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Face au coronavirus, la Mauritanie riposte

Couvre-feu sur toute l’étendue du territoire national, avec fermeture de tous les restaurants, cafés, commerce et interdiction de circuler de 20h à 6h du matin. C’est la dernière mesure prise jeudi 19 mars 2020, par les autorités mauritaniennes pour faire face au Coronavirus. Du coup, les populations ont pris d’assaut les principaux centres de vente, qu’ils ont pratiquement dévalisés, comme si la Mauritanie était réellement entrée en guerre.
Hôpital de Kiffa (Crédit Aidara – archives)

Ainsi, en réponse aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la Mauritanie a mis en place un plan national de préparation et de riposte face à l’épidémie du nouveau coronavirus (Covid-19) avec à la clé un budget prévisionnel de 343 470 750 MRU (soit près de 3,5 milliards UM anciens). A cela s’ajoute la contribution de certains hommes d’affaires, qui ont déjà mis à la disposition des autorités plus de 3 milliards UM anciens.

Cette cagnotte de plus de 6 milliards UM anciens, ajoutée aux 5 millions de dollars US de l’OMS (environ 4 milliards UM anciens),  devrait servir à limiter le risque de propagation du coronavirus en Mauritanie compte tenu des échanges que le pays entretient avec la Chine et un grand nombre de pays affectés. D’une manière générale, ce plan de riposte vise à améliorer les capacités de la Mauritanie en termes de préparation, de prévention, de détection et de riposte face à une potentielle apparition du Covid-19 conformément au cadre du Règlement sanitaire international.

À noter dans ce cadre que seuls deux cas ont déjà été confirmés par les autorités sanitaires mauritaniennes jusque-là, ainsi que la mise en quarantaine de plusieurs autres personnes. Depuis près d’une semaine, les établissements d’enseignement ont été fermés et les campagnes de sensibilisation se multiplient par la voie des médias, des réseaux sociaux et dans les quartiers.

C’est tout un pays qui est aujourd’hui en alerte maximale et le conseil interministériel pour la prise en charge et l’organisation des secours d’urgence présidé par le Premier ministre et mis en place depuis 2002, a été activé depuis l’apparition du premier cas signalé de coronavirus en février.

Au niveau international, la Mauritanie est appuyée face à cette pandémie par l’OMS, la FAO, le PAM, l’UNICEF, l’OIM, ainsi que plusieurs ONG internationales comme ALIMA, ACF, Oxfam, en plus de la Croix rouge internationale. Il est prévu dans ce plan de mobiliser la société civile nationale pour des campagnes de sensibilisation, de communication, d’informations, de collectes, de vérifications et de services nécessaires en liaison avec le gouvernement.

En prévision, le ministère de la Santé a élaboré plusieurs scénarios, prévoyant plusieurs stades jusqu’au pire des cas.

Cheikh Aïdara


L’ONU intensifie son soutien aux États Membres pour répondre à la pandémie de COVID-19 en Afrique de l’Ouest et du Centre

Dakar, Sénégal – 19 mars 2020. Les agences des Nations Unies en Afrique de l’Ouest et du Centre intensifient leur soutien aux États Membres de la région, afin de se préparer et de répondre adéquatement au nombre croissant de cas liés à la pandémie de coronavirus 2019 (COVID-19) dans la région.

Le Secrétaire général de l’ONU

Les directeurs régionaux des agences des Nations Unies dans la région ont discuté des moyens d’intensifier leurs efforts le jeudi 19 mars 2020, convenant de mesures pratiques pour le renforcement de l’assistance technique et opérationnelle aux gouvernements de la région de manière coordonnée. Cela peut inclure, sans s’y limiter, le pré positionnement de stocks de produits d’hygiène et d’assainissement ainsi que de nourriture, en veillant à ce que les couloirs de transport continuent de permettre la circulation des marchandises et que les experts techniques concernés soient disponibles.

Le président par intérim du Groupe des directeurs régionaux pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Mabingue Ngom, a souligné qu’il était essentiel que l’ONU se concentre sur les interventions stratégiques qui aideront les gouvernements à se préparer au COVID-19 et à y répondre dans les pays touchés. Cela se fera sous la direction générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, le Dr Matshidiso Moeti, a souligné l’importance d’une action rapide pour faire face à la pandémie, car le nombre de cas en Afrique augmente. Elle a noté que 83 cas avaient été signalés au cours des dernières 24 heures, entre le 18 et le 19 mars.

«Nous devons faire de notre mieux pour nous assurer que les collègues des bureaux de pays soutiennent les gouvernements du mieux qu’ils peuvent.» Elle a souligné la nécessité de garantir une solidarité et une coopération collectives pour contenir et atténuer la propagation.

Les directeurs régionaux étudient des mesures essentielles telles que la création d’un couloir humanitaire et demandent aux gouvernements, lorsqu’ils imposent des restrictions de voyage, de faciliter la circulation du personnel d’intervention et des produits.

Les agences des Nations Unies chercheront à aider les gouvernements à assurer des changements rapides dans la communication sur le changement de comportement pour aplanir la courbe potentielle que le virus peut prendre, ainsi qu’un soutien au pré positionnement rapide des stocks et à la disponibilité du personnel. Le continent aura également besoin de soutien pour faire face à la crise économique provoquée par la pandémie qui affecte déjà les marchés mondiaux.

Les agences des Nations Unies et leurs partenaires tiendront compte des leçons apprises lors de la réponse menée pour aider les pays à surmonter l’épidémie du virus Ebola en 2014 et 2016, ainsi que de l’expérience récente en Chine pour surmonter la maladie.

La région de l’Afrique de l’Ouest et du Centre est particulièrement fragile, compte tenu de ses systèmes de santé faibles, des conflits en cours, du terrorisme et de l’extrémisme croissants, ainsi que de ses ressources limitées. Par conséquent, les agences des Nations Unies intensifieront le plaidoyer, augmenteront la mobilisation politique et des ressources afin de mieux soutenir les plans nationaux de développement.

Les messages clé pour prévenir la propagation de la pandémie sont centrés sur les changements de comportement de base tels que le lavage fréquent et minutieux des mains, la toux dans le coude, et l’évitement des foules et bien sûr l’auto-isolement.

Contact:

  1. Jacob Enoh Eben| Conseiller régional en communication, UNFPA WCARO (pour le groupede communicationrégional)| eben@unfpa.org | Tel: +221 77 358 66 62 – Dakar, Sénégal
  • Mensah Y. L. Aluka| Regional Coordination Specialist and Head of UNSDG-WCA Secretariat | E-mail: mensah.aluka@undp.org | Tel: +22177 529 5055 – Dakar, Senegal


Selon l’OIT, près de 25 millions d’emplois dans le monde pourraient être perdus à cause du COVID-19

Une première évaluation de l’impact du COVID-19 sur le monde du travail mondial indique que les effets seront de grande envergure, poussant des millions de personnes au chômage, au sous-emploi et à la pauvreté, et propose des mesures en vue d’apporter une réponse ferme, coordonnée et immédiate.

GENÈVE, le 19 mars 2020 – La crise économique et de l’emploi créée par la pandémie du COVID-19 pourrait entraîner une hausse du chômage de près de 25 millions dans le monde, selon une nouvelle estimation de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Toutefois, en cas de réponse coordonnée au niveau international, comme lors de la crise financière mondiale de 2008-09, l’impact sur le chômage dans le monde pourrait être réduit de manière significative.

Selon le rapport préliminaire d’évaluation COVID-19 and the world of work: Impacts and response  (Le COVID-19 et le monde du travail: impacts et réponses), il est indispensable de prendre des mesures urgentes, de grande envergure ainsi que des mesures coordonnées autour de trois piliers: la protection des travailleurs sur leur lieu de travail, la relance de l’économie et de l’emploi ainsi que le soutien aux emplois et aux revenus.

Ces mesures nécessitent l’élargissement de la protection sociale, un soutien en matière du maintien des emplois (comme par exemple le travail partiel, les congés payés ou d’autres aides) ainsi qu’un allégement fiscal et financier, y compris pour les microentreprises et les petites et moyennes entreprises. En complément, le rapport préliminaire suggère également des mesures en matière de politiques fiscales et monétaires ainsi que des prêts et un soutien financier pour des secteurs économiques ciblés.

Plusieurs cas de figure

En se basant sur des scénarios différents de l’impact du COVID-19 sur la croissance économique mondiale, la projection de l’OIT fait état d’une hausse du chômage mondial entre 5,3 millions (scénario le plus optimiste) à 24,7 millions (scénario le plus pessimiste) par rapport au chiffre de base de 188 millions en 2019. En comparaison, la crise financière internationale de 2008-09 avait provoqué une hausse du chômage dans le monde de 22 millions.

Le sous-emploi devrait lui aussi s’accroître de manière significative au fur et à mesure que les conséquences économiques de l’épidémie se traduiront par des réductions des horaires de travail et des salaires. Dans les pays en développement, le travail indépendant, qui sert souvent à atténuer l’impact des bouleversements, pourrait ne pas jouer ce rôle cette fois-ci en raison des restrictions de mouvement auxquelles les populations sont soumises (par exemple pour les prestataires de services) ainsi que pour les marchandises.

La baisse du nombre d’emplois va aussi entraîner des pertes massives en matière de revenus pour les travailleurs. L’étude les estime dans une fourchette allant de 860 milliards de dollars à 3,4 billions de dollars d’ici la fin 2020. Cela se traduira par une chute de la consommation des biens et des services, qui impactera à son tour les perspectives des entreprises et des économies.

La pauvreté au travail devrait elle aussi augmenter de manière significative, au fur et à mesure que «la pression sur les revenus en conséquence du déclin de l’activité économique touchera très gravement les travailleurs vivant autour ou sous le seuil de pauvreté». L’OIT estime qu’entre 8,8 et 35 millions de personnes supplémentaires dans le monde se retrouveront en situation de travailleurs pauvres, comparé à la projection originale pour 2020 (qui prévoyait une baisse de 14 millions au niveau mondial).

Des réponses politiques rapides et coordonnées

« Il ne s’agit plus seulement d’une crise sanitaire mondiale, c’est aussi une crise grave en matière d’emplois ainsi qu’une crise économique majeure qui est en train d’avoir un impact considérable sur les populations », affirme Guy Ryder, Directeur général de l’OIT. «En 2008, le monde avait présenté un front uni pour s’attaquer aux conséquences de la crise financière mondiale, et le pire avait pu être évité. Nous avons besoin de ce même rôle moteur et de cette même résolution à l’heure actuelle », ajoute-t-il.

L’OIT met en garde contre le fait que certaines catégories de personnes risquent d’être touchées par la crise de l’emploi de manière disproportionnée, ce qui pourrait accroître les inégalités. Il s’agit notamment des personnes occupant des emplois peu rémunérés et moins bien protégés, en particulier les jeunes et les travailleurs plus âgés. Les femmes et les migrants sont également concernés. En effet, ces derniers sont vulnérables en raison de l’absence de protection sociale et de droits tandis que les femmes ont tendance à être surreprésentées dans les emplois les moins bien rémunérés et les secteurs touchés.

«En temps de crise comme c’est le cas actuellement, nous disposons de deux outils essentiels afin d’atténuer les dégâts et de restaurer la confiance publique. D’abord, le dialogue social, les discussions avec les travailleurs et les employeurs et leurs représentants sont cruciales pour instaurer un climat de confiance et obtenir du soutien pour les mesures que nous devons prendre pour surmonter cette crise. Deuxièmement, les normes internationales du travail constituent un socle fiable et éprouvé pour des réponses politiques centrées sur une reprise durable et équitable. Tout doit être fait pour minimiser les dégâts causés à l’humanité dans ces temps difficiles », conclut Guy Ryder.

Pour plus d’information sur Le COVID-19 et le monde du travail : http://bit.ly/3a224Ah

Pour des demandes d’interviews, merci de contacter: newsroom@ilo.org


SWEDD-Mauritanie, le succès appelle le succès

En marge du sommet du G5 Sahel tenu le 25 février 2020 à Nouakchott,une rencontre avec une délégation de haut niveau des partenaires techniques et financiers conduite par la groupe de la Banque Mondiale, organisée par le Projet SWEDD-Mauritanie a été un franc succès. Chiffres et témoignages des bénéficiaires à l’appui, le projet SWEDD Mauritanie a convaincu.

Le projet financé par la Banque Mondiale a pu réussir dans sa première phase, à mettre en place 188 espaces surs, former 106 mentors (animatrices), à faire bénéficier 2359 filles de bourses scolaires et 4690 autres de cours de soutien. Pour accompagner ces cours 49 000 brochures de révision pour les filles préparant les examens nationaux ont été distribués et 325 professeurs engagés.Le projet SWEDD a également été une grande réussite dans le cadre de la communication pour le changement social et comportemental qui a touché 280 000 personnes. Un argumentaire / guide islamique pour l’autonomisation des femmes et promotion de la SR a été conçu et diffusé. 400 leaders religieux ont été formés sur les questions de population et impliqués pour une procréation responsable.

Pour témoigner de l’impact positif de ces réalisations, des jeunes, filles et garçons, venus des zones d’intervention du projet situées à des centaines de kilomètres de la capitale Nouakchott se sont succédé pour expliquer à l’assistance les changements positifs apportés dans leurs vies et celle de milliers de jeunes par les interventions du projet SWEDD, face aux défis de l’ignorance, de la pauvreté, de la dépendance, de la marginalisation, des pratiques, usages et coutumes   nocifs à leur santé, à leur bien-être, à leur autonomie et à leur plein épanouissement.

Ces jeunes issues des espaces surs et des clubs de futurs maris mis en place par le SWEDD dans ses zones d’intervention ont démontré comment ces espaces leur ont permis d’être formés et informés sur des questions de santé de la reproduction, de compétences de vie, d’autonomisation personnelle, d’estime de soi, de leurs droites faces aux violences basées sur le genre, les mutilations génitales féminines, les mariages précoces etc.

Des leaders religieux ont aussi apporté leurs témoignages quant à l’action d’envergure menée par le SWEDD pour le bien-être de populations vulnérables que sont les femmes et les jeunes, filles et garçons.

L’Imâm Hademine et le  leader religieux Elhadj Gueye ont loués la pleine implication par le projet SWEDD des leaders religieux dans les activités de sensibilisation et de mobilisation visant à éradiquer les usages, coutumes et mentalités néfastes à la santé et à l’épanouissement des femmes et des jeunes et qui sont en contradiction avec la compréhension correcte des percepts et enseignements de l’Islam qui sont favorables à tout ce qui peut contribuer à la bonne santé et l’épanouissement de l’individu. Ils ont à cet effet réitéré leur engament aux cotés du Projet SWEDD pour l’atteinte de ses objectifs prioritaires

Les partenaires techniques et financiers ont apprécié et réagi très positivement aux témoignages et aux différents films présentés par le SWEDD.

Ainsi, Onclin Madeleine, de la Délégation de l’Union européenne à Nouakchott,a réagi en ces termes : « Nous avons écouté les témoignages et c’était vraiment très impressionnant. Je suis très heureuse que le projet SWEDD ait pu améliorer la vie de tous ces bénéficiaires.

Mais par-dessus tout, je voudrais souligner l’engagement des Imams en les remerciant très sincèrement du rôle qu’ils jouent dans la société. J’ai appris, à travers les présentations, la confiance que le peuple place dans le discours des Imams et cela me semble excessivement important. Je m’engage à 200% derrière eux pour les messages qu’ils veulent transmettre aux populations de respecter la personne publique et de dire que tout acte contre la santé est interdit. Une chose très importante concernant les mariages précoces et les mutilations génitales féminines.

Dans son intervention, Msellati Laurent, Représentant Permanent de la Banque Mondiale Mauritanie a vivement apprécié les réalisations du projet SWEDD-Mauritanie. « le succès appelle le succès »a-t-il dit et d’annoncer que le budget du projet va quadruplé pour sa seconde phase passant de 15 millions  à 60 millions de dollars.  Il a dans se cadre loué la coopération exemplaire entre la Banque mondiale et la Mauritanie ainsi que la stabilité politique et sécuritaire dont jouit le pays et qui permet de bonnes perspectives pour les projets de développement. Il a souligné que  :« les régions dans lesquelles le SWEDD intervient sont très éloignées et qu’il faut bien réaliser que le Gouvernement mauritanien qui a une enveloppe très limitée avec les fonds de la Banque Mondiale en utilise 60 millions pour ce type de projet que c’est vraiment un acte à souligner »   

Le Secrétaire Général du Ministère de l’économie et de l’industrie  a quant à lui souhaité, au nom du Ministre la bienvenue à la délégation des partenaires techniques et financiers et dit toute la satisfaction de la Mauritanie concernant le partenariat qui la lie à la Banque Mondiale et aux partenaires du développement. Il a souligné que la satisfaction et l’engagement des partenaires techniques et financiers ouvrent de nouvelles perspectives plus ambitieuses au projet SWEDD II pour poursuivre et amplifier son action visant l’autonomisation des femmes et des filles et la promotion des jeunes par la capture du dividende démographique pour la réalisation des ODD fixés par la communauté internationale.