aidara

Droits de l’Homme au Tchad : « des résurgences du passé menacent la réconciliation nationale »

Une nouvelle déclaration du député Birame Dah Abeid circule sur les réseaux sociaux, mettant en garde contre la résurgence des «forces du mal tapies dans les rouages de l’appareil de l’Etat». Selon lui, ces « résurgences du passé nostalgiques du chaos et des confrontations menacent sérieusement l’ébauche de réconciliation et de concorde nationale que Mohamed Cheikh Ghazouani cherche à instaurer ».

Birame Dah Abeid lors de la conférence du 13 avril 2021 – Crédit Aidara

Plusieurs voix s’élèvent en effet depuis quelques jours pour fustiger le recul des libertés et les tentatives vaines des forces rétrogrades, qui cherchent à réinstaller le climat de confrontations, hérité des pouvoirs précédents.

En toile de fond, la dérive autoritaire des autorités régionales de l’Adrar qui semblent vouloir, selon ces voix, réinstaller la Mauritanie dans le cercle vicieux des confrontations intercommunautaires. Ces autorités ont arrêté il y a quelques jours trois militants de l’ONG SOS Esclaves, dont la Coordinatrice régionale.

Il y a aussi l’affaire de « Ouadane » que l’ONG SOS Esclaves avait soulevée. L’organisation dénonçait alors le don d’esclaves comme partie intégrante de la dote d’une épouse appartenant à une famille aristocratique de la ville.

Cette affaire a été dénoncée par plusieurs ONG des droits de l’Homme. Ils ont fustigé l’immixtion dans le dossier de certains pans du pouvoir hostiles aux abolitionnistes, malgré l’engagement de la Mauritanie dans la lutte contre l’esclavage.

L’épisode de « Ouadane » a été marqué aussi par le limogeage du chargé de communication de SOS Esclaves, Kory Ould Sneiba, de son poste de chargé de communication du Ministère de l’Education et de la Réforme quelques jours après sa nomination.

A rappeler également que la Commission nationale des droits de l’homme, conduite par son président Mohamed Salem Ould Bouhoubeiny, accompagné par un représentant du Haut-commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme en Mauritanie, s’était rendue à « Ouadane » pour enquêter sur cette affaire présumée d’esclavage. SOS Esclaves, invitée à se joindre à la délégation aurait rejeté l’offre, selon Ould Bouhoubeiny. Aux termes de l’enquête, la Commission nationale des Droits de l’Homme, avait organisé une conférence de presse au cours de laquelle elle a démenti les allégations. SOS Esclaves a riposté en organisant à son tour une conférence de presse, en présence de la Coordinatrice de l’organisation en Adrar, Eziza Mint Brahim, qui a confirmé les faits et traité les conclusions de la Commission des droits de l’homme de mascarade.

C’est dans ce climat délétère que s’inscrit la sortie de Birame Dah Abeid, leader du mouvement antiesclavagiste, IRA. Il semble ressentir le devoir de tirer sur la sonnette d’alarme face à ceux qu’il appelle « les fossoyeurs du climat de paix ». Selon lui, ces rameurs en eaux troubles cherchent à saper le climat d’apaisement et d’entente que le régime actuel cherche à instaurer, en ouvrant des canaux de communication directe avec l’ensemble des acteurs de la scène politique et des droits de l’hommiste du pays. Cette accalmie sociale et politique que le président Ghazouani a ramené dans le pays depuis son arrivée au pouvoir, dérange selon Birame, les tenants du chaos et de la division.

Ces thèmes reviennent de plus en plus dans les discours du président d’IRA, notamment lors de ses dernières conférences de presse qu’il a animées récemment, dont celle du 13 avril 2021 au siège du parti RAG aux P.K 10.

Cheikh Aïdara


Mauritanie : contre-attaque dans l’affaire Aziz, après les dernières sorties de l’ex-président

Après un mois d’accalmie depuis les charges portées contre l’ancien président Mohamed Abdel Aziz, l’affaire prend une nouvelle tournure. Le pôle d’enquêteurs vient de mettre sous scellé plus d’une centaine de véhicules, meubles et immeubles. Il s’apprêterait à entendre l’homme politique, placé sous contrôle judiciaire par le Parquet général. La bagatelle de 41 milliards anciennes ouguiyas a aussi été saisie de différents comptes. L’homme politique est poursuivi avec une dizaine de ses collaborateurs pour malversations durant ses deux mandats (2009-2019).

Selon des sources concordantes, le pôle d’enquêteurs de la police des crimes économiques a mis sous scellé ce vendredi 16 avril 2021 plus d’une centaine de véhicules qui appartiendraient à l’ancien président Mohamed Abdel Aziz. Ces mêmes sources soutiennent que les locaux de la Fondation Errahma de son défunt fils Ahmedou, auraient été mis également sous scellé, avec à l’intérieur, plusieurs dizaines de véhicules tout terrain.

Il est aussi question de la convocation, mercredi 21 avril prochain, de Mohamed Abdel Aziz, pour sa première audition après les charges portées contre lui en mars dernier par le Parquet général. L’ex-président est poursuivi pour corruption, blanchiment d’argent, enrichissement illicite, dilapidation de biens publics, octroi d’avantages indus et obstruction au déroulement de la justice.

Placé sous contrôle judiciaire, l’ancien président qui est assigné à résidence à Nouakchott, devrait se présenter trois fois par semaine pour signer son acte de présence dans la Capitale. Plusieurs demandes qu’il a formulées pour se rendre à son ranch sur la route d’Akjoujt ont été rejetées.

« Tournant en rond comme un fauve enragé », selon ses proches, Mohamed Abdel Aziz aurait décidé ces derniers temps de faire bouger les lignes, en faisant tapage pour se faire rappeler au bon souvenir des Mauritaniens.

Premier acte, une énième tentative de revenir sur la scène politique, par l’acte d’intégration conclu le 10 avril 2021 avec le parti « Ribat Al Watan » de Saad Ould Louleid, ancien transfuge du mouvement IRA soupçonné à l’époque de sa défection de connivence avec le régime de Mohamed Abdel Aziz. C’est d’abord, une intégration tambour battant à un parti politique jusque-là quasi méconnu sur la scène politique, le parti en question n’ayant obtenu le moindre siège au cours des dernières municipales et législatives de 2018.

La première tentative était celle opérée auprès du parti unioniste démocrate socialiste de Mahfoudh Ould Azizi. Après avoir acheté un immeuble pour la bagatelle de 14 millions anciennes ouguiyas pour y inaugurer sa première sortie publique, la manifestation fut interdite, l’immeuble consigné et le parti suspendu.

Cet acte a été précédé d’une campagne de relation publique déclenchée par ses avocats, en l’occurrence Me Ichidou. Il a alterné entre coups de menaces et sorties d’éclats contre les poursuivies entamées contre son client.

La démarche a même compris une menace de saisine de l’Union africaine et de la Ligue Arabe. Cette dernière dénonce « un acharnement purement politique contre l’ancien président ».

Pour ajouter davantage de cacophonie à une ambiance déjà délétère et compléter la bataille de communication engagée par l’ex-président et sa défense pour prouver son « innocence », une interview à Jeune Afrique le 15 avril 2021 à Nouakchott, par le biais d’un des journalistes de l’hebdomadaire, Justine Spiegel.

Dans cet entretien, Mohamed Abdel Aziz botte tout en touche et réclame un héritage de bonne gestion, critiquant au passage l’actuel pouvoir qui selon lui, est en train d’appauvrir le peuple et de remettre en cause plus d’une décennie de redressement pour une « Mauritanie nouvelle » (voire l’interview dans J.A).

Derniers rebondissements dans cette affaire de biens mal acquis, une commission rogatoire pour la quête de biens appartenant à l’ancien président et son cercle familial en France et en Turquie.

Cheikh Aïdara


Le Ministère de l’Emploi va lâcher 50 conseillers-emplois sur l’ensemble du territoire

À la fin du Ramadan, les quinze guichets emplois répartis sur l’ensemble du territoire national recevront leurs premiers conseillers-emplois. Un corps de métier que le Ministère de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports, vient de relancer avec l’appui de l’Union européenne (UE), du Bureau International du Travail, et de l’Agence Française de Développement (AFD). En 2013, l’ANAPEJ avait formé 41 conseillers-emploi.

Le Ministre Taleb Sid’Ahmed (à droite) avec ses partenaires – Crédit Aïdara

« Il ne nous reste plus que deux semaines de formation pour doter le pays de coachs dans le domaine de l’emploi, en mettant à disposition des cadres qui seront chargés d’encadrer, d’accompagner et d’orienter les porteurs de projets et les demandeurs d’emplois au niveau de toutes les régions de la Mauritanie ». C’est en ces termes que le formateur du Bureau International du Travail (BIT), mis à la disposition du Ministère de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports, est revenu sur un curricula conçu à l’adresse de la cinquantaine de cadres que le département de l’Emploi et l’Agence « Tachkil », ex-ANAPEJ, ont mobilisé pour ce nouveau corps de métier qu’est le conseil-emploi.

Les stagiaires lors du passage du Ministre et des partenaires – Crédit Aidara

Accompagner les demandeurs d’emploi

Cette déclaration a été faite en marge de la visite d’inspection, effectuée lundi 12 avril 2021 au Stade Olympique de Nouakchott, par M. Taleb Ould Sid’Ahmed, Ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports. Il était en compagnie du Point Focal du BIT, des représentants de la Délégation de l’Union européenne à Nouakchott et de l’AFD.

En cours de formation – Crédit Aidara

« Nous allons briser la chaîne qui sépare le Ministère de l’Emploi et l’Agence « Tachkil » pour mettre dans un panier commun le secteur de l’emploi » a déclaré Taleb Sid’Ahmed, lors d’une rencontre très décontractée qui l’a réuni avec les stagiaires. « Les Inspecteurs de la Jeunesse et des Sports vont ainsi s’imprégner des notions d’emploi, ce qui va très bien d’ailleurs leur permettre de mener leurs missions sur la base de leur spécialité jeunesse et les agents de l’ex-ANAPEJ vont apporter leur expérience » a-t-il poursuivi.

Les conseillers-emplois seront déployés dès la fin du Ramadan dans les quinze Wilayas (régions) du pays, en attendant de former davantage de conseillers pour couvrir l’ensemble des Moughataas (départements). Ils devront, selon le ministre, renforcer les guichets-emplois déjà sur place. Il s’agira pour ces techniciens de l’emploi d’accompagner, d’encadrer et d’orienter les porteurs de projets et les demandeurs d’emplois. Formulation de business plan, écriture de CV et demandes d’embauche, techniques d’entretien, comptabilité…Autant de domaines que les conseillers-emplois devront embrasser, en plus du sens de l’écoute, pour aider le département de la Jeunesse et des Sports à réaliser son projet de plein emploi et réduire considérablement le taux de chômage.

Féderico Barroeta lors de son intervention (entre le Ministre et la représentante de l’AFD) – Crédit Aidara

Une initiative qui répond au nombre croissant de demandeurs d’emplois

Le Ministre de l’Emploi a indiqué que le pays a besoin de beaucoup de conseillers-emplois face à la demande croissante du marché du travail et les opportunités offertes dans le domaine de l’auto-emploi, de l’entreprenariat, de la demande forte des coopératives à l’intérieur du pays et des débouchés énormes du secteur sylvo-agro-pastoral.

« Je ne me verrais plus coincer dans la circulation ou envahi dans mon bureau par des jeunes qui me demandent, désemparés, Monsieur le Ministre, aidez-nous à trouver de l’emploi, nous avons des dossiers et nous ne savons pas à qui s’adresser. Dorénavant, ils auront des interlocuteurs prêts à répondre à leurs sollicitations » a lâché le Ministre de l’Emploi. Selon lui, avec la rénovation des Maisons des Jeunes, qui abritent déjà les guichets-emplois, les chercheurs de travail ou de débouchés, à défaut de trouver réponse à leurs demandes, pourront au moins passer un bon moment, grâce aux animations qui vont faire revivre ces Maisons des jeunes, avec des salles de théâtres, de peintures, de chants, etc.

Tour à Tour, Federico Barroeta, Point Focal du BIT en Mauritanie, Jorge Valliente de la Délégation de l’UE et la représentante de l’AFD, ont mis en exergue l’intérêt d’une telle démarche. Pour Federico Barroeta, « les meilleurs seront retenus comme formateurs en coaching dans le domaine de l’emploi », tandis que Jorge Valliente considère que « ce corps de métier des conseillers-emploi est la pierre angulaire dans la politique publique d’accompagnement des jeunes chercheurs d’emploi ». La représentante de l’AFD a dit toute la disponibilité de sa structure à accompagner les pouvoirs publics dans leur politique d’employabilité des jeunes.

Les stagiaires auront ainsi l’occasion de se familiariser avec des projets déjà expérimentés dans le domaine de l’emploi et de l’auto-emploi comme le Projet Safire de l’Union européenne, le projet « Moustaqbeli » du Ministère de l’Emploi, et d’autres projets comme le Projet Sport-emploi que le département est en train d’initier.

Hamady Diop – Crédit Aidara

« Nous sommes très contents d’avoir bénéficié de cette formation en conseil-emploi, car en tant qu’Inspecteur de la Jeunesse et des Sports, l’emploi est un secteur nouveau pour nous, mais avec les échanges fructueux avec le formateur et nos collègues de « Tachkil » ex-ANAPEJ, nous avons beaucoup appris et nous pensons que nous pourrons mener merveilleusement bien notre mission dans l’encadrement, l’accompagnement et l’orientation des porteurs de projets et des demandeurs d’emplois » a déclaré Hamady Diop, inspecteur de la Jeunesse et des Sports, qui s’est exprimé au nom de ses collègues pour remercier le Ministère de l’Emploi et ses partenaires.

Que sont devenus les conseillers-emploi formés en 2013 ?

À première vue, la formation en conseil-emploi n’est pas une nouveauté en Mauritanie. En effet, 41 agents de l’ANAPEJ ont suivi en 2013 une formation diplômante en conseil-emploi, avec l’appui du BIT, de l’Agence d’emploi du Maroc et le projet TEAM de l’Union européenne. Ces 41 conseillers-emploi de 2013 avaient pour mission, exactement comme ces 50 nouveaux conseillers, d’accueillir et d’accompagner les demandeurs d’emploi dans leur parcours. Il s’agissait pour l’ANAPEJ de construire une offre de service et d’accompagnement de qualité pour répondre efficacement au problème de chômage qui touche plus d’un tiers de la population active du pays, selon l’Enquête permanente sur les conditions de vie des ménages (EPCV 2008).

Ce projet a été mené à l’époque par le Ministère Délégué auprès du Ministre d’Etat à l’Education Nationale chargé de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et des Nouvelles Technologies. Beït Allah Ould Ahmed Leswed, actuel Directeur de l’ANAPEJ était déjà en fonction à la tête de l’agence. Que sont devenus ces 41 conseils-emploi pour qu’une cinquantaine d’autres soient formés aujourd’hui ? Ne risque-t-on pas de tomber dans la quadrature du cercle ?

Cheikh Aïdara


Leadership et innovation, les jeunes de Rosso organisent leur 2ème Foire

Les jeunes de Rosso ont organisé du 2 au 5 avril 2021, la 2ème Foire nationale de partage des bonnes pratiques en matière de leadership et d’innovation, avec la participation de jeunes venus du Sénégal et l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

Vue partielle du public – Crédit Aidara

La Maison des Jeunes de Rosso, capitale du Trarza, a abrité le 2 avril 2021, le lancement de la 2ème Foire Nationale sur le leadership et l’innovation, échanges des bonnes pratiques. La cérémonie d’ouverture a été marquée par le mot de bienvenue du Secrétaire général de la commune, Cheikh Sehla, qui a salué l’initiative des jeunes de Rosso en faveur de la promotion de cette importante frange et du rôle central qu’elle joue dans le développement socioéconomique du pays et de la région du Trarza en particulier.

Auparavant, le Coordinateur du projet, Aly Kébé, devait déclarer que cette deuxième foire est l’aboutissement d’un effort collectif des jeunes de Rosso et qu’elle vise à renforcer leur capacité dans le leadership et l’innovation. Formations pratiques, partage d’expériences, entreprenariat, migration…Tels sont, selon lui, les différents thèmes qui seront abordés au cours de cette foire qui va s’étaler sur quatre jours, avec la participation de jeunes venus du Sénégal.

Bâ Mamoudou lors de son intervention. Aly Kébé (au milieu) et le SG de la commune (en bleu) – Crédit Aidara

Il a évoqué le rôle du leader dans un groupe de travail et d’actions, ainsi que l’importance de la mise en place d’un cadre de leadership dans le développement des pays et le renforcement de la capacité des jeunes.

S’exprimant au nom de l’UNFPA, Bâ Mamoudou, Chargé de communication, a mis l’accent sur le leadership féminin, tout en rappelant les trois résultats transformateurs de l’UNFPA, à savoir 2éro décès maternel évitable, Zéro besoin non satisfait en matière d’espacement des naissances et Zéro violence basée sur le genre.

A noter que la 1ère Foire était axée sur l’entreprenariat agricole et le recyclage et que cette 2ème phase sera marquée par des séries de formation, dont une sur la prise de parole en public, avec des soirées d’animation, et des échanges sur le recyclage, le dialogue entre les aînés et les jeunes.

Cheikh Aïdara