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16ème édition Assalamalekum : « le rôle des artistes dans la paix au Sahel », un panel pour fêter les 50 ans du Hip-Hop

A l’occasion du 50ème anniversaire du Hip-Hop et en marge de la 16ème édition du Festival Assalamalekum, le siège de l’association Assalamalekum et de sa boîte « Zaza Production », sis à la Cité Plage de Nouakchott, a abrité jeudi 29 juin 2023, un panel sur le « rôle des artistes dans la consolidation de la paix au Sahel ». Animé par Didier Awadi, Monza et Fadel Dadidef Camara, sous la modération du journaliste culturel malien, Bocoum, le débat a réuni plusieurs artistes mauritaniens, maliens, béninois, ivoiriens, burkinabés, sénégalais, entre autres.

De G;. à Dr. : Monza, Bocoum, Awadi, DaddyDef – Crédit Aidara

Alors que le Festival hip-hop, organisé par l’association Assalamalekum depuis 2008, bat son plein depuis le 22 juin 2023, avec deux concerts déjà produits à l’Institut Français de Mauritanie puis au Stade Olympique de Nouakchott, un panel a été animé jeudi 29 juin au siège de l’association. Le lendemain, les artistes se sont rendus à la cité économique du pays, Nouadhibou, quelques 400 kilomètres plus au Nord, pour un premier concert décentralisé du festival à l’intérieur de la Mauritanie.

Le débat sur le « rôle des artistes dans la consolidation de la paix au Sahel » a commencé par un tour de table pour faire connaître les trois panélistes, Awadi, Monza et Daddidef, sous la modération de Abdil Bocoum, journaliste culturel malien.

Discussion à bâton rompus entre artistes avant le débat – Crédit Aidara

Le débat fut le lieu d’une mûre réflexion sur les défis auxquels sont confrontés les pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) et leurs conséquences sur l’insécurité, terrorisme, trafics de tous genres, tensions inter-ethniques, pauvreté… Au cœur de la réflexion, le rôle de la société civile, en particulier celui des artistes, dans  la consolidation de la paix.

La paix, un concept adossé sur des principes

S’exprimant à propos du rôle des artistes dans la paix au Sahel, Monza trouve que la paix est un concept qui s’inscrit dans un processus qui doit conduire à un environnement de stabilité, de compréhension, de consensus et d’acceptation de l’autre. Selon lui, les artistes ont un devoir et une contribution dans la consolidation de la paix, à travers leur rôle central dans le dénouement des crises, l’apaisement des tensions et la résolution des crises. « Etre artiste, c’est de dire tout haut ce que le peuple pense tout bas » résume Monza.

Monza – Crédit Aidara

Pour lui, la question du Sahel est complexe et que d’un point de vue citoyen, il est important d’observer l’environnement géopolitique dans lequel baigne les pays du Sahel. Il souligne que cette région est confrontée à une série de problèmes à cause de ses richesses naturelles et de son sous-sol, objet de convoitise des puissances. Selon Monza, il y a des populations qui vivent dans cette région, qui n’ont pas droit, selon lui, à la parole et dont les souffrances sont rapportées par d’autres. Il reconnaît que la région vit dans l’instabilité et que le rôle des artistes est de transcrire le quotidien de ces populations.

 Des générations désabusées

Sur l’exemple du Mali, Monza commence par le problème du passif humanitaire en Mauritanie où un groupe d’artistes a été mobilisé pour donner la dimension humaine à la situation. C’est ce qui aurait été fait au Mali (festival de Ségou) avec l’artiste Awa Maïga, ici présente. Monza a évoqué le problème de l’immigration massive des jeunes du Sahel qui souffrent chez eux du manque de cadres d’épanouissement et de perspectives d’avenir.

« Toute une génération privée de leurs droits fondamentaux, du droit d’expression, même culturelle, du droit de loisir comme en Mauritanie. Répondre à tous ces problèmes fait partie du rôle de l’artiste » pointe Monza. Car, selon lui, cette situation pousse les jeunes, soit vers l’exil, soit vers la radicalisation. Ainsi, l’artiste, dira-t-il, doit porter ces souffrances à bras-le-corps, interpeller les décideurs, alerter l’opinion publique nationale et internationale, pour améliorer la situation pour éviter l’implosion des rues par une jeunesse qui représente 75% de la population au Sahel.

Industrialiser et digitaliser les traditions

Pour Monza, il s’agit de s’appuyer sur les valeurs morales dont regorgent les pays du Sahel pour stopper les vagues d’émigration et de radicalisation à travers la sensibilisation et les cris de conscience. D’où, selon lui, l’impérieuse nécessité pour les populations du Sahel d’industrialiser les traditions, donnant l’exemple de « Kirikou » cette BD africaine qui cartonne dans l’industrie du cinéma pour enfant. A travers ce patrimoine et la digitalisation, les jeunes africains sont capables selon Monza de creuser un filon qui leur permettra de monétiser leur propre culture.

Les artistes ne peuvent rien changer seuls

Awadi – Crédit Aidara

Pour Didier Awadi, ce ne sont pas les Rappeurs qui vont changer quoi que ce soit et qu’il appartient aux Etats du Sahel de prendre leur responsabilité. Si dans une partie du territoire, l’Etat ne met aucune infrastructure de base, la nature a horreur du vide, d’autres vont venir avec leur système de pensée et l’imposer par la force, explique-t-il.

Selon lui, ceux qui prétendent venir islamiser des populations qui sont déjà musulmanes, donnent déjà un aperçu de leur fausse mission. En réalité, dit-il, le fond de leur supposé Djihad, c’est le business qui se nourrit de l’absence d’Etat. Pour Awadi, ce qui se passe au Sahel est le fruit de nos propres incapacités car nous n’avons pas pu au début prendre nos responsabilités. Comment prétendre à l’indépendance si on n’a pas d’armée et que notre protection dépend de forces étrangères, se demande-t-il.  Selon lui, nul ne peut raisonnablement déléguer sa sécurité à quelqu’un qui pendant des siècles vous a réduit à l’esclavage et vous a colonisé. De la même manière, poursuit-il, il est insensé de confier son argent à celui qui vous a volé pendant des siècles pour prendre l’exemple du Cfa.

L’incapacité de se prendre en charge

En gros, Awadi trouve que le problème du Sahel c’est le refus de son peuple et de ses gouvernants à prendre en main leur destin, préférant la confier à d’autres. Donc, les artistes auront beau chanter et danser, dénoncer et crier, dit-il, ils ne pourront rien changer s’il n’y a pas un Etat derrière eux.

Message auprès des réfugiés

Fadel Camara dit DaddyDef – Crédit Aidara

Selon Fadel Camara dit DaddyDelf, les problèmes au Sahel sont de nature économique, politique et culturelle. Il a énuméré les activités menées pour le compte du HCR par son artiste, Le Baron, auprès des réfugiés maliens au camp de Mberra avec un concert qui a réuni plus de 8.000 personnes avec des messages porteurs. Il a aussi cité une autre aventure dans le cadre de l’UNICEF avec Adviser, ambassadeur de cette institution.

L’aspect économique

Selon Daddydelf, il faudrait régler le problème économique des pays du Sahel avec des projets complets avec des chaînes de valeur complètes, et non des projets qui se réduisent à de simples espaces d’autoconsommation familiale sans possibilité d’extension commerciale. C’est le modèle imposé au Sahel, selon lui par des bailleurs, à quoi s’ajoute la compétition imposée par les produits agricoles importés, comme ceux du Maroc, à bas prix, et non concurrentiels par rapport à ceux produits localement dans des zones isolées et qui ne disposent pas de l’infrastructure nécessaire pour la conservation.

Il a expliqué aussi comment par le poids de la dette coloniale, les pays du Sahel se sont livrés pieds et poings liés à certaines puissances.

Cheikh Aidara


Mauritanie : Mécanisme National de Prévention de la Torture (MNP), une coquille vide qui compte se remplir à coups de colloques (opinion libre)

Ratifier des conventions internationales à un rythme plus rapide que ne dégaine Lucky Luke (qui tire plus vite que son ombre), organiser des séminaires régionaux ou sous-régionaux pour engloutir des sommes faramineuses dont ne profite la moindre victime. Tel est hélas le crédo de nombreuses institutions publiques mauritaniennes aussi inutiles pour la collectivité qu’elles ne lui sont nuisibles en termes d’image et de respect de l’engagement donné.

Table officielle – Crédit Aidara

Mauritanie, 2ème pays africain signataire de la convention contre la torture

En effet, la Mauritanie fait partie des premiers et rares pays à avoir ratifié en 2016, ce mécanisme de lutte contre la torture, comme d’ailleurs elle est championne en matière de ratification de tout, même si c’est elle aussi la championne en pourfendeur de ces mêmes conventions.

Parmi ces institutions fantômes qui ne bandent ses muscles qu’au détour de colloques régionaux où des invités étrangers sont pris dans un tourbillon de discours creux sans résonnance, le Mécanisme National de Prévention de la Torture (MNP) tient actuellement le haut du pavé.

Depuis sa nomination à la tête de cette important outil de lutte contre la torture, l’éminent professeur et ancien ministre, Bekaye Abdel Maleck, a enterré ’institution et brisé l’élan certes timide que cet organe avait pris ces dernières années.

Un politique à la tête du MNPT

En homme politique aux réflexes encore partisans ( il fut ancien ministre et membre du bureau exécutif du parti-Etat, l’UPR devenu INSAF), incapable de contrarier les tenants du pouvoir politique, Bekaye Abdel Maleck n’a, à son actif, aucune réalisation depuis qu’il a pris les rênes du MNP le 16 mai 2022, contrairement à son prédécesseur, Mohamed Lemine Haless.

Pire, depuis qu’il a pris la direction de cet organe de prévention de la torture, il y a plus d’un an, Bekaye Abdel Maleck a plombé les activités du MNP qui se sont réduites à des audiences accordées à des délégations par ci et par là.

Le MNPT, à côté de la plaque

Mais là où cet organe devait concentrer ses actions, c’est-à-dire, dans les lieux de détention, le MNP est resté absent durant tous ces longs et douloureux mois, où les arrestations arbitraires, les tortures et les morts dans les commissariats de police se sont multipliés.

Aucune visite du MNP n’a été acceptée par l’ancien président Mohamed Abdel Aziz, malgré les nombreuses exactions subies tout au long de sa détention, privation du droit de voir le soleil, de recevoir de la visite, d’avoir accès à de simples commodités, parce qu’il n’avait pas confiance à cet organe. Politique du deux poids deux mesures, ses co-accusés sont logés dans une prison hôtel 5 étoiles, le service avec.

Deux cas de torture mortelle, le MNPT absent

Le MNP est le plus grand absent dans les deux plus grands drames qu’a connu la Mauritanie ces derniers temps, le meurtre de l’activiste Souvi Ould Cheine en février 2023 dans les bureaux du commissariat de Dar Naïm 2, puis la mort suite à la torture de Oumar Diop en mai 2023 au commissariat de Sebkha.

Alors que dans le premier cas, la mobilisation populaire fut telle que l’appareil d’Etat a été obligé de rectifier son narratif sur une mort naturelle, les manifestations violentes qui ont accompagné la mort de Oumar Diop, n’ont pu hélas retenir le motif avancé par plusieurs témoins sur une mort faisant suite à une interpellation policière.

Dans l’un comme dans l’autre cas, le MNP est resté aussi invisible qu’un fantôme dans les jardins d’El Mina.

Pas de contrôle des lieux de détention

En l’absence de tout contrôle dans les lieux de détention, le président du MNP a préféré le calfeutrage tranquille dans les fauteuils moelleux de son bureau climatisé, se contentant de distribuer des communiqués résultant de soi-disantes enquêtes menées par ses collaborateurs sans qu’aucune conclusion n’ait été présentée à l’opinion publique.

Dr. Bekaye Abdel Maleck – Crédit Aidara

Détentions et interpellations arbitraires

Contrairement aux dispositions des textes, tout le monde sait que les interpellations et les durées de détentions légales sont bafouées. Les exemples d’interpellation abusive sont légions, cas de Souvi et de Oumar Diop, les plus vulgarisés et Allah seul sait combien d’anonymes en sont victimes.

Les détentions à durée allant au-delà des prescriptions de la loi pullulent au point de devenir la règle. Aucun respect des textes en ce qui concerne la présence de l’avocat. La plupart du temps, et pour des délits d’opinion, l’interpelé est empêché de voir son avocat et sa famille, contrairement aux dispositions de la loi. Cas de l’homme politique, Dellahi, et Allah seul sait combien de citoyens mauritaniens en ont souffert.

Il faut remorquer le MNPT

Au moment où le MNP convoque un colloque international à Nouakchott avec des invités venus de la Tunisie, du Sénégal et de la Suisse, et au moment où il vient de signer un partenariat avec son homologue sénégalais, l’ONLPL, il est permis de croire que cet instrument de contrôle des agissements des autorités judiciaires, OPJ et magistrats, ainsi que les régisseurs, va permettre enfin de redresser la barre et d’imprimer une indépendance d’action à une structure qui doit agir en toute impartialité et en toute objectivité.

Cheikh Aïdara


16ème édition Festival Assalamalekum, Telema et Coordination des Acteurs Culturels, deux nouveaux visages

La 16ème édition du Festival Assalamalekum a démarré sur des chapeaux de roue, vendredi 23 juin 2023 sur l’esplanade de l’Institut Français de Mauritanie (IFM) avec Didier Awadi en tête d’affiche. Le festival qui a démarré le 22 juin par une conférence de presse se prolongera jusqu’au 2 juillet avec une décentralisation à Nouadhibou et deux nouveautés, la chaîne Telema de l’association Assalamalekum et un nouveau partenaire, la Coordination des Acteurs Culturels.

Concert à l’IFM avec Awadi – Crédit Aidara

Vendredi 23 juin 2023. L’Institut Français de Mauritanie (IFM) affiche son ambiance traditionnelle chaque fois que le festival Assalamalekum dépose ses valises devant son esplanade.

Un programme plein hip-hop

Le démarrage de la 16ème édition du Top 1 de la musique Hip Hop mauritanienne qu’est le festival Assalamalekum depuis son lancement en 2018 sur cette même place, a un goût nostalgique pour les anciens, et constitue une découverte pour les centaines d’adolescents qui s’agglutinent avec enthousiasme au milieu de tout ce boucan et ses lumières à peine tamisées.

Affiche du concert du 23 juin à l’IFM – Crédit Aidara

Avec comme tête d’affiche, un Didier Awadi qui a su conserver toute sa verve et son énergie entraîneur, le festival a drainé un bon monde, dont plusieurs expatriés et un public jeune.

Samedi 24 juin, c’est le Stade Olympique de Nouakchott qui accueille le festival populaire, le Méga Concert, avec des centaines de mélomanes venus des trois régions et des neuf départements de Nouakchott, des lointains quartiers d’El Mina, Sebkha, Raydh, Arafat, Toujounine, Dar Naïm, Teyarett, Ksar, à la cité des bourgeois, Tevragh-Zeine.

Sur l’esplanade du Stade Olympique de Nouakchott, le public découvrira de nouveaux jeunes talents, à image de VJ, Force Trankil, BuzzShit, Absen, Maxim & Ambaila, entre autres.

Première extension à Nouadhibou

Le 1er juillet 2023, le festival Assalamalekum va sortir de Nouakchott pour s’installer dans la cité économique, à Nouadhibou. Pour Monza, « l’action de notre association a pour ambition et objectifs de connecter le monde professionnel et artistique aux débouchés économiques ». Un concert musical hip-hop sera animé en face de l’aéroport de la ville, en partenariat avec le conseil municipal de Nouadhibou et les acteurs locaux.

Affiche du Méga Concert du Stade Olympique – Crédit Aidara

D’autres formes artistiques

A l’affiche du festival, en plus de la musique, d’autres formes artistiques, tels que le duo d’artistes suisses, Santo et Chayne, le RBS Crew du Sénégal pour le graffiti, Sahel Connect pour la résidence de création. Comme invité également « Bakel Hip-Hop » de la maison musique urbaine de Bakel au Sénégal.

En effet, le festival connaîtra le lancement du Street Basket, une formation sur le recyclage des ordures ménagères avec l’ONG « Mauri Propre », des ateliers de graffiti, une résidence de création et un marché dit « Créative Marsa » au parc municipal de Tevragh-Zeina du 23 au 27 juin 2023. Pour tous ceux qui sont intéressés par le style vestimentaire 100% Made in Mauritanie, l’espace sera ouvert de 10 heures à 20 heures.

Des conférences sont également prévues, avec une rencontre Assalamalekum Music Lab le 26 juin, autour du thème « le management artistique dans un monde numérisé » avec comme intervenants John Boy Soldat de Côte d’Ivoire, Santo de la Suisse, Cheikh Babi de Mauritanie, sous la modération de Dezzy Dez de Mauritanie. Il y aura également le mardi 27 juin, une conférence sur « le rôle des artistes dans la construction de la paix au Sahel » avec Awadi, Daddy Def et Monza.

Le mardi également, la présentation du programme « Heya Nouakchott Tevragh-Zeina ville créative » que l’association Assalamalekum compte conduire pour sa candidature au 5ème Prix International de Mexico, organisé par les Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), Culture 21 et la ville de Mexico.

De nouveaux partenaires

Deux nouveaux visages viennent de donner un coup de neuf à cette 16ème édition du festival Assalamalekum, c’est surtout la chaîne Telema qui se veut un tremplin pour la promotion de la culture et du vivre ensemble, mais surtout cette coordination des acteurs culturels que dirige Cheikh Habaib, ainsi que le constant partenaire Yacoub Beyrouk et son programme « Samah » qui accompagne le festival depuis 2018, permettant l’insertion sociale de plusieurs centaines de jeunes.

La conférence de presse de lancement

Conférence de presse. De G. à Dr. Christope Roussin, Cheikh Habaib, Monza, Chayne et Santo – Crédit Aidara

Jeudi 22 juin 2023, le siège de l’association Assalamalekum, sis à la Cité Plage de Nouakchott, avait abrité la conférence de presse de lancement du festival. Cette conférence animée par Kane Limam dit Monza, le président de l’association, s’est déroulée en présence du Directeur de l’IFM, Christophe Roussin, le Coordinateur de la cellule Coordination des Acteurs Culturels, Cheikh Habaib, le promoteur du programme « Samah » Yacoub Beyrouk et les deux artistes suisses, Santo et Chayne. Plusieurs artistes et acteurs culturels avaient assisté à la rencontre modérée par DJ Paco.

Affirmer le potentiel créatif

Dans son mot introductif, Monza a souligné que cette 16ème édition prouve que le festival Assalamalekum est d’abord une vision dans l’affirmation du potentiel créatif mauritanien. « Sans les artistes, point de de festival ni de cris de la jeunesse pour s’exprimer » a-t-il rappelé. Selon lui, il y a une forte dynamique dans le monde culturel mauritanien, et Assalamalekum n’est qu’un grain dans cette dynamique collective et individuelle qui tente de créer un espace consensuel propice à un travail d’ensemble.

Un festival qui promeut le brassage culturel

Depuis 2009, dira-t-il en substance, Assamalekum accueille des artistes venus de tous les continents pour des échanges avec les artistes mauritaniens. Assamamalekum a su également selon Monza, étendre ses activités dans toutes les régions du pays, grâce à son tremplin Assalamalekum Découvertes, toujours à la recherche de talents cachés pour les former et les lancer sur le marché de la production artistiques et culturelle. Assalamalekum a pu ainsi s’attirer de nombreux partenaires, dont l’Union européenne depuis 2016 à travers le programme « Samah » pour la prévention des conflits et le dialogue interculturel.

Lutter contre la radicalisation des jeunes

Pour Yacoub Beyrouk, « à travers le programme Samah, nous travaillons depuis 2018 avec le festival Assalamalekum. Nous avons travaillé ensemble sur l’ensemble du territoire national et nous avons formé une centaine de jeunes que nous avons accompagnés dans le domaine de la musique et de l’expression artistique ».

Encadrer et accompagner les artistes

Cheikh Habaib souligne que la Coordination des Acteurs Culturels s’active dans tous les compartiments des arts et de la culture, notamment dans la recherche de partenaires et de financements pour les acteurs culturels. Selon lui, cette coordination aide, entre autres activités, à orienter et accompagner les jeunes artistes, mettant l’accent sur l’importance de la culture dans le développement social et culturelle. « Sans culture, il n’y a point de développement » affirme-t-il. 

Les questions posées par les journalistes ont tourné autour du festival en tant que vecteur de cohésion sociale et de vivre ensemble, autour des droits des artistes, notamment les droits d’auteur et le statut de l’artiste.

Cheikh Aïdara


Fête de fin d’année, l’association El Vejr honore une nouvelle promotion de jeunes musiciens

L’association El Vejr du groupe Walfadjiri, a fêté samedi 17 juin 2023 à son siège « Sunu Keur » à l’Ilot K de Nouakchott, la sortie d’une nouvelle promotion de jeunes musiciens baptisée du nom d’Ahmed Hamza, ancien président de la Communauté Urbaine de Nouakchott, également ancien maire de Tevragh-Zeina et président de l’Alliance française de Nouakchott, décédé le 17 décembre 2022.

Une partie du public – Crédit Aidara

En présence des parents d’élèves, du corps professoral et des partenaires, notamment le Service culturel de l’ambassade de France (SCAC) et l’Institut français de Mauritanie (IFM), des représentants des ambassades d’Allemagne, des Etats-Unis et d’Espagne, le président du groupe Walfadjiri (Association El Vejr), Papis Koné, a tenu à remercier le Ministère de la Culture et tous ses partenaires.

Insertion des jeunes issus des quartiers pauvres

Partie de l’assistance – Crédit Aidara

De 2018 à 2023, et avec le soutien des services de l’ambassade de France en Mauritanie, l’association El Vejr, a formé 75 jeunes filles et garçons dans les différentes filières de la musique, guitare, basse, piano, batterie, percussion et chants. Il s’agit de formations gratuites offertes à des jeunes issus des quartiers pauvres de Nouakchott désireux de faire de la musique et qui n’ont pas les moyens de se payer des cours.

« Ainsi, nous comptons favoriser le Vivre Ensemble et la tolérance en créant des liens de convivialité entre les jeunes grâce à la musique » devait souligner Papis Koné.

Waldjiri, espace d’apprentissage et d’épanouissement

Remise d’attestation-Crédit Aidara

Dressant l’historique de son association, Papis Koné a rappelé que le groupe Walfadjiri a été créé en 1995 à Rosso. Il est devenu, selon lui, un repère pour l’espace musical mauritanien, par sa constance, son expérience et sa capacité à traverser les différents univers musicaux du pays, tout en s’enrichissant des cultures étrangères.

Face au manque d’écoles de musiques en Mauritanie, de studios d’enregistrement, de moyens financiers et matériels, le groupe a décidé de jouer « aux grands frères » déclare Papis Koné, pour venir en aide aux jeunes talents mauritaniens attirés par une carrière musicale.

Jeune guitariste formée au centre – Crédit Aidara

C’est à partir de 2015 que cette initiative prendra forme, avec pour objectif de favoriser l’éducation, la formation et l’accompagnement des jeunes musiciens. « Nous travaillons régulièrement avec des jeunes nationaux comme étrangers à travers des répétitions, conseils en matière d’écriture de textes, d’accompagnement jusqu’à l’enregistrement de leurs productions au sein de nos studios avec le label Walf Music Rec’Or, de l’association El Vejr » a insisté Papis Koné.

Le centre de formation offre ainsi une panoplie de services aux jeunes, des cours de music sur les différents instruments et le lead vocal, des séances de répétitions et d’enregistrement studio, enregistrements de clip vidéos, évènementiel, sensibilisation, production.

Jeune pianiste formée au centre – Crédit Aidara

« Nous avons conçu un dispositif de formation musicale avec l’appui du service de coopération et d’action culturelle (SCAC) de l’ambassade de France et l’Institut Français de Mauritanie (IFM) qui a débuté en janvier 2018, afin d’enrichir le paysage musical mauritanien en formant des jeunes issus de milieux défavorisés » a déclaré Papis Koné.

Un groupe de choriste formé au centre-Crédit Aidara

L’objectif est de permettre l’accès des jeunes aux arts et à la culture, loin des chemins tortueux de la délinquance, et dans le respect de la diversité culturelle et l’égalité entre les hommes et les femmes.

Le label Walf Music Rec’Or

Il s’agit du label du groupe Walfadjiri (El Vejr), celui du studio d’enregistrement audiovisuel mis en place et dédié à la formation, à la production et à la diffusion des œuvres musicales et culturelles. Il dispose d’une salle équipée pour les répétitions avec ses instruments.

Une trentaine de jeunes musiciens et d’artistes chanteurs sont actuellement en formation au centre, selon Papis Koné, qui rappelle que sa structure dirige plusieurs festivals, notamment le Festival Jazz qui en est à sa 8ème édition et le Festival Nouakchott Reggae qui en est à sa 4ème année également.

Cheikh Aïdara