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Assurance maladie dans l’économie informelle, restitution d’une étude de faisabilité

Nouakchott a abrité lundi 25 octobre 2021 un atelier de restitution de l’étude sur la faisabilité d’un projet d’assurance maladie pour les populations de l’économie informelle dans la Wilaya du Guidimagha, sous l’égide du Bureau International du Travail (BIT).

Vue partielle des participants – Crédit Aidara

Dans le cadre de la réactualisation de la Stratégie nationale de protection sociale, le gouvernement mauritanien avec l’appui technique du BIT et l’apport du SDG Fund, de l’UNICEF et du PAM, a mené une étude de faisabilité pour l’élargissement de l’assurance maladie aux travailleurs du secteur informel et à leurs familles.

Les résultats de l’étude ont été présentés lundi 25 octobre 2021 à Nouakchott, par les consultants du Bureau Mauritanien d’Etudes en Santé Publique (BUMESP), fondé par Dr. El Joud Dahada, spécialiste en épidémiologie, et les consultants de l’agence ENABEL (coopération belge).

Il s’agissait pour les consultants d’analyser la faisabilité d’un projet d’assurance maladie pour les populations du secteur informel en Mauritanie, avec comme région pilote, le Guidimagha.

L’étude en données statistiques

Dans sa présentation, le consultant du BUMESP a révélé les outils de collecte choisis, le déroulement de la collecte des données, les difficultés rencontrées, puis le traitement et l’analyse des données.

Le consultant durant sa présentation – Crédit Aidara

Ainsi, l’approche d’échantillonnage en grappe à trois degrés a été utilisé pour une meilleure représentation de l’échantillon. La sélection était proportionnelle à la population du milieu et de la Moughataa sur la base des données du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) 2013. Dans l’ensemble, ce sont 29 grappes qui ont été dégagés avec 15 ménages dans chaque grappe au niveau des Moughataas de Sélibaby, Ould Yenge et Ghabou, soit un total de 435 ménages interrogés.

 La collecte des données s’est déroulée du 21 juin au 3 juillet 2021, avec enquête auprès des ménages, interviews avec les structures sanitaires et des focus groupes.

Parmi les difficultés rencontrées par les équipes de terrain, le consultant a énuméré le manque de coopération de certains acteurs, l’inexistence d’une structure sensée être à Ould Yenge figurant dans l’échantillon et l’absence d’affiliation des enquêtés, notamment du secteur de l’agriculture et de l’élevage, à une structure associative.

A la fin des collectes de données, celles-ci ont été nettoyées et épurées, puis transportées vers le logiciel statistique SPSS, avant la réalisation des tabulations avec l’équipe de consultants internationaux, selon le consultant.

Le socle de protection sociale

Le consultant de l’agence ENABEL, Christian Yao, a présenté par vidéoconférence une communication sur le socle de protection sociale, contributions et approches contributives et gratuites entre les secteurs formels et informels. Dans son plan de présentation, il a rappelé les objectifs de l’étude sur la faisabilité d’un projet d’assurance maladie dans l’économie informelle. Il a abordé par la suite, la pertinence d’un tel système, avant de procéder à une synthèse des résultats de la collecte des données recueillies au Guidimagha et de dégager les caractéristiques sociodémographiques de la population cible. Il a donné ensuite un aperçu du système de couverture proposé, la viabilité d’un tel système et le plan de sa mise en œuvre.

Vue partielle de l’assistance – Crédit Aidara

Rappelant les objectifs spécifiques de l’étude, il a énuméré l’analyse du risque financier associé à la maladie et ses différentes composantes au niveau local, l’analyse des conditions de mise en place de la couverture de santé, en précisant l’architecture de couverture alliant les efforts d’extension menés par la CNAM, avant d’annoncer un plan de mise en œuvre négocié avec les parties prenantes.

Il a enfin proposé un système de couverture avec un mécanisme de portage du risque, avec comme contributeurs complémentaires la CNAM et la CNSS, à l’autre bout les consommateurs de paquets de soin de base (les populations cibles), et au centre, l’Etat, l’OMS, les collectivités locales et les grandes entreprises, comme pourvoyeurs de subvention. Ainsi, les subventions pourraient représenter 80 à 100% des services de soin, le restant devant être couvert par les bénéficiaires sous forme de cotisations familiales ou individuelles.

L’expérience du PASS

Dr.Malal Diop, Coordinateur du Programme d’Appui au Secteur de la Santé (PASS), projet financé par l’Union européenne, a livré pour sa part les composantes que sa structure est en train d’expérimenter à Nouakchott (Dar-Naïm et Sebkha), et au Brakna, notamment à Aleg, Boghé et Bababé. L’initiative vise à mettre en place une caisse d’assurance maladie en travaillant sur les composantes, gouvernance, offre de soins, ressources humaines, médicaments et consommables et financement de la couverture santé universelle.

De Dr. à G. Cheikh Thiam, Marc Nineroral et Dr. Sidaty Sidaty – Crédit Aidara

Le constat qu’il dit avoir dégager du terrain de cette expérimentation, est que l’accès des populations aux soins de santé est difficile et inéquitable, avec peu de gratuité et beaucoup de charges supportées par les ménages. En gros, les Mauritaniens d’une manière générale ont des difficultés pour se soigner. Selon lui, ce constat est à la base de la réflexion actuelle sur la mise en place d’un dispositif national performant capable d’assurer l’accès des populations mauritaniennes à des services de soin de qualité et peu onéreux.

Les résultats attendus de cette expérience pilote est de permettre à 700.000 personnes de bénéficier d’une assurance maladie d’ici 5 ans.

Il a également évoqué la nécessité de développer des métiers dans le domaine de l’assurance maladie comme le marketing social ou la gestion d’achats de prestation à travers l’accréditation de formations sanitaires, l’amélioration de l’offre et la formation du personnel de santé.

Comme formule proposée, la fixation d’un montant de 600 MRU par an et par personne, où le bénéficiaire ne paiera que 150 MRU et le reste supporté par la subvention. Le panier de soin couvert par l’assurance comportera ainsi les soins curatifs et les consultations externes, tout ce qui est lié à la santé de la mère et de l’enfant, les soins dentaires, la petite et la grande chirurgie ainsi que l’hospitalisation.

Les modes d’adhésion seront soit familial (avec un minimum de 5 personnes), soit collectif (village, organisation, association). Le Coordinateur a toutefois cité quelques goulots d’étranglement dans un tel système, citant le portage du risque, le financement et la pérennisation d’un tel système, ainsi que le cadre réglementaire. L’autre choix difficile est la définition du montage institutionnel, entre le modèle programme, le modèle associatif, le modèle établissement privé et le modèle EPA-CNSS.

La Caisse nationale d’assurance solidaire et de santé dans sa phase pilote serait, selon lui, diligentée par l’agence ENABEL sur financement de l’Union européenne, avec comme partenaires le Ministère de la Santé, le Ministère des Affaires Sociales, le Ministère des Finances, la CNAM et le PoPEPSanté.

Avaient assisté à la rencontre, des cadres du Ministère des Affaires Sociales, du Ministère du Travail, du Ministère de la Santé, de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l’Agence nationale de la Statistique et de l’Analyse Démographique et Economique (ANSADE), le PASS, des représentants des partenaires (UNICEF, PAM et ENABEL) et de la société civile, sous la supervision de Dr. Sidaty Sidaty du Ministère des Finances et de deux experts du BIT, M. Cheikh Thiam, Coordinateur national du Projet SDG Fund et M. Marc Ninerola du Projet Bridge.

Cheikh Aïdara


Planète Jeunes de Tékane, plusieurs établissements en lice pour le concours Génies en herbe

Le Club Planète Jeunes de Tékane a organisé vendredi 22 octobre 2021 à l’Institut Français de Mauritanie (IFM) le concours Génies en Herbe dans le cadre de ses activités annuelles. Pas moins d’une dizaine d’établissements scolaires ont participé à la compétition.

Une élève sur la sellette des examinateurs – Crédit Aidara

Beaucoup d’ambiances juvéniles ce vendredi 22 octobre 2021 dans la cour et dans la salle de projection de l’IFM de Nouakchott. Sur l’esplanade éclairé comme dans une pièce de théâtre, élèves compétiteurs et jury se faisaient face dans une salle plongée dans la pénombre. Plusieurs élèves du secondaire, exclusivement de l’enseignement privé, suivaient attentivement la joute qui se déroulait sous leurs yeux.

Par groupe de quatre élèves par établissements, les candidats passaient un à un pour épeler des mots du dictionnaire français que les examinateurs leur posaient avec une diction détachée. Les bonnes réponses donnaient lieu à des applaudissements sonores et des mots d’encouragement.

Parent d’élèves et candidats suivent les duels – Crédit Aidara

Les écoles Ansar, Diamly, El Vaida, Bab Salam, Chemin du Savoir, Noura, Ecole Ousmane Sarr, Sahel Riyadh et Mauritanides 2 étaient en compétition. Il s’agirait de la 26ème édition d’une épreuve qui met chaque année en lice plusieurs établissements scolaires, essentiellement à Nouakchott avec parfois des incursions hors du pays, comme l’avait planétienne qui avait mené l’équipe en 2019 de la Mauritanie à Dakar, en passant par Bamako et Cotonou, ou encore la tournée dans les régions de l’intérieur de la Mauritanie, Tékane, Rosso, Atar, Nouadhibou, Kiffa, Kaédi…

Les candidats attendent leur tour – Crédit Aidara

Comme l’indique la page facebook de l’organisation, ce concours est destiné à l’éducation des enfants et à l’amélioration de leurs connaissances, à mobiliser et regrouper les jeunes, à promouvoir les langues locales, à travers également d’autres canaux, comme les conférences, les débats et les échanges culturels.

Le Club Planète Jeunes de Tékane, présidé par Tall Mamadou, dispose également d’une bibliothèque mobile pour l’animation et la sensibilisation en milieu scolaire autour de thèmes comme la sécurité routière, l’environnement, la santé, les droits de l’enfant.

Cheikh Aidara


Fin de mission en Mauritanie, Saidou Kaboré, Représentant de l’UNFPA, reçoit la médaille d’Officier de l’Ordre du Mérite National

SEM. Saidou Kaboré a été décoré Officier de l’Ordre du Mérite National, à la fin de son mandat comme Représentant Résident en Mauritanie du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA). La médaille lui a été décernée par le Ministre de la Santé, Dr. Sidi Ould Zahaf, au cours d’une cérémonie solennelle organisée samedi 23 octobre 2021 à Nouakchott.

Le Ministre de la Santé, Dr. Sidi Zahaf décore M. Saidou Kaboré – Crédit UNFPA

« Avec le départ du Dr. Kaboré, nous en avons informé les autorités ainsi que sur le travail qu’il a accompli pendant son séjour ici, et quand le Président de la République l’a appris, il a tenu à ce qu’il soit décoré. Il a fallu qu’on travaille rapidement sur le décret relatif à cette décoration. Et voilà, aujourd’hui nous lui avons remis cette médaille en plus du message du Président de la République ». C’est par ces mots que le Ministre de la Santé, Dr. Sidi Ould Zahaf, a présenté ses adieux à M. Saidou Kaboré, qui vient d’achever en ce mois d’octobre 2021, un mandat de près de trois ans à la tête du Bureau Mauritanie de l’UNFPA.

Forte présence du Staff de l’UNFPA lors de la cérémonie – Crédit UNFPA

La cérémonie a eu lieu samedi 23 octobre 2021 dans les locaux du Ministère de la Santé, en présence du staff du ministère ainsi que celui de l’UNFPA.

« Nous savons que vous porterez toujours une partie de la Mauritanie en vous »

Echange de discours entre SEM. Saidou Kaboré et SEM. le ministre de la Santé Dr. Sidi Zahaf – Crédit UNFPA

Le ministre a tenu à rappeler à l’occasion la récente rencontre entre son département et l’UNFPA pour partager des témoignages par rapport à l’expérience commune entre les deux parties, sous le leadership du Dr. Saidou Kaboré. « Aujourd’hui, c’était le témoignage suprême des autorités » a-t-il rappelé. Interpellant M. Saidou Kaboré, le ministre de lui lancer « tout cela est bien méritée et nous comptons sur l’UNFPA et sur votre personne en tant qu’ambassadeur de la Mauritanie là ou vous serez ». Et de conclure à l’adresse de M. Kaboré, « nous savons que vous porterez toujours une partie de la Mauritanie en vous, mais également les Mauritaniens qui vous ont connu certainement aussi vous porterons dans leur cœur ».

Des efforts pour l’accès des plus faibles aux services de santé de qualité

SEM. Saidou Kabore – Crédit Aidara

A son tour, M. Saidou Kaboré a remercié le gouvernement mauritanien à travers le Ministre de la Santé, exprimant l’immense émotion qu’il ressent après la médaille qui vient de lui être décerné. « Je voudrais sincèrement exprimer ma gratitude au ministère de la Santé et à l’ensemble de ses partenaires et de son staff pour leur disponibilité, sans oublier les sages-femmes et les infirmières, les médecins, les filles et garçons de salle, les chauffeurs d’ambulance, tous ceux qui travaillent au niveau des centres de santé et qui œuvrent pour que les plus vulnérables aient accès aux services de santé » a-t-il lancé d’emblée.

M. Saidou Kaboré est ensuite revenu sur les réalisations de la Mauritanie, rappelant qu’en 2020 le pays avait investi environ 30.000 dollars U.S pour l’achat de contraceptifs, ce qui marque une première action dans la durée surtout que cela s’était passé en plein Covid, dira-t-il en substance. « En 2021, le ministère de la Santé s’est ensuite engagé pour 100.000 dollars U.S » a-t-il déclaré, soulignant que « cette volonté affirmée montre également l’engagement d’appliquer la volonté du Chef de l’Etat qui a souhaité adresser les besoins des plus faibles, les femmes, les filles, les personnes vivant avec un handicap ». Il a cité aussi les efforts consentis en matière d’autonomisation des femmes, de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, autant d’actions sur le plan social qui influent, selon lui, sur le bien-être des populations les plus vulnérables.

Il a ainsi recommandé au gouvernement de poursuivre sa politique de communication sur ses réalisations pour permettre au plus grand nombre de connaître les efforts qu’il déploie sur le terrain. « Je souhaite que l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) dont les résultats vont être bientôt finalisés puissent nous édifier davantage sur les progrès accomplis, car il y a forcément des progrès, c’est lent, mais c’est comme cela, c’est un domaine complexe » a-t-il fait remarquer. Selon lui, ces progrès méritent que l’on maintienne les efforts de l’ensemble des partenaires pour continuer d’améliorer le bien-être de la population.

Le staff de l’UNFPA – Crédit Aidara

« Du côté de l’UNFPA, comme vous le savez, nous venons d’adopter le plan stratégique 2022-2025 qui met l’accent toujours sur les Trois Zéros, c’est-à-dire, faire en sorte qu’aucune femme ne meurt en donnant la vie, donc Zéro décès maternel évitable, faire en sorte que les besoins non satisfaits en matière de planification familiale soient adressés, faire également en sorte que les violences basées sur le genre, dont les mutilations génitales féminines (MGF), prennent fin » a-t-il évoqué. Il a rappelé à ce titre que la Mauritanie vient de s’engager, à travers le conseil des ministres, dans l’adoption d’un projet de loi sur les violences faites aux femmes et aux filles, et que le Commissaire aux Droits de l’Homme a réaffirmé, selon lui, la volonté du gouvernement d’aller vers l’adoption de cette loi.

Dr. Sidi Mohamed Abdel Aziz, Chef de Service Santé Maternelle, Néonatale, Infantile et Adolescent, Direction Santé Mère et Enfant (Ministère de la Santé) rend hommage à M. Saidou Kaboré

« J’ai travaillé avec M. le Représentant de l’UNFPA, M. Saidou Kaboré, depuis 2017, au moment où j’ai été nommé Coordinateur du Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR). J’ai eu de longs voyages avec lui à l’intérieur du pays, notamment durant l’année 2019 où nous avions passés ensemble quinze jours à sillonner l’ensemble du territoire national, notamment dans les régions Sud et Est et au moment de l’hivernage. Je peux témoigner de l’humanisme et de la personnalité de M. Saidou Kaboré. Je le considère plus qu’un frère. Nous avons travaillé ensemble pour faire avancer la santé de la reproduction dans toutes ses dimensions, que cela soit en termes de lutte contre la mortalité maternelle et néonatale, dans le domaine de la planification familiale espacement des naissances, dans le domaine des fistules obstétricales et des MGF. Je peux témoigner ici de la disponibilité permanente de M. Saidou Kaboré, notamment pour tout avis qui faciliterait le travail, sa flexibilité pour faire avancer les choses et sa diplomatie ainsi que son sourire permanent. Nous ne pouvons qu’être très fiers de ce que nous avons accompli ensemble pour le pays. Nous lui disons bon chemin et bonne route. Beaucoup de réussites dans son nouveau poste d’affectation. »

Cheikh Aïdara


Départ de M. Saidou Kaboré, beaucoup d’émotion dans le staff de l’UNFPA-Mauritanie

C’est avec beaucoup d’émotion que le staff du Bureau Mauritanie du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a rendu hommage au Représentant résident, SEM. Saidou Kaboré, qui quitte la Mauritanie après un peu plus de trois années de bons et loyaux services.

Photo de famille du Représentant et du staff de l’UNFPA devant le bureau – Crédit Aidara

Rarement le départ d’un représentant du système des Nations Unies à la fin de son mandat a été aussi tristement célébré que celui de Saidou Kaboré, Représentant résident de l’UNFPA qui a servi en Mauritanie de mai 2018 à octobre 2021.

En effet, les témoignages qui ont fusé ce jeudi 21 octobre 2021 de la salle de conférence du Bureau de Nouakchott étaient emplis de sentiments de tristesse. Chauffeurs, agents de surface, chargés de programmes, stagiaires, tous ont été unanimes à saluer l’esprit d’écoute, la modestie, l’extrême courtoisie, l’humilité et le professionnalisme de celui qui était plus qu’un chef, un frère, un ami, un confident. Le départ de Saidou Kaboré a été ressenti comme la perte d’un membre cher de la famille. Son assistante, Mme Fatimata Kane, « Présidente » comme il l’a surnomme, a fondu en larmes en voulant donner son témoignage.

Un gouvernement satisfait du mandat de l’UNFPA

Brahim Vall Mohamed Lemine ou BV comme aime l’appeler ses collaborateurs a dressé un bilan élogieux du mandat de Saidou Kaboré, intervenu selon lui dans un contexte politique et social difficile, surtout avec le Covid-10. Il a salué le plaidoyer et le dialogue qu’il a su mener avec les partenaires nationaux. Citant en exemple, le fait que la Mauritanie est actuellement en règle avec ses contributions au titre de l’unité programme, et que pour le prochain programme, elle a non seulement annoncé sa contribution, mais elle l’a doublée. Il s’agit selon lui d’un résultat important qui reflète le degré de partenariat, de plaidoyer et de dialogue entre l’UNFPA et le gouvernement mauritanien. Ce qui prouve, dira-t-il en substance, que le mandat est très bien perçu et que le gouvernement y adhère. « J’ai travaillé avec M. Kaboré dans des moments difficiles sur le plan politique, stratégique, parfois piloté des rencontres internationales importantes comme le Sommet de Nairobi qui a vu la participation d’une forte délégation et qui fut une réussite pour laquelle la Mauritanie a pris un ensemble d’engagements » a-t-il témoigné. Ce travail de diplomatie n’est pas facile, selon BV, car il s’agit de gérer parfois des relations sensibles qui demandent beaucoup de courtoisie et de tact, ce que l’esprit d’ouverture et de compréhension de M. Kaboré ont surpasser.

M. Bahim Vall, Chargé de programme Population et Développement au bureau UNFPA Mauritanie a également expliqué comment, sous la houlette de M. Kaboré, le staff a su gérer des situations inopinées comme la visite surprise en Mauritanie en 2019 de la Secrétaire Exécutive de l’UNFPA, Mme Natalia Kanem qui se trouvait à Dakar (Sénégal). « C’était un week-end, et avec ça, nous avons pu mobiliser les autorités administratives et le Wali du Trarza pour l’accueil au bac, et nous avons pu également mobiliser à Nouakchott, les membres du gouvernement qu’elle a pu rencontrer ainsi que la société civile, avant qu’elle ne se rende à Nouadhibou où se déroulait une partie du programme opérationnel » a-t-il témoigné. Brahim Vall a surtout mis l’accent sur l’ouverture de M. Kaboré sur ses collaborateurs et sa disponibilité permanente à échanger avec eux, à les écouter et prendre en compte leurs idées et leurs points de vue. En conclusion, Brahim Vall dira avoir retenu de son compagnonnage avec Saidou Kaboré, son professionnalisme, son esprit d’ouverture, la simplicité, la courtoisie, la communication. « Il nous quitte malgré lui et malgré nous, c’est ça la vie pour tout fonctionnaire international qui est appelé à vivre d’autres expériences sous d’autres contextes et à apporter ailleurs son expertise et ses propres expériences » s’est incliné BV.

Des opérations en conformité avec la règlementation

M. Mamadou NDim, ancien chef des opérations, aujourd’hui à la retraite, a tenu à assister à la cérémonie pour exprimer ses sentiments à l’égard de M. Saidou Kaboré. « Je retiens de Monsieur le Représentant, le professionnalisme et le sens des relations humaines » a-t-il déclaré. S’agissant des opérations, il déclare que ses collègues et lui ne lui ont jamais posé un problème, aussi grand soit-il, sans qu’il ne lui ait trouvé une solution, dans les règles des procédures règlementaires. D’ajouter, en citant un adage local « quand on dit que quelqu’un est bon, on ne peut plus rien ajouter, parce qu’on ne peut pas aller au-delà ».

Kaboré, un homme de bien

Senath Aidara (à gauche) remettant un cadeau au représentant Kaboré – Crédit Aidara

M. Seynath Aidara, Représentant assistant, a de son côté déclaré au Représentant, « la Mauritanie est ton pays, tu as ici de la famille, tu y seras toujours le bienvenu ». Il a déclamé par la suite deux proverbes, l’un de Haïti, le nouveau poste de M. Saidou Kaboré, qui dit « demander son chemin ne veut pas dire qu’on est perdu », l’autre dans la langue Sénoufo du Burkina, son pays d’origine, qui dit « le pardon, la tolérance et la sagesse, sont le langage des hommes forts », avant d’étaler les qualités d’un homme qu’il a su respecter tout au long des trois ans de son mandat.

Un 8ème programme achevé avant le délai

Bocar MBaye (caftan blanc en face), à sa droite Mme Lô et sa gauche Dr. Boutou – Crédit Aidara

A son tour, M. Bocar Mbaye, Chargé de Programme sécurisation des produits santé de la reproduction et planification familiale, a souligné que M. Kaboré a contribué grandement à la réalisation des objectifs professionnels et humains qui leur étaient fixés. « Sur le plan professionnel, nous avons senti que le bureau pays a été à la hauteur des résultats qui lui étaient assignés, notamment par rapport aux objectifs fixés dans le 8ème programme et que le bureau a atteint avant même la dernière année » a-t-il souligné. Parlant du programme qui le concerne et qui constitue selon lui le gros du mandat de l’UNFPA, Bocar Mbaye, a évoqué l’importante contribution de M. Kaboré qui en fait aujourd’hui l’ami des sages-femmes. « A son arrivée, il a contribué grandement à l’amélioration de la pratique sage-femme en Mauritanie. Nous savions que les sages-femmes existaient et étaient formées, mais le renforcement de leurs capacités n’était pas à la hauteur. Il a véritablement contribué à améliorer de manière sensible la capacité des sages-femmes qui contribuent grandement à la réduction de la mortalité maternelle et infantile en Mauritanie » a-t-il témoigné.

Sur le plan humain, Bocar dit qu’il citera le témoignage des partenaires, notamment le Ministère de la Santé, qui a reconnu selon lui les succès enregistrés, notamment la Campagne PF qui fut un grand succès et qui a permis d’impulser la planification familiale au niveau du pays. « Pour cela, nous disons merci à M. Kaboré, merci pour avoir boosté le mandat de l’UNFPA et merci d’avoir mis la barre très haut, parce que là on n’a plus le droit de redescendre en bas ». Parlant aussi au nom de la Mutuelle de l’UNFPA, il a tenu à souhaiter à M. Kaboré une bonne suite dans sa carrière.

Haïti la chanceuse reçoit Kaboré

M. Saidou Kaboré (à droite) et M. Anthony (costume sombre) à gauche – Crédit Aidara

M. Anthony Ohemeng-Boamah, Coordinateur résident du Système des Nations Unies en Mauritanie, présent à la cérémonie d’adieu ainsi qu’une partie de son staff, a détendu l’atmosphère avec quelques farces, avant de déclarer que M. Saidou Kaboré peut être fier de se son passage en Mauritanie. « Etre coordinateur, et il le sait, c’est comme si on te confiait des chats, avec leurs esprits bizarres, et il faut savoir conduire son équipe, accompagner le pays de résidence ; j’avais confié la tâche la plus difficile à Saidou, le suivi-évaluation, le reporting et programmation, tâche difficile qu’il a accomplie avec brio » a-t-il souligné. D’ajouter, « la raison pour laquelle il a réussi, vous l’avez tous dit, son professionnalisme, son esprit d’écoute et de collaboration, sa gentillesse et son honnêteté, toutes ses valeurs que vous lui avez attribuées, et cela fait que mon équipe a bien fonctionné et que nous avions pu donner à la Mauritanie ce que nous avions eu de meilleur au niveau du Système des Nations Unies ».

M. Anthony (à gauche) remettant un cadeau à M. Saidou Kaboré sous le regard de Fatimata Kane – Crédit Aidara

Parlant de Haïti, M. Anthony rapporte avoir rencontré récemment à Genève son collègue, le Coordinateur résident de Haîti, et il lui a dit « je vous envoie toujours mes meilleurs éléments, parce qu’il y a déjà deux anciens représentants résidents qui étaient en Mauritanie et qui sont partis vers ton pays, dont celui de la Banque Mondiale, et là, je vais t’envoyer le meilleur, M. Saidou Kaboré ». M. Anthony de poursuivre « il est vrai que Haïti est un terrain difficile, c’est un pays qui a besoin de quelqu’un comme Saidou, car ce pays a toujours connu des difficultés depuis son indépendance, peut-être que cela est lié à son histoire, et au fait que les aléas climatiques et environnementales n’ont pas permis à ce pays, pourtant l’un des premiers pays indépendants, à trouver la stabilité et changer la vie de ses citoyens ». Et de lancer une boutade « peut-être que ce pays n’attend que M. Saidou Kaboré pour changer le cours de son histoire ».

La réussite du mandat est celle d’une équipe

M. Saidou Kabore – Crédit Aidara

Prenant la parole, M. Saidou Kaboré, si prolixe en général, fut étonnamment bref cette fois-ci, peut-être pour ne pas succomber à l’émotion. Il a tenu à dire merci à ses collaborateurs pour ce qu’ils lui ont apporté. Il a déclaré dans la foulée, « les résultats auxquels nous sommes parvenus, ce sont les résultats d’une équipe, car quel que soit celui qui coordonne, je dirais le contremaître, c’est de dire ce qu’il faut faire, parfois même on ne sait même pas ce qu’il faut faire, mais c’est vous qui savez ». Il dira par exemple que s’il s’agit de questions liées au genre, c’est Mme Khadijetou Lô, la spécialiste à qui il faut s’adresser, s’il s’agit de santé de la reproduction, c’est Dr. Boutou, etc. « Moi je sais qu’il faut le faire, mais comment, c’est vous qui le savez. Je tiens à vous remercier pour l’atteinte de tous ces résultats » a-t-il de nouveau réitéré.  Il a par la suite demandé pardon à tout le staff pour les désagréments et les pressions exercées sur eux tout au long de son mandat, « mais c’est pour le bien de tous, car si les résultats tombent et qu’ils sont satisfaisants, tout le monde est content » a-t-il plaidé.  Il a remercié tout le monde, les chauffeurs, le personnel de surface et ses autres collaborateurs.

vue partielle de la salle – Crédit Aidara

Plusieurs autres témoignages ont émaillé la rencontre, Mme Lô, Chargée du programme VBG, Mme Bassoum, Chargée de programme sage-femme, Mamadou Bâ, Chargé de communication, Mme Houda, suivi-évaluation, Bobane et Sow, chauffeurs, Leïla Abass, réseaux sociaux, Mme Selbé et Haby, personnels de surface.

Réunion trimestrielle programme pays au Ministère des Affaires Economiques – Crédit unfpa mauritanie

A noter qu’avant son départ, M. Saidou Kaboré avait co-présidé au Ministère des Affaires Economiques et de la Promotion des Secteurs Productifs, la réunion trimestrielle de coordination du programme pays UNFPA-Mauritanie. Il avait remercié dans ce cadre le gouvernement mauritanien pour les avancées enregistrées dans la mise en œuvre des engagements de Nairobi

Il avait aussi rendu visite à plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres de la Santé, de l’Education Nationale, des Affaires Etrangères, de l’Emploi, de la Culture, le Commissaire aux Droits de l’Homme, entre autres. Partout, l’hommage rendu à M. Kaboré a été élogieux. Pr. Cheikh Baye Mkheitirat, conseiller du ministre de la Santé a twitté à ce propos « un homme intègre, discret et efficace, au revoir cher ami et ami de la Mauritanie ».

La cérémonie d’adieu marquant le départ de M. Saidou Kaboré, s’est achevée par la remise de cadeaux, une photo de famille et un copieux déjeuner.

Cheikh Aïdara