aidara

Le personnel de santé face à la gestion clinique des viols

Le viol, extrême  violence basée sur le genre (VBG) et pire forme de violation des droits de l’homme, est un défi pour le corps médical et la société civile mauritanienne, surtout sur le plan judiciaire et la prise en charge psycho-médicale des victimes. Une vingtaine de praticiens de la santé et de la société civile vient de suivre dans ce cadre, une formation, du 9 au 11 juillet 2019 à Nouakchott, sur la gestion clinique des viols, sous la houlette d’un consultant international, Dr.Jonathan Ndzi. Cette session a été organisée par le Ministère de la Santé avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

Les participants en pleine séance de formation (Crédit Aidara)

« En juillet 2016, Rouhiya, alors âgée de 15 ans, a fui son père qui abusait d’elle sexuellement pour chercher refuge chez un homme de 23 ans qui lui avait promis de l’épouser. Peu après, a-t-elle rapporté, cet homme l’a enfermée, droguée et violée collectivement, avec trois autres hommes. Rouhiya est restée en captivité pendant deux semaines jusqu’à ce que la police la trouve et la ramène au domicile dont elle avait tenté de s’échapper. Dans sa déclaration à la police, Rouhiya a révélé qu’elle connaissait un des agresseurs. Les policiers l’ont alors arrêtée et envoyée à la prison des femmes en l’accusant d’avoir eu des relations sexuelles hors mariage (zina). «Je leur ai demandé : Mais pourquoi ?’Qu’est-ce que j’ai fait de mal ?», a rapporté Rouhiya. « Ils m’ont dit de garder le silence et de ne pas poser de questions». C’est l’extrait d’un Rapport de Human Rights Watch publié en septembre 2018 sur le viol en Mauritanie, sous le titre «Ils m’ont demandé de garder le silence » Un moratoire immédiat sur les poursuites et la détention des personnes pour zina, avait même été lancé par l’organisation.

Prise en charge clinique des cas de viol

Pour renforcer la capacité des agents de la santé et celle des membres de la société mauritanienne dans la gestion clinique des viols, le Ministère de la Santé, avec l’appui de l’UNFPA, a organisé du 9 au 11 juillet 2019 à Nouakchott, une session de formation sur le sujet, avec l’appui d’un expert, le Dr.Jonathan Ndzi, consultant international. La formation a abordé dans les détails, les différents aspects de la violence basée sur le genre (VBG), le viol criminel et le viol conjugal, le harcèlement sexuel, les mutilations génitales féminines, les mariages forcés. L’accent est surtout mis aujourd’hui sur la prévention de la violence sexuelle par la compréhension plus rationnelle des facteurs de risque et les conséquences de la violence sexuelle. D’où la nécessité, selon Jonathan Ndzi, de cerner les facteurs contributifs à la VBG, notamment la pauvreté, l’absence d’éducation et les conflits armés, mais aussi l’abus de pouvoir, l’irrespect des droits de l’homme et les inégalités sexuelles.

L’approche centrée sur les survivants constitue ainsi l’une des méthodes suivies dans la prise en charge des cas de violence sexuelle,  avec quatre principes directeurs, la sécurité de la victime (certains viols étant suivis de meurtre), la confidentialité de la déposition, le respect de la survivante et la non-discrimination dans le traitement des cas.

Dans ce cadre, le rôle du secteur de la santé réside, selon Dr.Ndzi, dans la fourniture des soins  cliniques et les premiers secours psychologiques, avec la préparation de la victime et la disponibilité du service de soutien. L’autre étape est la collecte des preuves médico-légales, avec des cas de réfèrement de la survivante et sa protection contre toute forme de stigmatisation, ainsi que les soins à apporter en cas de lésion, l’offre de médicaments pour la prophylaxie ou le traitement contre les infections sexuellement transmissibles (IST) conformément au protocole national en vigueur, mais aussi un traitement de prophylaxie post-exposition (PPE) au VIH, l’administration de la contraception d’urgence, l’atténuation de la douleur, le soin des plaies, etc.

Il a été noté que le risque de grossesse chez les femmes violées est plus élevé que le risque d’infection au VIH en Mauritanie, vu le faible taux de prévalence au niveau national  (0,4%).

Les participants se sont également familiarisés au cours de la formation aux procédures administratives dans les cas de violence sexuelle, fiches médicales avec pictogramme, formulaire de consentement, brochures d’informations sur l’assistance post-viol, avec l’aménagement d’un espace d’archivages fermé à clé et sûr pour conserver les documents confidentiels.

Ils ont aussi été informés sur les mesures à prendre lors de l’écoute du récit de la victime, avec au préalable la prise en compte de sa culture, la préparation à l’entretien, l’écoute attentive sans interruption ni état d’âme, un environnement apaisant et confiant, entre autres.

L’examen clinique des victimes de violence sexuelle doit se faire dans les 72 heures suivant l’acte. Selon Dr.Nzi, le praticien de la santé dans son dépôt devant les juridictions doit éviter d’évoquer la virginité de la victime ou parler d’hymen. Cela risque d’entraîner, d’après lui, le débat sur ce terrain, faisant l’affaire de l’avocat de l’auteur présumé, et l’audience oubliera l’affaire du viol.

Parmi les éléments de preuve que le certificat médical pourra fournir, le consultant a cité les éventuelles blessures, le sperme (avant 72 heures), l’état des habits, les corps étranger (trace de terre, feuilles, herbes, cheveux, etc.) le sang ou l’urine pour le dépistage toxicologique, l’ADN.

Pour prévenir la transmission du VIH suite au viol, il est recommandé d’administrer à la survivante, 72 heures au plus après l’incident, les antirétroviraux pour prévenir toute contamination.

Le viol, un mal qui ronge la société

Atelier de l’ONG AFCF sur les VBG (Crédit AFCF)

Le viol constitue l’un des faits sociaux les plus récurrents en Mauritanie. Des organisations de la société civile travaillent depuis plusieurs années sur la question, à l’image de l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF), l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant (AMSME) ou encore l’Association de Lutte contre la Dépendance (ALCD). Ces associations prennent en charge les victimes et les accompagnent dans le suivi psycho-médical et dans les démarches judiciaires. Seulement, ces organisations, de plus en plus tolérées par les instances judiciaires, butent souvent sur les obstacles institutionnels, juridiques et sociaux que rencontrent les survivantes lorsqu’elles veulent rapporter à la police des incidents d’agressions sexuelles, amener les coupables devant la justice et obtenir un soutien médical et psychosocial. Les filles victimes de viol sont le plus souvent accusées de «zina » et jetées en prison, si les juges ne valident pas leur argumentaire.

Ces ONG recensent ainsi chaque année des centaines de cas. L’AMSME à elle seule, a rapporté en 2018, 703 cas assistés dont 26 cas de violence conjugale à Nouadhibou et 209 cas de violence sexuelle à Nouakchott. Parmi ces derniers, 185 filles et 12 garçons, âgés de moins de 5 ans à 23 ans (Voir Rapport AMSME 2018).

Un projet de loi sur les VBG en Mauritanie a été rejeté deux fois par le Parlement (Voir lien :
https://aidara.mondoblog.org/2017/01/04/projet-loi-violences-genre/).

Autres liens :

Témoignages de femmes victimes de viols : https://www.youtube.com/watch?v=Ic5IX4oS048

https://lemonde-arabe.fr/06/09/2018/mauritanie-femmes-viol-justice/

Cheikh Aidara

Interview avec Dr. Jonathan Ndzi

«La Mauritanie est l’un des rares pays ouest africains à disposer d’un protocole sur le viol»

Quel intérêt y a-t-il à organiser une formation sur la gestion clinique des VBG ?

Dr.NJonathan Ndzi : La VBG est une violation des droits de l’homme qui ne se passe pas seulement en situation humanitaire, mais qui peut aussi avoir lieu en temps normal. Malheureusement, la VBG et la violence sexuelle n’ont jamais été intégrés dans le curricula et les programmes de formation dans  les écoles de médecine ou de santé publique, Néanmoins, le peu d’information que les médecins, infirmiers ou sages-femmes peuvent disposer restent toujours insuffisantes pour prendre en charge de tels cas. Aussi, faudrait-il s’assurer qu’un traitement adéquat a été délivré à la victime ou la survivante, pour ne pas courir le risque d’une grossesse non désirée, et dans un temps déterminé, pour qu’elle ne soit pas infecté au VIH. Une prise en charge correcte peut aussi sauver la victime de troubles psychiques consécutifs à l’acte. Car, très souvent nous assurons cette prise en charge psychique qui peut s’assurer très utile.

Comment prouver un cas de viol ?

Dr.NJonathan Ndzi : Nous ne travaillons pas spécifiquement sur les cas de viol, bien qu’il constitue l’extrême degré de la VBG et la situation la plus fréquente en situation humanitaire. Le viol est l’une des plus grandes causes de mortalité chez la femme, la jeune fille ou le garçon en situation de crise, car très souvent, il est suivi de meurtre. On est violé puis tué. Aussi, avons-nous pensé à la prévention, sinon à la prise en charge correcte des victimes.

Comment le certificat médico-légal peut aider le juge en cas de viol ?

Dr.NJonathan Ndzi : Un juge ne peut pas compter sur une seule preuve pour condamner quelqu’un. Le certificat médico-légal à lui seul ne suffit pas. Il faut beaucoup plus de preuves, le procès-verbal de la police, les témoignages, en plus du certificat médico-légal qui est une pièce obligatoire à fournir dans le traitement judiciaire des violations sexuelles, peuvent aider le juge à prendre sa décision. Cette obligation légale peut constituer une preuve supplémentaire qui atteste de la survenue d’une agression sexuelle. La tentative de viol et le viol requièrent la même peine.

Dans le cas de la Mauritanie, que pensez-vous de son protocole en matière de VBG ?

Dr.NJonathan Ndzi : La Mauritanie dispose d’un protocole en révision, tout comme il se fait même au niveau de l’OMS (Organisation mondiale de la santé). La mise à jour se fait partout. J’ai apporté ma contribution pour que le document puisse aider la victime. J’exhorte mes collègues médecins, infirmiers et sages-femmes, à adopter une procédure commune de prise en charge de cas aussi délicats, que ceux relatifs à la violence sexuelle, pour aider l’humanité en prenant en charge correctement les victimes.

Un dernier mot ?

Dr.NJonathan Ndzi : Je suis heureux de constater les progrès réalisés en Mauritanie dans le domaine de la santé. Parce que le protocole que vous avez, beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest n’en disposent même pas. Il y en a qui ont un protocole à ses débuts, ou un protocole caduc ou un protocole qui ne répond pas aux normes de l’OMS. C’est déjà un pas important.


Journée mondiale de la population, accélérer la promesse 25 ans après le Caire

A l’instar de la communauté internationale, la Mauritanie a célébré jeudi 11 juillet 2019, la Journée Mondiale de la Population sous le thème «25 ans de la CIPD : Accélérer la promesse», en référence à la Conférence Internationale sur la Population et le Développement organisée en 1994 au Caire (Egypte). La journée a été organisée par le Ministère de l’Economie et des Finances, en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

Table Officielle (Crédit aidara)

Cela fait 25 ans que la communauté internationale a pris l’engagement de faire des questions de population la pierre angulaire de tout développement économique et social dans le monde, notamment sur le plan de la santé de la reproduction, de l’autonomisation des femmes et des filles, de l’espacement des naissances, de la croissance démographique, de la lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes et pour l’éducation, entre autres questions de priorité. C’était au Caire (Egypte), lors de la Conférence Internationale pour la Population et le Développement (CIPD) en 1994. Aujourd’hui, dans les Pays les Moins Avancées (PMA), notamment en Afrique Subsaharienne et en Mauritanie tout particulièrement, le bilan semble mitigé, avec un goût d’inachevé. D’où un coup d’accélérateur à donner aux promesses faite aux populations, le thème marquant de la célébration, ce 11 juillet 2019, de la Journée Mondiale de la Population (JMP).

Questions de population et politiques nationales

Ouvrant les travaux, le Secrétaire général du Ministère de l’Economie et des Finances, M. Mohamed Ould Sid’Ahmed Ould Aida, a déclaré que la Mauritanie a pris part à la CIPID au Caire et a adopté en juin 1995 la première politique nationale de population, réactualisée en 2005 puis en 2012, pour tenir compte de toutes les questions nationales et internationales en rapport avec la population, notamment le dividende démographique. Il a souligné qu’en 2018, un rapport national portant sur les 25 ans d’exécution du plan d’action de la CIPD a été élaboré, précisant que la déclaration d’Addis-Abeba sur la population et le développement a été aussi prise en compte dans la Stratégie Nationale de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP) 2016-2030. Il a par ailleurs affirmé la priorité accordée par la Mauritanie aux questions de population et de développement, notamment à travers les programmes du gouvernement, se basant sur la conviction que tout progrès dans les domaines en rapport avec la population se répercute positivement sur le processus de développement.

Une partie de l’assistance (Crédit Aidara)

Auparavant, le Représentant Résidant du Fonds des Nations Unies pour la Population en Mauritanie (UNFPA), SEM. Saidou Kaboré, avait tenu à souligner que l’objectif visé à travers la célébration de la JMP, est d’attirer l’attention des décideurs sur l’importance des questions de population dans les politiques et plans de développement des Etats. Il a rappelé que le monde célèbre également cette année, les 50 ans de l’UNFPA et les 25 ans de la CIPD. L’occasion de s’arrêter, selon lui, pour évaluer le chemin parcouru et les gaps à combler, d’ici 2030. Il a salué au passage les progrès réalisés en Mauritanie depuis l’adoption du Plan d’Action du Caire, notamment la baisse de la mortalité maternelle qui est passée de 930 à 582 décès pour 100.000 naissances vivantes entre 1990 et 2013, l’accroissement du taux de prévalence contraceptive, 4% en 1990 et 17% selon les dernières données, la baisse des mutilations génitales féminines (MGF) qui sont passés de 71% en 2000 à 66,6% en 2015 et l’accroissement des accouchements médicalement assistés, 40 à 69%. SEM. Saidou Kaboré a par la suite lu la déclaration faite par la Directrice Exécutive de l’UNFPA, Mme Natalia Kanem à l’occasion de la JMP 2019 (Voir lien : https://www.unfpa.org/fr/press/vous-voulez-am%C3%A9liorer-la-vie-des-femmes-et-les-perspectives-des-pays-en-mati%C3%A8re-de-prosp%C3%A9rit%C3%A9).

CIPD + 25, bilan au niveau mondial et national

Les participants ont suivi par la suite plusieurs exposés, dont l’un intitulé, «Du Caire en 1994 à Nairobi en 2019, 25 ans de mise en œuvre du Plan d’Action de la CIPD», présenté par Brahim Vall Mohamed Lemine, Chargé de Programme Population et Développement au bureau de l’UNFPA en Mauritanie. Citant Mme Natalia Kanem qui a déclaré que «l’année 2019 est une année cruciale pour la réalisation des promesses du Caire», il a passé en revue les trois plus grandes conférences internationales sur la population et le développement, Bucarest en 1974, Caire en 1994, en passant par Mexico en 1984. Les résultats atteints sont selon lui spectaculaires, un taux de prévalence contraceptive à 37%, une mortalité maternelle qui a baissé de moitié et un taux synthétique de fécondité qui est passé de 6 enfants par femme, à moins de 4 enfants. L’UNFPA s’engage selon lui à réaliser, d’ici 2030, trois facteurs transformateurs par les «Trois Zéros» : 2éro besoin non satisfait en matière de planification familiale, 2ero mortalité maternelle évitable et 2éro violence basée sur le genre.

 

Un deuxième exposé a porté sur un «Sommaire «Bilan National de la CIPD + 25», présenté par la Direction des Stratégies Politiques du Ministère de l’Economie et des Finances, et qui a porté sur un comparatif entre les questions de population avant et après la CIPD du Caire, entre une vision disparate, sans coordination et pleins de tabous, marquée par de faibles indicateurs en matière de données statistiques et démographiques, dans une société pro nataliste, réfractaire à l’espacement des naissances et où les mariages précoces étaient dominants, entre autres, et une vision cohérente des questions de population en tant que facteur central de tout développement économique et social.

Plusieurs cadres de départements sectoriels sont intervenus dans le débat pour évoquer les progrès réalisés au niveau de leur institution par rapport au Plan d’Action du Caire, dans le domaine des affaires sociales, de l’enfance et de la famille, dans le domaine de la jeunesse, de la santé, de l’éducation, avec l’introduction de curricula sur les questions de population au fondamental et au secondaire en particulier, mais aussi au niveau de l’enseignement originel, à travers le concours du ministère des Affaires Islamiques.

Cheikh Aïdara

 


Festival Chant des Linguère 2019, à Dakar

D’intenses moments de communion et d’échanges sur « Le dividende démographique et l’autonomisation de la femme et de la jeune fille ». Des spectacles de haute facture, notamment la soirée de gala du vendredi 28 juin à l’hôtel King Fahd Palace et le concert populaire du samedi 29 juin, au terrain de la Cité Fadia, au quartier Golf Sud, dans la banlieue dakaroise. Des espaces de réflexion : le forum du jeudi 27 juin, au Lycée John F. Kennedy, précédé la veille d’une rencontre avec la presse, au Musée des Civilisations noires de Dakar. Autant de temps forts de la deuxième édition de Festival Chant des Linguère, organisée, du 26 au 29 juin, à Dakar, par l’association Lumière pour l’Enfance-Coumba Gawlo.

AmeFallPhotography

Des artistes chanteuses africaines ont été associées à cet événement par son initiatrice, Coumba Gawlo, en sa qualité de Présidente de l’association Lumière pour l’Enfance : Assetou Niamé du Mali, Josey de la Côte d’Ivoire, Binta Torodo du Niger, Ouleya Mint Amartichitt de la Mauritanie, Pamika la Star du Burkina Faso et Titi du Sénégal.

Coumba Gawlo et ses invitées ont assuré des prestations de qualité, au grand bonheur du public. D’abord à l’occasion de la soirée de gala marquée par le sacre de femmes de référence, à qui le trophée « Linguère du développement » a été remis, pour leur rendre hommage et les offrir en exemples aux générations actuelles et futures.

Des « Linguère du développement » qui ont donc été honorés: Mme Ndeye Sali Diop Dieng, ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection de l’Enfant, Mme Aminata Mbengue Ndiaye, Ministre des Pêches et de l’Economie maritime, Honorable Woré Sarr, Député, Maire de Médina Gounass, Honorable Aïssata Tall Sall, Député, Maire de Podor, Mme Seynabou Gaye Touré, Présidente du Conseil départemental de Tivaouane, Mme Sokhna Nata Samb Mbacké, Administrateur du FAISE, Dr Safiétou Thiam, Directrice Exécutive du CNLS, Mme Fatoumata Sabaly, Productrice de riz dans le Bassin de l’Anambé.

Coumba Gawlo sur scène avec les artistes chanteuses invitées au Festival Chant des Linguère

Le Festival Chant des Linguère, c’est aussi une série d’activités axées sur des problématiques aussi vitales que le mariage précoce, les droits de l’enfant, la scolarisation des jeunes filles et leur maintien à l’école, les violences basées sur le genre, l’entreprenariat et le leadership féminins….

Des sujets sur lesquels ces porteuses de voie et leaders d’opinion que sont les artistes chanteuses, se sont prononcées, dans le cadre d’échanges ponctués par un partage d’expériences et d’appels à maintenir le cap pour relever les défis.

Il en fut ainsi au cours de la conférence de presse de lancement du festival qui s’est tenue, le mercredi 26 juin, au Musée des civilisations noires de Dakar. Une occasion pour Coumba Gawlo de rappeler l’objectif visé à travers ce Festival Chant des Linguère : confirmer que la culture est un levier et un facteur de développement ; ce qui requiert des hommes de culture que sont les artistes chanteuses de jouer pleinement leur partition dans le concert des initiatives visant à assurer notre développement. Dans cette perspective, rappelle-t-elle, l’autonomisation de la femme et la capture du dividende démographique, constituent des exigences. Une conviction partagée par les autres artistes chanteuses qui ont dans cette lancée salué la démarche inclusive et participative adoptée par Coumba Gawlo, qu’elles ont tenu à remercier et à encourager.

Cette convergence de vues a été par ailleurs notée au Forum sur « Le dividende démographique et l’autonomisation de la femme et de la jeune fille » le jeudi 27 juin, au Lycée John F. Kennedy. Une rencontre dont la modération a été assurée par Maître Dior Fall Sow, Magistrat, première femme Procureur au Sénégal et le thème introduit par Mme Cissé Fatou Dramé, Experte en genre, Consultante.

Ouleya Mint Amartichitt de la Mauritanie

Diverses interventions ont été faites sur ce thème, par Mme Fadoum Zakiya Sy, au nom de Mme Ndeye Saly Diop Dieng, ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection de l’Enfant, Mme Marième Talla, représentant de Mme Aminata Mbengue Ndiaye, Ministre des Pêches et de l’Economie maritime, Mme Ndeye Khady Diop, ancienne Ministre, Maître Aïssata Tall Sall, Avocate, le Professeur Amsatou Sow Sidibé, Présidente du mouvement Caar Leneen, Dr Safiétou Thiam, Directrice Exécutive du CNLS. Saturnin Kinson Kodjo, représentant de UNFPA, Mademba Ndiaye, représentant la Banque mondiale, Mme Fatoumata Sow Sarr, Proviseur du Lycée Kennedy, Awa Diallo, Présidente du Gouvernement scolaire dudit lycée.

Ont donc pris part à ce forum des universitaires, des experts en genre, des représentants d’organisations de femmes et de jeunes, des enseignants et élèves, notamment des membres du Gouvernement scolaire dudit lycée, mais aussi des partenaires de l’association Lumière pour l’Enfance-Coumba Gawlo, en l’occurrence le Fonds des Nations-Unies pour la Population (UNFPA), la Banque Mondiale, le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS)-qui a organisé à cette occasion une séance de dépistage volontaire- le Fonds d’appui à l’Investissement des Sénégalais de l’Extérieur (FAISE) etc.

Cette deuxième édition du Festival Chant des Linguère a été clôturée par le concert populaire, en banlieue dakaroise, au Terrain de la Cité Fadia, à Golf Sud. Artistes et spectateurs ont communié, dans une ambiance féérique, empreinte de son, de rythmes et de couleurs, avec en toile de fond, la délivrance de messages forts liés au thème du Festival, à savoir « Le dividende démographique et l’autonomisation de la femme. »

Pour ainsi terminer en beauté et prendre date pour la prochaine édition !

 

Infos : La Cellule de Communication de Gawlo Office Media (Go Media)


Le personnel de santé se forme en santé reproductive en période d’urgence

Médecins et sages-femmes de Nouakchott, mais aussi de l’intérieur du pays, Assaba et les deux Hodhs, ont suivi entre le 4 et le 8 juillet 2019, une formation de formateurs en Dispositif Minimum d’Urgence (DMU) en services de santé de la reproduction (SSR) en situation de crise, notamment cas des violences basées sur le genre (VBG), prévention contre les infections sexuellement transmissibles et le VIH/Sida, grossesses non désirées et espacements de naissance.

Joanthan Ndzie en pleine séance d’explication (Crédit Aidara)

Comment mettre en place les mécanismes de coordination pour la préparation et la réponse en services de santé reproductive en situation de crise ? Comment développer une capacité d’adaptation et renforcer la capacité de prévention de la violence sexuelle et assister les survivants en situation de crise ? Comment développer la résilience et renforcer la capacité à réduire la transmission du VIH et répondre aux besoins d’Infection sexuellement transmissible (IST) en temps de crise ? Comment renforcer la capacité d’adaptation et renforcer les capacités en matière de prévention de la surmorbidité et de la surmortalité maternelle et néonatale ? Comment renforcer la capacité d’adaptation et renforcer les capacités en matière de prévention de la grossesse non désirée ?

Tels sont les cinq objectifs recherchés par le Dispositif Minimum d’Urgence (DMU), un dispositif que le ministère de la Santé, à travers le Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR) et l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), veut généraliser en Mauritanie, en procédant du 4 au 8 juillet 2019, à la formation d’une vingtaine de professionnels de la santé, médecins, gynécologues, urologues et sages-femmes, qui seront chargés à leur tour de former leurs collègues en services de santé reproductive en situation de crise.

Les bons gestes médicaux en situation d’urgence

Cette formation de cinq jours, dispensée par un consultant international, Dr.Jonathan Ndzi, a surtout été centré sur les mécanismes de coordination pour la mise en œuvre du DMU avec des Plans d’action sur les violences basées sur le genre (VBG), la réduction de la transmission VIH et IST en situation de crise, la surmorbidité et la surmortalité maternelle et néonatale.

Ouvrant les travaux de cette session de formation, le Coordinateur du PNSR, Dr. Sidi Mohamed Ould Abdel Aziz, a mis en exergue l’importance de cet atelier pour la Mauritanie, notamment avec les défis posés par l’afflux de réfugiés sur ses frontières avec le Mali et la gestion du camp de Mberra, sans compter les inondations, comme celles qui avaient frappé la ville de Tintane en 2012 ainsi que celles de 2018. D’où, selon lui, l’urgence de disposer d’un personnel de santé formé sur les situations de crise et capables d’apporter des réponses urgentes, surtout en matière de santé de la reproduction.

Auparavant, le Représentant Résident de l’UNFPA en Mauritanie, S.EM. Saidou Kaboré, avait souligné l’intérêt d’une telle rencontre, notamment en termes de partages d’expériences, de compétences et de renforcement des capacités, au profit des populations qui en auront besoin en situation d’urgence.

M.Seynath Aïdara, Représentant Assistant de l’UNFPA Mauritanie avait en début de séance brossé un aperçu général sur la situation humanitaire en Mauritanie, évoquant les chiffres de la situation nutritionnelle et alimentaire, notamment parmi les réfugiés du camp de Mberra, sans compter les 575.000 personnes en situation de crise alimentaire en 2019, dont 128.000 enfants, ainsi que les inondations de 2018.

Les participants ont par la suite suivi un aperçu sur la santé sexuelle et les réponses prévisibles en situation de crise (Initiative SPRINT).

Introduisant le sujet, Dr.Jonathan Ndzi devait définir la notion de catastrophe selon le Bureau des Nations Unies pour la Réduction des Risques de Catastrophes (UNISDR). Il a indiqué qu’il y a situation d’urgence humanitaire, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), lorsqu’il y a 1 Mort pour 10.000 habitants PAR JOUR.

Plan d’action et coordination ont été formulés par les participants pour chacun des modules présentés, violence sexuelle (généralités et concepts de base), VBG et réduction de la transmission du VIH et IST en situation de crise. Travaux de groupes, films et diapos ont servi de supports pour la consolidation des connaissances.

A la fin de la formation, les participants ont été informés du contenu des kits Inter Organisation et les kits de dignité, renfermant toute la logistique nécessaire pour des interventions SSR d’urgence, qui seront mis à la disposition des formations sanitaires qui en auront le plus besoin.

Témoignages des participants

Dr.Khattri Ould Isselmou, médecin-chef du Centre de santé de Kiffa
«
cette formation est importante car elle répond à une situation objective en matière de santé de la reproduction, notamment les six axes essentiels dont l’application des normes en matière de santé de la reproduction, la réduction de la mortalité maternelle et infantile, les violences sexuelles er les violences basées sur le genre, l’espacement des naissances, la prévention contre le VIH et les IST. Elle se justifie car elle touche des questions récurrentes auxquelles nous sommes tout le temps confrontés. Il s’agira maintenant pour nous à la fin de cette formation, de former à notre tour le personnel qui est à notre disposition dans tous les départements relevant de la région de l’Assaba pour qu’ils puissent savoir comment faire face à ces situations d’urgence».

Seydi Camara, Sage-femme, point focal SR Hôpital de Kiffa
«Cette formation est très importante pour nous qui sommes en Assaba, une région frontalière du Mali. Elle nous a permis surtout de savoir comment gérer les questions liées à la santé de la reproduction, pour faire face à des situations similaires à celles qu’a connues la Wilaya du Hodh Charghi avec l’affluence des réfugiés maliens et la constitution du Camp de Mberra».

Mimi Mint Moulaye Chrif, Sage-femme en service au PNSR
«En tant qu’agent du PNSR qui assure la coordination en matière de santé de la reproduction pour l’ensemble de la Mauritanie, il est important que nous soyons formés sur le DMU pour pouvoir superviser les formations que les formateurs seront appelés à dispenser au niveau de leur région. Nous serons appelés nous-mêmes à former les prestataires sur le DMU sur les techniques en situation d’urgence en matière de santé reproductive».

Fatimata NDim, Sage-femme au Camp Mberra
«En tant que sage-femme recrutée par l’Association Mauritanienne pour la Promotion de la Famille (AMPF) pour sa maternité au Camp de Mberra des réfugiés maliens, je trouve que cette formation tombe à point nommé, car elle porte sur les Dispositifs minimum d’urgence (DMU) à prendre en matière de santé reproductive en situation d’urgence, notamment les priorités à prendre dans de tels cas qui sont totalement différents de ceux que nous avons l’habitude de prendre en période normale. Par exemple, on nous dit que dans une situation d’urgence, nous devons nous focaliser uniquement sur les accouchements, alors que dans les normes, nous devons procéder aux consultations prénatales, avant les accouchements, et les consultations postnatales».

Cheikh AÏdara