé à l’issue du scrutin ont affirmé que les élections se sont déroulées en toute transparence et liberté et que la Mauritanie vient d’administrer une belle leçon de démocratie.

Cheikh Aïdara

Résultats de l’élection présidentielle du 29 juin 2024

Inscrits : 1.939.342
Taux de participation :
55,39%
Votants : 1.074.208
Bulletins nuls :
53.787
Bulletins neutres :
31.608
Suffrages exprimés :
988.813

  • Mohamed Cheikh Ghazouani        554.956                 56,12%
  • Birame Dah Abeid                            218.546                22, 10%
  • Hamadi Mohamed Abdi                  126.187                12,76%
  • El Id MBareck                                       35.288                 3,57%
  • Ba Mamadou Bocar                             23.617                 2,39%
  • Outoumane Antoine Soumaré          20.360                  2,06%
  • Mohamed Lemine El Wavi                     9.875                 1,00%                      


Partenariat de Ouagadougou, décomplexer l’information sur les données de la recherche en santé reproductive et planification familiale

Pendant trois jours, du 19 au 21 juin 2024, une cinquantaine de journalistes, chercheurs, blogueurs et experts se sont réunis à Cotonou (Bénin) pour une rencontre régionale d’orientation organisée par l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO) et Population Council. Il s’agissait d’échanger sur l’utilisation des données de la recherche dans le domaine des droits en santé sexuels et reproductifs et planification familiale.

Photo de famille – Crédit Aidara

Les rideaux sont tombés vendredi 21 juin 2024 sur l’atelier régional d’orientation des journalistes sur l’utilisation des données de la recherche en santé sexuelle reproductive et planification familiale (DSSR/PF).

Organisée par l’UCPO et Population Council à Cotonou, cette rencontre qui a regroupé 55 participants a permis de passer en revue, outre une mise à jour sur la santé reproductive et la planification familiale (SR/PF) dans les pays du Partenariat de Ouagadougou (P.O), diverses thématiques, telles que l’exploitation des données sur la recherche, l’état des lieux sur les actions menées dans le cadre de l’agenda du P.O, les stratégies d’approches digitales de changement social et comportemental en Afrique de l’Ouest, la communication stratégique sur les données de recherche, l’Intelligence artificielle…

Agenda de la recherche de l’UCPO

Abordant l’état de la recherche dans les 9 pays du P.O (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo), Thiaba Sembene, Coordinatrice Société Civile au sein de l’UCPO, a rappelé qu’après 2020 et le ralentissement dû au Covid-19 qui avait impacté sur le financement de la SR/PF, des questionnements en 2021 ont permis de constater le peu d’études acceptées et partagées dans le monde francophone et l’insuffisance de données en matière de DSSR/PF. Or, sans données, selon elle, « il était difficile de se projeter ».

Thiaba Sembene – Crédit Aidara

L’agenda de la recherche de l’UCPO reposait sur deux objectifs. Un, entreprendre et publier des recherches pertinentes sur la planification familiale (PF). Deux, offrir aux instituts de recherche scientifique ouest-africains la possibilité d’utiliser leurs travaux pour concilier les décisions politiques et renforcer les capacités institutionnelles.

D’où la feuille de route formulée pour engager des entrevues avec les bailleurs et les gouvernements d’une part, et d’autre part, discuter avec les journalistes.

Ainsi, l’agenda de la recherche avait permis l’organisation d’un atelier régional en 2022 en Guinée suivi d’un appel à candidatures pour les instituts de recherches, l’évaluation des candidatures, l’organisation d’un atelier de cadrage qui devra aboutir à la validation des résultats par pays.

Thiaba Sembene a également rappelé que trois instituts ont été sélectionnés selon les thématiques choisies.

Le Laboratoire d’études et de recherches sur la dynamique sociétale et le développement (LASDEL) pour la thématique de recherche sur « l’amélioration de l’accès des jeunes à la P.F : le problème des normes sociales et de la tradition » au Bénin, Burkina Faso, Guinée, Niger, Sénégal et Togo.

Les chercheurs exposent des ébauches de leurs études – Crédit Aidara

L’Institut Africain de santé Publique (IASP) sur la « Stratégie de réduction de la discontinuité dans l’utilisation des méthodes contraceptives modernes par les femmes et les jeunes filles » au Burkina Faso, Côte d’Ivoire et Guinée.

L’Institut de recherches en sciences de la santé (IRSS) sur « la stratégie pour la gratuité des services P.F » au Burkina Faso, Côte d’Ivoire et Guinée.

Etat des lieux de la recherche

Abordant la question relative à l’état de la recherche dans les pays du P.O, Dr. Abou Coulibaly de l’IRSS a déclaré que son institut a relevé au niveau des trois pays couverts par leur étude, à savoir le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et la Guinée, un difficile accès des femmes et des jeunes filles aux services de la P.F, un fort taux de fécondité et un taux élevé de besoins non satisfaits touchant 47 Millions de femmes et de jeunes filles.

Panel – Crédit Aidara

Sur l’analyse de la mise en œuvre de la gratuité des services P.F objet de l’étude de l’IRSS, Dr. Coulibaly a souligné que des mesures ont été effectuées sur l’efficacité des politiques menées et sur le taux de satisfaction des femmes et jeunes filles par rapport aux normes qualitatives et quantitatives des services offerts, notamment la disponibilité du personnel et des intrants, l’avis des prestataires, des hommes et des utilisatrices.

Pour Dr. Denise de l’IASP dont l’étude avait porté sur l’amélioration de la continuité de l’utilisation des méthodes contraceptives par les femmes et les jeunes filles au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et en Guinée, elle souligne que la discontinuité dans l’utilisation de la contraception dans ces pays varie de 28 à 66%. Elle rappelle que l’objectif de l’étude portait sur l’identification des facteurs communautaires et l’analyse des raisons sur la discontinuité de l’utilisation de la contraception par les femmes et les jeunes filles des pays concernés.

Certains de ses facteurs, constate-t-elle, sont d’ordre sociodémographique ou communautaire, d’autres liés aux méthodes elles-mêmes ou au système de santé dans son ensemble.

Quant au Dr. N’Koné de LASDEL, directeur délégué adjoint de la Coordination au Bénin, sur « l’accès des jeunes à la P.F », il a constaté l’accès difficile des jeunes aux services de la P.F dans les pays couverts par leur étude, évoquant un environnement social défavorable, des problèmes d’accessibilité financière, la méconnaissance des services P.F, mais aussi la qualité des services offerts.

Koffi Djomassi – Crédit Aidara

Plusieurs autres thématiques ont été abordées durant l’atelier, dont une communication sur l’Intelligence Artificielle (IA) par Koffi Djamessi et la Communication stratégique par Adam Nouhoum.

Rappel, la cérémonie d’ouverture officielle a été marquée par le discours du représentant du Ministère du Numérique et de la Digitalisation du Bénin, en présence de celui du Ministère de la Santé, mais aussi les mots prononcés par Fatou Bintou MBow, Directrice de Population Council Sénégal et Dr. Djenebou Diallo, Responsable Plaidoyer Sénior au sein de l’UCPO.

Il faut souligner que les participants s’étaient scindés le dernier jour en deux groupes. Un des groupes s’est rendu au marché Missobo où la Clinique Mobile de l’Association Béninoise pour la Promotion de la Famille (ABPF) recevait femmes, jeunes filles et hommes pour des consultations, des counceling et autres services SR/PF. L’autre groupe était parti au Centre des Jeunes ILEWA qui fait de la sensibilisation, orientation, cours d’anglais et autres activités.

Le même cérémonial d’ouverture a été reconduit durant la cérémonie de clôture, avec beaucoup plus d’ambiance et d’émouvants mots d’au-revoir.

Cheikh Aïdara


Journées de l’Environnement en Mauritanie : nettoyage annuel de la plage de Nouakchott

À l’occasion de la quinzaine de l’environnement célébrée en Mauritanie, l’ONG BiodiverCité et ses partenaires, notamment « Ensemble pour l’Environnement », ont procédé comme chaque année au nettoyage de la plage de Nouakchott.

Etudiants et écoliers au ramassage des ordures – Crédit Aidara

Observer les oiseaux au lever du soleil

La nouveauté cette année, selon l’initiatrice de l’évènement, Maïmouna Mint Saleck, présidente de l’ONG BiodiverCité, c’est le thème retenu cette année relative à la préservation de la biodiversité marine, mais surtout, la conférence animée à cette occasion à l’Université de Nouakchott et l’observation des oiseaux au télescope en présence d’ornithologues.

Plusieurs espèces peuplent la surface de l’océan au milieu des pirogues, certaines invisibles à l’œil nu comme les mouettes et les bécasseaux. Toutes ces espèces dont la préservation est vitale à la biodiversité marine participent à la chaîne alimentaire.

Le plaisir de nettoyer la plage

Pendant près d’une heure, cinq groupes de jeunes constitués d’étudiants de l’Université de Nouakchott, d’écoliers venus de Toujounine, Sebkha et Riadh, du club sportif NKT CrossFit, se sont lancés dans une course à la collecte des déchets sur une partie de la plage.

Au bout du compte, plus de 500 Kilos de déchets collectés dans trois sacs différents, les plastics de côté, les objets ferreux de l’autre, et dans un autre sac le tout-venant (papiers, tissus, filets, etc.).

Séance de sensibilisation – Crédit Aidara

Sous l’œil connaisseur du jeune Almamy Chouaibou Diagana et son équipe, les déchets collectés et ainsi triés, seront utilisés pour la transformation en objets usuels pour les ménages. Lutter contre la pollution et en faire de l’utile, est le créneau de ce groupe de jeunes qui s’est distingué dans l’innovation.

Relax et farniente

Collation puis séance de danse artistique sur fond musical ont permis de détendre l’atmosphère et de faire oublier la séance de ramassage des ordures au bord de la plage sous un soleil clément. Pas trop de sueur en définitive.

Il faut dire que tout le monde a été équipé de pieds en cape, sac contenant un tee-shirt frappé de l’effigie de la journée, bidons d’eau, paire de gant et casquette.

Plus de 500 Kg de déchets en une heure – Crédit Aidara

Faire jouer les méninges et le cœur

L’après-midi a été marqué par un atelier de sensibilisation sur l’utilité liée à la préservation des plages ainsi que les dangers causés par la présence de déchets, dont certains néfastes pour les espèces vivant en bordure et en fond de mer. En effet, le plastic et les filets menacent la survie de plusieurs espèces marines.

La journée s’est achevée par un beau coucher de soleil, le retour des piroguiers, la danse des oiseaux au-dessus des écumes, une plage propre et un atelier artistique sur des toiles où chacun a laissé son imagination traduire en fresques ses plus intimes sentiments.

Cheikh Aïdara