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La CVE remplit le stade de Basra lors de son meeting de clôture

Situé dans l’une des poches de pauvreté de Nouakchott, le Stade de Basra a affiché plein lors du meeting de clôture organisé jeudi 20 juin 2019 par la Coalition Vivre Ensemble (CVE). Un conglomérat de plusieurs partis politiques, qui soutient la candidature du Dr. Kane Hamidou Baba.

Cette soirée de clôture qui a rassemblé toute cette jeunesse, toutes ces femmes et ses hommes qui croient au programme de la coalition, est venue clore en apothéose la tournée riche en rassemblement populaire, notamment dans le Fouta, le Trarza, le Guidimagha et l’Assaba, mais aussi à Zouerate et à Nouadhibou où Kane Hamidou Baba a fait carton plein.

Dans le discours qu’il a prononcé devant des milliers de partisans, le candidat de la CVE a qualifié le candidat du pouvoir, Mohamed Ould Ghazouani, de «candidat de la sécurité extérieure», alors que le peuple mauritanien, selon lui, a plutôt besoin de sécurité intérieure, de sécurité alimentaire, d’unité, de progrès et de prospérité.

Pour Kane Hamidou Baba, la Mauritanie a besoin aujourd’hui d’un grand et urgent changement, demandant aux citoyens mauritaniens de profiter de l’opportunité offerte par cette élection présidentielle pour concrétiser ce choix. «Notre pays a besoin d’une armée républicaine, d’une armée qui nous protège. Pour cela, l’armée doit retourner dans les casernes et y rester, loin de la politique. Une armée soumise aux ordres de la République sous un régime civil, voilà ce qu’elle doit être» a-t-il déclaré.

Il faut dire que l’image du meeting de la CVE au Stade de Basra était impressionnante. Des milliers de têtes hétéroclites, et pas un doigt à pouvoir mettre sur terre, tellement la densité était au millimètre près. «Même dans leur plus folle épopée politique, aucune des formations formant la CVE n’avait pu à lui seul atteindre le quart d’une telle performance», confie un jeune activiste.

La ferveur des foules drainées par la CVE durant sa tournée de campagne et ce meeting final a fini par galvaniser les foules. «Notre candidat passera au premier tour Inchallah » lâche un membre du directoire de campagne, avec une telle conviction que pour lui, «le scrutin du 22 juin ne sera qu’une simple confirmation».

Beaucoup de folklore du Fouta, danses, musiques, cris d’hystérie, avaient chauffé la scène avant l’arrivée de Kane Hamidou Baba à la tribune. La fin fut encore plus attractive.

Cheikh Aïdara


Ould Ghazouani choisit la fin de sa campagne électorale pour s’attaquer à ses adversaires

Mohamed Ould Ghazouani, le candidat du pouvoir, de la continuité et de la pérennité du système Aziz – du moins tel que le présentent ses partisans – a choisi l’ancien aéroport de Nouakchott pour son dernier meeting électoral. La majorité y a concentré ses forces, à coups de bus déversant des paquets humains, des centaines de véhicules tout terrain avec leurs flots de passagers, sous le son de la musique de campagne.

C’est dans cette atmosphère pleine de déjà vu, avec tous les ténors du régime Aziz, ses ministres, ses directeurs centraux, ses hauts fonctionnaires, ses hommes d’affaires, ses chefs de tribu et de clans ainsi que ses lobbies, que Mohamed Ould Ghazouani, qui s’est abstenu pendant les quinze jours de campagne électorale de toute attaque contre ses adversaires, a choisi de livrer sa dernière cartouche contre ses opposants. «Ces candidats pendant toute leur campagne électorale n’ont avancé que des discours pleins de contradiction et de mots creux » dira-t-il, soulignant que «les Etats ne se construisent pas à coup de paroles vides et de manipulations, mais par des plans de développement et l’intelligence». Certains candidats profitent selon lui de l’occasion pour des règlements personnels.

Il a envoyé une pique à Sidi Mohamed Ould Boubacar lorsqu’il déclare que «parmi les candidats, il y a ceux qui ont servi l’Etat, mais n’ont pas pu exploiter leur expérience au service du peuple». Plus tard, il dira que «d’autres n’ont pas d’expérience mais cherchent à semer la haine et la division entre le peuple».

Dans sa critique acerbe contre ses adversaires, Ould Ghazouani a déclaré «nous ne voulons pas de radicaux et ne tolérons pas l’injustice, mais nous visons l’intérêt national, et nous repoussons les agendas extérieurs, nous n’accepterons pas une Mauritanie raciste, mais une Mauritanie unie et fraternelle».

Et de rappeler que pendant toute sa tournée électorale, il n’a jamais attaqué aucun des candidats en lice, par respect au pacte signé dans ce sens par un certain nombre d’entre eux et pour relever le niveau des débats, loin des langages de caniveaux. «Tous les candidats, à part Birame, ont signé ce pacte de non agression et personne ne l’a respecté sauf moi» a-t-il rappelé.

Candidat du système pluriséculaire qui sévit depuis l’arrivée des militaires au pouvoir en 1978, Mohamed Ould Ghazouani est un pur produit de l’institution militaire, ayant gravi les échelons jusqu’au grade de général de division. Chef d’Etat-major des forces armées pendant toute la décennie, il prendra sa retraite comme ministre de la Défense, poste à partir duquel il annoncera sa candidature à la Magistrature Suprême tout en siégeant en conseil des ministres pendant quelques jours. Il est celui que Mohamed Abdel Aziz a imposé à sa majorité pour lui succéder, malgré quelques grognes, avant que tout le monde ne rentre dans les rangs. Il a derrière lui la puissance de l’Etat, celle du chef de l’Etat qui ne cache pas son soutien puisqu’il a assisté aussi bien à son meeting de lancement de campagne qu’au meeting de clôture, tout en participant activement à sa campagne dans quelques régions sous couvert de visites officielles. C’est lui naturellement qui capte les grands électeurs, l’administration publique et militaire et la classe économique. Il part comme favori du scrutin présidentiel de juin 2019. Le président sortant a maintes reprises affirmé, et encore lors de sa conférence de presse du 20 juin, à deux jours du scrutin, qu’il n’y aura pas de second tour, et que Ould Ghazouani passera au premier tour.

Cheikh Aïdara


Sidi Mohamed Boubacar appelle à mettre fin au «système boutiquier » et sa suite

Au cours du meeting de clôture de sa campagne électorale, jeudi 20 juin 2019 au Stade Cheikha Boidiya du Ksar, le candidat Sidi Mohamed Ould Boubacar, auteur d’une tournée électorale élogieuse, a déclaré qu’après la «décennie du boutiquier, on veut nous obliger à une décennie du gérant». Il soutient que la décennie que nous venons de vivre fut une décennie où tout a été vendu, tout a été commercialisable et commercialisé. 

Selon lui, l’armée mauritanienne n’est la propriété de personne, que c’est l’armée du peuple mauritanien, qui doit se tenir à équidistance entre tous les acteurs sans ingérences dans les affaires politiques. Et de reprendre en leitmotiv, «après la décennie du boutiquier, non à la décennie du gérant » en allusion au président Mohamed Abdel Aziz et son dauphin, compagnon d’armes, qu’il veut refiler au peuple, Mohamed Ould Ghazouani.

Dans son mot de clôture, après une tournée populaire qui l’a mené dans les quatre coins du pays, parvenant  à fédérer des masses populaires si impressionnantes que d’aucuns lui prédisent déjà l’une des deux premières places dans cette course à la présidentielle, il a promis de revoir les prix des denrées de première nécessité, les coûts de l’électricité, de l’eau et du carburant, soulignant que les prix ont atteint ces dernières années des sommets inégalés.

Il a aussi promis d’augmenter le salaire des fonctionnaires, des soldats et des officiers de l’armée, ainsi que celui des retraités militaires et civils. Il s’est dit solidaire des familles mauritaniennes confrontées au chômage, de ces centaines d’employés licenciés suite à des faillites provoquées de plusieurs sociétés d’Etat durant ces dernières années, notamment les travailleurs de la SNIM. Des travailleurs qui sont sortis selon lui, par masse, à Nouadhibou et à Zouerate, pour dénoncer la mauvaise gestion au sein de la plus grande société nationale. Il a promis d’augmenter d’une manière spécifique leur salaire, rappelant que depuis la transition 2005-2007, ils n’ont jamais connu la moindre augmentation.

Il faut dire que le meeting de Sidi Mohamed Ould  Boubacar au Stade Cheikha Boidiya était si impressionnant que quelques observateurs ont déclaré que Nouakchott a été divisé entre son meeting et celui de son adversaire, Ould Ghazouani.

Cheikh Aïdara


Fin de la campagne présidentielle, Birame pour une dernière démonstration de force

Après une campagne électorale qui a fait trembler bien de certitudes parmi les ténors les plus indéboulonnables de la majorité présidentielle,  effarouchés dans leurs propres fiefs, Birame Dah Abeid, a tenu un dernier meeting populaire à la Foire de Nouakchott, ce jeudi 20 juin 2019, dernière journée de la joute électorale.

Birame Dah Abeid

C’est en effet par milliers que les partisans du candidat se sont massés dès les premières heures de l’après-midi, galvanisés par leur innombrable nombre et la ferveur des slogans brandis. Il a fallu plusieurs heures pour que Birame Dah Abeid, parvienne à se frayer un chemin au milieu de ce dense paquet de chaires humaines et atteindre la tribune où trônaient déjà les membres de sa direction de campagne. Son arrivé avait soulevé une ferveur dont les échos se sont répandus comme une houle à des centaines de mètres à la ronde.

Face à la foule massée à ses pieds, les mains levées, entourés de ses partisans, Birame Dah Abeid est resté plusieurs minutes à savourer le spectacle qui s’offrait à pertes de vues. Des milliers de visages rayonnants, tannés par l’harmattan qui souffle sur Nouakchott depuis quelques jours, portables en l’air pour des selfies ou  des images immortalisant le moment solennel.

Dans son discours de fin de campagne, le militant antiesclavagiste, lauréat de plusieurs prix internationaux et candidat récidiviste à la présidentielle après une expérience en 2014 dont il fut la grande surprise, avait repris ses thèmes fétiches, la lutte contre l’esclavage et les inégalités sociales, contre le racisme d’Etat et les discriminations, prêt à un nouveau pacte fondateur de la République bâti sur l’égalité, la citoyenneté, le partage équitable des richesses et la bonne gouvernance. Il a fustigé le «système boutiquier » qui a prévalu jusque-là, avec ses lots de corruption, de malversations financières, d’immoralité, et qui cherche à se perpétuer par un passage à témoin pour pérenniser le sac de la Mauritanie.

Fort des masses que ses meetings ont drainé dans tous les coins et recoins de cette vaste République qu’il a sillonné à pas de charge au cours des quinze derniers jours, Birame Dah Abeid a déclaré que le duo Aziz-Ghazouani, a perdu la bataille de la présidentielle et que c’est lui que le peuple mauritanien a choisi pour le diriger pendant les cinq prochaines années. «Ces milliers de Mauritaniens qui se sont rassemblés partout sur l’ensemble territoire pour me plébisciter adhèrent à mon programme politique, car c’est le seul capable d’opérer le changement dont ils ont besoin » devait-il conclure, demandant au peuple mauritanien de voter pour lui massivement le 22 juin prochain.

Cheikh Aïdara

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