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Le Commissariat aux Droits de l’Homme partage la stratégie nationale de promotion de la société civile avec les partenaires

Le Commissaire aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile, M. Cheikh Ahmedou Ould Ahmed Salem Ould Sidi, a ouvert le 14 octobre 2021 à Nouakchott, un atelier de partage de la stratégie nationale de promotion de la société civile avec les partenaires techniques et financiers.

Le présidium avec le discours du Commissaire aux Droits de l’Homme – Crédit Aidara

Les participants à l’atelier de partage de la stratégie nationale de promotion de la société civile, organisé à Nouakchott le 14 octobre 2021 par le Commissariat aux Droits de l’Homme, ont suivi une présentation sur les principaux axes de la stratégie ainsi que la méthodologie de son plan d’action. Cette stratégie traduit les efforts consentis par les pouvoirs publics pour améliorer la performance de la société civile, sur la base d’un diagnostic réel de son fonctionnement et sur la base de propositions pour la mise en place de mécanismes de qualification capable de lui faire jouer son rôle de pilier important dans le développement du pays.

Dans le mot prononcé à l’occasion, le Commissaire a expliqué que son institution continuera de travailler avec la société civile en vue d’encadrer et de professionnaliser l’espace associatif, à travers une nouvelle loi qui la régira et par la création d’un nouveau système d’information et de suivi, mais aussi par le lancement d’un processus d’évaluation du Forum des acteurs non gouvernementaux et la réactivation du fonds d’appui professionnel destiné aux ONG.

Il a ajouté que la stratégie nationale de promotion de la société civile, qui a été élaborée, permettra un diagnostic complet de l’état des organisations de la société civile dans notre pays en termes de forces, faiblesses et besoins, permettant ainsi une connaissance de la situation et les moyens pour l’améliorer.

Il a souligné que cette stratégie constitue une opportunité pour identifier les acteurs impliqués dans la promotion des organisations de la société civile afin de mobiliser les pouvoirs publics, les partenaires techniques et financiers et les partenaires au développement à travers le cadre pratique qu’elle constitue.

Il a indiqué que la stratégie comprend une étude sur la situation de référence des organisations de la société civile en Mauritanie. Elle a identifié, selon lui, les leviers qui peuvent être activés afin de promouvoir la société civile à travers sept axes principaux. Il s’agit notamment de l’amélioration du cadre juridique, la participation active des organisations de la société civile dans la formulation, la mise en œuvre et le suivi des politiques et programmes de développement, la mise en place d’un système d’information spécial, le renforcement de la capacité et de la qualification professionnelle de ces organisations, et enfin, l’amélioration des mécanisme d’accès aux financements.

Il a ajouté que parmi ces axes figurent le renforcement de la gouvernance interne, le devoir de responsabilité et de transparence dans le travail des organisations de la société civile, la structuration et l’organisation des organisations non gouvernementales concernées par le développement, pour en faire de véritables moteurs de progrès pour le pays.

Le Commissaire aux droits de l’homme a souligné que la stratégie de promotion de la société civile découle d’une vision fondée sur la nécessité de faire progresser la société civile en tant que force de propositions et de visions alternatives, et en tant qu’acteur du développement économique et social. Il s’agit, selon lui, de faire de l’investissement dans les organisations de la société civile un élément essentiel pour façonner l’avenir et le développement du pays.

Il a souligné que son institution supervisera la mise en œuvre de cette stratégie avec la participation de toutes les parties concernées, afin d’atteindre les objectifs attendus, y compris la création d’un cadre pratique de coordination qui permettra une meilleure participation des organisations de la société civile dans la formulation, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des politiques de développement économique et social du pays.

A son tour, le Chef du Département Gouvernance à la Délégation de l’Union européenne en Mauritanie, M. Jérôme Leboc, a exprimé toute la joie qu’il ressent en présentant le rapport sur la stratégie nationale de promotion des organisations de la société civile de développement, qui revêt une grande importance pour l’Union européenne.

Selon lui, l’Union européenne attache une importance particulière au rôle de la société civile dans le développement, notant que la coopération entre la Mauritanie et l’Union européenne converge dans ce sens.

La cérémonie d’ouverture de l’atelier s’est déroulée en présence du Commissaire adjoint aux droits de l’homme et le Président du Forum des acteurs non étatiques.

Cheikh Aidara


Pour 40 Millions MRU, le Commissariat aux Droits de l’Homme finance 119 activités à travers 26 pôles de développement intégrés

C’est à partir des locaux de la Direction à l’Action Humanitaire relevant du Commissariat aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile que sont parties le 8 octobre 2021, plusieurs missions chargées de mettre en place les comités de gestion locale dans le cadre du programme pilote des Pôles de développement intégré. Entièrement financée par le Commissariat, cette action de grande envergure cible les populations les plus pauvres en milieu rural et semi-urbain dans 11 Wilayas, soit deux ou trois villages par Wilaya.

Au total, 26 pôles de développement intégré ont été identifiés pour 119 activités dans diverses composantes : agriculture, développement animal, activités génératrices de revenus, etc. Coût de l’opération, 40 millions MRU du budget de l’Etat pour l’année 2021. A noter que les villages bénéficiaires ainsi que les composantes de développement ciblées, ont été identifiés dans le cadre de missions envoyées en juin 2021, de manière participative avec les autorités administratives, les élus, les services régionaux et les organisations de la société civile.

Les missions dépêchées en octobre dernier, superviseront la formation des comités locaux de gestion au niveau de chaque village. Des comptes seront ouverts au nom de ces comités, auxquels seront transférés les fonds alloués à cet effet. Elles se chargeront également d’évaluer certaines activités dont la valeur n’a pas été déterminée à l’avance.

Le programme modèle des pôles de développement intégré interviendra dans les Wilayas du Sud (Trarza, Brakna, Gorgol, Guidimagha), de l’Est (Tagant, Assaba, les deux Hodhs) et du Nord (Inchiri, Adrar, Tiris-Zemmour) .

Cheikh Aïdara


DECLARATION : ALERTE EN MILIEU RURAL !

La campagne agricole 2021-2022 semble être compromise par plusieurs facteurs : un retard pluviométrique, les pluies n’ayant démarrée qu’au mois d’août, et une mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies.  

En effet, du Guidimakha au Gorgol, Assaba, Brakna et Tagant les pluies ont été rares et cette situation risque fort d’accentuer le taux d’insécurité alimentaire, déjà très élevé au niveau national depuis 2011.

En terme de Malnutrition Aiguë Globale (MAG), selon l’enquête SMART d’août 2021, la Wilaya de Guidimakha est la plus touchée avec une prévalence de 22.3% avec 4.1% de Malnutrition Aigüe Sévère (MAS) et fait face à une situation nutritionnelle critique dépassant de loin les seuils d’urgences nutritionnels de l’OMS (MAG >15% and/or MAS>2%). La situation nutritionnelle dans les autres régions du pays, à l’instar de l’Assaba, Gorgol, Tagant et le Brakna reste aussi très préoccupante.

Au niveau pastoral, on constate d’ores et déjà :

  • Un faible remplissage des mares et des cuvettes, ce qui entraine des difficultés d’abreuvement du cheptel ;
  • Une mauvaise croissance et rareté des pâturages, ce qui risque d’intensifier les flux des transhumants dans les pays en insécurité comme le Mali ou le prolongement de leur séjour ;
  • Démarrage précoce de la transhumance du bétail des autres régions exerçant une forte pression sur les ressources et provoquant les conflits entre éleveurs et agriculteurs.

La situation est davantage alarmante, dans un contexte de hausse des prix de denrées alimentaires de première nécessitées (riz, huile, sucre, céréale etc..) rendant difficile l’accès à la nourriture pour les plus pauvres.

A cela s’ajoute encore la pandémie de la Covid-19 qui a paralysé les activités du secteur informel et contrarié les échanges des biens transfrontalières.

Au regard de ladétérioration des conditions de vie consécutives aux avatars agro climatologiques, Nous, Organisations de la Société Civile intervenant dans la Sécurité Alimentaire et Nutrition, signataires de cette Déclaration, manifestons notre inquiétude face à cette situation qui mérite une intervention urgente.

Attirons l´attention des pouvoirs publics sur les incidences négatives de ce contexte difficile sur les populations rurales vulnérables de la région du Guidimakha (pasteurs, agriculteurs, enfants, FEFA) et les exhortons à prendre des mesures rapides pour atténuer leur souffrance.

Enfin, d’endiguer les conséquences qui peuvent découler de cette situation exceptionnelle recommandons ce qui suit :

  • La mise à disposition d’aliment bétail à des prix avantageux ;
  • La mise à disposition des médicaments vétérinaires ;
  • Appui à la campagne maraichère 2021-2022 par l’innovation de l’introduction de l’arboriculture et la filière Moringa;
  • Assistance aux ménages vulnérables en tenant compte des transhumants exclus des interventions depuis 2011 à travers le Ministère de l’Elevage ;
  • L´opérationnalisation du système de référence (CRENIS, CRENAS, CRENAM) pour une meilleure prise en charge des enfants et FEFA malnutris ;
  • Maitriser la hausse des prix par l’approvisionnement en denrées des boutiques Emel ;
  •  Développement des assistances conditionnelles notamment, les activités à Hautes Intensité de Main d´Œuvre (HIMO) ;
  • Redynamisation de la Coordination Régionale de la Sécurité Alimentaire ;
  •  Redynamisation de la coordination régionale de la Nutrition.  

                                                                                                               Fait à Sélibaby, Lundi, 18 octobre 2021

Liste des organisations signataires de la Déclaration 

  • Réseau des Organisations sur la Sécurité Alimentaire (ROSA) ;
  • Alliance Société Civile Scaling Up Nutrition Mauritanie (SUN) ;
  • Global Network of Civil Society Organisations for Disaster Reduction (GNDR) Mauritanie ;
  • Union des Coopératives des femmes du Guidimakha (UCFG) ;
  • Association pour le Développement Intégré du Guidimakha (ADIG) ;
  • Association pour une Initiative de Développement de l’Environnement (AIDE) ;
  • Action pour la Santé et le Développement  (ACSADE) ;
  • Association Mauritanienne pour le Développement et l’Alphabétisation (AMDA) ;
  • Association pour la Prospérité des Femmes du Guidimakha (APFG) ;
  • Association Towvigh ;
  • Association Mauritanienne pour l’Eradication de l’Esclavage et de ses Séquelles (AMEES) ;
  • Association  Mauritanienne pour la Promotion des Adolescents (AMPA) ;
  • Association Les Amis de la Santé Avagh ;
  • Association Elwava ;
  • Groupe Recherche Action pour le Développement Durable (GRADD) ;
  • Association des Jeunes pour la Protection de l’Environnement et du Développement (AJPED) ;
  • Association Pour l’Education et Promotion Sociale (APEPS) ;
  • Association Djalaw ;
  • Association Nationale pour le Développement et la Biodiversité (ANDB).


Le Haut Représentant de la Coalition pour le Sahel face à la presse : « la Mauritanie est le meilleur élève dans la mise en œuvre de la feuille de route de N’Djamena »

Le Haut Représentant de la Coalition pour le Sahel, M. Djimé Adoum, faisait face aux médias, mercredi 20 octobre 2021, dans les locaux de la Délégation de l’Union européennes à Nouakchott. Durant cette rencontre avec la presse, il a livré la substance des échanges qu’il a eu avec les autorités sur la mise en œuvre des engagements de la Mauritanie par rapport à la feuille de route de N’Djamena.

De G. à Dr. Pierre-Yves Boissy, Djime Adoum, SEM. Jones Guilym – Crédit Aidara

Aux termes d’une visite qui s’est étalée du 15 au 20 octobre 2021 en Mauritanie, M. Djimé Adoum, Haut Représentant de la Coalition pour le Sahel, a animé mercredi 20 octobre 2021, une conférence de presse au cours de laquelle, il est revenu sur les principaux points abordés avec les autorités, par rapport notamment à la feuille de route adoptée en mars 2021 par les Chefs d’Etat du Sahel lors du Sommet de N’Djamena. Le suivi de la mise en œuvre de cette feuille de route est confiée à la Coalition pour le Sahel, structure de coordination lancée à l’occasion du Sommet de Pau (France) par les Etats membres du G5 Sahel et ses partenaires internationaux. Elle fonctionne à travers quatre piliers complémentaires : lutter contre les groupes armés terroristes (1), renforcer les capacités de défense et de sécurité des Etats de la région (2), soutenir la présence de l’Etat et de l’administration et faciliter l’accès des populations aux services de base (3) et enfin, aider au développement en termes d’emploi, de pauvreté, d’éducation, de santé et d’infrastructures dans les 5 pays du G5 Sahel (4).

« Une très bonne lecture de la situation au Sahel par le Président Ghazouani »

Face à la presse, M. Djimé Adoum, a déclaré à propos de la rencontre lundi 18 octobre 2021 avec le Chef de l’Etat, Mohamed Cheikh Ghazouani : « nous avons échangé longuement avec Son Excellence qui nous a donné une très bonne lecture de ce qui se passe au Sahel et ce qu’il faut faire à la fois dans la prise en charge des questions sécuritaires et de stratégie, pour faire face à cette nouvelle dynamique, et comment les autorités du G5 Sahel peuvent à leur tour échanger davantage, organiser peut-être un mini-sommet pour voir ensemble les questions qui menacent l’espace sahélien ».

Auparavant, il a déclaré avoir rencontré les partenaires techniques et financiers et recueilli, auprès des membres du Comité national de suivi de la feuille de route de la Coalition présidée par le Ministre des Affaires économiques, M. Ousmane Kane, et qui regroupe les membres du gouvernement et les partenaires, les avancées de la Mauritanie par rapport à la Feuille de route en question. Sur cet aspect, il a affirmé : « le comité national de suivi a mis devant nous des résultats extrêmement encourageants », avant d’ajouter « dans le processus de la prise en charge de la feuille de route, la Mauritanie fait partie des meilleurs, sinon, c’est le meilleur élève dans la mise en œuvre de cette feuille de route ».

Il a souligné qu’avant d’arriver en Mauritanie, lui et sa délégation étaient au Burkina Faso et au Niger, ce qui leur a permis d’amener de riches expériences, assez pour alimenter les échanges avec le président Ould Ghazouani. Il a aussi évoqué ses rencontres avec les ministres de la Défense, de l’Intérieur, des Affaires Etrangères, des Affaires économiques, du Secrétaire Exécutif du G5 Sahel ainsi que la visite effectuée au Centre Polyvalent des Jeunes de la commune de Sebkha et la rencontre avec l’Alliance Sahel en Mauritanie.

Officiellement, pas de contact entre le Mali et Wagner

Par la suite, M. Djimé Adoum a répondu aux questions de la presse, soulignant à propos de la présence au Mali de la société russe de sécurité, Wagner, que « les autorités maliennes reconnaissent avoir noué un partenariat avec la Russie, mais ont nié tout contact avec la société Wagner », affirmation contre laquelle, dit-il en substance, sa structure ne peut aller à l’encontre.

Avaient assisté à la conférence de presse, l’Ambassadeur Chef de la Délégation de l’Union européenne en Mauritanie, SE M. Jones Guilym et M. Pierre-Yves Boissy, Coordonnateur du Partenariat pour la Sécurité et la Stabilité au Sahel (P3S). Il s’agit d’un organe placé sous la responsabilité de l’ensemble européen. Il est chargé d’assurer une meilleure coordination et une cohérence renforcée des engagements de l’Union européenne, des Etats sahéliens et des tiers, autour des piliers 2 et 3 de la Coalition pour le Sahel.

Cheikh Aïdara