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Visite de Ghazouani au Gorgol : entre la fronde de la jeunesse et les attentes d’actions concrètes

Ce dimanche 8 février 2026, toute l’armada politique, intellectuelle, financière, religieuse et ethnique de la machine populiste de l’INSAF, parti au pouvoir, et de ses satellites, a été mobilisée pour l’accueil du Président Mohamed Cheikh Ould Ghazouani à Kaédi, première étape de sa visite au Gorgol.

Grenier économique et poche de pauvreté, Kaédi a toujours été au centre des visites présidentielles, depuis Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya (1984-2005) à nos jours. Chaque visite était précédée d’attentes, souvent non honorées. Pratiquement, tous les secteurs de la vie économique et sociale à Kaédi ont reçu leurs lots de promesses jamais tenues.

Kaédi, un décollage qui ne vient pas

Ce dimanche 8 février 2026, les habitants de la Capitale de la Wilaya du Gorgol s’apprêtent à recevoir pour la 3ème fois depuis son accession au pouvoir en 2019, le président Mohamed Cheikh Ould Ghazouani. Les attentes sont grandes. Ghazouani devra cette fois servir plus qu’un discours, mais des actions réelles.

En effet, au cours de ses précédents visites, notamment en 2023 et en 2024, lors de la dernière campagne présidentielle, Ghazouani avait promis de lancer des projets de développement socioéconomiques d’envergure. Depuis, les habitants attendent.

Le constat est en effet amer. Kaédi s’enfonce de plus en plus dans la précarité et la pauvreté. Le secteur rizicole, principal levier économique de la région souffre de manque d’appuis institutionnels et d’encadrement technique. Les professionnels du milieu avaient déjà alerté Ould Ghazouani lors de sa visite en décembre 2023 qu’ils se heurtaient à des problèmes d’aménagement des périmètres réalisés en 1977 et jamais rénové depuis 43 ans.

Ils ont estimé que le cadre actuel était devenu obsolète et non adapté aux nouvelles exigences de la pratique agricole.

Les industriels du secteur riz avaient aussi réclamé leur participation aux adjudications des marchés publics et des mécanismes d’écoulement de leurs productions. Ils avaient rappelé à ce titre le rôle que joue les industries locales ainsi que celui des unités de décorticage du riz, mais aussi les filières maraîchères au niveau de Kaédi et de la région, à travers leurs contributions à la sécurité alimentaire et à l’emploi des jeunes.

En effet, la jeunesse de Kaédi est confrontée à la rude épreuve du chômage, poussant certains sur les routes de l’exode ou de l’immigration. Les écoles professionnelles comme l’ENVEA qui faisaient la fierté de Kaédi fonctionnent aujourd’hui au ralenti. Les anciennes usines frigorifiques et les importations jadis de viande fraiche ne sont plus que des souvenirs lointains. Kaédi, aux dires de ses habitants, se meurent sous l’ombre clairsemée de promesses évanescentes et celles d’un avenir meilleur de plus en plus incertain.

A ce jour, les populations de Kaédi ne gardent en tête que les quelques réalisations de Mohamed Abdel Aziz, notamment la prière de Kaédi pour solder le Passif Humanitaire, les projets de route comme le tronçon Monguel-Lexeiba et Kaédi-Maghama, la « nouvelle ville » avec 7000 lots distribués, ou l’extension du Centre Hospitalier Régional, qui est devenu aujourd’hui l’ombre de lui-même, selon quelques habitants.

La fronde de la jeunesse

Le président Ould Ghazouani et ses soutiens au niveau de la région du Gorgol devront surtout faire face à la fronde de la jeunesse. Kaédi est en effet connu pour être un bastion de l’opposition. Or, la dernière élection présidentielle de 2024, a laissé des blessures qui ont du mal à se cicatriser ou à s’effacer de la mémoire. Il s’agit de la mort de 4 jeunes manifestants à la brigade de gendarmerie de Kaédi, lors de la dernière présidentielle, qui avait suscité à son temps des manifestations de colère que les autorités ont eu du mal à circonscrire.

C’est dans ce cadre que des sources au niveau de Kaédi ont parlé d’une grande campagne de sensibilisation pour empêcher tout accueil populaire du président Ghazouani.

Pour circonscrire ce qui prend déjà les allures d’un véritable camouflet, les thuriféraires du parti INSAF au niveau du Gorgol auraient ainsi paré à toute mauvaise surprise en procédant à un transfert massif de population d’autres contrées, avec acheminement par bus et intéressement afin de combler le vide qui sera probablement laissé par les habitants de Kaédi.

En attendant, Nouakchott et d’autres villes du pays se sont vidés de leurs cadres, comme cela a toujours été le cas en Mauritanie, à l’occasion de chaque visite présidentielle à l’intérieur du pays. Tous cherchent à marquer leur présence pour que demain le reproche ne leur soit fait qu’ils ont été absents lors de la visite de « Son Excellence » à Kaédi. 

C’est ainsi que se sont formés au fil des décennies en Mauritanie des alliances et des et où se sont construites des opportunités d’ascension à coups de nominations et de privilèges.

Cheikh Aïdara


Le Centre Arabo-africain décortique la Déclaration de Politique du Gouvernement avec l’aide de plusieurs experts

Suite à la Déclaration de Politique Générale (DPG) du gouvernement, présentée par le Premier Ministre Moctar Ould Diay le 22 janvier 2026 devant l’Assemblée Nationale, le Centre Arabo-africain pour les Médias et le Développement dirigé par l’ancien Doyen des journalistes, Mohamed Salem Ould Dah, a organisé une table-ronde qui a regroupé plusieurs experts. Objectif, décortiquer le contenu de la DPG et ouvrir le débat autour de ses principaux axes.

La grande salle de conférence de l’hôtel MauriCenter de Nouakchott était archi-comble ce dimanche 31 janvier 2026. Un parterre de cadres, intellectuels et leaders d’opinion de diverses obédiences tapissaient l’audience.

Sur l’estrade, Ahmed Salem Ould Dah, président du Centre Arabo-africain pour les Médias et le Développement, un think-thank qui s’intéresse aux questions nationales. Il était entouré par des intervenants, spécialiste chacun d’un aspect de la DPG du Premier ministre, dont l’écho de la déclaration continue d’alimenter les débats.

Derrière le présidium s’étendait une large banderole en Arabe où se détachait en grand caractère « Programme du gouvernement entre les réalisations de 2025 et les perspectives pour l’année 2026 ».

Tous les aspects du programme ont été passés au peigne fin, avec fortes appréciations et approbations, sauf quelques remarques qui sont sortis du consensus quasi mécanique.

Le cadre Economique

L’aspect économique et social du programme du gouvernement a été brossé par le Dr. Souvi Ould Cheïbani, professeur à l’Université de Nouakchott qui a repris presque religieusement les chiffres et statistiques avancés par le PM lors de sa DPG, l’inflation, la dette qu’il estime raisonnable, l’augmentation des recettes de l’Etat, etc. Selon lui, « nous sommes sur le bon chemin ».

Le cadre Politique

Dr. Abd Samad Ould MBareck, professeur d’université, a quant à lui abordé l’aspect relatif au volet politique qui se résume selon lui à la bonne gouvernance.  Il a développé cet aspect autour de quatre axes, soulignant l’accalmie initiée par Ghazouani dès son accès au pouvoir et qui s’est traduit par son rapprochement avec les différents acteurs politiques, ceux de la société civile, le tout couronné par le dialogue politique en perspective.

Il a magnifié la stabilité politique qui constitue l’exception mauritanienne dans un Sahel traversé par des tensions, brossant la nouvelle loi sur les partis politiques et faisant un rappel historique sur la naissance et l’évolution de la Mauritanie en tant qu’Etat indépendant et souverain, un survol de l’Etat unitaire, aux régimes d’exception, à la transition de 2005 et les deux dernières décennies, sans mentionner toutefois la décennie azizèenne.

Le volet Santé

Le 3ème intervenant est le Dr. Médecin Sid’Ahmed Ould Béchir, qui exerce dans le privé et dont l’intervention est sortie plus ou moins du « chemin commun ». La fin de son intervention est ponctuée en effet de l’expression « si j’étais au poste de décision au Ministère de la Santé, j’encouragerais la santé communautaire, je demanderai aux leaders d’opinion de pratiquer le sport, je demanderai de créer une cellule Santé-Education, j’impliquerai les communautés ainsi que les acteurs économiques aux prises de décision en matière de santé… ».

Il a surtout insisté sur l’importance du programme d’urgence, non sans mentionner les impacts laissés par le Covid. Il a souligné aussi les efforts consentis en matière d’infrastructures hospitalières, le Centre d’Oncologie, le Centre de Cardiologie, le Centre des Spécialités, les équipements aussi, tels que les Scanners, les IRM. Sauf que pour lui il faut assurer le nivellement des conditions du personnel sur l’ensemble du territoire et veiller à la transparence dans la passation des marchés dans le domaine de la santé en particulier.

Volet Education

Le volet Education de la DPG a été abordé par Sidi Mohamed Ould Cheikh, Directeur de la Réforme au sein du Ministère de l’Education Nationale. Selon lui, les réformes ayant sous-tendu l’Ecole Républicaine telles qu’initiées par le président Ghazouani ont permis de redresser et de sauver l’enseignement grâce aux réformes introduites, notamment l’exclusivité progressive du primaire circonscrite aux seuls établissements publics, ce qui a permis, selon lui, de regroupe au sein de l’école républicaine tous les enfants mauritaniens, le pauvre et le nanti, ce qui servira d’après lui à consolider l’unité nationale et à renforcer la cohésion sociale.

Il a rappelé que dès le premier gouvernement formé à son accession au pouvoir, Ghazouani avait lancé la 1ère commission interministérielle sur l’éducation, permettant ainsi de relever la qualité de l’enseignement, la revalorisation des conditions des enseignants, la suppression des affectations pistonnées, la baisse dans la surpopulation des classes, soulignant que 5.000 nouvelles salles de classes ont été construites et que 8.000 sont au programme pour 2026, alors que 12.000 enseignants ont été recrutés

Droits de l’Homme, Média et Jeunesse

L’aspect Droits de l’Homme a été abordé par Elemine Mokhtar et le volet relatif à la culture de l’éveil citoyen par Dr. Nejatt Mint Mohameden Vall.

Le volet relatif à la presse et les médias ainsi que celui se rapportant à la jeunesse ont été aussi abordés.

Ces différentes interventions ont été suivies par un débat riche et varié, où diverses opinions se sont exprimées, chacune reflétant des appréciations différentes sur les principaux axes abordés par le PM Moctar Ould Diay au cours de la présentation devant le Parlement du bilan du gouvernement au cours de l’année 2025 ainsi que les projections pour 2026.

Cheikh Aïdara


Esclavage moderne et traite des personnes, Free The Slaves et SOS Esclaves sensibilisent et forment les acteurs de terrain

SOS Esclaves, en partenariat avec l’ONG américaine Free The Slaves, a accueilli vendredi 30 janvier 2026 à son siège à Nouakchott, une session de formation et de sensibilisation sur les textes juridiques et les conventions internationales relatifs à l’esclavage moderne et à la traite des personnes. 

Cette session qui a profité à une vingtaine de personnes, dont une majorité de femmes, venues des Wilayas de Nouakchott et des deux Hodhs a été animée par des experts.

Elle a été marquée par la présentation de plusieurs modules ayant porté sur les différentes lois, les textes juridiques et les conventions internationales relatifs à l’esclavage moderne et à la traite des personnes. Il s’est agi notamment de la Loi 031-2015 relative à l’incrimination de l’esclavage et des pratiques esclavages, la Loi de 2020 sur la traite des personnes et le trafic des migrants, ainsi que les conventions internationales y afférentes.

Dans le mot qu’il a prononcé à l’occasion, M. Dame Bâ, Point Focal de Free The Slaves en Mauritanie, a rappelé que cette session de formation est la deuxième organisée au profit de SOS Esclaves depuis leur partenariat en 2025. Comme il l’avait promis lors de la première session de formation animée le 22 décembre 2025, ce partenariat va se poursuivre et se consolider sur le plan local et national.

Il a remercié au passage les autorités, notamment l’Instance nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic des migrants rattachée au Commissariat aux droits de l’homme, leur principal partenaire au niveau de l’Etat, pour leur soutien.  Dame Bâ a affirmé que Free The Slaves va accompagner et appuyer les activités de sensibilisation et de plaidoyer qui seront menées sur le terrain.

Cette session permettra selon lui d’échanger des expériences, de renforcer les capacités des participants dans la maîtrise des instruments juridiques indispensables à leur travail.

Prononçant le mot d’ouverture au nom du Président de SOS Esclaves, M. Boubacar Ould Messaoud, le vice-président de l’organisation, M. Abdallahi Ould Naji a remercié Free The Slaves pour la confiance renouvelée et souhaité la bienvenue aux participants.

Il a exprimé tout l’espoir que son institution attache à ses séries de formation, de sensibilisation et de renforcement des capacités des acteurs de terrain appuyées et financées par Free The Slaves.

S’adressant aux participants, il a indiqué que la connaissance et la maitrise des textes juridiques nationaux et des conventions sont indispensables pour tout acteur engagé dans la sensibilisation et le plaidoyer autour des questions liées aux droits de l’homme en général, à fortiori, celles relatives à la lutte contre la traite des personnes et le trafic des migrants.

Cette formation se poursuivra samedi avant de s’achever par des travaux de groupes et la mise en place d’un réseau national.

Cheikh Aïdara


« Empreint’Art » honore plus d’une vingtaine d’artistes et d’acteurs culturels au titre de l’année 2025

Le projet « Empreint’Art », nouvelle structure qui s’intéresse aux talents artistiques, a organisé samedi 10 janvier 2026 à l’Ambassador à Nouakchott, la première édition de ses Awards. Plus d’une vingtaine d’artistes et d’acteurs culturels ont reçu des distinctions aux termes d’un concours où le vote du public a été aussi déterminant que les avis d’un jury d’experts triés sur le volet.

La splendide salle de spectacle de l’Ambassador, au cœur de Nouakchott, a accueilli samedi 10 janvier 2026, le Ghota de la culture mauritanienne. Au milieu des partenaires et des institutionnels, un public rayonnant et varié, mais aussi des artistes de divers horizons.

Cérémonie d’ouverture

En l’absence de l’initiatrice du projet « Empreint’Art », Oumou Sy, en déplacement, c’est son alter ego Djeynaba Touré qui a prononcé le mot d’ouverture de la cérémonie de remise des Awards aux nominés. Elle sera suivie plus tard par le co-initiateur de l’évènement, Abdallah Baba Fall qui adressera lui aussi ses remerciements aux partenaires, au Ministère de la Culture, aux artistes et aux invités.

La cérémonie a été animée, côté maître et maîtresse de cérémonie, par la Coordinatrice générale de « Empreint’Art », Oumoul Khairy Konaté et Hamza El Ghailani. Tous les deux ont invité le public dans « un voyage à travers nos voix, notre histoire et notre mémoire commune, mais aussi nos identités ».

Furent distribués au cours de la soirée haut en couleur des distinctions, des hommages et des célébrations de performances, mais aussi des sonorités musicales.

Le jury désigné pour départager les candidats était composé de Papis Koné, Hameth Ly, Alassane Thiam, Sidna Aly, Malika Diagana, Mohamed Abdallahi Wedad, Amadou Sy et Cheikh Baby. Des figures connues de la scène culturelle avec chacun son domaine de prédilection.

Les distinctions

Quelques 25 artistes et acteurs culturels ont été honorés pour chaque catégorie au titre de l’année 2025.

Hit de l’année BRMX. Meilleur réalisateur Moussa VFC. Meilleur featuring Ndillen. Chroniqueur de l’année Douk’s La Panthère. Meilleur créateur de contenus Aliya Abass. Meilleur projet EP/Mixtape Al barka – Authentique. Meilleur animateur H-Bra. Meilleure structure VFC PROD. Meilleur album Adviser – AAWDI. Meilleur photographe Disi. Meilleur designer Wells Arts Ousmane Mangane. Meilleur clip BRMX – Mami Wata. Artiste de la diaspora Roi Hem’s. Meilleur beatmaker Dj Mansoul. Meilleure artiste féminine Fama Mbaye. Meilleur artiste sous-région Sénégal Ousmane Fall.

Le Prix de la révélation de l’année est allé à Bamoum Rap et le meilleur artiste urbain masculin à Matgareh.

Des prix honorifiques et d’hommage ont été décernés à des figures qui ont marqué l’année 2025. Noura Mint Seymali pour son Impact au-delà des frontières, primée par le prix WOMEX. Awa Seydou Traore pour sa contribution dans le secteur culturel mauritanien Big Baba pour sa contribution dans le domaine de la comédie. Mohamed Mitta acteur culturel malien pour l’intégration. Amy Sow pour les arts visuels et Ebbaya Ould Oumar dans la catégorie « MEDH ». Sans compter Mohamed Samba Seyid et Ousmane Toure qui a emporté le Prix « Empreinte d’Or ».

Les remises de reconnaissance ont été entrecoupées par des intermèdes musicaux, avec le « Petit Nar », jeune prodige en ascension, le chanteur Authentique ou encore le groupe touarègue « Doudou ».

Outre les représentants du Ministère de la Culture, la soirée a été marquée par la présence du Maire de Tevragh-Zeina, le Directeur de l’Institut Français de Mauritanie et des figures connues de la société civile et du monde des arts.

Cheikh Aïdara