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Premier cas de coronavirus en Mauritanie : les autorités tentent de circonscrire le mal et la panique

Ça y est ! La Mauritanie a enregistré son premier cas de coronavirus. Un expatrié travaillant pour le compte de la société Tasiast, qui exploite l’or dans le pays, serait le premier à être testé positif sur le territoire. Le patient en provenance d’Europe se serait auto-isolé, quatre jours après son retour dans le pays, lorsqu’un ami à lui qu’il venait de quitter lui a appris qu’il avait attrapé le virus. Il a aussitôt averti les autorités sanitaires mauritaniennes qui l’ont placé aussitôt en isolement, ainsi que toutes les personnes avec qui il était en contact.
Le ministre de la Santé, Dr. Nedhirou Hamed (costume bleu) visitant un centre de rétention des suspects

Le soir-même, le ministre de la Santé, Dr. Nedhirou Hamed, annonçait à la télévision publique ce premier cas. Mais selon le ministre, son département s’était déjà préparé à cette éventualité et avait ainsi pris toutes les mesures nécessaires pour faire face à cette pandémie. Et les premières mesures de tomber. Fermeture de tous les établissements d’enseignement, du primaire à l’Université, en passant par les instituts qu’ils soient publics ou privés, interdiction de toute manifestation à caractère publique ou privée, culturelle ou sociale, suspension des prières collectives dans les mosquées, suspension de tous les évènements sportifs, fermeture de 26 points d’entrée dans le territoire, suspension de plusieurs vols en provenance de six pays d’abord, Chine, Corée, Iran, France, Espagne et Italie. Cette mesure semble avoir été élargie car il serait question aujourd’hui de la fermeture de tous les points d’entrée et de la suspension de toutes les liaisons avec l’extérieur à partir du mardi 17 mars 2020. Les émissions de télévision se multiplient, les spécialistes, médecins, religieux, sociologues, se relayent dans les médias pour expliquer la nature de ce virus, ses symptômes, les mesures préventives. Deux numéros verts sont mis à la disposition du public et le ministère de la Santé déploie ses moyens techniques et humains, tandis que la Banque Mondiale vient d’injecter 5 millions de dollars U.S pour aider le pays à faire face à la maladie.

La panique s’installe déjà, malgré les multiples conseils des autorités expliquant que la population doit rester calme et sereine, et que toutes les mesures ont été prises pour freiner l’évolution de la pandémie dans le pays. N’empêche, les ballets masqués ont déjà commencé. La rue mauritanienne, Nouakchott en particulier, commence à voir apparaître de plus en plus de personnes avec des cache-nezs blancs ou bleus. Une célèbre cantatrice qui appréhendait apparemment l’apparition du premier cas, aurait chaussé son cache-nez dès l’annonce du premier cas alors qu’elle était en pleine séance musicale. L’habitude des Mauritaniens commence ainsi à changer peu à peu. Les accolades, les serrements de main, les séances de thé publiques, se raréfient. L’heure est à la prudence. Qu’une personne éternue dans la rue, la méfiance se lit sur les visages alentours. Qu’on tousse, et c’est toute la rue qui se vide. Pour le moment, ces évolutions sont encore à peine perceptibles. Les Mauritaniens dans leur majorité continuent en effet à vaquer à leur train-train quotidien. Les habitudes mécaniques se maintiennent, mais tout le monde sent que plus rien ne sera plus exactement comme avant.

Cheikh Aïdara


Fête du 8 mars, les Affaires sociales honorent des femmes et des filles qui se sont distinguées

Une vingtaine de femmes, plus un homme, ont été honorés, certains pour leur engagement dans la défense des droits de l’homme, et d’autres, pour leur distinction dans les études. C’était au cours d’une cérémonie de remise de prix organisée à Nouakchott, vendredi 13 mars 2020, par le Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF), avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

Photo de famille à la fin de la cérémonie avec les officiels et les lauréats (Crédit Aidara)

Le Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF), en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et d’autres partenaires, a organisé vendredi 13 mars 2020 au Centre de formation et de promotion féminine à Nouakchott, une cérémonie de remise de prix à des femmes et des hommes qui se sont distingués durant l’année 2018-2019 dans les domaines des droits de l’homme. Furent également honorées les filles lauréates dans plusieurs disciplines de l’enseignement supérieur, du secondaire et de la formation professionnelle.

Cette cérémonie qui entre dans le cadre de la célébration du 8 mars, fête de la Femme, a été présidée par la Ministre des Affaires Sociales, Mme Néné Kane, en présence de son collègue de l’Enseignement Secondaire et de la Formation Professionnelle, M. Mélaïnine Ould Eyih, du Représentant résident de l’UNFPA en Mauritanie, M. Saidou Kaboré, ainsi que du Secrétaire général du Ministère des Affaires Sociales et du Wali de Nouakchott-Ouest.

La ministre des Affaires sociales a affirmé au cours de la cérémonie que «la protection et la promotion des groupes les plus vulnérables de la société, en particulier les femmes, occupent une place prépondérante dans le programme sociétal du Président de la République, Son Excellence M. Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, et la politique poursuivie par le gouvernement». Selon elle «cette consécration, qui s’inscrit dans le cadre des activités commémoratives de la Journée internationale de la femme, concrétise les efforts du ministère dans la promotion de la distinction et l’engagement à soutenir les droits des femmes», louant au passage le rôle des partenaires techniques et financiers de la Mauritanie, notamment l’UNFPA.

Les officiels (de droite à gauche) : Représentant UNFPA, Wali Noukchoott-Ouest, Ministre Néné Kane, Ministre Enseignement Secondaire, SG MASEF et DG ORA Bank (Crédit Aidara)

Six femmes et un homme ont reçu le Prix d’engagement en faveur des droits de l’homme. Il s’agit de femmes activistes de la société civile, Mmes Yakharé Soumaré, Aïssata Sall, Zeynabou Mint Taleb Moussa, Zeynabou Mint Sid’Elemine, Aïchetou Mint Ethmane, Koudia Ndiaye et M.Pierre Marazatou, Directeur général de ORA Bank.

De même, six étudiantes de différents instituts supérieurs et facultés, Médecine, Lettres, Sciences Economiques, Etudes islamiques, comptabilité, ont été honorées, à l’image d’Aminetou Mint Salem, Roghiya Mohamed, Khadijetou Yacoub Cheikh Sidiya, Aïcha Mokhtar Jaafar, Khadijetou Ahmed Lemine et Vatimetou Ahmed Taleb.

Les lauréates du secondaire n’ont pas été en reste, elles qui ont également été distinguées au cours de la cérémonie dans diverses disciplines, maths-physique, sciences naturelles, lettres modernes et originelles,  à l’image de Bouchra Ahmed Cheikh, Soultana El Hachimi, Marième Cheikh Ahmed Arbi et Hasniya Dah Aleya.

Deux filles ont été primées dans la catégorie formation professionnelle, Tata Mohameden Mahmoud en coiffure-esthétique et Aminetou Louleid, petite enfance.

Témoignages

Khadijetou Yacoub Cheikh Sidiya, lauréate Faculté Sciences Economiques
«Je suis très heureuse d’avoir été primée aujourd’hui devant ce parterre d’autorités et de personnalités d’envergure. Cette distinction me donne encore plus d’engagement et d’engouement pour mes études. Je profite de l’occasion pour remercier les organisateurs de cette manifestation, à commencer par le Ministère des Affaires Sociales et ses partenaires. Je tiens particulièrement à rendre un vibrant hommage à ma mère, Mama Mint Cheikh SIdiya, première femme magistrate du pays, pour son soutien et son appui constants sans lesquels je n’aurai pas réussi à être lauréate de la faculté des Sciences Economiques. Je lui dédie d’ailleurs ce prix, car c’est elle, pas moi, qui mérite cette distinction»

Mme Yakharé Soumaré, présidente ONG Action

«C’est une grande satisfaction et un grand honneur que j’ai ressenti aujourd’hui en recevant cette distinction qui honore, par-delà ma modeste personne, le travail de la société civile dont je fais partie intégrante. En effet, je crois que c’est la première fois que l’action de la société civile, dans l’individualité de ses acteurs et non dans sa collectivité impersonnelle, est reconnue et primée. Il s’agit d’une démarche encourageante et novatrice qu’il faut saluer à sa juste valeur. Je crois que c’est par la valorisation individuelle d’acteurs qui consacrent leurs moyens et leur énergie à venir en aide aux femmes, aux filles, aux handicapés, aux victimes, que nous pourrons parvenir aux grands objectifs que nous nous sommes fixés et aller de l’avant vers le développement économique et social auquel nous aspirons».

Zeynabou Taleb Moussa, présidente «Association Mauritanienne Santé de la Mère et de l’Enfant »

«Je suis très ravie d’avoir été honorée ce matin par une attestation de reconnaissance pour mon engagement en faveur des droits des filles et des femmes en Mauritanie. Cette attestation m’a été remise par Mme La Ministre des Affaires sociales ,de l’enfance et de la famille. Mes grands remerciements à Mme la Ministre Néné Kane et à son département pour cette reconnaissance et cet encouragement»

Cheikh Aïdara


48ème anniversaire de l’OMVS, les journalistes animent une fête avec les élèves de l’école Cheikh Moussa

Le REJAO (Réseau des Journalistes Amis de l’OMVS (Organisation de la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal) a organisé vendredi 13 mars 2020 à Nouakchott, une activité récréative et instructive en l’intention des élèves de l’Ecole Cheikh Moussa d’enseignement privé. Une façon de célébrer le 48ème anniversaire de l’OMVS dont les manifestations qui étaient prévues cette année en Mauritanie sous le thème «l’Eau», ont été annulées, en guise de mesures préventives contre le coronavirus.

Table officielle avec représentants de l’OMVS et REJAO (Crédit Aidara)

Récitation du Saint Coran, hymne national, chant, poésie, Quiz, distribution de casquettes et de tee-shirts à l’effigie de l’OMVS et du REJAO aux élèves, visionnement d’un documentaire effectué en 2019 dans quelques écoles du Trarza et du Brakna, ont émaillé cette journée, égayée par l’enthousiasme toute juvénile de dizaines d’élèves du primaire et du secondaire de l’école Cheikh Moussa.

Cette activité a été marquée par un échange de discours entre Mme Sall, s’exprimant au nom du Directeur général de la SOGED (Société de Gestion et d’Exploitation du barrage de Diama), un démembrement de l’OMVS, Omar Moktar, vice-président du REJAO et la porte-parole des élèves.

L’accent a été mis sur l’historique de l’OMVS, une organisation commune créée le 11 mars 1972, regroupant la Mauritanie, le Sénégal, le Mali et la Guinée, et qui est citée aujourd’hui comme un exemple d’intégration régionale réussie.

Les élèves de l’école Cheikh Moussa (Crédit Aidara)

Un diplôme de reconnaissance a été remis à la fin de la cérémonie au Directeur général de l’Ecole Cheikh Moussa, M. Ismaïla Moussa Bâ, qui dirige depuis 2003, date de sa création, ce complexe scolaire privé, l’un des plus côtés de Nouakchott, qui regroupe un jardin d’enfants, une école fondamentale, un collège et un lycée et participe activement à l’encadrement des jeunes.

A noter que le REJAO a été créé le 17 mars 2016 avec le soutien de l’OMVS. Il regroupe des professionnels des médias mauritaniens (presse écrite et audiovisuel). Il est présidé par Cheikh Tidjane Dia.

A noter aussi que l’OMVS compte plusieurs missions à travers ses quatre démembrements, la Société de gestion des Eaux de Diama (SOGED) crée en 1997 avec siège à Nouakchott, la Société de gestion de l’Electricité de Manantali (SOGEM) créé en 1997 avec siège à Bamako, la Société de gestion de la navigation sur le fleuve Sénégal (SOGENAV) créé en 2011 avec siège à Nouakchott et la Société de gestion des Eaux du Haut-Bassin (SOGEOH) avec siège à Conakry. Les deux grands barrages de l’OMVS sont le barrage de Diama, créé en 1986 et le barrage de Manantali, créé en 1988. Ces deux barrages fournissent l’eau potable et l’électricité aux capitales des trois pays membres, Dakar, Nouakchott et Bamako.

Cheikh Aïdara


La Mauritanie D’Abord, hôte du président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme

Une délégation du groupe «La Mauritanie d’Abord » conduite par sa présidente Mme Sidhe Mint Yenge, présidente de l’ONG ASPOM et du Groupe de la société civile a été reçue lundi 9 mars 2020 par le président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), M. Ahmed Salem Ould Bouhoubeïny, à son siège sis à Tevragh-Zeina.

Les échanges, au cours d’un petit-déjeuner copieux, ont recoupé les principales préoccupations de la population, l’état-civil,  le poids d’une jeunesse mal éduquée, mal formée et sans identité, l’esclavage, l’état de la justice, le problème du foncier, les injustices marquantes dans le monde du travail, l’inapplication des lois en Mauritanie, l’unité nationale, la cohésion sociale…Tout y est passé. Les intervenants ont abordé pratiquement, les questions de l’heure.

En réponse aux préoccupations avancées, le président de la CNDH a dit tout le plaisir de prendre contact avec une société civile réellement représentative de la diversité nationale, une société civile agissante et présente sur le terrain, une société civile incontournable dans la résolution des grands problèmes de l’heure et avec laquelle il serait heureux de collaborer.

Il est revenu sur les prérogatives de la CNDH que le président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh Ghazwani et le Premier ministre Ismaël Ould Cheikh Sidiya, ainsi que son gouvernement ont entièrement restitué. Conseillère du gouvernement certes, mais avant tout indépendante et souveraine, la CNDH selon Ould Bouhoubeini, et conformément au mandat que lui confèrent ses textes, a désormais cartes blanche de la part des plus hautes autorités pour jouer pleinement son rôle de gardienne de la justice sociale et du respect des droits de l’homme en Mauritanie.

Selon lui, dès qu’un cas d’esclavage est signalé, une commission composée de représentants de son institution, du Bureau du Haut-commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme en Mauritanie et de la société  civile se rend aussitôt sur place pour suivre le dossier. Dans les deux cas de la jeune Maïga et du jeune Beibeu, il s’agit selon lui, pour le premier cas, de maltraitance commise sur une employée et pour le second cas de travail d’enfant. Dans les deux cas, dira-t-il, il y a eu violation des droits de l’homme et atteinte aux droits d’enfant, mais pas d’esclavage au sens primaire du terme. Une thèse que ne partagent pas cependant certaines organisations des droits de l’homme qui parlent de «blanchiment» de cas d’esclavage dans les deux cas cités.

Dans le domaine de l’état-civil, Ould Bouhoubeïny se dit prêt à accompagner tout Mauritanien qui se sentirait privé de ses papiers par mesure discriminatoire, soulignant que le gouvernement est conscient de l’acuité de la situation et de l’urgence à régler ce problème. D’où les mesures prises récemment consistant à créer des centres départementaux de l’état-civil pour accélérer et décentraliser les opérations d’enrôlement afin de trouver des solutions aux nombreux cas qui se posent au niveau local.

En conclusion, le président de la CNDH s’est dit ouvert à toutes les organisations de la société civile ainsi qu’à toutes les victimes de violation de droits humains, soulignant que le temps des arrestations abusives est révolu. Que quelqu’un soit arrêté, dira-t-il en substance, dès que la CNDH est saisie, ses parents sauront dans les minutes qui suivent dans quel commissariat il est détenu. A la minute, le détenu pourra rencontrer sa famille, recevoir son avocat, son médecin et ses médicaments, s’il le souhaite. Il a ajouté également que la CNDH peut visiter tous les lieux de détention, s’enquérir de la situation de tout prisonnier et intervenir rapidement si nécessaire.   

Cette nouvelle donne qui confère à la CNDH un rôle central dans la défense des droits de l’homme dans le pays, dénote, selon Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, la priorité que les nouvelles autorités mauritaniennes accordent au respect des droits de l’homme en Mauritanie.

Un avis que ne partage pas cependant bon nombre d’organisations de la société civile. Ainsi, certains activistes des droits de l’homme trouvent que sur ce plan, les avancées restent encore timides, d’autres ont l’impression qu’aucun progrès notoire n’a été enregistré, tellement selon eux, l’ampleur des injustices reste importante, ainsi que les atteintes à l’unité nationale et à la cohésion sociale.

A la fin de l’entretien, la délégation du groupe «La Mauritanie d’Abord » et le président de la CNDH ont pris une photo de famille devant le perron de l’institution.

Cheikh Aïdara