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Forum de Kigali sur l’esclavage moderne en Afrique, survivants et experts débattent des solutions d’éradication

Le Forum régional africain pour la libération de l’esclavage s’est achevé ce jeudi 24 novembre 2022 à Kigali, au Rwanda, après trois jours d’intenses échanges entre des délégations venues de plusieurs pays. Des panels et ateliers de groupes ont émaillé cette rencontre organisée par Freedom From Slavery (FFS) et The Legal Aid Forum, avec le concours de plusieurs organisations et fondations, Humanity United, The Elkes Foundation, Pathy Family Foundation et Global Fund to End Modern Slavery.

Un des nombreux panels du forum – Crédit IRA (avec accord)

Au cours de la rencontre de Kigali sur l’esclavage moderne, organisée du 21 au 24 Novembre 2022, l’accent a été mis sur l’impérieuse collaboration entre la société civile et les gouvernements des pays où sévit l’esclavage afin de mettre fin définitivement à ce fléau.

C’est ce qu’a déclaré Andrews Kanaga, Directeur Exécutif de « The Legal Aid Forum » du Rwanda, lorsqu’il soutient que « les OSC peuvent faire de la recherche et du plaidoyer, mais nous ne sommes pas en mesure d’élaborer des lois anti-traite. Pour qu’il y ait des changements concrets, nous devons nous engager et collaborer avec nos gouvernements car ce sont eux qui peuvent faire et appliquer les lois »

Les crimes esclavagistes restent impunis

Birame Dah Abeid-Crédit IRA-M (avec accord)

Le président de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) de Mauritanie, Birame Dah Abeid, a participé à un des panels animés au cours du forum. Il a d’abord fait un survol historique des racines de l’esclavage en Afrique, en particulier dans le Sahel et le Sahara, de la période antéislamique au commerce négrier, notamment le commerce triangulaire, puis la colonisation européenne qui a ancré le système de castes qui s’est nourri d’interprétations tendancieuses de l’Islam, explique-t-il. Ce qui donnera lieu, selon lui, à des systèmes de domination et l’exacerbation au cours des siècles des pratiques esclavagistes, ancrées dans les consciences collectives comme émanation divine.

Evoquant le cas de la Mauritanie contemporaine, il déclare que le pays « continue de fonder le mode de vie d’une importante partie de l’élite arabo-berbère dominante, sur l’exploitation de l’homme par l’homme, notamment le travail non-rémunéré et indécent, sans omettre la séparation des familles serviles, le trafic des enfants et des femmes ; le droit de s’approprier le corps d’une esclave et la légitimation du viol ancillaire ponctuent la déshumanisation des victimes ».

Selon lui, la Mauritanie use de la « duplicité diplomatique à l’endroit du droit international public ». La ruse consiste, d’après lui, « à ratifier toutes les conventions possibles et imaginables sur l’esclavage et les trafics des personnes, édicter des lois nationales de coercition, capter les fonds destinés aux colloques, ateliers et autres programmes de prévention et formation, voire créer des tribunaux ad-hoc ». Il s’agira également, poursuit-il « de nommer des cadres ou personnalités issus des milieux serviles, au sein du gouvernement et de la haute administration, en leur assignant la mission de témoigner contre le réel ».

Birame Dah Abeid lors du panel – Crédit IRA-M (avec accord)

Birame Dah Abeid déclare en outre que « L’Etat mauritanien assure l’impunité totale dans tous les dossiers de crimes avérés d’esclavage », citant dans ce cadre les plaintes de la petite Ghaya Maiga, Mariem Cheibani et ses filles. Ces deux exemples, parmi plusieurs selon lui, sont qualifiés de contrainte esclavagiste par le Parquet et la police, et sabotées sur injonction du pouvoir. Des juges d’instruction qu’il a nommé s’abstiennent, d’après lui, d’appliquer la loi, en dépit même des insuffisances de celle-ci. Il déclare que les autorités se gardent de porter assistance matérielle et psychologique aux personnes émancipées, d’où le retard de leur réinsertion dans une société de normalité moderne. « Aucun bourreau n’est exproprié au profit de ses esclaves, malgré des siècles d’humiliation et de violence, y compris le viol des servantes et des cas de mutilations parmi le cheptel masculin » a-t-il souligné.

Enfin, il a dénoncé la non reconnaissance du parti pour la Refondation et l’Action Globale (RAG), « le seul capable de créer l’alternance dans mon pays » déclare-t-il, « parce qu’il projette, en vertu du vote libre et de la non-violence, le démantèlement du système d’hégémonie raciale et l’instauration d’un État de droit ». Il a aussi évoqué le bannissement de son organisation IRA Mauritanie, pour avoir livré son témoignage au Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines de l’esclavage lors de son passage en Mauritanie en février 2022.

L’engagement de la Mauritanie à éradiquer l’esclavage

Cérémonie d’ouverture du forum – Crédit (avec l’accord de IRA)

La Mauritanie n’a pas été représentée par une délégation officielle à Kigali. Néanmoins, un cadre du Commissariat aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la société civile, qui a requis l’anonymat, a mis en exergue les efforts déployés ces dernières années par la Mauritanie pour respecter ses engagements internationaux et régionaux dans le domaine des droits de l’homme, en particulier l’esclavage et la traite des personnes. Outre l’important arsenal juridique répressif contre ces pratiques dont dispose le pays, il a cité le processus d’élaboration d’une stratégie nationale de promotion et de protection qui est en cours selon un processus consultatif en coopération avec la représentation en Mauritanie du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

Le cadre a aussi cité la caravane nationale lancée depuis octobre 2022 visant la sensibilisation des citoyens sur l’ensemble du territoire sur la gravité de l’esclavage et de la traite des êtres humains ainsi que la vulgarisation des textes y afférents.

Experts et victimes donnent leurs points de vue

D’autres participants au forum de Kigali ont livré leurs impressions. C’est le cas de Dr. David Okech, Director, Centre on Human Trafficking Research and Outreach, US. Dans son allocution au cours de l’ouverture du forum, il avait déclaré que « les bonnes intentions seules ne suffisent pas. Notre bonne intention devrait viser à faire de notre mieux pour ceux dont nous nous soucions. Des données précises et fiables sont peut-être le meilleur moyen d’informer et de concevoir les meilleurs programmes pour les survivants et les victimes ».

Victoria KlimovaSource IRA (avec accord)

Victoria Klimova de l’Organisation Internationale de la Migration (OIM) du Burundi a précisé pour sa part que « le partenariat est un accord formel entre les organisations tandis que la collaboration est volontaire, nous devons faire les deux, et efficacement afin d’être efficace dans la lutte contre l’esclavage moderne ».

Le deuxième jour du forum s’est articulé autour de la recherche et de l’engagement politique dans la lutte contre l’esclavage moderne.

Plusieurs tables-rondes et ateliers ont émaillé le forum au cours des deux derniers jours, notamment sur l’engagement politique dans le contexte africain et sur la manière de combler le fossé entre la recherche et la mise en œuvre. Il a été précisé durant les discussions que l’augmentation des politiques fondées sur des données et l’attention, ainsi que l’intérêt et le soutien continus des gouvernements sont essentiels dans les efforts de lutte contre la traite au niveau national.

D’autres discussions ont porté sur les opportunités et les défis des politiques de lutte contre la traite des êtres humains axées sur les données, mais aussi sur l’engagement éthique des survivants dans la recherche, ainsi que sur les limites de la recherche en Afrique en termes de manque de ressources et de culture.

« Pour que l’engagement des survivants soit significatif, il doit être structuré et formalisé. Les survivants doivent être impliqués dans toutes les étapes de la conception et de la gestion du programme. Cela évitera la symbolique. » a souligné Florence Soyekwo de l’organisation « Hope for Justice » d’Ouganda

Une survivante, Eunice Foloh du Cameroun, de l’organisation « Survivors Network » a lancé un véritable cri du cœur. « Mon calvaire en tant que victime de la traite découlait de mon besoin d’argent pour mieux subvenir à mes besoins. Un individu autonome a une grande capacité à résister au trafiquant » a-t-elle témoigné.

Cheikh Aïdara

 


Plus de 130.000 militants ! Bilan de la campagne d’adhésion du parti Tawassoul présenté au cour d’un dîner de presse

Le parti islamiste TAWASSOUL a organisé la nuit du mardi 22 novembre 2022 à Nouakchott, un dîner de presse au cours duquel, a été présenté le bilan de la campagne d’adhésion lancée depuis quelques mois. Au total, le parti a recensé 130.967 adhérents, soit 30.000 de plus par rapport à la campagne de 2017 lors de la préparation du 3ème congrès.

Diner de presse de TAWASSOUL – Crédit Aidara

A quelques encablures du 4ème Congrès prévu du 23 au 25 décembre 2022 pour le renouvellement de ses instances, le parti TAWASSOUL présente ainsi ses forces.

Le vice-président du parti, président de la Commission préparatoire du congrès, Habib Ould Hemdeit, a lors de son allocution devant quelques journalistes et bloggeurs conviés à l’occasion, exprimé sa satisfaction face à l’audience de plus en plus grande dont jouit le parti TAWASSOUL. Partout dans les régions, les adhésions ont dépassé ceux de 2017, avec une progression de +200% au Gorgol, et une percée remarquable, dira-t-il en substance au Guidimagha, mais surtout dans les trois régions de Nouakchott, en particulier à Nouakchott-Nord.

Son vice-président, lors d’une présentation diapo de la campagne d’adhésion par région, matérialisée par des chiffres et des diagrammes, a déclaré que la campagne d’adhésion a coïncidé avec les grandes vacances et l’hivernage pluvieux qui a empêché les équipes d’accéder à plusieurs coins du pays. D’où une minimalisation des résultats qui sont au-deçà du nombre de sympathisants que compte le parti, a-t-il ajouté en substance.

Pour la première fois, dira Ould Hemdeit, le parti TAWASSOUL est représenté au niveau de toutes les Moughataas du pays par des instances régionales, ainsi que des sections de base dont les effectifs ont été décuplés. Il s’est félicité de l’engouement des Mauritaniens autour du programme politique de TAWASSOUL.

Il s’est félicité aussi du respect par le parti des calendriers de ses congrès et son aspiration à se soumettre toujours dans ces occasions au suffrage de ses militants et adhérents.

A noter que le parti TAWASSOUL détient le lead au sein de l’opposition représentée au Parlement depuis les dernières élections générales de 2018. Il préside l’Institution de l’opposition démocratique.

Cheikh Aïdara


La réplique contre la crise climatique, c’est notre affaire !

L’alarme a sonné : le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM) réagit avec les communautés en Mauritanie pour affronter les nouvelles réalités de la crise climatique.

Crédit Pexels

La Conférence des Nations unies sur le changement climatique de 2022 (COP27) ne laisse aucun malentendu : les conséquences néfastes du réchauffement ne cessent de s’intensifier. En 2021, 59,1 millions de personnes ont été obligés de se déplacer à l’intérieur de leur propre pays, principalement à cause des catastrophes entamées par le climat, selon les données du Haut-commissariat des Réfugiés (HCR).

Déconcertant est le fait que ce chiffre est bien plus élevé que des déplacements dus aux conflits armés.

La République Islamique de Mauritanie, dont la plupart du territoire est désertique, ne fait pas exception. Les sécheresses, la désertification accrue et les phénomènes climatiques instables perturbent la vie et les écosystèmes de plus de 4 millions de mauritaniens. Les ressources en eau diminuent, les moyens d’existence périssent, les nécessiteux s’appauvrissent.

La désertification, un facteur incontournable

Crédit Adi Perets Pexels

Les bergers sont obligés de se déplacer sur de plus longues distances pour trouver de l’eau et de la nourriture pour leur troupeau ; leur régime alimentaire est beaucoup moins diversifié qu’auparavant ; les agriculteurs ont du mal à cultiver. Cette situation entraîne peu à peu un exode rural, où les possibilités d’emploi sont déjà limitées et où il y a une surexploitation des ressources existantes.

La pauvreté croissante oblige également les enfants à abandonner l’école pour rentrer dans le monde du travail et soutenir leur famille, ce qui affecte le taux d’alphabétisation global du pays. Tout est lié ! La crise climatique provoque une chaîne d’événements qui menace gravement la vie et les moyens de subsistance des populations.

Les conséquences dévastatrices sur les populations et la planète renforcent la nécessité de s’attaquer aux causes fondamentales de la crise climatique tout en s’adaptant aux nouvelles réalités qu’elle présente, notamment les événements météorologiques extrêmes tels que les inondations et les sécheresses, les extinctions massives de milliers d’espèces, les déplacements forcés des populations et l’augmentation de la faim et de la malnutrition.

L’équilibre délicat de la nature perturbé

En Mauritanie, la crise climatique et les pratiques agricoles non durables perturbent l’équilibre délicat de la nature, entraînant la dégradation des sols et les rendant infertiles. Cela a inévitablement un impact sur la sécurité alimentaire des populations qui doivent désormais lutter pour trouver des terres fertiles à cultiver ou de l’eau pour abreuver leurs bétails.

À plus grande échelle, la dégradation des sols sur presque la totalité des sols mauritaniens oblige le pays à dépendre des importations pour couvrir jusqu’à 70% de ses besoins alimentaires, ce qui le rend vulnérable au moindre changement sur les marchés internationaux.

C’était déjà le cas après la pandémie de COVID-19 et la crise ukrainienne, lorsque les prix des aliments sur le marché mauritanien ont grimpé en flèche. Par exemple, le prix du riz importé est passé de 27 MRU en avril 2019 à 37 MRU en avril 2022, le prix du blé a presque doublé et le prix de l’huile a augmenté de 94% !

Comme vous le voyez, la crise climatique est réelle et nous sommes en plein dedans. Nous avons tous et toutes un rôle à jouer pour la ralentir et en réduire les effets. Pour le Programme alimentaire mondial (PAM), cela veut dire développer un paquet d’actions en synergie afin de s’attaquer aux origines de la vulnérabilité des terres, des individus et des systèmes.

Un second souffle pour notre terre

En Mauritanie, de nombreuses communautés ont une connaissance approfondie de leur environnement et des ressources naturelles qui les entourent – exploiter ces connaissances tout en introduisant des innovations choisies est peut-être un outil puissant pour protéger la nature.

Le PAM utilise ces connaissances traditionnelles pour aider les communautés à mettre en œuvre des activités de réhabilitation des terres par le biais de techniques visant à combattre la dégradation des sols, restaurer les écosystèmes et permettre un accès durable à l’eau.

Telle est l’exemple des demi-lunes, des structures qui sont creusées dans le sol pour collecter les précipitations afin qu’elles puissent être utilisées ultérieurement pour l’agriculture. Les communautés qui bénéficient des activités de réhabilitation des terres menées par le PAM sont désormais en mesure de cultiver leur propre nourriture et risquent beaucoup moins d’avoir faim ou de souffrir de malnutrition pendant la période de soudure. Les enfants participent également à ces activités en construisant des jardins communautaires dans leurs écoles et en apprenant dès leur plus jeune âge à protéger l’environnement et à manger sainement. Ainsi, ils sont mieux préparés aux chocs climatiques.

Les cuisines durables

Une autre des initiatives que le PAM pilote dans les communautés où il met en œuvre son approche de résilience est celle de la cuisine saine. L’initiative vise à réduire la dépendance des communautés vis-à-vis du bois de chauffage et à le remplacer par du gaz et des biodigesteurs. Les forêts sont les poumons de la planète, elles nettoient l’air en aspirant le dioxyde de carbone et en expirant l’oxygène. C’est pourquoi nous devons faire tout ce que nous pouvons pour préserver les arbres de Mauritanie !

L’action contre la crise climatique est nécessaire à tous les niveaux. Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de solutions innovantes au niveau communautaire qui peuvent être mises à l’échelle globale pour revoir complètement la façon dont nous, en tant que communauté mondiale, fonctionnons en ces temps de changement rapide.


Redevabilité et Carte de performance, GFF Mauritanie se réunit avec les parties prenantes dans le domaine de la santé communautaire

Pendant deux jours, du 14 au 15 novembre 2022, la plateforme GFF Mauritanie s’est réunie à Basra (Nouakchott) avec les parties prenantes sur la redevabilité des services de santé et la Carte de performance communautaire. Une ébauche de plan d’action a été élaborée à la fin de l’atelier.

G. à Dr. Amadou Bousso, Baba Cheikh et Hawa Ba – Crédit Aidara

Le mécanisme de financement mondial de la santé (GFF), à travers sa plateforme en Mauritanie, a organisé une rencontre qui a regroupé plusieurs parties prenantes (prestataires de services de santé et organisations de la société civile). Cette réunion qui s’est étalée sur deux jours, les 14 et 15 novembre 2022 dans le quartier Basra à Nouakchott, a été marquée par une présentation générale de la plateforme GFF Mauritanie, suivie d’une communication sur la redevabilité et la carte communautaire de performances (CCP). La fin de l’atelier a été marquée par des travaux de groupe qui ont débouché sur une ébauche de plan d’action.

GFF Mauritanie

Selon Aliou Diop, vice-président de GFF Mauritanie, « la plateforme GFF Mauritanie a été créé en 2019. Elle a pour objectif d’accélérer la lutte contre la mortalité maternelle, infantile et adolescent, à travers l’amélioration des prestations offertes par les services de santé et l’amélioration de la qualité de vie des femmes ».

Aliou Diop (debout) lors de son discours de bienvenue aux participants – Crédit Aidara

Dans une communication présentée à l’occasion, il a donné un aperçu général de cette structure. Il a indiqué qu’il s’agit d’un mécanisme de financement de la santé qui est basée sur une approche intégrée du système de santé. La plateforme GFF Mauritanie est pilotée par une plateforme nationale constituée des principaux acteurs (gouvernement, partenaires techniques et financiers, société civile) avec une composante Jeune.

Cette plateforme s’est constituée en plusieurs étapes, d’après lui. La première étape fut le ciblage par la Banque Mondiale d’un certain nombre d’acteurs clés de la société civile, notamment la coalition ENEN (ENsemble Espaçons nos Naissances), AMSME (Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant), AGD (Association des Gestionnaires de Développement), Stop Sida, MauriSanté et AMPF (Association Mauritanienne pour la Promotion de la Famille), avec un Secrétariat permanent.

La deuxième étape, c’est celle du renforcement de capacités des acteurs lors d’un atelier à Dakar qui a bénéficié à ACF (Action Contre la Faim), AGD, AMSME, VacNet (domaine de la vaccination) et MauriSanté. Cette session a abouti au Consensus de Dakar et la mise en place d’une coalition inclusive dans une démarche transparente. Le leadership de cette coalition mauritanienne du GFF a été confiée à AMSME.

Vue partielle des participants – Crédit Aidara

La troisième étape a été consacrée à l’adoption et à la validation des textes constitutifs de la coalition, suivie d’une large campagne de communication et le lancement de candidatures pour l’accès aux financements du GFF. La journée de validation des textes a été suivie par la mise en place des instances du GFF Mauritanie avec l’appui d’ACF. Une charte d’engagement définit le fonctionnement de la coalition.

La mise en place des instances s’est fait au niveau central et régional. Elle s’est soldée par l’élection de points focaux dans chaque région, suivie de l’élection de la Coordination nationale représentée par un Bureau et la mise en place de commissions thématiques.

Le Bureau exécutif de la coalition GFF Mauritanie est constitué de 5 membres, président, vice-président, secrétaire général, chargé de communication et représentant des jeunes. Il se réunit chaque mois.

Les commissions thématiques comprennent la redevabilité, la nutrition, le suivi-évaluation, le plaidoyer et la mobilisation des ressources. Elles se réunissent tous les trois mois.

Un plan d’action autour de 7 axes

La mise en place du plan d’action de la coalition autour de 7 axes prioritaires a bénéficié de l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

Aicha Bilal (AFM) lors de son intervention dans les débats – Crédit Aidara

Après la cartographie des acteurs de la société civile actifs dans le domaine de la santé, une journée information-éducation-communication (IEC) a été organisée ainsi qu’un dialogue national entre la coalition et les autres acteurs, notamment les pouvoirs publics, les partenaires techniques financiers (PTFs) et le secteur privé. Le consensus s’est fait sur le principe qu’il faut accorder la priorité là où il y a des problèmes, là où les femmes et les enfants meurent le plus, là où la santé des jeunes est moins prise en compte, etc.

Il a été question par la suite d’un programme de renforcement des capacités des acteurs de la coalition et l’établissement d’un partenariat avec les médias pour des activités d’information et de sensibilisation sur la stratégie mondiale de la santé reproductive et la nutrition.

Il s’est agi aussi de renforcer le plaidoyer à l’occasion des grands évènements nationaux et internationaux en relation avec la santé de la mère, de l’enfant et de l’adolescent, en plus de la nutrition.

Acquis du GFF Mauritanie

Abordant le bilan réalisé par la coalition, Aliou Diop a cité la prise de contact avec les parties prenantes, la participation aux activités de planification du Ministère de la Santé, l’élaboration d’un plan de travail pour la période 2020-2025, la participation dans la gestion de la pandémie Covid-19 avec l’appui de l’UNFPA pour affiner le plan d’intervention de la société civile.

Vue partielle des participants – Crédit Aidara

Parmi également, le bilan réalisé, la mobilisation des ressources initiales par la mise en place d’un secrétariat permanent et la réalisation d’activités préliminaires du plan d’action.

En termes de perspectives, Aliou Diop a évoqué le renforcement de la communication et de la coordination avec le gouvernement, la mobilisation des ressources, la mise en place d’un dispositif de renforcement de capacités des membres de la coalition ainsi que celle d’un dispositif de suivi des engagements Pays sur la santé reproductive et la nutrition (SR/N), le plaidoyer et le renforcement de la coordination avec le niveau régional et local.

« Il y a beaucoup d’argent dans le dossier d’investissement de la Mauritanie pour le GFF, la bagatelle de 13, 6 Milliards MRU » a indiqué Aliou Diop, qui a cité quelques zones prioritaires devant bénéficier de cette manne, notamment les deux Hodhs, l’Assaba, le Guidimagha…

Enfin, il dira qu’il y a encore des difficultés à surmonter, en particularité le faible engagement de la société civile ainsi que sa faible structuration, même si son rôle est reconnu comme pertinent par le gouvernement et les partenaires au développement.Il a évoqué aussi la quasi inexistence de l’engagement des jeunes. « Le gouvernement et la société civile ont la responsabilité de coordonner un meilleur partenariat pour la mise en place du dossier d’investissement de façon coordonnée » a-t-il conclu.

La Carte Communautaire de Performances (CCP)

La communication sur la CCP a été présentée par Amadou Bousso, membre de GFF Mauritanie pour le compte d’Action Contre la Faim (ACF). Selon lui, la CCP est un outil de redevabilité au niveau des prestataires de services dans les structures de santé. Elle joue un rôle de plaidoyer vers les décideurs (Ministère de la Santé et PTFs). Amadou Bousso insiste qu’il s’agit avant tout d’un « plaidoyer positif pour la qualité des services et l’efficacité de la redevabilité par rapport à l’offre de services de santé ». Son but est d’influencer la prise des bonnes décisions. Sa principale stratégie repose sur l’utilisation du dialogue dans un forum participatif qui réunit les prestataires et les utilisateurs.

Vue partielle des participants – Crédit Aidara

Parmi les principales caractéristiques de la CCP, selon Amadou Bousso, son aspect participatif et son utilisation au niveau local avec comme unité d’analyse, la communauté. La CCP permet aussi, d’après lui, de générer de l’information à travers des interventions au sein des groupes cibles, ainsi qu’une participation maximale de la communauté locale.

Les prestataires et la communauté peuvent ainsi consensuellement, relever un problème au niveau d’une structure de santé (signaler par exemple l’absence de toilettes). La CCP permet de fournir un feed-back immédiat aux prestataires de service en mettant l’accent sur une réponse immédiate et une prise de décision conjointe. Elle permet surtout de créer un dialogue mutuel entre les utilisateurs et les prestataires de service de santé, avec un suivi conjoint du processus de règlement d’un problème posé.

Amadou Bousso a souligné qu’il ne s’agit pas « d’accuser ou de rejeter la responsabilité d’un problème sur quelqu’un, ni de servir de règlement de compte ou de créer des conflits ».

La CCP peut être utilisée, selon Amadou Bousso, par les institutions gouvernementales et les organisations de la société civile, ainsi que les structures communautaires.

Les principales phases de la CCP sont, selon Amadou Bousso, la planification et la préparation, la réalisation de la CCP avec les prestataires, la réunion d’interface et la réalisation d’un plan d’action et du suivi-évaluation.

Les participants ont ensuite appris à remplir le formulaire de priorisation des problèmes à poser, avant de se scinder en groupes de travail. A la fin de l’atelier, un plan d’action a été ébauché.

Avaient contribué à la facilitation, Baba Cheikh, Chargé de la mobilisation des ressources et Hawa Bâ, représentant les jeunes, tous deux membres de la coalition GFF Mauritanie.

Cheikh Aïdara

TEMOIGNAGE

Bâ Fatimata Mamoudou, membre du Club des Jeunes Ambassadeurs SR/PF

« La rencontre était très intéressante, surtout l’environnement dans lequel elle s’est déroulée. J’ai beaucoup appris car j’étais entourée de grandes personnes expérimentées qui m’ont permis d’emmagasiner beaucoup d’idées. Nous avons reçu un apprentissage, par rapport notamment à la CCP, qui va nous servir à l’avenir, en particulier dans l’élaboration de nos plans d’action avec les prestataires et les communautés. Cela m’a permis surtout de faire de nouvelles rencontres. »