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Mauritanie, droits des migrants et traitement médiatique de la question migratoire au cœur de la journée internationale des droits de l’homme

La journée internationale des droits de l’homme, célébrée le 10 décembre de chaque année, a été célébrée en Mauritanie, par le Haut-commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme en collaboration avec le Commissariat aux droits de l’homme.

Intervention de Bal Moustapha. En arrière plan NDoumbe Bâ et Mohamed Limam- Crédit Aliya

Comme chaque année, la Mauritanie à l’instar de la communauté internationale, a célébré la journée internationale des droits de l’homme le 10 décembre 2024, à l’hôtel Vasq de Nouakchott. Elle a été organisée par le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCNDH), en collaboration avec le Commissariat aux droits de l’homme, à l’Action humanitaire et aux Relations avec la Société Civile (CDHAHRSC).

Cette journée a été placée cette année sous le thème : « nos droits, notre avenir ici et maintenant »

L’ouverture officielle a été suivie par une table-ronde sur « Les droits humains, migration et responsabilité des médias, informer pour protéger les droits des migrants ».

Arsenal juridique et institutionnel protecteur

La plupart des intervenants, que cela soit Limam Mohamed, Directeur des Droits de l’Homme, NDoumbé Bâ, Chargée de programme auprès du Haut-commissariat ou encore Bal Moustapha, Chef de service protection auprès de l’Instance nationale pour la lutte contre la traite des personnes et le trafic des migrants, l’arsenal juridique national, le cadre institutionnel et les conventions internationales ratifiées ont été exhibées pour dire combien la Mauritanie veille au respect des migrants.

La modératrice Houleye Kane et la table officielle en arrière plan (Limam, NDoumbe, Bal) – Crédit Aliya

Tout a été cité, notamment les conventions internationales ratifiées, la Déclaration Universelle des droits de l’homme de 1789, la Convention internationale des Nations Unies sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et les membres de leur famille de 1990, la Convention et les protocoles de l’ONUDC contre la traite et le trafic des êtres humains, toutes les conventions fondamentales de l’OIT, notamment la Convention 143 sur les travailleurs migrants. Et autant de lois, ordonnances et décrets protégeant les droits des travailleurs migrants et les droits des migrants à jouir des avantages sociaux et économiques en Mauritanie, tels que l’accès à l’éducation, aux soins de santé, à l’emploi, etc.

Si le Commissariat aux droits de l’homme veille au respect des droits accordés aux migrants, l’instance nationale qui lui est rattachée pour la lutte contre la traite des personnes et le trafic des migrants joue le rôle de veille contre les abus dont ces derniers pourraient faire l’objet.

Droits humains dans le contexte de la migration

NDoumbé Bâ a présenté une communication relative à la protection des droits humains dans le contexte de la migration, avec l’approche basée sur ces droits et leur impact, notamment les discours déshumanisants et préjudiciables aux droits des migrants.

NDoumbe Ba lors de sa présentation – Crédit Aliya

Elle a passé rapidement en revue les traités internationaux relatifs aux droits de l’homme et leurs protocoles additionnels connexes qui accordent des droits aux migrants en vertu de leur humanité.

L’arsenal juridique

Il s’agit notamment de la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants, la Convention relative aux droits de l’enfant.

Par la suite, elle a abordé les principes et directives recommandés sur les droits de l’homme aux frontières internationales. Ces principes aident les Etats à remplir leurs obligations de gérer leurs frontières en conformité avec le droit international des droits de l’homme et avec les autres règles applicables. Ils reposent sur l’idée que le respect des droits fondamentaux de tous les migrants quels que soient leur nationalité, leur statut migratoire et autres circonstances, facilite la gouvernance des frontières.

NDoumbé Bâ a ensuite cité les principes clés à faire respecter, comme la primauté des droits humains, la non-discrimination, le droit d’assistance et de protection. Ce principe veut que les obligations en matière de droits de l’homme prévalent sur les objectifs sécuritaires et de gouvernance migratoire.

Enfin, le devoir d’intégrer l’approche basée sur les droits humains, une approche qui met en lumière les obligations des Etats en matière de protection, de prévention, d’assistance et de réparation, tout en garantissant que les victimes bénéficient de recours effectifs et d’une protection appropriée.

Vue partielle de la salle – Crédit Aliya

Rôle des médias dans la couverture des faits migratoires

Enfin, le rôle des médias a été crucial dans cette table-ronde, notamment dans la lutte contre la désinformation, la distorsion des faits entourant les cas de migration, la lutte contre les stéréotypes et les atteintes contre la dignité ou l’intégrité physique et morale des migrants ;

La table-ronde a permis aux acteurs de la société civile de donner leurs points de vue sur les avancées mais aussi les insuffisances et atteintes aux droits humains en Mauritanie. 

La presse a eu également son temps d’intervention avec le témoignage de plusieurs journalistes sur leurs expériences dans le traitement des faits migratoires, les défis et les obstacles rencontrés dans leur quête d’informations et de données fiables, notamment auprès des sources autorisées.

A noter que la table-ronde a été modérée par Houleye Kane, journaliste.

Cheikh Aïdara


Table Ronde Journée internationale des droits de l’homme : « Du droit à l’Information à la Lutte contre la Désinformation »

Le mardi 10 décembre 2024, une table ronde portant sur le thème « Du droit à l’information à la lutte contre la désinformation » s’est tenue à l’Académie diplomatique de Nouakchott. Cet événement, organisé à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme, a été co-organisé par la Délégation de l’Union européenne en Mauritanie et le festival littéraire *Traversées Mauritanides* dans sa 15ème édition. 

De G. à Dr. Me Fatimata Mbaye, Rassoul Khal, Chef délégation UE, Bios Diallo, Hindou Ainina, Amadou Sy – Crédit Aidara

La table ronde, modérée par Bios Diallo, président du festival « Traversées Mauritanides », a rassemblé d’éminents professionnels des médias et des acteurs de la société civile, qui ont débattu de l’importance de l’information dans le contexte de la désinformation croissante. 

Informer, un droit fondamental

Prenant la parole, le chef de la Délégation de l’Union européenne, SEM. Joaquim Tasso Vilallonga, a souligné que le droit à l’information est un principe fondamental et essentiel pour garantir à chaque individu un accès à des informations fiables, transparentes et impartiales. Il a insisté sur le rôle crucial de ce droit dans la lutte contre la désinformation et a réaffirmé l’engagement de l’Union européenne à accompagner la Mauritanie dans sa mise en œuvre effective pour tous les citoyens. 

L’intervention de l’ambassadeur UE (à sa droite Rassoul Khal et Me Fatimata MBaye) – Crédit Aidara

Il a également rappelé les initiatives conjointes entre l’Union européenne et la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA), notamment à travers l’organisation de séminaires sur la lutte contre les fakenews et la désinformation. 

Lui succédant, Mme Hindou Mint Ainina, conseillère auprès du Premier ministre, a insisté sur l’importance du droit à l’information en tant que pilier essentiel pour une participation éclairée à la vie publique. Elle a toutefois souligné que l’information n’est jamais neutre, et que les citoyens doivent apprendre à distinguer les faits avérés des fakenews. 

Foisonnante législation pour encadrer le droit à l’information

A son tour, M. Rassoul El Khal, Commissaire adjoint auprès du Commissariat aux droits de l’homme et à l’action humanitaire, a rappelé que la Mauritanie dispose de plusieurs textes garantissant le droit à l’information tout en encadrant son usage. Parmi ces textes, il a cité la Constitution, notamment son article 10, la loi n° 2011-045 du 25 juillet 2011, sur la liberté de la presse, la loi n° 2018-038, relative à la cybersécurité et à la cybercriminalité. 

Cheikh Aidara dans le débat public à côté de Oumar Moktar (HAPA) – Crédit Aidara

Le fact-checking pour contrer la désinformation

Pour sa part, Amadou Sy, journaliste et Directeur Pays (Mauritanie) de « Média et Démocratie » a souligné qu’en matière de désinformation, les réseaux sociaux n’oint fait qu’amplifier un phénomène qui a toujours existé, donnant l’exemple des fausses informations diffusées par les Alliés lors du débarquement de Normandie et qui leur a fait gagner la guerre, ainsi que d’autres faits historiques où la désinformation a servi des objectifs de guerre.

Il a rappelé les ateliers de formation et de renforcement de capacité des journalistes dans les 14 pays membres, que « Média et Démocratie » a organisé dans le domaine du fact-checking, soulignant toutefois que le fact-checking seul ne suffit pas pour combattre la désinformation.

Selon lui, pour avoir une bonne information, il faut des spécialistes du domaine, notamment les journalistes. Or, fait-il remarquer, face à la disparition des rédactions qui servaient de cuisine pour les stagiaires en journalisme, et en l’absence de toute école ou institut de formation de journalistes en Mauritanie, le pays n’en produit plus. Ceux qui en ont les moyens, devront aller se former à l’étranger, a-t-il fait remarquer, ajoutant que ceux qui continuent à exercer ce métier sont pour la plupart dans la précarité. D’où l’appel qu’il a lancé pour la création d’un centre de formation des journalistes en Mauritanie.

A son tour, Me Fatimata M’Baye, avocate et présidente de l’Association mauritanienne des droits de l’homme (AMDH), a souligné que le droit à l’information et la lutte contre la désinformation poursuivent un objectif commun : bâtir une société informée, critique et résiliente face aux manipulations.

Vue partielle du public dans la salle de l’Académie Diplomatique de Nouakchott – Crédit Aidara

La HAPA, un régulateur impartial

Prenant la parole, M. Oumar Moktar, membre du conseil de la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA), a présenté les missions de cette institution, définies par l’ordonnance n° 2006-034 du 20 octobre 2006, qui en fait un outil de régulation chargé de garantir la liberté et l’indépendance des médias tout en assurant un accès équitable à l’information. Soulignant que la HAPA « régule mais ne censure pas », il a également mis en lumière certaines de ses activités qui portent sur la liberté de l’information, comme la formation des journalistes et l’organisation d’ateliers sur la lutte contre les fakenews. 

La parole au public

À la suite des interventions, la parole a été donnée au public, qui a enrichi la discussion avec des contributions pertinentes. Cela a permis d’élargir le débat sur les défis et solutions liés au droit à l’information et à la désinformation en Mauritanie. 

Cette table ronde a mis en lumière les défis et opportunités liés au droit à l’information dans un contexte de lutte contre la désinformation. Elle a aussi réaffirmé l’importance de la collaboration entre les acteurs nationaux et internationaux pour garantir une information fiable et accessible à tous.

L’expérience de la DW en Libye

Avant l’entame de la table-ronde, l’assistance avait suivi une présentation par visioconférence de l’expérience de la Deutsch Welle dans la lutte contre la désinformation en Libye. Une expérience qu’ils ont promis de proposer en Mauritanie

Cheikh Aïdara


« Traversées Mauritanides », au-delà de la littérature, débats entre écrivains et experts du bâtiment et de l’environnement

Quelle ville pour notre bien-être ? Telle est la question centrale que les écrivains, dans le cadre de la 15ème édition du festival littéraire « Traversées Mauritanides » ont été amenés à débattre avec experts du bâtiment, architectes, urbanistes et environnementalistes. Cela s’est passé jeudi 5 décembre 2024 à l’Institut Français de Mauritanie (IFM) à Nouakchott.

De G. à Dr. Ines, Bellil (modérateur) Aichetou Welle et Marion – Crédit Aidara

« Comment nous moderniser sans détruire notre environnement ? » Cette question vient à point nommé car elle tombe alors que l’Etat mauritanien vient de consacrer 50 milliards d’ouguiyas à la modernisation de la capitale de la Mauritanie, Nouakchott.

Ont été interpellés par cette équation cruciale pour le devenir de cette ville confrontée à des défis sérieux sur le plan environnemental et climatique, Inès Senghor, autrice et architecte, Aïchetou Tandia, cadre au Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, Oumar Welle, ingénieur en génie-civil président du bureau d’études Habitat et Développement en Mauritanie (HABIDEM) versé dans la construction à base de matériaux locaux et Marion Le Guilloux, Chargée de Croissance Inclusive et Durable auprès de la Délégation de l’Union Européenne à Nouakchott.

Construire des habitats durables

Les cris de la nature, confrontée à tant de supplices liés à la main de l’homme ou aux effets des changements climatiques, sont si audibles que les ignorer signifie être complice. Tel est le constat tiré par Inès Senghor qui a cité pêle-mêle les diverses agressions subies par Dame Nature, que cela soit, les érosions côtières, la perte de la biodiversité marine et terrestre, les émissions de gaz à effets de serre, la pollution, les changements climatiques, les catastrophes naturelles, etc.

D’où l’urgence selon elle, de proposer des dispositifs sociaux, économiques et environnementaux afin de léguer aux générations futures une nature généreuse telle que nous l’avons héritée.

Selon elle, la ville de Nouakchott offre ce contraste entre les exigences de modernité et l’urgence de se préserver contre un style à l’occidental, pourtant cause de la crise climatique actuelle.

Pour Inès, l’impérium est de construire des villes durables où urbanité et agriculture écologique peuvent coexister et où le vernaculaire ferait revivre les cultures et les valeurs africaines authentiques. Des villes au visage humain, où la solidarité, le bon voisinage et la simplicité reprendront leur droit de cité, chassant l’individualisme dans ses frontières originelles. Ce sont par exemple, cite-t-elle, les transports publics à la place des voitures personnelles, pour consolider ces liens de promiscuité humaine et limiter la pollution ainsi que les encombrements dans les villes.

Moderniser les villes oui, mais changer les mentalités

Pour Aïchetou Tandia, ingénieur en économie de l’énergie, d’autres composantes que physiques doivent être prises en compte dans le projet envisagé de moderniser Nouakchott, telles que les éléments ensoleillement et aération, ainsi que le paramètre climat dans la conception des bâtiments.

Selon elle, l’individualité a entraîné des types d’habitat et des modes de vie anti-environnementaux, reprenant l’idée avancée par Inès Senghor sur la prépondérance des véhicules personnels au dépend des transports publics.

 Informer, sensibiliser et former seraient en définitive, d’après elles, des préalables avant tout projet de modernisation d’une ville.

L’agression environnementale permanente

Marion Le Guilloux trouve pour sa part que la Mauritanie est confrontée à plusieurs menaces, citant la désertification, le boom démographique, la surexploitation de ses ressources halieutiques et minières, la perte de la biodiversité, la menace marine, avec tous les impacts constatés sur la faune et la flore avec la disparition de plusieurs espèces terrestres dont les dernières survivantes sont sous le viseur des braconniers.

La Mauritanie figure à ses yeux parmi les pays les plus exposés aux effets des changements climatiques avec des hausses prévisionnelles de température dans des villes comme Nouakchott et Nouadhibou, mais aussi des baisses de la pluviométrie ainsi que l’augmentation de phénomènes liés à la rupture des parcours pastoraux.

Tous ces défis, selon elle, sont pris en compte par la Délégation de l’Union européenne dans ses stratégies et politiques d’appui aux efforts du gouvernement mauritanien. Il s’agit en général, précise-t-elle, des programmes d’atténuation des effets du changement climatique dans l’activité économique, à travers par exemple le développement d’une agriculture écologique responsable, respectueuse de l’environnement et d’une politique de préservation des stocks.

Le vernaculaire plutôt que l’industriel

Oumar Welle, directeur de HABIDEM, déclare à son tour travailler depuis son retour en Mauritanie il y a six ans, après 20 ans de vie en France, dans la valorisation des matériaux locaux dans la construction, dans le cadre d’un projet autofinancé qui prône l’écoconstruction.

Il s’est félicité des progrès notoires enregistrés par la Mauritanie, soulignant que le pays est très en avance dans ce domaine par rapport aux pays du voisinage comme le Sénégal où la législation reste encore rigide par rapport à l’utilisation de matériaux locaux dans la construction.

Selon lui, même sur le plan de la recherche scientifique et sur le plan de l’introduction de modules au niveau de l’école Polytechnique de Nouakchott, l’avancée de la Mauritanie est grande sur ce plan.

Il affirme que le bâtiment à base de ciment participe à hauteur de 39 % dans les émissions de gaz à effet de serre et n’offre pas assez de confort.

Il a donné des exemples de bâtiments construits par son entreprise que cela soit à Rosso sur commande publique ou à Nouakchott pour le compte de particuliers, il déclare que la comparaison est sans commune mesure entre un bâtiment construit avec du ciment et un autre à base de matériaux locaux, comme le sable, l’argile et le typha.

Ces derniers sont selon lui l’héritage d’un savoir-faire ancestral compatible avec le type de climat local. Ils conservent de la chaleur durant les périodes de froid et de la fraîcheur durant les périodes caniculaires. En plus, leur durée de vie est largement supérieur.

En définitive et selon le témoignage de quelques participants, la conférence a été instructive, car la plupart ignorait l’ampleur des avantages offerts par l’écoconstruction et l’existence même d’une charte qui serait en cours d’adoption au niveau du ministère de l’Environnement dans ce domaine.

Cheikh Aïdara


Plus de 1000 anciens militaires rejoignent le parti Radical pour une Action Globale (RAG)

Au cours d’une conférence de presse animée jeudi 5 décembre 2024 à Nouakchott par le président du parti Radical pour une Action Globale (RAG), l’ancien ministre Oumar Ould Yali, plus de 1000 anciens militaires à la retraite ont annoncé leur adhésion à cette formation politique en gestation.

Photo des représentants du groupe d’anciens militaitres et les militants du parti RAG. Crédit : Aidara

« Birame Dah Abeid représente à nos yeux la voie du changement pour une Mauritanie nouvelle ». Telle est la déclaration faite jeudi 5 décembre 2024 au siège de l’ONG antiesclavagiste Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) à Nouakchott, Saoudi Ould Jedana, ancien officier de l’armée. Il était accompagné par plusieurs de ses compagnons d’armes, des sous-officiers et soldats à la retraite.

Selon lui, ses amis et lui se sont regroupés autour d’une association qui œuvre au changement des paradigmes dans le pays, jugeant désastreuses les politiques menées jusque-là par les différents régimes qui se sont succédé à la tête de la Mauritanie ces dernières décennies.

Il affirme que plus de 230 membres de l’association sont victimes de radiations abusives et ne bénéficient de ce fait d’aucun droit indu malgré de nombreuses années de service au sein des forces armées.

Selon lui, lors des dernières élections présidentielles, son groupe avait voté massivement pour le candidat Birame Dah Abeid, président d’IRA et dont le nom est systématiquement associé au parti RAG.

La verve des mécontents ?

À la fin de son discours, Saoudi Ould Jedana a annoncé l’adhésion officielle de son groupe au programme politique du parti RAG, soulignant que ce groupe est représenté dans plusieurs régions du pays, notamment à Nouakchott, au Hodh Gharbi, au Brakna et au Gorgol, sans compter Dakhlet-Nouadhibou et le Trarza.

 Il estime que leur décision est fondée sur leurs intimes convictions que le changement qu’attendent tous les Mauritaniens ne peut provenir que de Birame Dah Abeid, eu égard à sa constance dans le combat pour les opprimés et le charisme naturel dont il est doté.

Certains observateurs trouvent cependant que cette annonce d’adhésion n’est que la verve d’un groupe de mécontents qui comptent se servir de cette déclaration pour parvenir à obtenir des droits auprès du pouvoir, qui ne tardera certainement pas à les approcher pour leur faire des promesses en contrepartie de leur retour dans le giron du régime en place.

En attendant, cette adhésion est actée, car dans sa déclaration, le président du parti RAG, l’ancien ministre Oumar Ould Yali, leur a souhaité la bienvenue dans sa formation politique. C’était en présence de son vice-président, Abdel Aziz, ainsi que des membres du bureau exécutif du parti et plusieurs militants.

Cheikh Aïdara