aidara

FC TVZ-FC NDB (1-1) : le classico a tenu toutes ses promesses

Un but partout ! C’est le score final dans ce classico de fin de tour qui a opposé lundi 25 décembre 2017 sur la pelouse du stade Cheikha Boïdya de Nouakchott, les deux têtes d’affiche du championnat national de football de Mauritanie, le FC Tevragh-Zeina (FC TVZ) et le FC Nouadhibou (FC NDB). Dans un stade archi-comble et en délire, tout au long des palpitantes 90 minutes de jeu.

Entrée des deux équipes sur la pelouse (Crédit photo Aidara)

Jamais le stade Cheikha Boydiya du Ksar n’a reçu autant de monde. Il faut dire que le classico entre les deux clubs phares du championnat national était sur toutes les lèvres, à coup de pub dans les réseaux sociaux et les rares chaines de radio et de télé. A quinze heures déjà, les gradins étaient presque pris d’assaut par un public qui suivra avec nonchalance la première rencontre qui a opposé FC Deuz à Tijikja et qui s’est soldé par la victoire 2 buts à 0 des Tijikjois.
A 16 heures 30, l’arbitre international Lemgheïvry donna le coup d’envoi entre les Oranges de Nouadhibou amené par le coach camerounais Njoya et les Noirs et blancs de TVZ conduit par le doyen des entraîneurs Birama Gaye.

Curieusement, les deux équipes avaient aligné des classements un peu bizarres. Si Nouadhibou avait laissé sur le banc de remplacement son buteur maison, Ely Cheikh Voulani ainsi que le Sahraoui Cheikh El Wely, le premier ayant foulé la pelouse à dix minutes de la fin du match et le second un peu avant, Birama avait lui aussi laissé en rade Yely Diarra au profit du vieux briscard, Almamy Traoré, tout en excluant Karamoko Moussa de l’effectif, alors que Diaw continue de purger sa suspension suite au carton rouge précédemment récolté.

D’emblée de jeu,  c’est justement Almamay Traoré qui se fera remarquer par un flagrant antijeu sur le gardien de but de FC NDB, Souleymane Diallo. A 3 minutes du coup d’envoi. Une vilaine agression qui n’avait pas sa raison d’être et hors-contexte. Souleymane qui avait suivi avec rage Almamy sur le terrain, probablement pour le frapper, sera retenu par ses coéquipiers alors qu’il s’effondrait sur le terrain. Tancé par ses partenaires, Almamy se résoudra finalement à venir présenter ses excuses. Une accolade et l’incident fut clos. Heureusement que l’arbitre n’avait pas sorti de carton, préférant jouer à l’apaisement.

Supporters de FC TVZ (Crédit Aidara)

A la 16ème minute, TVZ bénéficia d’un coup franc intéressant à l’entrée de la surface de réparation des Stéphanois. Un coup de pied arrêté qui ne donna rien. Il faudra attendre la 16ème minute, pour voir le FC TVZ bénéficier d’un pénalty transformé par Brahim Cheibany. Samba Abdallahi sur le flanc droit avait été rattrapée à la main par l’un des défenseurs de Nouadhibou alors qu’il s’apprêtait à crucifier Souleymane Diallo. Un but à zéro en faveur des Galactiques de la Capitale. Le délire sur le côté droit du stade, là où des dizaines de drapeaux à l’effigie de TVZ balayèrent l’air. Le score en restera là, lorsque l’arbitre siffla la fin de la première mi-temps.

A la reprise, Njoya effectua ses premiers remplacements, avec la sortie de Nana Ousmane et l’entrée de Bekaye Wade puis l’entrée de Cheikh El Wely à la place de Traoré Sallé. Côté TVZ, c’est Cheikhna Varajou qui entrera à la place de Younouss Diallo, puis un peu plus tard, Yelly Diarra à la place d’Almamy Traoré qui n’avait rien vue lors de cette rencontre.

Une partie du public (Crédit Aidara)

A la 74ème minute, les Stéphanois bénéficièrent d’un dangereux coup franc, à la limite de la surface de réparation. Un coup franc qui se terminera par un cafouillis, Mohamed Salehdine dégageant in extremis une balle qui sera repris du pied par  Hassane Boilil. L’égalisation de FC Nouadhibou provoqua une véritable bouffée d’oxygène parmi les supporters alignés côté gauche des gradins. Ils commençaient à s’inquiéter sérieusement.

A partir de là, le jeu s’accéléra. Les coéquipiers de Moulaya Ahmed Khalil dit Bessam, très en deçà de sa forme depuis son retour de Libye, voulait doubler la mise. Ils ont failli y parvenir à la 88ème minute, lorsque le coup franc des vingt-cinq mètres de Cheikh El Wely heurta la barre transversale, alors que Salehdine était battu. Puis, les Stéphanois mirent le pied à l’accélération manquant de marquer à deux reprises sur deux centres décisifs de l’ailier droit de l’équipe, Hassane Boilil. Mais la réception dans la surface de réparation adverse faisait défaut.

C’est finalement sur cette parité de 1 but partout que le match s’achèvera. Le FC Nouadhibou perd par ce nul son fauteuil de leader au profit de Tijikja, nouveau patron du championnat national grâce à sa victoire sur Deuz. Désormais, FC NDB est deuxième, suivi par la Concorde, tandis que le FC Tevragh-Zeina a encore de la peine à s’extirper du milieu du tableau.

Cheikh Aïdara

 


Atelier sur le système suivi-évaluation de la SCAPP : n’est-ce pas mettre la charrue avant les bœufs !

Avant de se pencher sur le système suivi-évaluation de la SCAPP (SSE-SCAPP), n’est-il pas plus logique de créer d’abord un cadre juridique pour cette même SCAPP dont l’existence n’est jusqu’à présent régie que par un simple document de stratégie et une loi d’orientation ?

Lancement du SCAPP en 2916 (Photo arcchives-AMI)

Un constat que la société civile a mis sur la table, balayé d’un revers de la main par le conseiller du Premier ministre, Hacen Ould Zeine, qui affirma du coup que le projet de loi sur la SCAPP (Stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée) est déjà sur la table de l’Assemblée Nationale. En tout cas, aux dernières nouvelles, le texte n’est pas encore arrivé à la chambre des députés. Et le PNUD qui compte aligner son prochain UNDAF (Plan Cadre des Nations Unies pour l’Assistance au Développement) sur cette même stratégie qui n’a pas encore une existence juridique.

Et nous voilà engagés sur une SCAPP 2016-2030 qui ne serait qu’une copie pâle des fameux Cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté (CSLP) qui, comme les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), n’ont donné que de maigres résultats, malgré les milliards ingurgités dans d’interminables consultations, assistances techniques et ateliers bien arrosés dans les hôtels de Nouakchott. La pauvreté s’est non seulement élargie avec  de nouveaux pauvres, englobant la classe moyenne et gagnant certains pans de la classe supérieure, mais elle s’est surtout approfondie. Jamais la condition de vie des Mauritaniens ne s’est autant détériorée que durant ces dernières années.

Qu’à cela ne tienne,  pendant toute une journée, enfermée dans une des salles de l’hôtel T’Feïla, lundi 18 décembre dernier à Nouakchott, des cadres du Ministère des Finances, des départements sectoriels, quelques partenaires et une poignée d’acteurs de la société civile, ont bu jusqu’à la lie, les BA-ba du jargon macro-économico-financier dont la plupart des participants n’ont compris que dalle. Tout simplement indigestes, ballotés entre les indicateurs, les variables, les diagrammes, et j’en passe. Trop technique pour que les non-initiés, surtout certains membres de la société civile, puissent en faire du couscous.

Ce que l’on peut retenir de toute cette réunion de têtes grises, c’est qu’un bureau de consultants a été recruté,  le Bureau StatConsult dirigé par Harold Coulomb, pour élaborer une étude d’opérationnalisation d’un système de suivi-évaluation de la SCAPP.

L’objectif est d’aboutir à un large consensus sur la méthodologie et les activités à programmer à travers une large concertation entre les acteurs concernés, mais aussi sur l’appropriation des outils qui seront dégagés et sur la sensibilisation des partenaires sur la pertinence de tout ce travail.

Rendre opérationnel le SSE-SCAPP

L’ancien DG de l’Office National des Statistiques (ONS), consultant et cadre au Ministère de l’Economie et des Finances, Sidna Ould NDah avait au préalable présenté une communication dans laquelle il a évoqué la feuille de route de la SCAPP et la nécessité de renforcer le système de suivi-évaluation actuel, à travers plusieurs éléments de références, dans le but d’asseoir un système fiable de suivi-évaluation capable de suivre d’une manière efficiente les indicateurs de croissance et le transfert structurel envisagé de l’économie et de la société, mais aussi l’évolution du capital humain et l’accès aux services sociaux de base.

Les objectifs spécifique du SSE-SCAPP, selon Sidna Ould NDah, est de rendre l’opérationnalisation institutionnelle effective, de renforcer la capacité des structures en charge du suivi-évaluation, d’élaborer des rapports périodiques et de disséminer à temps les produits.

Pour ce qui est de l’opérationnalisation institutionnelle, il se réfère à la loi d’orientation de la SCAPP, le nouveau décret de pilotage et les besoins importants non satisfaits en matière de données. Il s’agira, selon lui, de créer une assistance technique dans les départements en déficit de ressources humaines en suivi-évaluation, de dégager un plan de formation pour palier à ce déficit et de fournir le matériel informatique et les autres équipements nécessaires.

Pour l’élaboration des rapports de suivi-évaluation, il est suggéré la fourniture de rapports aussi bien au niveau structurel que régional, la dissémination des produits et la dimension communicationnelle de l’opérationnalisation de la SSE-SCAPP. Il s’agira dans ce cadre de mettre à jour le site électronique de la SCAPP et l’usage des réseaux sociaux (facebook, twitter, linkedln, etc .), mais aussi la constitution de dossiers de presse et la mise en place de publications régulières sur la SCAPP, avec l’élaboration d’un chronogramme de mise en œuvre de la feuille de route.

Que propose le Bureau StatConsult

Harold Coulomb et son équipe de consultants, chargés de mettre en place le SSE-SCAPP, partant du contexte actuel, notamment le CSLPP 2001-2015, du système de suivi-évaluation existant, ainsi que la SCAPP, aura pour objectifs principaux, de concevoir un dispositif de suivi-évaluation performant, de répondre aux besoins en la matière pour le suivi de la SCAPP, d’assurer son application en tenant compte de ses éventuelles faiblesses.

Pour ce faire, quatre composantes du SSE-SCAPP ont été dégagées. La première composante concerne le dispositif institutionnel, pour lequel un plan d’évaluation sera élaboré, ainsi que des instances de pilotage et de concertation, en plus d’instances techniques de suivi avec des groupes de travail et des comités de suivi aussi bien au niveau sectoriel que régional.

La composante 2 concerne les indicateurs, avec ceux déjà proposés dans la SCAPP et ceux qui pourraient être dégagés éventuellement lors des discussions avec l’ensemble des parties prenantes, la définition d’une liste d’indicateurs à adopter, la définition de méta-données et leur harmonisation, et la différenciation à faire avec les indicateurs des ODD (objectifs de développement durable).

Pour la composante 3, il s’agira de créer un dispositif inter-gouvernemental de suivi des indicateurs, de procéder à la collecte et au recueil de données, de faire un reporting et de la communication active, de gérer le flux d’informations reçues et fournies et d’en contrôler la qualité.

Enfin, la composante 4 porte sur le Plan d’évaluation de la mise à jour de la base de données et un Plan d’évaluation de la SCAPP avec comme préoccupations, la transparence des opérations, leur objectivité et leur périodicité.

En termes de dealine pour les produits attendus et les chronogrammes, le Bureau StatConsult se fixe la fin décembre 2017 pour fournir une note de cadrage, de terminer les rapports d’étape d’ici janvier-mars 2018 et le rapport final au plus tard en avril 2018.

Comme activité, le bureau s’engage à mener une revue documentaire, des entretiens avec les parties prenantes et les personnes ressources, et d’organiser une session de validation pour les quatre composantes.

Les participants ont par la suite suivi plusieurs autres communications, notamment les «Revues annuelles dans le secteur de la santé », «Gouvernance, nouvelles constitutions financières » avec les orientations générales de la loi de finances liées à la SCAPP.

La parole aux participants

Au cours des débats qui se sont ouverts, les participants ont déploré le problème de la mise en œuvre du SSE-SCAPP, un problème qui s’est toujours posé en Mauritanie, selon eux, et cela pour toutes les stratégies.  L’autre problème aussi récurrent, est celui de l’appropriation. Partant, la recommandation qui a été formulée est de partir de l’existant et de ne pas recréer le monde.

Et ce qui pourrait être nouveau avec la SCAPP, selon les participants, contrairement au CSLP qui n’avait qu’une seule dimension, la dimension sectorielle, la SCAPP en compte deux, la dimension sectorielle et la dimension régionale.

Et le conseiller du Premier ministre de rappeler que pour la SCAPP, la Mauritanie sera subdivisée en régions et non en Wilaya, la ville de Nouakchott actuellement composée de 3 Wilayas sera considérée comme une seule région, ce qui ramènera le nombre de régions à 13 et non 15.

D’autres participants ont suggéré que le suivi soit dissocié de l’évaluation,  avec deux systèmes distincts. Si le suivi est interne aux structures, l’évaluation doit être menée par un organe extérieur et indépendant, avec l’introduction du suivi-citoyen pour donner du poids à l’apport de la société civile.

Certains ont déploré le nombre élevé d’indicateurs retenus, 156 au total, ce que d’autres trouvent insuffisants, comparé aux ODD qui en comptent 239, soulignant que le problème n’est pas le nombre mais la qualité.

La question a été posée de savoir si la loi d’orientation de la SCAPP va permettre la prise en compte des investissements futurs. Et le conseiller du Premier ministre de répondre à ceux qui déplorent l’absence de cadre juridique de la SCAPP, que cette dernière est régie par un document officiel
Cheikh Aïdara


Djawlé, la face hideuse de l’esclavage d’Etat en Mauritanie

Le village de Djawlé, situé dans la commune de Lekseiba, département de R’Kiz dans la région du Trarza, vit ces jours-ci une épuration ethnique sans précédent. Ses habitants sont sommés d’abandonner leur village, là où plusieurs générations ont vécu près de trois siècles, vivant de leurs récoltes et de leurs bétails.

C’est pour leurs terres de culture que les habitants de Djawlé sont persécutés depuis des années par Wejaha Ould Hassen qui bénéficie aujourd’hui l’aide de l’Etat mauritanien (Photo Aidara)

Aujourd’hui, les habitants de Djawlé sont sommés de vider les lieux, pour les beaux yeux d’un suprématiste, raciste et esclavagiste maure répondant au nom de Wejaha Ould Hassen. Le plus grave est que toute cette opération de déguerpissement collectif dont le but est d’offrir les champs des habitants à ce Wejaha, est chapeautée par l’administration mauritanienne, représentée par le chef d’arrondissement de Lekseiba, le Préfet de R’Kiz et le Gouverneur de la région. La gendarmerie est utilisée dans cette opération comme une force d’occupation et ses éléments dressés pour épouvanter et terroriser les femmes et les enfants du village de Djawlé, dont la plupart est  soit en état d’arrestation ou placés en résidence surveillée.

Le sus-nommé Wejaha Ould Hassen vivait au Sénégal et n’est rentré en Mauritanie qu’à la faveur des évènements de 89 avec la vague de rapatriés. Il a été accueilli par les villageois de Djawlé parmi lesquels il a vécu pendant un certain temps et avec lesquels il a partagé le pain et le sel. Les villageois lui avaient même offert un lopin de terre pour la culture.

Contacté au téléphone, Elemine Ould Cheikh, notable du village de Djawlé, a affirmé que le malheur des habitants de Djawlé se poursuit et que les personnes arrêtées dans le cadre de cette expropriation à caractère d’esclavage agricole dans le département de R’Kiz, sont toujours en détention. Selon lui, il faudrait que l’administration mauritanienne les extermine jusqu’au dernier, mais que jamais ils n’abandonneront leurs terres ancestrales au profit d’un escroc qui tantôt déclare avoir acheté les terres et tantôt se réclame maitre des esclaves de Djawlé et que la propriété de l’esclavage en droit musulman appartient à son maitre.

Djawlé est aujourd’hui le symbole de la résistance de la population harratine contre les survivances de l’esclavage. Elle est aussi un démenti formel aux allégations du pouvoir mauritanien, celui de Mohamed Abdel Aziz, de lutte contre l’esclavage et d’égalité entre les citoyens.

A rappeler que plusieurs décisions judiciaires ont été prises en faveur des habitants et que Mohamed Ould Boilil, du temps où il était ministre de l’Intérieur, avait même intercédé il y a plusieurs années en faveur des habitants. La propriété des lieux, connus sous le nom de «Ghlig Ehel Cheikh » du nom des ancêtres des habitants, est attestée par tous les habitants de Lekseiba.

Cheikh Aîdara

Article publié dans le cadre du Projet « Liberté, Droits et Justice : combattre l’esclavage par ascendance en Mauritanie » exécuté par SOS Esclaves sur financement du Département d’Etat des Etats-Unis


Mah Mint Alioune, la mère Teresa de la commune de NDiago

Elle a été choisie il y a quelques années parmi les femmes-leaders en Mauritanie et sa demeure accueille souvent les grandes personnalités de passage dans sa localité, Ghahra, environ 7 kilomètres au nord-ouest de NDiago. Rencontre avec Mah Mint Alioune.

Mah Mint Alioune (Photo Aidara)

Mah, comme l’appellent affectueusement les habitants de NDiago, est infirmière d’Etat à la retraite, adjointe au maire de NDiago et personnage incontournable dans le département de Keur Macène. C’est à elle que s’adressent d’abord les femmes des villages environnants pour des problèmes de grossesse ou de couche. Quand les choses se compliquent, vu l’absence d’équipements et de moyens médicaux, elle les réfère au chef-lieu de la commune ou à Keur Macène. Son poste de santé, fermé depuis des lustres, attend toujours d’être fonctionnel. Les images de son poste de santé en disent long sur la politique en matière de santé en milieu rural.

Elle a reçu depuis deux années des ballots de moustiquaires, don d’une ONG nationale relais d’une ONG internationale. « Je ne peux pas procéder à la distribution, car le nombre est insuffisant pour tous les habitants et je ne tiens pas à faire de jaloux », déclare-t-elle. Alors, elle attend depuis qu’on lui fournisse le complément qu’on continue de lui promettre année après année.

Il y a quelques années, elle a été flouée et les habitants des villages avoisinants avec. Une ancienne ministre convertie dans la société civile l’avait entraînée dans un projet de plantations de mangrove qui a fini en queue de poisson. Un Marocain a tenté de reprendre le projet, mais là aussi, les choses ont foiré, car Mah est connue pour sa fermeté, sa rigueur et son intransigeance quant à la transparence.

Mah Mint Alioune est l’image de la hartaniya qui ne fait plus de son appartenance sociale, un sujet de discussion. L’esclavage selon elle est une histoire ancienne dans le département de Keur Macène. Ou tout au moins, dans la commune de NDiago. N’empêche, une certaine discrimination continue encore de peser sur tous ces villages haratines, dépourvus de tout.

Cheikh Aïdara

Enquête réalisée dans le cadre du Projet «Liberté, Droits et Justice : combattre l’esclavage par ascendance en Mauritanie » exécuté par SOS Esclaves, ONG des droits de l’homme créée en 1995 reconnue en 2005, financé par le Département d’Etat des Etats-Unis