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Commémoration de la journée mondiale du lait, la société civile et Oxfam maintiennent le flambeau

En l’absence de l’Etat qui a cessé de fêter la journée mondiale du lait depuis plus de trois ans, c’est la société civile mauritanienne, à travers la Coalition Mauritanienne du lait local, soutenue par Oxfam, qui vient de célébrer ce 1er juin 2019 à Nouakchott, la Journée mondiale du lait sous le thème «Promotion, Valorisation et Sécurisation du lait local».

De g. à dr. le Directeur Pays d’Oxfam, la présidente du REFPAM, le Directeur des Filières animales et le Coordinateur de ROSA (Crédit Aidara)

A l’instar de la communauté internationale, Nouakchott a abrité le 1er juin 2019, la commémoration de la journée mondiale du lait. Cette journée a été organisée, avec l’appui de l’ONG internationale OXFAM, par la Coalition Mauritanienne du Lait Local, qui regroupe l’Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en Savane (APESS), le Réseau des organisations pour la sécurité alimentaire (ROSA), l’Alliance Citoyenne (AC), le Réseau des femmes parlementaires mauritaniennes (REFPAM), le Groupement national agro-pastoral (GNAP), la société Tiviski, le Club des Jeunes Journalistes (CJJ) et ECODEV.

Le 28 novembre 2018 déjà, la Coalition mauritanienne du lait local avait participé à la foire de Néma sur les produits animaliers, avec comme slogan «Mon lait est local». Le stand organisé en partenariat avec l’ONG AMAD, avait été primé par le Ministère de l’Elevage, comme meilleur stand. En marge de cet évènement, la Coalition avait lancé une pétition signée par 600 personnes, dont le président de la République, Mohamed Abdel Aziz.

Promesses et défis du secteur laitier

Le deuxième anniversaire de la journée du lait célébré cette année par la Coalition a été marqué par un échange de discours, dont celui prononcé au nom du Ministre du Développement Rural, par Isselmou Ould Abdatt, Directeur des Filiales Animales. Auparavant, Sarr Mamadou, Coordinateur de ROSA avait mis en exergue les difficultés rencontrées par la filière lait en Mauritanie, citant la faible organisation des acteurs, la concurrence du lait importé, le déficit en aliments de bétail, l’absence de politiques commerciales et fiscales incitatives pour le secteur, la faible volonté politique.

Vue globale de la salle (Crédit Aidara)

Pour le Directeur Pays d’Oxfam, Dedeou Yahiya, la FAO célèbre chaque année, depuis 2001, la promotion du lait local, rappelant que la Coalition mauritanienne du lait local a été mise en place le 1er juin 2018. «Cette Coalition inscrit ses actions dans une campagne régionale portée par des organisations de producteurs, de la société civile et d’industriels du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal, du Tchad et de la Belgique» a-t-il souligné. Ce sont 48 millions de familles de pasteurs et d’agropasteurs de l’Afrique qui sont ciblées par la Coalition, dira-t-il en substance, précisant que la «campagne a su fédérer une large coalition de 15 organisations régionales d’agriculteurs et d’éleveurs, 55 organisations nationales, une organisation faîtière de producteurs laitiers européens (European Milk Board) et 6 ONG internationales dans le seul but de provoquer la mise en place de politiques commerciales et fiscales favorables au lait local, afin d’assurer aux familles de pasteurs et d’agropasteurs, ainsi qu’à tous les autres intervenants de la filière des revenus conséquents leur permettant de vivre dignement».

Pour l’Honorable député Marième Baba Sy, présidente du réseau des parlementaires femmes, «nous sommes les plus gros consommateurs de lait de la région, mais l’essentiel de notre consommation vient de l’étranger», soulignant que la filière lait offre cependant de fortes opportunités économiques et sociales, notamment dans la lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes et des femmes.

Une ossature institutionnelle favorable à la filière agropastorale

Les participants ont par la suite suivi une courte vidéo dans laquelle la Directrice d’Oxfam Internationale, Winnie Byanyima, adressait un mot à l’occasion de la célébration de la journée mondiale du lait. L’occasion pour Amadou Djigo d’Oxfam Mauritanie de dresser le bilan réalisé par la Coalition mauritanienne en 2018-2019 et les activités prévues pour l’année en cours.

Vue partielle des participants (Crédit Aidara)

Successivement, Mohamed Lemine Deida pour le compte du Projet d’appui régional à l’initiative pour l’irrigation au Sahel (PARIIS), la Délégation de l’Union Européenne à travers la plateforme de dialogue sectoriel du Projet RIMRAP, Mohamed Ould Brahim Ould Cheikh Sidiya au nom du Projet de développement des filières inclusives (PRODOFI), ont chacun présenté son projet, ses objectifs, ses défis et ses projections.

La journée s’est achevée par un large débat avec les questions, les commentaires et les contributions des participants, dont une brillante intervention du directeur de la société Tiviski qui a brossé 30 ans d’expériences de la première unité industrielle laitière en Mauritanie.

Une foire des produits laitiers locaux suivis d’un F’Tour a été organisé durant la soirée à l’intention des acteurs et des invités.

Cheikh Aïdara

Bilan de la Coalition Mauritanienne pour le lait local 2018-2019

Amadou Djigo (Crédit Aidara)

La Coalition Mauritanienne pour le lait local s’intègre dans une campagne régionale qui regroupe le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et la Belgique Ses objectifs tournent autour de l’accès à l’alimentation de bétail, l’amélioration du taux de collecte auprès des familles productrices, la mise en place de politiques commerciales et fiscales favorables à la promotion du lait local, la protection des produits locaux face à la concurrence du lait importé afin de booster les industries locales pour en faire le moteur du développement économique et social. A souligner que la consommation régionale, c’est 5 millions de tonnes de lait par an dont 85% importés.

D’autre part, la Coalition avait visé deux grands objectifs, à savoir l’élargissement de sa base de membres affiliés ou alliés. Un objectif atteint avec ECODEV, GNAP et APESS, qui ont rejoint la coalition. Deuxième objectif, renforcer l’ancrage de la Coalition avec tous les acteurs cibles. La Coalition a dans ce cadre entamé des discussions avancées avec le PRAPS, PARIIS, PRODOFI et RIMRAP. Des actions de communication basées sur des dates fortes, comme le 28 novembre, fête nationale de l’indépendance, ou encore le 8 mars, fête internationale de la femme, sont envisagées, ainsi que la pétition lancée en 2018 et qui reste ouverte pour la signature.

Les difficultés relevées concernent le manque d’intérêt de certains industriels, l’agenda des ministres des secteurs concernés (ministère du Développement Rural, Ministère du Commerce), la faible mobilisation des financements.

Pour la deuxième année, la Coalition vise à toucher les industriels et les fédérations nationales de la filière, mais aussi à travailler au renforcement de la plateforme de dialogue sectoriel (Task Force) pour une meilleure synergie entre les acteurs. Il s’agira aussi de travailler pour une approche favorable à la protection et à la promotion du lait local et à la recherche des financements.

Projet D’Appui Régional à l’Initiative pour l’Irrigation au Sahel (PARIIS)

Mohamed Lemine Deida (Crédit Aidara)

Il s’agit d’un projet créé le 31 octobre 2013 à Dakar par les Chefs d’Etat du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal et du Tchad, avec un fonds Banque Mondiale de 25 millions de dollars U.S et une coordination assurée par le CILSS. Ce projet touche plus de 7.000 ménages dont 53% de femmes. Il intervient dans le domaine agropastoral et le soutien aux producteurs.

Projet Renforcement Institutionnel en Mauritanie vers la Résilience Agricole et Pastorale (RIMRAP)

Représentant de la Délégation de l’Union européenne (Crédit Aidara)

Le Projet Renforcement Institutionnel en Mauritanie vers la Résilience Agricole et Pastorale (RIMRAP) financé par l’Union Européenne, entretient une Plateforme de dialogue sectoriel qui se veut pérenne et inclusive. Il intègre des acteurs étatiques et non étatiques pour s’impliquer dans des débats autour des défis du secteur rural et dans le renforcement des capacités institutionnelles. Son objectif est de renforcer la concertation avec les acteurs, de développer un plaidoyer envers les décideurs et d’aller vers des propositions concrètes face aux défis qui se posent au niveau de la résilience agropastorale.

Le projet se fixe d’autres objectifs, comme faciliter la coordination et la capacité des acteurs à proposer des solutions consensuelles. Il se déploie au Guidimagha, en Assaba et dans les deux Hodhs autour d’un groupe de travail dédié au monde rural, avec un chantier de développement du lait local par l’appui à la concertation entre les acteurs.

Projet de Développement des Filières Inclusives (PRODOFI)

Mohamed Brahim Cheikh Sidya (Crédit Aidara)

Le PRODOFI est financé sur fonds FIDA-ASAP à hauteur de 45,3 millions de dollars U.S pour une durée de 8 ans (2017-2024) dans l’objectif de soutenir l’important potentiel du secteur agropastoral encore mal valorisé. Ses activités sont orientées vers la lutte contre la pauvreté et la malnutrition, ainsi que l’insuffisance alimentaire. Parmi ses autres objectifs, la contribution à l’amélioration des revenus et de la situation des populations rurales.

Le PRODOFI s’active autour de trois axes : le développement des filières (45% des financements), le développement et la création de modules de productions (41% des financements), enfin, la coordination, le suivi-évaluation et la gestion du savoir (14% des financements). Le fonds ASAP (Programme d’adaptation de l’agriculture paysanne) prend en charge le volet intégration les effets liés aux changements climatiques, ainsi que la mise en place d’approches techniques d’adaptation. Le PRODOFI privilégie le Faire-faire qui est un appui indirect par structures locales interposées.

Le projet intervient dans le maraîchage, le lait de chèvre, l’aviculture, les produits forestiers non ligneux et la pêche continentale au niveau de Foum Gleïta. Il couvre le Gorgol, le Brakna, le Guidimagha, l’Assaba et les deux Hodhs.  Dans la filière lait de chèvre, le projet offre des chèvres suitées, l’alimentation et la santé animale.

Parmi ses réalisations, le recrutement d’un opérateur technique, un atelier de lancement à Boghé, la signature de contrats producteurs et usines laitiers, avec 280 chèvres suitées distribuées. En 2019, il est prévu de disséminer 620 chèvres suitées et 80 boucs et de former des éleveurs, entre autres.

 


Chbih Cheikh Mélaïnine et le Front Populaire rejoignent Kane Hamidou Baba et la CVE

L’ancien président du Front Populaire, Chbih Cheikh Mélaïnine, devenu membre symbole de cette formation politique qu’il a fondé et qui a marqué la vie politique dans les années 90, a rejoint, avec toute la direction du parti, le candidat de la Coalition du Vivre Ensemble (CVE), Dr.Kane Hamidou Baba. C’était au cours d’un meeting populaire organisé par la section de Tevragh-Zeina, mardi 28 mai 2019 à «La Case» à Nouakchott.

Chbih entre le candidat Kane Hamidou Baba et son directeur de campagne (Crédit Aîdara)

«Vous avez devant vous le petit-fils de Cheikh Mélaïnine et de Souleymane Bal, un homme de principe qui a toujours honoré son double héritage et dont l’aura dépasse le Front Populaire et les frontières de la Mauritanie» a déclaré Dr.Kane Hamidou Baba, soulevant un tollé d’applaudissement qui doublera d’intensité lorsqu’il annonça, «ce soir, le Front Populaire a décidé de rejoindre la CVE. Il s’agit d’un choix réfléchi et personnel pris par Chbih Ould Cheikh Mélaïnine et le Front Populaire, sans aucune démarche de la part de la Coalition», a-t-il ajouté, dans une ferveur qui emporta celle des nombreux militants et sympathisants du candidat qui avaient empli l’enceinte de «La Case».  Prenant la parole pour s’adresser à l’assistance, Chbih dans une déclaration interrompue par la forte émotion qui l’avait envahi, devait regretter le fait que «nous avons tous été absents de la Mauritanie » avant de lancer,  «ce soir, je vois la Mauritanie».

Auparavant, c’est Samba Thiam, président des FPC, qui avait fait un hommage appuyé à Chbih Cheikh Mélaïne qu’il avait rencontré en France dans les années 90. «Vous avez  en la personne de Chbih Cheikh Mélaïnie, un homme de principe, qui m’avait dit lors de cette rencontre, comme vous avez eu le culot d’aller en prison pour avoir plaidé pour l’unité des Mauritaniens, j’aurais moi aussi le culot d’aller en prison» a-t-il cité. Et de poursuivre, «de retour en Mauritanie, Chbih a réuni la classe politique autour de la plateforme des FLAM, ce qui lui vaudra la foudre de Ould Taya, comme Sidi Ould Cheikh Abdallahi dont la démarche dans cette même cause d’unité des Mauritaniens, lui vaudra d’être destitué».

La direction  de campagne du candidat Kane Hamidou Baba au grand complet était présente lors de cette soirée, en l’occurrence son directeur de campagne national, Thierno Barro, le Coordinateur de la section de Tevragh-Zeina, Sadio Tandia, le directeur de la campagne pour la zone Nouakchott-Est, Mamadou Tall, la responsable des femmes, Sawadatou Wane, ancienne député. Les responsables des partis de la coalition étaient également présents, à l’image de Samba Thiam, Diop Amadou Tijane du FRUD, Bâ Mamadou Bocar, vice-président de AJD/MR, Bâ Hamady Soma dit Balas Arc-en-ciel, ainsi que d’autres acteurs de la société civile.

Les discours se sont voulu tous rassembleurs pour une Mauritanie égalitaire en droit et en dignité.

Cheikh Aïdara


Birame Dah Abeid appelle à une campagne électorale solidaire entre les opposants

«Mes amis, Samba Thiam, Ibrahima Moctar Sarr, Kane Hamidou Baba, ma victoire est votre victoire, mon énergie et mon apport sont pour moi et pour vous», a déclaré Birame Dah Abeid, député et candidat à la présidentielle de 2019. Dans cet appel où il a associé également les autres candidats, Sidi Mohamed Ould Boubacar et Mohamed Ould Maouloud, mais aussi les partis Tawassoul, Hatem, Mostaqbal, Ould Abeidi a tenu un discours rassembleur où il a invité les forces de l’opposition à éviter toute dislocation qui ne pourrait profiter qu’au candidat du pouvoir. C’était en marge de la cérémonie de présentation du livre «Message de Birame Dah Abeid à son peuple : ma vie, ta liberté», organisée lundi 20 mai 2019 à Nouakchott.

Dans le discours qu’il a prononcé après la présentation de l’ouvrage par un panel composé de Abdessalam Ould Horma, président du parti Sawab qui soutient sa candidature, Oumar Ould Yali, ancien ministre, Cheikh Tijane Dia, journaliste directeur de publication «Le Rénovateur» et Saadani Ould Khtour, député à l’Assemblée Nationale, Birame Dah Abeid a rendu un hommage appuyé aux militants et sympathisants de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) qu’il préside.

«J’ai résisté parce qu’il y avait derrière moi des hommes et des femmes qui ont résisté avec moi, contre les emprisonnements abusifs, contre les tortures, la diabolisation et les exactions qui ont parsemé notre long combat» a-t-il déclaré en guise d’hommage à ces compagnons. Il a tenu à inviter tous ceux qui avaient quitté le mouvement IRA pour une raison ou une autre, à revenir pour relever les nombreux défis qui se posent encore. «Ma victoire contre le système et contre mes ennemis est aujourd’hui évidente. En acceptant de recevoir ma candidature à la Magistrature Suprême, le Conseil Constitutionnel, qui est la plus haute juridiction du pays, m’en donne la plus grande preuve » a-t-il souligné

Il a aussi rendu hommage à Me Fatimetou MBaye, à Boubacar Ould Messaoud, président de SOS Esclaves, à Amnesty International, au FIDH, à Freedom House, l’UNPO, le Haut-commissariat des Nations Unis pour les droits de l’Homme, à certains gouvernements du monde, qui l’ont toujours soutenu dan son combat.

Il a invité par la suite les Mauritaniens à prendre conscience du contexte de l’élection présidentielle de 2019 pour assurer la rupture définitive avec le passé en prenant conscience de la nécessité du changement.

Cheikh Aïdara


L’OMVS au cœur des écoles reculées du Brakna et du Trarza

De Ribaat et de Bareïna, dans les profondeurs dunaires du Trarza, jusqu’à Keur Macène, en passant par Boghé et R’Kiz, sur les bordures du Fleuve Sénégal, les écoliers du fondamental et du secondaire, rassurent. La qualité de l’enseignement public survit dans ces contrées recluses de la Mauritanie, là où elle s’est profondément dégradée dans les grandes villes. L’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), enseignée en cours d’histoire et de géographie dans le programme scolaire national, garde ainsi intacte toute sa place dans les connaissances générales des élèves. C’est ce que le Réseau des Journalistes pour les Activités de l’OMVS (REJAO), en partenariat avec l’OMVS, a constaté lors de sa deuxième caravane de sensibilisation, organisée du 15 au 18 mai 2019 dans certains établissements scolaires du Brakna et du Trarza.

Lycée «Bab El Veth » de Ribaat, chez les Ennahwi

Le ciel est profondément clément ce 15 mai 2019, dixième jour du mois de Ramadan. Vers quatorze heures, là où les températures affichent d’habitude 44°, la fraîcheur qui plane sur Ribaat, localité enclavée située à quelques trente kilomètres de la Route de l’Espoir, est d’une mansuétude quasi miraculeuse pour les jeûneurs.

Les élèves du Lycée «Bab El Veth de Ribaat» attendent depuis le matin l’arrivée de la Caravane du REJAO composée de quatre journalistes, un caméraman et la Chargée de Communication de la cellule OMVS à Nouakchott, Mme Awa Sidibé. En cette fin d’année scolaire, des tables-bancs usées et en vrac sont jetées dans la cour. Un soudeur est entrain de tout retaper, pour resservir pour la prochaine rentrée, sous le regard de la direction de l’école au grand complet et des enseignants. Il a fallu plus de quinze mètres de fils électriques pour relier l’unique prise électrique placée dans le bureau du directeur et la salle de classe où un film sur l’historique de l’OMVS doit être projeté.

La salle de classe est archi comble et les élèves, malgré la longue attente, enthousiasmés.  Après les élèves du lycée, les élèves du fondamental leur ont succédé dans la salle pour se soumettre aux mêmes exercices.

Après avoir religieusement visionnés le film conçu sous forme de dessin animé retraçant l’historique, les réalisations et les retombées socioéconomiques de l’OMVS et de ses trois barrages, Felou et Manantali au Mali, Diama entre le Sénégal et la Mauritanie, les élèves de la 6ème année du Lycée de Ribaat, puis après eux les élèves de l’école fondamentale, se sont prêtés aux questions-réponses de leur professeur, Saidou Ould Hacen, professeur Histoire-Géographie, puis du maitre Mamadou Oumar Sy.

Des réponses données qui ont satisfait l’encadrement des deux établissements et agréablement surpris les caravaniers venus de Nouakchott, étonnés de constater que l’école publique garde encore ses qualités. «Pas étonnant, c’est le fief des Ehel Ennahwi, une famille religieuse très nantie qui a mis le plein pour offrir un enseignement d’un tel niveau aux élèves de la localité» susurre un membre de la délégation.

Quelques noms d’élèves sont particulièrement sortis du lot, Oumoukelthoum Mint Hafedh (6ème D), Mohamed Horma Ould Sidi Mohamed (4ème A) et Abderrahmane Ould Saleck (1ère A).

A la fin de la cérémonie, des cahiers souvenirs comportant au verso un bref historique de l’OMVS ont été distribués aux élèves ainsi que des stylos billes.

Le directeur du lycée a dit toute sa satisfaction pour la visite. «Grâce à votre caravane, les élèves ont amélioré leurs connaissances sur l’OMVS et ses réalisations » a-t-il déclaré.

Ecole fondamental «Attigh» de Bareïna

Perdue dans un décor désertique où les dunes de sable sont les seuls repères, surgit Bareïna, localité totalement enclavée du Trarza, située à quelques encablures de Ribaat. Ici, c’est le fief des Ehel Cheikhany, illustre famille religieuse. Des maisons en dur, de coquettes villas, des rues sinueuses et ensablées, l’électricité dans toute la cité, et des minarets déchirant l’espace de leurs hauteurs majestueuses. L’école primaire «Attigh» de Bareïna, la première construite dans la localité est une vielle bâtisse.

La maîtresse, Khadijetou Mint Mohamed Saïd Tolba, n’a pu retenir, en cette fin d’année scolaire qu’une vingtaine d’élèves. Aux questions sur l’OMVS, ils ont répondu avec brio et qualité, un niveau qui n’a rien à envier à celui de leurs camarades de Ribaat.

Comme récompense, ils ont reçu des tee-shirts à l’effigie de l’OMVS et du REJAO.

Mohamed Ould Mohameden, Secrétaire général de la commune de Bareïna et Directeur de l’école «Varough» trouve que cette caravane du REJAO est d’une importance capitale.

«Cette caravane a permis aux élèves d’en connaître davantage sur l’OMVS et ses réalisations, surtout dans le domaine hydraulique, agricole et électrique» a-t-il souligné.

Ecole 1 de R’Kiz

C’est aux environs de 16 heures, ce 15 mai 2019, que les élèves de l’école fondamentale 1 de R’Kiz ont accueilli les membres de la Caravane du REJAO. L’établissement ne disposant pas d’électricité, il a fallu utiliser le groupe électrogène amené par la délégation pour palier l’absence d’électricité dans la plupart des établissements scolaires du pays.

Ici aussi, les élèves ont suivi le film sur l’OMVS puis ont répondu aux questions posées par le directeur de l’établissement, Ahmedou Ould Sidi Mokhtar, en présence de l’inspecteur de l’Enseignement Fondamental, qui a été d’un grand apport pour la réussite de la Caravane.

«Cette visite a été très bénéfique pour les élèves, surtout le film sur l’OMVS. Elle leur a permis de se remémorer de leurs cours sur cette organisation, cours dispensé en histoire-géographie » a souligné le directeur.

A la fin de la rencontre avec les élèves qui ont montré beaucoup d’entrain pour répondre aux questions, des cahiers et stylos à l’effigie de l’OMVS leur ont été distribués.

Lycée de Sarandougou

Située à 15 kilomètres de Boghé et à 2 kilomètres environ du fleuve Sénégal, le lycée de Sarandougou a fait le plein. Sur la route sinueuse parsemée d’arbres, aux alentours de l’antique établissement, des nuées de lycéens courent derrière la Caravane.

A l’intérieur, le lycée est noir de monde. Ici, pas d’électricité. Le groupe électrogène est salutaire. Pour ne pas frustrer ce nombre impressionnant d’élèves qui fait le pied de grue depuis le début de la matinée et qui se bouscule, un cours magistral est dispensé sur l’OMVS et ses réalisations.

Puis, direction la salle des 6ème et des 4ème année. Projection de film, questions-réponses sur l’organisation.

Une nouvelle occasion pour tester l’excellent  niveau des élèves et la maîtrise, pour certains du français, bien que le programme scolaire en histo-géo sur l’OMVS n’est dispensé qu’en arabe.

Le directeur de l’établissement, El Hadj Moussa Kelly s’est dit heureux de la visite de la délégation. «Je considère que c’est une bonne fin d’année scolaire que ce cours sur l’OMVS qui a permis aux élèves de se rappeler leurs cours d’histoire-géographie» a-t-il souligné.

Habsa Abou Sow, 19 ans, est élève en 6ème année. Pour elle, l’année prochaine, c’est le baccalauréat. Elle voulait s’engager pour l’armée, mais comme les corps sont fermés aux filles, elle veut faire la santé. Chaque jour, Habsa tape 4 kilomètres Aller/Retour pour relier son village, Hamdallaye et le lycée de Sarandougou. «Ce cours sur l’OMVS est très intéressant, car nous avons appris beaucoup sur l’organisation, des aspects qui ne nous ont pas été dispensés en cours» a-t-elle déclaré.

Lycée-Collège de Touldé

Il faut longer la ville de Boghé vers le Sud, pour tomber dans un quartier déshérité et pauvre, Touldé et son lycée perdu dans un océan d’arbres. Un no man’s land entourant un énorme établissement à l’architecture moderne et neuve. Ici deux classes de 4ème année sont retenues.

Des classes archi pleines, où les élèves ont dû se mettre à quatre par table pour être contenus. Ici, pas de projection mais des questions-test sur l’OMVS auxquelles les élèves ont répondu avec justesse.

Le tout, sous le regard attendri de la directrice, Mariata Abdalaye Dia, et ses professeurs. Cahiers et stylo billes étant épuisés, les élèves ont eu droit à des tee-shirts et des casquettes à l’effigie de l’OMVS et du REJAO.

«Nous sommes contents de la visite de la Caravane, mais notre lycée, malgré qu’il soit un beau site manque d’eau et d’électricité, ce qui nous bloque pour la réalisation de nos activités» a déclaré la directrice.

A la fin de la rencontre, les élèves se sont éparpillés par groupes, marchand le long des arbres, pour rejoindre leur domicile. Ici, par de Prado luxueux ni de V 8 rutilantes pour les déposer aux portes de l’établissement. L’effort physique pour rejoindre l’établissement marque cependant leur ardent désir d’apprendre, et explique peut-être la qualité de l’enseignement dans ce coin perdu de la Mauritanie.

Ecole fondamentale 1 de Keur Macène

De Boghé à Keur Macène, c’est environ 300 kilomètres de route, en partie cabossée et la foisonnante ville de Rosso à traverser. Les 35 kilomètres qui séparent Bombri et Keur Macène, construits il y a à peine sept ans, ne sont plus que ruines. De véritables pièges où la dextérité des conducteurs est mise à rude épreuve. Le soleil est presque à l’horizon, lorsque la Caravane s’arrête devant un établissement vieillot, tombant presque en lambeaux noircis par le temps.

Dire qu’il a été construit depuis une trentaine d’années à peine. La cour où s’entassent quelques écoliers mal habillés et fluets se confond avec l’état de délabrement ambiant.

Pourtant, la soif de savoir et d’apprendre se lit sur ces dizaines de visages tannés. Sur l’OMVS, les petits élèves de Keur Macène en connaissent un bon bout, grâce aux cours déjà reçus sur l’organisation dont l’un des barrages, Diama, se situe à quelques encablures de la ville.

Tee-shirts et casquettes les chaussant de pied en cape, les élèves ont gratifié la délégation de l’un des plus beaux souvenirs de la tournée, le sourire lumineux de l’innocence épanouie. L’espoir est dorénavant permis. L’école publique vit encore ses heures de gloire dans ces contrées perdues et oubliées de la Mauritanie.

«Nous sommes contents de la visite et les élèves l’ont particulièrement appréciée» a témoigné Brahim Ould Rabani, le directeur de l’établissement. Il a trouvé néanmoins l’occasion de décliner certaines doléances, comme la reconstruction entière de l’école, la fourniture en tables-bancs et en ouvrages scolaires.

Cheikh Aïdara