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Bonne nouvelle pour les domestiques en Mauritanie, bientôt un cadre de dialogue social entre employeurs et employés du secteur

Mise en place du dialogue de proximité entre employeurs et employés dans le secteur domestique. Tel est l’un des objectifs phares de la Feuille de route que le Projet Bridge du Bureau International du Travail (BIT) a présenté au cours d’un atelier de réflexion qui s’est déroulé les 19 et 20 avril 2021 à Nouakchott, en présence de cadres du Ministère des Affaires Sociales, du Ministère du Travail et de plusieurs acteurs représentant les employeurs et les syndicats.

Debout, Marc Ninerola (coordinateur Projet Bridge) lors des travaux de groupe – Crédit Aidara

Pendant deux jours, les 19 et 20 avril 2021, les acteurs sociaux se sont réunis à Nouakchott pour débattre de la Feuille de route du BIT sur la mise en place d’un cadre de dialogue entre employeurs et salariés du secteur domestique.

Grands traits de la Feuille de route

Scindés en trois groupes de travail, les participants à l’atelier de réflexion sur le cadre de concertation dans le secteur domestique, ont procédé au diagnostic de la relation de travail dans l’emploi domestique, la mise en place d’un partenariat social dans le travail domestique par l’identification des partenaires sociaux et le choix des régulateurs, enfin, l’identification d’un socle de conformité dans l’emploi domestique sur la base de l’Arrêté 1797 du 18 août 2011 portant conditions générales d’emploi domestique, des attentes et des intérêts clairement exprimés par les parties prenantes et des propositions issues des négociations.

Il s’agit aussi de créer des espaces d’échanges et de relations, sous forme d’association, d’amical ou de bureau représentant les employeurs d’une part, et d’autre part, des cadres regroupant les employés. Comme il est prévu d’identifier les lieux géographiquement proches pour les différents acteurs.

La régulation de ce cadre de concertation pourrait être portée par les délégations régionales du Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF), les mairies, avec implication des acteurs concernés.

Seul défi à la mise en application de la Feuille de route, l’adhésion des employés et des employeurs.

Actions préliminaires

Le BIT propose aux mandants, notamment le MASEF et le Ministère du Travail, les syndicats et les employeurs dans les régions cibles, un partenariat pour promouvoir le travail décent dans l’emploi domestique en Mauritanie, dans le cadre des principes et droits fondamentaux au travail.

Le rôle du MASEF est fondamental car le département, à travers la Direction de la Promotion Féminine, peut jouer un rôle facilitateur pour la mobilisation des acteurs à travers les réseaux des coopératives féminines, des tables régionales de protection, pour une prise en considération de l’emploi domestique et faire passer des messages de changement. Rapprocher l’emploi domestique du monde du travail ne peut être réalisé que sous l’impulsion du MASEF, en étroite collaboration avec l’administration du travail et les autorités régionales.

L’objectif de ce partenariat tripartite est de rendre les travailleuses et travailleurs domestiques visibles et de rendre leur travail plus productif, de reconnaître le travail domestique comme une activité reconnue sur le marché du travail avec une relation employeur-employé clairement définie, une réglementation des conditions de travail, la reconnaissance et promotion des droits des travailleurs domestiques, leur organisation à travers des coopératives ou syndicats, en les intégrant à la protection législative et sociale.

Le travail domestique, un travail comme les autres

Longtemps stigmatisé et dévalorisé, le travail domestique est jusque-là considéré dans le monde du travail, comme un travail non qualifié ne nécessitant aucune compétence, ni formation spécialisée. Ce sont ces préjugés qui font que le travail domestique a toujours été considéré comme une profession peu digne et non respectable. Ce que l’absence de prise en charge du secteur par les pouvoirs publics n’a fait que renforcer en l’absence de réglementation régissant l’emploi domestique, le laissant à l’humeur des employeurs. Ce qui rend les travailleurs domestiques, notamment les femmes, dans une position marginale dans le monde du travail. D’où l’extrême vulnérabilité des femmes domestiques, en général issues de milieux d’origine servile, de la migration ou de l’exode rural.

Professionnaliser le secteur domestique

L’idée des autorités mauritaniennes, avec l’expertise du BIT, est de professionnaliser le secteur domestique en créant et en développant des compétences professionnelles dans le secteur, ce qui pourrait constituer un bon point d’entrée pour changer les préjugés et promouvoir le travail domestique en tant que « travail » et valoriser les droits des travailleurs domestiques en tant que « travailleurs ». Cela pourrait faciliter un travail décent, de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail et de vie pour les employeurs domestiques.

Un plan ambitieux de développement des compétences de l’emploi domestique est prévu pour la formation professionnelle et la progression de carrière des travailleurs du secteur à différents niveaux.

Ebauche d’un Plan d’action

Il est proposé un plan à court, moyen et long terme.

A court terme, il s’agira de procéder à la cartographie des zones pilotes et expériences à capitaliser en lien avec l’emploi domestique, de mettre en place un cadre de dialogue, engager une étude sur les conditions de travail dans le secteur et une autre sur le régime d’assurance maladie des travailleurs domestiques, mener une enquête cartographique des compétentes, une enquête auprès des employeurs et une cartographie des organisations et des prestataires disponibles en termes de formation.

A moyen terme, il est proposé d’engager un dialogue national pour la ratification de la Convention 189 de l’OIT, d’élaborer des modules et la formation des formateurs, la couverture du régime d’assurance maladie d’un groupe pilote de travailleurs domestiques, d’étendre la notification du salaire minimum pour les travailleurs domestiques et de développer la politique nationale des travailleurs domestiques.

A long terme, il est attendu la ratification de la Convention 189, d’élaborer un plan national de l’emploi domestique, de mettre à jour la législation spécifique pour les travailleurs domestiques et de mettre en place et de réglementer les agences d’emploi privées spécialisées dans le secteur.

A noter que le terme travailleur domestique désigne, aux termes de l’Arrêté 1797 du Ministère du Travail « tout salarié embauché au service du foyer et des travaux attachés à la maison : boy, bonne, cuisinier(e), maître d’hôtel, nurse, berger, chauffeur, gardien, jardinier, etc. » Pour la Convention N°189 de l’OIT, « le travail domestique désigne le travail effectué au sein de, ou pour un ou plusieurs ménages ; c’est toute personne du genre féminin ou masculin exécutant un travail domestique dans le cadre d’une relation de travail ».

Cheikh Aïdara


Lors du neuvième anniversaire de « l’autodafé de Riadh », hommage aux militants Abidine Maatala et Yacoub Diarra

L’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) du député Birame Dah Abeid a célébré le 27 avril dernier à Nouakchott, le neuvième anniversaire de l’incinération de livres théologiques. Connu sous le nom d’« autodafé de Riadh », l’évènement fait référence au quartier Riadh, à Nouakchott, où des ouvrages religieux ont été publiquement incinérés en 2012. 

La commémoration de la journée du 27 avril dernier, rappelant le geste symbolique perpétré par le mouvement IRA en 2012 dans le quartier de Riadh à Nouakchott, a été consacrée cette année à l’hommage rendu à deux militants : Abidine Maatalla et Yacoub Diarra. En l’absence du président du mouvement, Birame Dah Abeid, c’est la vice-présidente, Kadiata Bâ, qui a présidé cette année au neuvième anniversaire de «l’autodafé de Riadh », qui désigne l’incinération de livres religieux. Un geste qui avait créé un véritable séisme socioreligieux en Mauritanie.

Vue partielle de l’assistance – Crédit Aidara

En effet, l’incinération publique d’un lot d’ouvrages théologiques consacrés comme livres religieux de référence dans le pays avait provoqué l’arrestation musclée, dans le quartier Riadh, du président Birame Dah Abeid et de plusieurs de ses militants. Cette arrestation a été suivie par une vague de manifestations menées par des guides religieux. Tout le monde se rappelle sans doute de cette horde vociférante, qui réclamait la tête de Birame. Elle avait d’ailleurs été accueillie aux portes de la présidence de la République par un Mohamed Abdel Aziz coiffé ce jour d’un turban salafiste et promettant aux marcheurs une sanction exemplaire. Pendant plusieurs jours, les appels à l’exécution des « profanateurs du sacré » se sont succédés sur différentes chaînes de télévision.  Au niveau national, plusieurs acteurs politiques avaient condamné l’acte. Et sur le plan international, quelques chancelleries arabes s’étaient également joints à ce mouvement de protestation.

Après quelques mois de prison, Birame et ses compagnons seront libérés sans procès. Un défilé monstre sera à cet effet organisé par le mouvement IRA, entre la prison civile de Nouakchott et son domicile à Riadh, provoquant un rassemblement d’une ampleur démesurée.

Les livres qui ont été incinérés dans un geste symbolique sont considérés par le mouvement IRA comme le « code négrier », par lequel les esclavagistes ont maintenu pendant des siècles des milliers d’hommes et de femmes sous le joug de la soumission et de l’exploitation. Ces livres justifiaient selon le mouvement, un système esclavagiste bâti sur la justification divine de l’esclavage.

La commémoration de ce neuvième anniversaire de l’autodafé de Riadh a été marquée par l’hommage rendu à Abidine Maatalla et Yacoub Diarra. Il s’agit, selon les discours prononcés à cet effet, de « deux militants qui se sont distingués depuis plus d’une décennie de militantisme par leur engagement, leur courage et leur goût du sacrifice ». Selon l’hommage qui leur a été rendu, « malgré les brimades, les emprisonnements et les exactions qu’ils ont subis, ils n’ont jamais renoncé à leur conviction et leur attachement à la lutte contre l’esclavage et l’oppression ». Ils furent ainsi, selon les témoignages, « parmi les héros de l’autodafé de Riadh et parmi les militants qui ont goûté aux affres de la torture policière et de l’emprisonnement ».

Dans le discours en français de Kadiata Bâ, traduit dans les langues nationales et lu par un des militant d’IRA lors de la journée du 27 avril, la vice-présidente du mouvement souligne que l’anniversaire de l’autodafé de Riadh « marque la rupture du mouvement avec une théologie qui entache notre religion et prostitue le Message de notre Prophète, Mohamed (PSL) qui était venu pour parachever les nobles valeurs et préserver la dignité de l’Homme qu’Allah a élu comme son Vicaire sur Terre ».

Kehle Mint Abeid, cantatrice d’IRA – Crédit Aidara

Elle a salué l’adoption du régime déclaratif qui consacre la reconnaissance d’associations et de mouvements jusque-là frappés d’interdit comme IRA, ainsi que le climat de concertation qui prévaut aujourd’hui. « Nous saluons les recommandations et les suggestions des personnalités nationales, dont le député EL Khalil Ould Enahwi qui appellent à la nécessité de la révision de notre patrimoine théologique et islamique pour son adaptation au Coran et à la pure Sunna ». C’est selon elle, la somme de notre vision lors de notre autodafé symbolique. Celui-ci est intervenu, dira-t-elle en substance, après plusieurs appels pour la révision qui consistait à débarrasser notre religion d’interprétations équivoques qui justifiaient le maintien dans les fers de l’oppression d’une bonne partie de notre population.

Mohamed Ould Breik, un des cadres d’IRA, avait auparavant prononcé un discours dans lequel il avait rappelé ce qui s’était passé il y a 9 ans.

Cheikh Aidara


Mauritanie : face à l’explosion de la criminalité, des voix s’élèvent pour appliquer la Charia

Des voix de plus en plus nombreuses se font entendre en Mauritanie pour l’application de la Charia face à la recrudescence des crimes et l’impunité des criminels.

Manif devant un des tribunaux de Nouakchott (photo archives) – Crédit Aidara

Pas un jour ne passe sans son lot de crimes et de cambriolages à mains armées. Des crimes perpétrés par des multirécidivistes fichés par la police et maints fois condamnés. Aguerris par l’ampleur de l’impunité dont ils bénéficient, de la légèreté des peines qui leur sont appliqués et de la nonchalance d’une justice devenue un antre de légèreté, les criminels de plus en plus endurcis, multiplient leurs actes entre deux séjours en prison.

La série de crimes perpétrés en une seule nuit il y a deux jours à Nouadhibou, causant la mort de deux personnes et la blessure grave de trois autres à l’arme blanche, représente un cursus non négligeable de l’ampleur de la criminalité en Mauritanie.

En effet, le banditisme et les gangs armés étaient jusque-là circonscrits à Nouakchott, la capitale tentaculaire de la Mauritanie. Aujourd’hui scindée en trois régions, ces dernières représentent chacune un échantillon représentatif de l’empire du crime. Le cœur de cette faune visqueuse se trouve à Dar-Naïm. Ce département concentre à lui seul 60 % des actes criminels perpétrés à Nouakchott, selon les statistiques de la police divulgués par une source qui a requis l’anonymat. Suivent en ordre non moins négligeables Arafat, Riadh, El Mina, Sebkha et Teyarett. Nulle place dans la capitale n’est plus réellement sûre, prise en tenaille par des bandes de jeunes drogués, perdus et sans repères.

Des actes commis en plein jour

Les actes les plus horribles sont rapportés quotidiennement par les médias locaux. Tels cet incident qui s’est produit il y a quelques jours à Toujounine, où deux jeunes filles et leur maman ont été tailladées à la suite d’une tentative infructueuse de viol. Quant aux attaques à l’arme blanche dans les rues de Nouakchott, elles ne se comptent plus.

La hardiesse des gangs est arrivée à un tel point, qu’ils n’hésitent plus à opérer en plein jour. C’est le cas de l’attaque massive conduite par des jeunes au marché de Sebkha, dépouillant les boutiquiers du coin et détroussant les passants sous la menace de couteaux et de haches.

C’est aussi le cas de cette jeune fille qui a échappé de justesse à Dar-Naïm à un jeune déséquilibré qui voulait l’immoler dans une maison abandonnée.

Des citoyens paisibles sont agressés en pleine nuit dans leur domicile, dépouillés par des bandes de plus en plus hardies. Le crime s’est transporté dans d’autres villes et localités du pays, connus pourtant il y a quelques années pour leur tranquillité, comme Adel Bagrou, Touil, Kiffa, Rosso, Zouerate.

Des voix s’élèvent pour l’application de la Charia

La Mauritanie toute entière est aujourd’hui à la merci d’une multitude de jeunes, victimes du chômage, des divorces intempestifs, de la pauvreté et de la misère qui frappe les trois quarts de la population. La drogue, les séries télévisées, la chute des valeurs, la désocialisation et la déscolarisation, sont autant de facteurs qui ont jeté des milliers de jeunes sur les routes du crime organisé.

Face à tant d’innocentes personnes tombées victimes de ces gangs criminels, des voix s’élèvent de plus en plus hautes pour réclamer l’application de la Charia qui recommande de couper la main du voleur et les membres opposés du brigand et de tuer les auteurs de crimes. Exactement comme cela est appliqué dans plusieurs villes américaines qui continuent selon leurs arguments, à appliquer la peine de mort. « Nous devons appliquer les recommandations divines sur la loi du Talion, nonobstant l’avis des organisations des droits de l’homme et de l’Occident. L’Etat mauritanien doit protéger l’intégrité physique de ses populations, préserver la paix civile et sauvegarder la vie et les biens des citoyens » a déclaré tout dernièrement un imam de mosquée.

Un avis qui n’est pas loin d’être partagé par des pans de plus en plus importants de la population.

Pourtant, les services de police ont toujours, et avec promptitude, arrêté tous les auteurs de crime, dans des délais relativement courts. Tous les cas de cambriolages, de viols, de vols, et de meurtres ont tous été résolus par la police. Là où le bât blesse, selon plusieurs observateurs, c’est au niveau de la Justice. Ils soutiennent que « la police arrête et la justice relâche ». Plusieurs dossiers judiciaires devant les tribunaux ne connaissent pas selon eux les mêmes traitements. Des meurtriers retrouvent la liberté trop tôt, au bout de deux ou de trois ans, alors qu’ils doivent être condamnés au moins à la perpétuité, selon l’un des observateurs. Aujourd’hui, une partie non négligeable de la population demande tout simplement qu’ils soient exécutés. Pour l’exemple.

Cheikh Aïdara


Le Stade de Nouadhibou ou le bras-de-fer entre Taleb Sid’Ahmed et Ahmed Ould Yahya

Construit par l’Etat mauritanien pour abriter la Coupe d’Afrique des Nations des U-20 que la Mauritanie a abrité du 14 février au 6 mars 2021, le Stade de Nouadhibou est actuellement l’objet d’un bras-de-fer terrible entre la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) et le Ministère de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports. Qui de Taleb Sid’Ahmed ou de Ahmed Yahya sortira vainqueur de cette guerre ?

Le Stade de Nouadhibou

Depuis que les lampions de la CAN U-20 se sont éteints, les convoitises se sont attisés autour de la gestion du Stade de Nouadhibou, un joyau construit par l’Etat mauritanien pour la bagatelle de 1,5 milliards anciennes ouguiyas. C’est d’abord le maire de Nouadhibou, El Ghassem Ould Bellali qui a réclamé la paternité de l’ouvrage, soulignant que la gestion du stade relève de la compétence de la municipalité de Nouadhibou. Ce que la FFRIM, sous la conduite de son président, Ahmed Ould Yahya a vite rejeté. Résultat, aucune compétition nationale de football ne s’est joué dans ce complexe sportif. Pour Ahmed Yahya (texte en arabe), la gestion du stade doit relever des prérogatives de la FFRIM. Pour Ghassem Ould Bellali, le nouveau stade a été érigé sur les décombres du stade municipal, ce qui fait que sa propriété revient à la commune de Nouadhibou.

C’est dans ce climat délétère que la Zone franche de Nouadhibou est intervenue dans le différent en signant avec la Fédération un contrat qui stipule que la gestion du stade de Nouadhibou est confiée à la fédération de football pour une durée de 20 ans renouvelable.

Nouveau rebondissement, le Ministère de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports a aussitôt publié une note, soulignant que la gestion des infrastructures sportives relève de la compétence du département des Sports. Il a rappelé que la FFRIM elle-même est placée sous la tutelle du Ministère.

C’est dans ce cadre qu’il a décidé de confier la gestion du stade de Nouadhibou au Complexe Olympique de Nouakchott (voir communiqué ci-dessous).

Ce bras-de-fer qui oppose d’une part, le président de la FFRIM au maire de Nouadhibou et de l’autre au Ministère des Sports, va se terminer au bénéficie de quel des trois protagonistes ? C’est ce que l’avenir proche nous permettra de savoir. En tout cas, il fait ressortir une crise profonde entre le président de la fédération de football et le ministre des Sports. L’arbitrage des plus hautes autorités de l’Etat, le président de la République ou le Premier ministre, est désormais requis pour mettre fin à ce bras-de-fer et ouvrir le stade aux compétitions nationales de football.

Cheikh Aïdara

Communiqué du Ministère de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports sur la gestion du stade de Nouadhibou

Conformément aux dispositions de la loi 2016-029 du 29 juillet 2016, qui annule et remplace la loi 97-021 du 16 juillet 1997 portant organisation et développement de l’éducation physique et sportive.

Dans le cadre de la controverse sur le Stade de Nouadhibou, récemment construit par le gouvernement, et compte tenu des mesures que le citoyen attend pour mettre fin à cette controverse et permettre à chaque citoyen d’accéder également aux établissements sportifs ;

Considérant que le Ministère de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports est responsable des installations sportives, conformément aux dispositions des articles 54, 57 et 58 qui exigent entre autres l’approbation préalable du ministère dans tout ce qui pourrait être considéré comme réforme, construction ou annulation partielle ou complète d’une installation sportive, sa modification ou sa transformation pour autre attribution ;

Le ministère étant le propriétaire de la tutelle des fédérations sportives, conformément à l’article 28 qui l’oblige à veiller au respect des lois et règlements en vigueur par les fédérations nationales sportives.

Le ministère n’ayant pas délivré de mandat, de licence préalable, ni d’autorisation d’approbation de transformation ou de modification de toute allocation à une installation sportive à n’importe quel organisme.

Il a été décidé :

1-À compter de la date du vendredi 23 avril 2021, le stade de Nouadhibou a été mis à la disposition de l’Autorité du Complexe Olympique de Nouakchott qui est chargé de l’ouvrir au public pour pratiquer, gérer et entretenir le sport en attendant la publication des textes réglementaires spécifiques à la responsabilité de l’État et de tous les acteurs sportifs ;

2-Nous demandons à chacun, de par sa position et son degré de responsabilité, de placer l’intérêt général au-dessus de toute autre considération, et de coopérer avec l’administration du Complexe Olympique pour qu’il puisse prendre possession du stade dans de bonnes conditions.