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Lutte contre les VBG, mise en place et équipement des plateformes multisectorielles

Le Secrétaire général du Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF), accompagné du Représentant résident du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) en Mauritanie et leurs staffs, ont procédé mercredi 21 avril 2021 au lancement et à l’équipement des trois plateformes multisectorielles de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) au niveau des trois Wilayas de Nouakchott.

SEM. Saidou Kaboré remettant les dons à la Directrice régionale du MASEF dans l’une des Wilayas de Nouakchott Crédit Aidara

Le Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF) a réceptionné, mercredi 21 avril 2021, des équipements et matériels destinés aux 15 plateformes multisectorielles de lutte contre les VBG installées dans les 15 Wilayas du pays.  Ce don du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) est composé de 15 unités informatiques complètes, 15 imprimantes laser, 15 armoires de rangement, 300 chaises visiteurs, 15 multiprises 10 mètres, 30 onduleurs, 15 cartons rame de papier, 30 recharges imprimantes, 30 produits hygiène, plus un lot d’eau de javel et de détergent, ainsi que 45 classeurs chemises.

A pas de course, la délégation du Ministère des Affaires Sociales et celle de l’UNFPA ont procédé ce 21 avril 2021 à la remise des équipements et matériels aux trois Directions régionales du MASEF au niveau des Wilayas de Nouakchott-Ouest, Nouakchott-Sud et Nouakchott Nord.

Le Secrétaire général du MASEF (SEM. Saidou Kaboré à sa droite) lors de son discoursCrédit Aidara

S’exprimant à cette occasion, le Secrétaire général du MASEF a remercié l’UNFPA pour ce don qui fait, selon lui, « partie de l’accompagnement que le Fonds des Nations Unies pour la Population n’a cessé d’apporter au département des Affaires Sociales, notamment dans le domaine de la lutte contre les VBG ». M. Mohamed Mahmoud Ould Sidi Yahya a indiqué que « dans les prochaines étapes, il y aura aussi le renforcement des capacités des ressources humaines, car les plateformes ont besoin d’assistance technique pour les redynamiser, en partenariat avec les parties prenantes, notamment les organisations de la société civile ».

Echantillon d’équipements et matériels d’une des plateformes multisectoriellesCrédits Aidara

De son côté, le Représentant résident de l’UNFPA en Mauritanie, SEM. Saidou Kaboré a souligné que «la remise des équipements aux plateformes multisectorielles de lutte contre les VBG s’inscrit dans le cadre du programme de coopération entre le gouvernement de la Mauritanie et l’UNFPA ». Il s’agit selon lui, « d’accompagner le Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille dans son plan de prévention des VBG et de prise en charge des survivant(e)s de VBG y inclus l’élimination des mutilations génitales féminines (MGF) et les mariages d’enfants ».

Il a indiqué par ailleurs que « le renforcement des capacités d’intervention des plateformes multi sectorielles de lutte contre les VBG, mises en place par le gouvernement dans les Wilaya permettra de consolider la lutte contre les VBG ». Il a rappelé les résultats de l’enquête conduite par le MASEF en août 2020, qui indiquent que 94,1% des personnes interrogées ont affirmé que la pandémie à COVID-19 a entraîné une forte augmentation des cas de violences faites aux femmes et aux filles.  

Pour le Représentant résident de l’UNFPA en Mauritanie, « ces plateformes sont des réseaux multisectoriels d’acteurs (agents de santé, assistantes sociales, agents de la police/gendarmerie, responsables d’ONG/organisation de la Société civile, fonctionnaires de la justice, etc.) dont le mandat couvre la réponse au besoin des survivantes de VBG, y compris la prévention de ce phénomène inacceptable ».

Ces plateformes constituent selon lui « un cadre d’échanges, de collaboration, de référence et de contre référence au niveau départemental entre tous les acteurs clefs ».  D’ajouter que « cette approche inclusive est une des voies privilégiées pour combattre efficacement les Violences basées sur le Genre ». C’est pourquoi, dira-t-il, « je salue cette volonté du gouvernement d’œuvrer vigoureusement contre les VBG, un frein incommensurable à l’autonomisation des femmes et des filles, les empêchant de contribuer à l’atteinte des objectifs du développement durable et partant du bien-être de l’ensemble des femmes et des hommes de Mauritanie ».

Cheikh Aïdara


Président Ghazouani, rompre avec l’ancien système ou sombrer dans le chaos social

Continuer de recycler les thuriféraires du régime de Mohamed Abdel Aziz ou annoncer une rupture totale avec l’ancien régime : c’est le dilemme auquel le président Ghazouani fait face. Il doit trancher, s’il veut instaurer un consensus national, promouvoir le changement, instaurer la justice sociale, et combattre ceux qui sont tentés de nuire à l’unité, à la sécurité et à la stabilité du pays. Tel est l’appel lancé par quatre partis de l’opposition au cours d’un conclave tenu dimanche 18 avril 2021.

Les dirigeants des partis lors du conclave du 18 avril – Crédit Aidara

Aux termes de près de deux années de gouvernance, le pouvoir de Ghazouani est miné par ce que d’aucuns appellent le retour aux pratiques malsaines des régimes précédents. Le constat revient de plus en plus, de la part des organisations des droits de l’Homme, du corps social et des partis politiques. Le marasme est arrivé au point que des voix jusque-là conciliantes, avec un esprit d’ouverture préconisé par le régime actuel, sortent de leur réserve pour dénoncer le retour insidieux des manœuvriers des anciens systèmes.

C’est la sonnette d’alarme que quatre partis de l’opposition viennent de tirer aux termes d’un conclave qui s’est tenu dimanche 18 avril à Nouakchott. En effet, l’Union des Forces du Progrès (UFP), le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), l’Union Nationale pour l’Alternance Démocratique (UNAD) et le parti SAWAB ont publié un communiqué dans lequel ils ont mis le Chef de l’Etat, Mohamed Cheikh Ghazouani en garde contre « le retour des prévaricateurs et des pratiques du pouvoir de l’ancien président Aziz ». Ils l’ont également invité à « se débarrasser de tout ceux qui ont été impliqués dans ces méthodes et pratiques dévastatrices, toujours en place, et dont les promoteurs bénéficient, à un rythme soutenu, d’un regain de confiance ».

La Mauritanie selon les dirigeants de l’opposition en question, a plus que besoin de consensus et de changement pour instaurer la justice sociale en combattant les prévaricateurs et tous ceux qui sont tentés de nuire à l’unité, à la sécurité et à la stabilité du pays.

Ils estiment que la Nation fait face à plusieurs défis qui peuvent le conduire devant deux scénarii: revenir à la case de départ par le jeu des thuriféraires de l’ancien régime tapi dans les rouages de l’Etat, ou sombrer dans le chaos et l’instabilité.

En toile de fond, la sortie récente à travers les colonnes de l’hebdomadaire Jeune Afrique de Mohamed Abdel Aziz, « visant à tromper l’opinion publique et falsifier les faits, en essayant de jouer le rôle du leader rédempteur ».

En conclusion, les partis cités plus haut ont exhorté le gouvernement à adopter de toute urgence, les règles de bonne gouvernance et de transparence dans la gestion des affaires publiques et à rechercher des solutions appropriées aux problèmes des citoyens.

Il faut rappeler que la scène sociale bouillonne face aux nombreuses manifestations de mécontentement exprimé par des fonctionnaires, des citoyens spoliés ou frappés d’injustice.

L’esclavage foncier revient ainsi avec force, avec les problèmes soulevés à Dar El Barka et à R’Kiz, mais aussi la sulfureuse affaire de Ouadane, les créanciers de Cheikh Ridha, la montée de la criminalité, le chômage endémique, la montée vertigineuse des prix et la chute inexorable des valeurs.

Cheikh Aidara


Droits de l’Homme au Tchad : « des résurgences du passé menacent la réconciliation nationale »

Une nouvelle déclaration du député Birame Dah Abeid circule sur les réseaux sociaux, mettant en garde contre la résurgence des «forces du mal tapies dans les rouages de l’appareil de l’Etat». Selon lui, ces « résurgences du passé nostalgiques du chaos et des confrontations menacent sérieusement l’ébauche de réconciliation et de concorde nationale que Mohamed Cheikh Ghazouani cherche à instaurer ».

Birame Dah Abeid lors de la conférence du 13 avril 2021 – Crédit Aidara

Plusieurs voix s’élèvent en effet depuis quelques jours pour fustiger le recul des libertés et les tentatives vaines des forces rétrogrades, qui cherchent à réinstaller le climat de confrontations, hérité des pouvoirs précédents.

En toile de fond, la dérive autoritaire des autorités régionales de l’Adrar qui semblent vouloir, selon ces voix, réinstaller la Mauritanie dans le cercle vicieux des confrontations intercommunautaires. Ces autorités ont arrêté il y a quelques jours trois militants de l’ONG SOS Esclaves, dont la Coordinatrice régionale.

Il y a aussi l’affaire de « Ouadane » que l’ONG SOS Esclaves avait soulevée. L’organisation dénonçait alors le don d’esclaves comme partie intégrante de la dote d’une épouse appartenant à une famille aristocratique de la ville.

Cette affaire a été dénoncée par plusieurs ONG des droits de l’Homme. Ils ont fustigé l’immixtion dans le dossier de certains pans du pouvoir hostiles aux abolitionnistes, malgré l’engagement de la Mauritanie dans la lutte contre l’esclavage.

L’épisode de « Ouadane » a été marqué aussi par le limogeage du chargé de communication de SOS Esclaves, Kory Ould Sneiba, de son poste de chargé de communication du Ministère de l’Education et de la Réforme quelques jours après sa nomination.

A rappeler également que la Commission nationale des droits de l’homme, conduite par son président Mohamed Salem Ould Bouhoubeiny, accompagné par un représentant du Haut-commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme en Mauritanie, s’était rendue à « Ouadane » pour enquêter sur cette affaire présumée d’esclavage. SOS Esclaves, invitée à se joindre à la délégation aurait rejeté l’offre, selon Ould Bouhoubeiny. Aux termes de l’enquête, la Commission nationale des Droits de l’Homme, avait organisé une conférence de presse au cours de laquelle elle a démenti les allégations. SOS Esclaves a riposté en organisant à son tour une conférence de presse, en présence de la Coordinatrice de l’organisation en Adrar, Eziza Mint Brahim, qui a confirmé les faits et traité les conclusions de la Commission des droits de l’homme de mascarade.

C’est dans ce climat délétère que s’inscrit la sortie de Birame Dah Abeid, leader du mouvement antiesclavagiste, IRA. Il semble ressentir le devoir de tirer sur la sonnette d’alarme face à ceux qu’il appelle « les fossoyeurs du climat de paix ». Selon lui, ces rameurs en eaux troubles cherchent à saper le climat d’apaisement et d’entente que le régime actuel cherche à instaurer, en ouvrant des canaux de communication directe avec l’ensemble des acteurs de la scène politique et des droits de l’hommiste du pays. Cette accalmie sociale et politique que le président Ghazouani a ramené dans le pays depuis son arrivée au pouvoir, dérange selon Birame, les tenants du chaos et de la division.

Ces thèmes reviennent de plus en plus dans les discours du président d’IRA, notamment lors de ses dernières conférences de presse qu’il a animées récemment, dont celle du 13 avril 2021 au siège du parti RAG aux P.K 10.

Cheikh Aïdara


Mauritanie : contre-attaque dans l’affaire Aziz, après les dernières sorties de l’ex-président

Après un mois d’accalmie depuis les charges portées contre l’ancien président Mohamed Abdel Aziz, l’affaire prend une nouvelle tournure. Le pôle d’enquêteurs vient de mettre sous scellé plus d’une centaine de véhicules, meubles et immeubles. Il s’apprêterait à entendre l’homme politique, placé sous contrôle judiciaire par le Parquet général. La bagatelle de 41 milliards anciennes ouguiyas a aussi été saisie de différents comptes. L’homme politique est poursuivi avec une dizaine de ses collaborateurs pour malversations durant ses deux mandats (2009-2019).

Selon des sources concordantes, le pôle d’enquêteurs de la police des crimes économiques a mis sous scellé ce vendredi 16 avril 2021 plus d’une centaine de véhicules qui appartiendraient à l’ancien président Mohamed Abdel Aziz. Ces mêmes sources soutiennent que les locaux de la Fondation Errahma de son défunt fils Ahmedou, auraient été mis également sous scellé, avec à l’intérieur, plusieurs dizaines de véhicules tout terrain.

Il est aussi question de la convocation, mercredi 21 avril prochain, de Mohamed Abdel Aziz, pour sa première audition après les charges portées contre lui en mars dernier par le Parquet général. L’ex-président est poursuivi pour corruption, blanchiment d’argent, enrichissement illicite, dilapidation de biens publics, octroi d’avantages indus et obstruction au déroulement de la justice.

Placé sous contrôle judiciaire, l’ancien président qui est assigné à résidence à Nouakchott, devrait se présenter trois fois par semaine pour signer son acte de présence dans la Capitale. Plusieurs demandes qu’il a formulées pour se rendre à son ranch sur la route d’Akjoujt ont été rejetées.

« Tournant en rond comme un fauve enragé », selon ses proches, Mohamed Abdel Aziz aurait décidé ces derniers temps de faire bouger les lignes, en faisant tapage pour se faire rappeler au bon souvenir des Mauritaniens.

Premier acte, une énième tentative de revenir sur la scène politique, par l’acte d’intégration conclu le 10 avril 2021 avec le parti « Ribat Al Watan » de Saad Ould Louleid, ancien transfuge du mouvement IRA soupçonné à l’époque de sa défection de connivence avec le régime de Mohamed Abdel Aziz. C’est d’abord, une intégration tambour battant à un parti politique jusque-là quasi méconnu sur la scène politique, le parti en question n’ayant obtenu le moindre siège au cours des dernières municipales et législatives de 2018.

La première tentative était celle opérée auprès du parti unioniste démocrate socialiste de Mahfoudh Ould Azizi. Après avoir acheté un immeuble pour la bagatelle de 14 millions anciennes ouguiyas pour y inaugurer sa première sortie publique, la manifestation fut interdite, l’immeuble consigné et le parti suspendu.

Cet acte a été précédé d’une campagne de relation publique déclenchée par ses avocats, en l’occurrence Me Ichidou. Il a alterné entre coups de menaces et sorties d’éclats contre les poursuivies entamées contre son client.

La démarche a même compris une menace de saisine de l’Union africaine et de la Ligue Arabe. Cette dernière dénonce « un acharnement purement politique contre l’ancien président ».

Pour ajouter davantage de cacophonie à une ambiance déjà délétère et compléter la bataille de communication engagée par l’ex-président et sa défense pour prouver son « innocence », une interview à Jeune Afrique le 15 avril 2021 à Nouakchott, par le biais d’un des journalistes de l’hebdomadaire, Justine Spiegel.

Dans cet entretien, Mohamed Abdel Aziz botte tout en touche et réclame un héritage de bonne gestion, critiquant au passage l’actuel pouvoir qui selon lui, est en train d’appauvrir le peuple et de remettre en cause plus d’une décennie de redressement pour une « Mauritanie nouvelle » (voire l’interview dans J.A).

Derniers rebondissements dans cette affaire de biens mal acquis, une commission rogatoire pour la quête de biens appartenant à l’ancien président et son cercle familial en France et en Turquie.

Cheikh Aïdara