aidara

Investiture de Ghassem Bellali, «La Mauritanie D’Abord » était là !

Pour une grande fête, c’en était une. L’investiture du maire de Nouadhibou, El Ghassem Ould Bellali, lundi 15 octobre dernier, fut à la hauteur de l’évènement, celui qui consacre le retour d’un homme qui s’est battu contre tout un système pour s’imposer mordicus sur un fauteuil auquel l’a porté toute une population nostalgique des gigantesques réalisations que l’homme avait accompli durant son mandat à la tête de la commune.

El Ghassem Bellali et sur son dos Seyide Minte Yenge (Crédit photo Ahmed B.)

L’histoire d’El Ghassem Ould Bellali avec la population de Nouadhibou est une longue histoire d’amour parsemée d’embûches, tel ce hold-up électoral dont il fut victime en 2006. Cette fois-ci, il ne s’est pas laissé faire, bien que les forces centrifuges qui l’avaient combattu à l’époque aient tout tenté pour récidiver. Mais la population de Nouadhibou en a décidé autrement. L’investiture d’El Ghassem Ould Bellali s’est déroulée en présence d’une forte délégation de l’initiative «La Mauritanie D’Abord » dirigée par sa présidente Seyide Mint Yenge Ould Khyarhoum qui a tenu à faire le déplacement pour exprimer au nouveau patron de la ville économique, son estime et son respect envers celui qu’elle considère comme «Citoyen Modèle de la République ».

Pour rappel, voilà ce que L’Authentique avait écrit en 2003  à propos d’El Ghassem Ould Bellali : «s’il y a quelqu’un dont l’action contre le Pouvoir peut se comprendre, c’est bien lui. Ancien maire de Nouadhibou, Ghassem a accumulé trop de frustrations de la part d’un régime pour lequel il s’est sacrifié. Travailleur, faisant preuve de beaucoup d’indépendance d’esprit et d’action, Ould Bellali a traîné avec lui la réputation d’un maire qui a « fait beaucoup pour sa commune ». C’est l’un des rares élus du PRDS qui peut se targuer d’un bilan globalement positif. Même sa mise à l’écart n’a en rien entamé de sa popularité à Nouadhibou. Victime de ses mauvais rapports avec l’administration, sa volonté d’indépendance lui ayant fait oublier qu’il est aussi un agent de l’État, Ghassem n’avait aucune chance de résister devant une machine administrative puissante. Maire de Nouadhibou, il aura brisé les tabous en ouvrant les portes de l’hôtel de ville aux contribuables, offrant à qui de droit le bénéfice des marchés publics. Le crime de lèse-majesté, El Ghassem l’aura commis, lorsqu’il a décidé de supprimer les avantages acquis au sein de son administration par certains ténors du pouvoir. Finalement, le bras de fer qui l’a opposé aux barons du PRDS et aux césars de l’administration de la capitale économique du pays, finira par l’emporter » (L’AUTHENTIQUE n° 135 du lundi 29 septembre 2003).

En 2006, récidive. El Ghassem Ould Bellali sera victime d’une trahison au sein du bloc de l’opposition, alors qu’il portait les couleurs du Rassemblement Démocratique (RD). Bien qu’élu à 7.000 voix contre 4.000 voix pour le candidat de l’Alliance Populaire Progressiste (APP), Fadel  Ould Etmane, les conseillers de l’opposition lui feront faux bond et ce sera finalement Ould Etmane qui prendra les rênes du conseil municipal.

En 2018, tout a changé. Les ténors de l’UPR ont pesé de tout leur poids sur la ville rebelle. Elu député sous les couleurs du parti El Karama, El Ghasem a réalisé le doublé en emportant également le siège de la commune, malgré la force de l’Etat, de son parti, de ses généraux et de ses hommes d’affaires, ainsi que des renforts dépêchés de Nouakchott et de Zouerate en particulier.

Cheikh Aïdara


CONCOURS D’ELOQUENCE : -RÉGLEMENT–

Dans le cadre de la JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DE L’ENFANT

A l’occasion de la « Journée Internationale des Droits de l’Enfant », qui aura lieu le Mardi 20 Novem0bre 2018, UNICEF Mauritanie et Traversées Mauritanides organisent la première édition du Concours d’Éloquence Mauritanie.

Qui peut participer ?

Le concours est ouvert à toute personne âgée de moins de 30 ans parlant arabe ou français et habitant en Mauritanie. Les candidatures féminines sont vivement encouragées.

– Les objets supports de candidatures (Texte, Audio, Vidéo) ne doivent avoir fait l’objet d’aucun contrat d’édition. Le participant garantit l’originalité de l’œuvre dont il est l’auteur. Tout emprunt à des œuvres déjà publiées, produites, doit être signalé.

Le concours

Texte : Deux pages (1000 mots maximum) en format Word, Open office ou Libre office.

Police: Time News Roman ou Arial Taille du texte: 12, Interligne: 1,5/ marge normale

Un titre est indispensable Audio et Vidéo: 2 minutes maximum

Les supports sur les Droits de l’Enfant doivent être en arabe ou en français.

Inscription

Les dépôts des dossiers se font en ligne

Date limite d’envoi : Mercredi 24 octobre à minuit.

Envoyez vos dossiers (texte, audio ouvidéo), relatifs aux Droits de l’Enfant à l’adresse :

eloquencemauritanie@gmail.com

Jury

Il est composé d’enseignants, de journalistes et d’écrivains. 10 candidats seront présélectionnés pour la demi-finale et passeront devant un jury.

Les 5 meilleurs candidats retenus seront coachés par des formateurs pour la finale qui aura lieu le 20 Novembre 2018 à Nouakchott.

Le prix

De nombreux lots à gagner.

 

Pour plus de précisions ou d’informations

eloquencemauritanie@gmail.com

facebook.com/ eloquencemauritanie

+222 36 49 03 38


The Game Is Over : C’est Le meilleur parmi nous !

A ceux qui s’attaquent depuis des jours à l’éminent Pr.Sidi Ould Isselmou, un confrère et pas des moindres, Pr.Amar Ould Mohamed Lemine, Professeur de traumatologie orthopédie et ancien chef de service, apporte la réplique.

Pr.Amar Mohamed Lemine

Depuis quelques jours un déchainement de calomnies infondées, de diffamation infecte, de haine à peine voilée a pour cible un praticien hors pair, profondément humaniste, dont l’étendue du savoir et l’expérience avérée, scintillent au firmament de notre profession.

Peut-on penser que les préjugés d’ignorance peuvent pousser certains collègues de bonne ou mauvaise foi à alimenter cette forfaiture ?

Peut-on penser que certains parmi nous se sont déliés des obligations d’éthiques prérequis de notre profession ?

Peut-on croire que certains parmi nous ignorent que le médecin est un citoyen protégé mais qu’il a une responsabilité pénale et civile, ce qui interdit aux confrères de le jeter en pâture à la vindicte populaire ? Il répond de ses actes selon des codes réglementaires codifiés.

Ont-ils oublié que l’opinion ici et ailleurs est versatile et se délecte de trainer les médecins dans la boue et jouit de jeter l’opprobre sur eux ?

Peut-on imaginer qu’ils ont substitué le code de déontologie par la rumeur. ?

Peut-on espérer un avenir digne pour notre profession, quand ceux qui assurent la chaîne de transmission du savoir sont attaqués publiquement et impunément par ceux qu’ils sont entrain de former ?

Savent-ils la difficulté et la complexité de documenter une faute médicale ?

Connaissent-ils les différents niveaux de preuve scientifique qui doivent qualifier, caractériser nosologiquement selon des critères sémiologiques, pathologiques et complémentaires en vue de stadifier cette faute ?

Ont-ils la probité et la légitimité de s’ériger en juges et donner des avis malheureux et non autorisés par défaut de connaissances et manque absolu d’expertise ?

Savent-ils qu’on s’attaque sans raison établie à un éminent confrère pour trois raisons ?

  • Quand ils ne peuvent pas atteindre son niveau.
  • Quand ils n’espèrent pas pouvoir atteindre la notoriété qui lui est reconnue.
  • Quand ils essayent de réaliser et vont sur le mur, ce que lui maitrise avec perfection et humilité.

J’ai une peine pénétrante et une profonde contrition pour ma profession et pour mon pays.

Ont-ils oublié que le mot délire vient du latin (délirare : sortir du sillon) qui se définit par l’adhésion inébranlable à un postulat, une idée erronée ? En sortant de la réalité et se forger une néoréalité hallucinante ?

Ont-ils oublié qu’en matière de psychologie de groupe ce type de délire a une logique interne intelligible et hélas rapidement et facilement transmissible ?

N’ont-ils pas compris que la dépopulation médicale de nos hôpitaux avec l’exil ou le départ de nos meilleurs praticiens est le résultat du nivellement par le bas qui s’est opéré en silence engendrant un gâchis de substances grises inestimable et tragique pour mon pays. ?

Ont-ils mesuré les méfaits de la cécité corticale qui permet de voir mais ne permet plus de découvrir et saisi que la rumeur est éphémère et ne compte pas parmi les prouesses médicales. Elle n’atteint que ses relais, pas celui qu’elle vise ? Chiche !

Je sais pouvoir compter sur la sagesse et le sens élevé de responsabilité de mes chers amis et collègues   pour mettre fin par tous les moyens à  cette campagne de diffamation ignoble qui vise un praticien patriote, d’une confraternité exemplaire, et qui, je dois à l’honnêteté de le dire,  est le meilleur parmi nous.

Pr Amar Ould Mohamed Lemine

 


Les militaires mauritaniens ne lâcheront pas le pouvoir

Les civils ont perdu le pouvoir politique en Mauritanie depuis le coup d’Etat du 10 juillet 1978, et ils ne sont pas prêts à le reconquérir de sitôt. L’élection au perchoir de l’Assemblée Nationale de l’ex-colonel Cheikh Ould Baya vient confirmer cette mainmise que les généraux mauritaniens veulent imprimer à la vie politique.

Président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz (photo prise alors qu’il était actif dans l’Armée)

Bien qu’ils soient tenus au droit de réserve et que les lois en vigueur leur interdisent toute participation aux joutes électorales, les plus grands gradés de l’Armée sont au vu et au su de tout le monde, toujours aux avant-postes des campagnes aux côtés du parti au pouvoir. Leur détermination à conserver le pouvoir politique qu’ils ont conquis voilà plus de 40 ans, explique les transgressions multiples qu’ils impriment à la vie démocratique. Ils sont soutenus dans cette aventure par une meute d’intellectuels et de cadres civils, cette fameuse élite digestive, dont la quête d’intérêts tribaux ou individuels, prime sur l’aspiration du peuple à prendre son destin en main. Cet attelage militaire-civil a causé à la Mauritanie plus de torts que tous les déboires que le pays a essuyés durant toute son histoire, de la période postcoloniale à la période coloniale, en passant par la gestation postindépendance, jusqu’à l’indépendance en 1960. Les uns se nourrissent des autres, au détriment des valeurs intrinsèques auxquelles aspirent tous les assoiffés de la République, celles des institutions, des libertés, de la primauté du droit, de la séparation des pouvoirs, de la dignité.

Mort de la lutte politique

L’élection de l’ex-colonel Cheikh Ould Baya à la présidence de l’Assemblée Nationale vient ainsi tuer dans l’oeuf les aspirations des partis qui tablent sur une alternance politique au pouvoir en 2019, alors qu’une telle  perspective risque de ne pas se produire dans un avenir proche. Les militaires ne lâcheront pas le pouvoir, ils ne donneront rien gratuitement, car ils trainent trop de casseroles et ne vont jamais permettre à un pouvoir civil issu de l’opposition de venir leur demander des comptes sur leur gestion du pays pendant les derniers quarante ans.

La naïveté de notre élite politique réside dans sa vision manichéenne d’une élite militaire qui lui offrira un jour, surtout en 2019, les rennes du pouvoir politique sur un plateau d’argent. Seule la lutte âpre et sans concession, sous-tendue par une prise de conscience populaire, permettra de changer la donne. Pour le moment, la classe politique est totalement absente sur ce terrain de la revendication, clouée qu’elle est par la peur, peur des grenades lacrymogènes, peur des matraques, peur de la prison, peur de perdre le confort des bureaux feutrés et cette facilité de pondre des communiqués de condamnation laconiques, aussi inoffensifs qu’une coulée de pluie sur la cuirasse d’un hippopotame.

Pour le moment, seuls les militants du mouvement IRA, bien que non-reconnus, occupent le terrain de la contestation sociale et politique en Mauritanie. Qu’ils cessent d’occuper la rue, et le pays deviendra un havre de paix pour les militaires tenants du pouvoir, car les autres forces de la société civile, y compris les partis de l’opposition la plus radicale, sont mortes sur le plan de la lutte populaire. Aussi, les répressions dont sont victimes les militants d’IRA sont de plus en plus violentes, de plus en plus sanglantes, pour avertir tous ceux qui seraient tentés de revendiquer une quelconque once de droits, en particulier l’opposition. Et ça marche, car les ténors de cette opposition se tiennent cois et se contentent de gesticulations verbales et écrites qui ne changeront jamais la donne sociale et politique en Mauritanie.

Les missions de Cheikh Ould Baya

La désignation de Cheikh Ould Baya, au détriment d’un ressortissant des greniers électoraux de l’Est, (Ould Meimou a été pressenti), marque ainsi l’aplatissement de l’élite civile, ces sous-traitants des différents régimes militaires qui ont toujours obéi aux consignes et aux ordres. Car Cheikh Ould Baya a une mission à l’Assemblée Nationale.

Cheikh Ould Baya

Sa  nomination aurait pour but de faciliter d’éventuels amendements constitutionnels ou d’une loi d’amnistie qui lavera les militaires de tous reproches. Il se peut également qu’il ait à jouer un rôle dans la transmission du pouvoir qui se prépare en 2019, entre un régime militaire sortant et un autre qui lui succédera. Ici, les supputations vont bon train, entre ceux qui le pressentent à la Présidence de la République et ceux qui avancent le nom de l’actuel Chef d’Etat-major des Forces Armées, Ghazwani, dont la mise à la retraite est imminente, certains avancent le mois de novembre prochain.

Dans tous les scénarios avancés, l’arrivée d’un président de la République civile en 2019 semble tout à fait exclue. A moins qu’un autre scénario ne se présente, celui d’un troisième mandat pour le président actuel.

Cheikh Aïdara