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La Mauritanie et les données sur la migration internationale du Travail

Les données sur la migration internationale du Travail n’ont pas été jusque-là une priorité pour la Mauritanie, d’où leur quasi inexistence dans les stocks d’informations statistiques fournies par les principales sources de données que sont l’Office National de la Statistique (ONS), l’Etat-civil et l’Agence nationale pour l’Emploi des Jeunes (ANAPEJ), entre autres. Mais avec le concours technique du Projet «Appui à la Migration Equitable pour le Maghreb AMEM» du BIT et le soutien financier de l’Agence italienne de Coopération pour le Développement (AECI), les autorités nationales sont en train de combler le vide.

Qui dit migration internationale du Travail dit migrants étrangers travaillant en Mauritanie et Mauritaniens travaillant à l’étranger. De ces deux catégories, l’administration mauritanienne n’a que des informations parcellaires, contradictoires parfois, inexistantes le plus souvent. Pour combler ce vide, les autorités nationales, avec l’appui technique du Projet « Appui à la Migration Equitable pour le Maghreb AMEM » du BIT et le soutien financier de l’Agence italienne de Coopération pour le Développement (AECI) se fixent un objectif ambitieux : consolider, harmoniser et coordonner le système national d’informations statistiques sur la migration internationale du travail. Un rapport portant sur «l’état des lieux des systèmes d’informations sur la migration du travail depuis et vers la Mauritanie », ficelé par le Pr. Isselmou Ould Mohamed Taleb, consultant, a été présenté lundi 21 octobre 2019 aux membres du Comité National Tripartite de Suivi (CNTS) du projet AMEM en Mauritanie.

Les participants avaient suivi auparavant une présentation du Projet AMEM avec focus sur deux objectifs pour les pays du Maghreb, l’amélioration des systèmes d’informations sur la migration du travail et les résultats attendus de l’état des lieux, par Mohamed Belarbi du BIT. Il a été complété dans sa présentation par son collègue, Aurélia Segatti, qui a mis la lumière sur les «Nouvelles directives concernant les statistiques des migrations internationales de main d’œuvre » à la lumière de la 20ème Conférence internationale des Statisticiens du Travail (CIST) qui s’est tenu en octobre 2018.

Qui sont les migrants internationaux ?

Dans son intervention, Aurélia Segatti a défini certains concepts, comme main d’œuvre qui fait référence « à l’offre de travail du moment pour la production de biens et services en échanges d’une rémunération ou d’un profit », mais aussi le concept de migrants internationaux  adopté en novembre 2018 qui introduit deux nouveaux concepts, les migrants internationaux de retour et les migrants internationaux demandeurs d’emplois.

Ainsi, les migrants internationaux du travail englobent les travailleurs frontaliers, les travailleurs saisonniers, les travailleurs itinérants, les travailleurs employés à titre de projet, les travailleurs admis à un emploi spécifique, les travailleurs indépendants, les gens de mer, les travailleurs sur des plateformes en mer, les travailleurs domestiques étrangers, les étudiants étrangers exerçant un emploi ou une activité, les voyageurs internationaux exerçant un travail, les réfugiés et demandeurs d’asile exerçant un emploi ou une activité, les personnes déplacées de force et les personnes victimes de traites.

Sont exclus de cette liste, les militaires, les touristes, le personnel de centre d’appel, les autres personnes servant dans des services hors du pays.

Etat des lieux en Mauritanie

Résumant le Rapport qu’il a établi sur «l’état des lieux des systèmes d’informations sur la migration de travail depuis et vers la Mauritanie», l’ancien ministre et consultant du BIT, Pr. Isselmou Ould Mohamed Taleb  a souligné que les sources sur la migration internationale du travail sont quasi inexistantes en Mauritanie. Aussi bien le RGPH 2013, les enquêtes sur l’emploi et le secteur informel (ENESI) ou les enquêtes sur les conditions de vie des ménages (EPCV) menés par l’ONS ne donnent pas d’informations sur l’emploi, sur le marché du travail et encore moins sur le travail des migrants. Idem pour d’autres structures, comme l’Agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés (désigné sous le vocable Etat-civil) ou l’ANAPEJ, ou encore les services chargés de l’Emploi et du Travail ou les services du Ministère des Affaires Etrangères.

Il a mis en exergue l’absence de coordination entre les structures chargées du traitement des informations en Mauritanie, certains participants parleront même d’une culture de rétention de l’information ancrée dans l’administration nationale.

Plan de bataille pour des informations de qualité sur la migration du travail

Pour combler l’absence de données consolidées, harmonisées et coordonnées sur la migration du travail en Mauritanie, le consultant a concocté un véritable plan de bataille avec une batterie d’activités préconisées, telles que l’introduction d’un module migrations dans l’ENESI 2020 et un questionnaire urgent dans l’EPCV 2019, un appui à l’enregistrement et l’exploitation des fiches d’entrées et de sorties du territoire national, sur les visas accordés, sur les permis de travail et sur les fichiers administratifs des services d’utilité publique, avec la mise en place d’un système d’informations (SIMEF-MT) comme outil de coordination nationale des données sur la migration internationale du travail.

Cette batterie de mesures devra permettre de corriger les dysfonctionnements que le consultant a relevés, notamment l’absence d’un système de coordination des activités de collecte, de méthodologies, de concepts et de normes, l’absence d’analyses et d’évaluation des données disponibles, la non prise en compte de l’adaptation des données aux besoins des utilisateurs, la difficulté d’utiliser les données disponibles à titre comparatif sur le plan international.

A la fin des travaux, les membres du CNTS du projet AMEM se sont réunis en conclave. Ce comité est composé de membres représentants le Ministère du Travail (Direction du Travail, Caisse Nationale de Sécurité Sociale CNSS, Conseil National du Dialogue Social), du Ministère de l’Emploi (Direction générale de l’Emploi, ANAPEJ), du Ministère des Affaires Sociales (MASEF), du Ministère des Affaires Etrangères (Direction des Mauritaniens de l’Extérieur), du Ministère de l’Intérieur, de l’ONS, des Syndicats membres de la CSI (UTM, CGTM, CLTM, CNTM), et l’Union nationale du Patronat (UNPM). S’ajoutent à la liste l’AECI en tant que bailleur et le BIT pour assurer le Secrétariat de séances.

Réaction des participants

Mohamed Abdallahi, ANAPEJ : «je vous informe de la création au sein de l’ANAPEJ d’une nouvelle cellule pour la mobilité professionnelle qui se fixe comme objectif d’accompagner les Mauritaniens de retour au pays ou souhaitant le faire. Pour le moment, 60 candidats sur un objectif de 100, devront bénéficier, avec l’aide de l’Organisation Internationale sur la Migration (OIM) d’une aide et d’un suivi régulier post-réinsertion. Ce serait le lieu d’introduire les nouvelles normes du BIT en matière d’informations pour fournir des données sur les Mauritaniens de retour ».

Aboubecrine El Jar, MASEF : «les normes harmonisées du BIT sur les données relatives à la migration internationales du Travail doivent être conceptualisées sur la base du contexte mauritanien et intégrées dans le système d’informations et de collectes au niveau sectoriel »

Sinya Haidara CLTM : «le dispositif légal mauritanien ne permet jamais de gérer les questions migratoires, et ne prend pas en compte l’ensemble des instruments internationaux ratifiés ainsi que les données disponibles en matière de migration en raison d’un manque de diffusion de l’information surtout si les sources sont administratives, l’éternelle culture de rétention. Il est bon de savoir quelles mesures devront-elle être prises pour corriger ces dysfonctionnements».

Béchir Abdel Rezagh, ANAPEJ : «le problème en Mauritanie, ce n’est pas la collecte de l’information, mais le partage de cette information. Nous sommes tous victimes, car nous ne recevons pas d’informations, et nous sommes également acteurs de ce problème car nous faisons un peu de rétention de l’information. C’est là où résident toutes les difficultés du SIMEF (Système d’Information sur le Marché de l’Emploi et de la Formation) qui n’a pas pu être opérationnel après 3 ans d’élaboration, même si sa mise en œuvre est en cours. Et c’est le moment de réviser le SIMEF pour y intégrer un volet sur la migration internationale du travail».

Amadou MBaw, CNSS : «effectivement, nous souffrons ici en Mauritanie de la rétention de l’information de la part des responsables administratifs, qui ne veulent pas partager les données dont ils disposent. Par ailleurs, il existe un cadre de concertation qui regroupe 15 communautés étrangères en Mauritanie, donc une source potentielle d’informations, d’autant que ses membres se réunissent une fois par mois. Le problème est que l’administration se focalise sur le secteur formel et néglige le secteur informel, qui absorbe l’écrasante majorité des travailleurs migrants en Mauritanie».

Cheich Aidara 


Laissés sur le carreau, les stations météo au niveau régional se meurent en silence

Que se passe-t-il au niveau de la Direction générale de la Météorologie ? A part le niveau central, toutes les stations météorologiques au niveau du pays sont en panne sèche. Pas le moindre budget de fonctionnement, pas le moindre souci pour les dizaines d’agents éparpillés à travers le territoire abandonnés à leur sort. Le niveau international ne reçoit plus depuis quelques mois la moindre information météo au niveau des régions intérieures de la Mauritanie.

Les responsables des stations météorologiques raclent le fonds de leur boubou pour trouver de quoi payer un stylo par-ci, quelques feuilles de papier par-là, pour faire fonctionner leur boîte et produire des rapports qui ne sont jamais lus. Même plus de bulletins à remplir.

Si la Mauritanie n’a plus besoin de stations météorologiques, autant les fermer alors. Ce serait plus simple et plus honnêtes au lieu d’entretenir des structures dont le niveau central et surtout le Ministère des Transports qui assure la tutelle n’en a plus que faire.

Ce cri de cœur est celui d’un chef de station dans une des régions du pays que ses collègues ont chargé de partager leur angoisse. Les rapports, les lettres et même la visite du ministre des Transports, M.Mohamed Ahmedou M’Haimid, n’a pas changé la situation.

Pourtant, les météorologues mauritaniens en service dans les stations de l’intérieur du pays avaient fondé beaucoup d’espoir sur le changement de régime, pensant que leur situation allait changer.

Apparemment, les vaches maigres continuent pour eux.

Cheikh Aïdara


Améliorer la qualité de la pratique sage-femme en Afrique de l’Ouest et du Centre, une mission confiée au Centre d’Excellence régionale sur le Mentorat de Nouakchott

Quarante participants venus de pays sous-couverts du Bureau régional du Fonds des Nations Unies pour la Population en Afrique de l’Ouest et du Centre (UNFPA WCARO) ont validé, aux termes d’une rencontre à Nouakchott du 14 au 18 octobre 2019, les trois documents pédagogiques clés sur le Mentorat clinique des sages-femmes. Il s’agit du manuel de référence, du guide du formateur et du manuel de l’apprenant. Cette étape franchie, l’Ecole Nationale Supérieure des Sciences de la Santé de Nouakchott (EN3S), sélectionnée pour abriter le Centre  Régional d’Excellence en Mentorat, attend ses premiers élèves de formateurs au cours du premier trimestre 2020.

Les participants en visite à l’EN3S de Nouakchott (Crédit Aidara)

Après cinq jours de travaux, du 14 au 18 octobre 2019, une quarantaine d’experts venus du Mali, du Niger, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Togo, du Tchad et de la Mauritanie, ont validé les documents pédagogiques du Mentorat clinique des sages-femmes. Il s’agit du manuel de référence, du guide du formateur et du manuel de l’apprenant, objets d’un draft élaboré par des consultants recrutés par l’UNFPA WCARO,  dont le Pr. Cheikh Tijane Cissé du Sénégal et Dr. Sangaré Mariam du Mali.

Ces documents ont été retravaillés et amendés par un pool d’experts triés sur le volet, à l’image du Pr. René Perrin du Bénin, président de la Fédération africaine des gynéco-obstétriciens (FAGO), Pr. Namory Keïta de la Guinée, président de la Société africaine des gynéco-obstétricien (SAGO), Pr. Blami Dao du Burkina, représentant le Programme International John Hopkins d’Education en gynéco-obstétrique, D’Almeida Héloïse Adjowa du Togo, présidente de la Fédération des Associations de Sages-femmes d’Afrique Francophone, plusieurs présidents d’associations nationales de sages-femmes et de gynéco, des représentants du ministère de la Santé des pays participants, des responsables d’Ecoles et d’Instituts de formation en santé publique, des partenaires internationaux comme l’Organisation Ouest-africaine de la Santé (00AS), la Confédération Internationale des Sages-femmes (ICM), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Travaux de groupe sur les documents du Mentorat (Crédit Aidara)

Cet atelier a été organisé, sur financement du Projet SWEDD (Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel), par le Bureau Régional UNFPA WCARO, représenté à l’occasion par Dr. Sosthène Dougrou, expert en politique et programme de santé, spécialiste en renforcement des systèmes de santé.

Du Mentorat clinique des sages-femmes

Le Mentorat clinique des sages-femmes est une nouvelle approche initiée depuis quelques années par plusieurs pays, dont le Bénin, le Burkina Faso, Madagascar, Côte d’Ivoire, Niger, Sénégal, entre autres, pour  rabaisser les taux alarmants des décès maternels et néonataux, en ciblant les sages-femmes. L’objectif est de faire encadrer sur le terrain des sages-femmes par d’autres plus anciennes et plus expérimentées. Ces dernières veillent à renforcer les compétences, le savoir-faire et le sens de la responsabilité chez leurs collègues plus jeunes, afin de mettre un terme aux décès maternels et néonatals évitables.

Sur la base des sommes d’expériences sur le Mentorat dans ces pays qui ont donné des résultats encourageants, l’UNFPA WCARO, a diligenté des missions d’évaluation et de documentation au Bénin, au Burkina Faso et à Madagascar, afin d’analyser les processus de mise en œuvre des programmes de Mentorat dans ces pays, de relever les obstacles et défis, les points forts et les points faibles, mesurer les performances des différents programme, l’implication des acteurs et évaluer les mécanismes de pérennisation.

Une partie du manuel de référence (Crédit Aidara)

Aux termes de ces missions et sur la base des rapports des consultants, un Référentiel du Mentorat Clinique des Sages-femmes en Afrique de l’Ouest et du Centre a été élaboré, puis discuté au cours d’un atelier de restitution en mars 2018 à Abidjan.

Ce sont ces trois outils pédagogiques qui ont fait l’objet de l’atelier de validation qui vient de s’achever à Nouakchott. Désormais, la région Ouest-africaine et du Centre dispose de documents harmonisés devant servir de supports pour la formation de la première promotion de formateurs de Mentors, à l’EN3S de Nouakchott, retenu comme Centre régional de référence de formation des Mentors.

Nouakchott est fin prêt

Au cours de leur séjour à Nouakchott, les participants ont visité l’Ecole Nationale Supérieure des Sciences de la Santé. Ils ont été accueillis par la Directrice, Dr. Zeynabou Haidi Haimoud. L’état des infrastructures construites avec l’appui de la Coopération japonaise, les ateliers de travaux pratiques dotés d’équipements dernière génération propres aux simulations anatomiques, accouchements, réanimation du nouveau-né, pratiques médicales diverses, laboratoires, ont émerveillé les visiteurs.

Les participants à leur arrivée à l’EN3S (Crédit Aidara)

«C’est édifiant ! Les cours pour l’amélioration de la qualité des soins, surtout le partage des expériences avec les pays qui ont déjà expérimenté le Mentorat, et cette visite à l’Ecole Supérieure de Santé de la Mauritanie qui est bien équipée et qui peut beaucoup servir dans la formation des mentors !» a déclaré Ghislaine Prudence Pulchere Gbaguidi, du Ministère de la Santé du Bénin à l’issue de la visite.

L’école dispose en plus d’annexes qui, avec quelques réaménagements prévus incessamment, pourra offrir un espace d’apprentissage et de séjour appropriés, avec des salles de cours, des chambres-dortoirs pour les futurs élèves mentors et leurs professeurs, un réfectoire, une bibliothèque, une salle informatique aux équipements déjà disponibles, une salle de détente, une cuisine, entre autres commodités.

Dans une des salles de travaux pratiques (Crédit Aidara)

Selon Dr. Zeynabou Haidi Haimoud, directrice de l’EN3S de Nouakchott, «cet atelier est pertinent pour la Mauritanie et pour l’ensemble de la région ouest-africaine et du centre dans la mesure où il offre définitivement des outils pédagogiques validés et harmonisés pour le Mentorat des sages-femmes, ce qui va accélérer la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale dont les taux dans nos pays sont les plus élevés au monde».

L’hôpital Cheikh Zayed a été le deuxième site visité par les participants. Ils ont été reçus par le Chef du service gynéco-obstétrique, Dr. Ahmed Ould Zeine, président de l’Association des Gynéco-obstétriciens de Mauritanie. Il a conduit ses hôtes à la maternité, le bloc opératoire, la salle d’hospitalisation, la salle d’accouchement, la salle d’urgence, la salle réveil, la salle de consultation externe et la nouvelle maternité, construite dans une aile de l’hôpital et qui selon lui, sera fonctionnelle en janvier 2020.  «Le service est composé de 5 médecins, dont 3 officiels et deux contractuels plus trois résidents, 29 sages-femmes et 12 infirmières pour environ 6.000 accouchements par an» a-t-il déclaré.

Dr. Zeine (en blouse blanche) accueillant les visiteurs (Crédit Aidara)

A noter que l’ouverture officielle de l’atelier de Nouakchott sur le Mentorat a été marquée par le discours prononcé par le Ministre de la Santé, Dr. Mohamed Nezhirou Hamed. Il a mis l’accent sur l’intérêt que porte la Mauritanie sur la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale et les mesures prises pour améliorer la qualité des soins par une motivation incitative et une répartition judicieuse du personnel de santé, notamment les sages-femmes, assignées désormais dès leur sortie de l’école à servir pendant plus de trois ans en périphérie avant de pouvoir exercer à Nouakchott.

A la clôture de l’atelier présidé par le Secrétaire général du Ministère de la Santé, Dr. Cheikh Baye M’Khaitrat, des attestations ont été délivrées aux participants, sous les clapets «Moussoba Moussaba ! Tieba Tieba !» et dans une ambiance joviale électrique.

Cheikh Aïdara

TEMOIGNAGES

Dr. Sosthen Dougrou, expert en politique et programme de santé, spécialiste en renforcement des systèmes de santé, UNFPA WCARO

«L’atelier régional qui nous réunit aujourd’hui à Nouakchott est la réunion finale pour la validation des outils pédagogiques de formation sur le Mentorat clinique des sages-femmes. Il a été précédé d’une étude sur l’expérience du Mentorat dans d’autres pays qui l’avaient adopté comme stratégie d’amélioration de la qualité des soins de santé sexuelle et reproductive. Suite à la mission du Directeur de l’UNFPA WCARO, M.Mabingué Ngom en Mauritanie en 2018, et suite à la visite qu’il a effectué à l’EN3S de Nouakchott, il a instruit le Bureau Régional d’envisager la possibilité de faire de cette école, le Centre d’Excellence de formation des Mentors dans la région Afrique de l’Ouest et du Centre. Il a été procédé à l’évaluation du nouveau centre, et un plan de renforcement de capacité de cette institution a été élaboré, afin de la rendre apte à dispenser les enseignements du Mentorat. Donc, le volet technique avance, surtout le volet pédagogique. Les documents clés de formation sur le Mentorat étant aujourd’hui validés, il faut élaborer un document stratégique  de mise en œuvre du Mentorat. Mais comme qui dit formation de Mentorat, parle de formations de formateurs, ce groupe devra être formé en premier lieu et c’est lui qui va dispenser les formations. Puisque l’EN3S de Nouakchott devient maintenant une structure internationale qui devra accueillir des étudiants de la sous-région, il nous faut un collège de formateurs qui reflète l’ensemble des expériences dans notre région »

Dr. Ahmed El Kory Boutou, responsable Santé de la Reproduction, Bureau UNFPA Mauritanie

«Le projet dont il est question aujourd’hui porte sur la formation Mentorat des sages-femmes. L’Ecole Nationale Supérieure des Sciences de la Santé de Nouakchott (EN3S) va devenir un Pôle sous-régional d’excellence en matière de Mentorat. Le Mentorat est une approche qui a démontré son efficacité dans certains pays qui l’ont déjà expérimenté. Comparativement à plusieurs autres approches qui ont été testés, elle est moins coûteuse et plus efficace en termes de résultats surtout en période périnatale. Cette école qui va abriter le centre de formation en mentorat sera surtout appuyé par l’UNFPA WCARO en collaboration avec le Bureau Pays, mais bien sûr avec d’autres partenaires qui travaillent dans le même domaine».

Pr. Namory Keita, gynécologue-obstétricien, président SAGO

«Satisfaction d’ abord d’être à Nouakchott pour participer à cette importante réunion sur le mentorat des sages femmes. Il s’agit d’une activité importante de santé publique. Comme vous l’avez constaté, nous avons fait le point sur la morbidité et la mortalité maternelle et néonatale dans nos pays et leur taux très élevé. Or, l’objectif est de faire en sorte que nous puissions atteindre les ODD. Pour cela, il faut plusieurs processus qui, mis ensemble, nous permettront d’influer sur ces différents ratios alarmants dans notre région. Ici, nous avons travaillé sur trois documents très importants qui nous permettront chaque fois que besoin sera de poser le diagnostic des difficultés qu’ont les sages femmes ou le personnel de santé s’occupant des accouchements et exerçant en périphérie, de diagnostiquer les problèmes rencontrés et de pouvoir se référer à des structures de santé de niveau plus élevé afin qu’elles puissent partager leur expérience et améliorer la qualité des services dispensés afin qu’aucune femme ni aucun nouveau-né ne meurt plus de mort évitable».

Héloïse D’Almeida, présidente de la Fédération des Associations des Sages-femmes d’Afrique Francophone (FASFAF)

«Nous sommes ici dans le cadre de la validation des documents sur le Mentorat clinique des sages femmes. C’est avec une note de satisfaction que nous terminons cet atelier parce que les participants étaient engagés pour la cause, car il s’agit de réduire  la mortalité maternelle néonatale et infantile. Eu égard au constat que les prestataires sages-femmes sortent de leur formation initiale avec des gaps à combler, le Mentorat est la solution la plus stratégique pour venir à bout de ces lacunes et renforcer l’offre de services de qualité en vue de la réduction du taux de mortalité maternelle néonatale et infantile. Les outils qu’offre le Mentorat permettront à ces pays d’atteindre cet objectif».

Mme Dicko Fatima Maiga, membre du Conseil d’Administration de la Confédération Internationale des Sages-femmes, représentante les pays francophones d’Afrique

«J’ai participé à cet atelier sur invitation de l’UNFPA. Avant même d’être ici à Nouakchott, j’ai travaillé sur l’ensemble des documents pédagogiques sur le Mentorat, ce qui m’a donné davantage goût à  participer à la validation de ces documents, vu le taux élevé de la mortalité maternelle et néonatale dans notre région. Ce qui me pousse à croire que si on met en place un outil qui va permettre de réduire ces taux, je ne peux que m’en réjouir. J’ai été très réconforté par le déroulement des travaux de groupe, car j’ai vu des participants qui ont mouillé le maillot. Chacun était mû par une saine détermination et un engagement à ne sortir de l’atelier qu’avec des documents bien élaborés et consensuels. J’en profite pour féliciter les deux consultants qui ont été à la hauteur car ils nous ont présenté des documents déjà bien ficelés au départ, ce qui nous a considérablement facilité la tâche. Je suis très optimiste pour la suite, notamment la mise en pratique des documents du Mentorat dans les différents pays, mais surtout au niveau du centre de référence de Nouakchott. Pour moi, ce choix d’un centre régional pour le Mentorat permettra d’harmoniser les pratiques et favoriser les échanges d’expériences»


Caporalisation à la FFRIM, le summum avec l’affront contre la présidente de l’AS Police

Qui va arrêter les dérives autoritaires, les magouilles et la confiscation pour des raisons personnelles du football mauritanien ?

Réunion du Bureau Exécutif de FFRIM (photo archive)

La dernière humiliation subie par la présidente de l’AS Police, la commissaire Hindou Mohamed Laghdaf, objet d’insultes et d’irrespect notoires de la part du président de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM), prouve à tel point les clubs de football en Mauritanie sont soumis à une véritable dictature. Et tout cela pourquoi ? Parce que la présidente de l’AS Police avait tout simplement réclamé légitimement, lors d’une AG du Bureau exécutif convoquée d’urgence (on ne sait pourquoi), l’examen plus minutieux d’une batterie de textes répressifs à l’encontre des clubs, des dirigeants et des joueurs. Aucune urgence pourtant, contrairement aux allégations du président de la FFRIM, n’imposait au bureau exécutif de voter ici et maintenant cet arsenal d’articles constitués d’une avalanche de sanctions à l’encontre d’acteurs dont l’avis n’a nullement été sollicité.

Malheureusement, le front du refus contre les agissements du président de la FFRIM, se réduit à quelques voix solitaires qui assistent à la dérive morale du football national, malgré les embellies entretenues autour des équipes nationales, objets de toutes les attentions car destinées à vendre l’image reluisante  d’une fédération qui impulse des progrès. Mais la situation des clubs, qui alimentent les équipes nationales, est désespérante. Les injustices infligées à ces clubs par des structures fédérales toutes soumises ainsi que les initiatives personnelles du président de la FFRIM, agrandissent à chaque occasion le fossé entre le bureau fédéral et les acteurs de terrain.

Passons sur l’affaire du Sahraoui Cheikh El Wely, naturalisé aujourd’hui mauritanien parce que recruté par le FC Nouadhibou, l’intouchable club du président de la FFRIM, et dont le dossier dans l’affaire de la plainte initiée par la Garde en 2017, avait mis à nu l’inexistence de structures réellement indépendantes et justes au sein de la fédération. Tout le monde se rappelle du faux et d’usage du faux dans ce dossier, sa confiscation des mains de la Commission d’arbitrage, les manœuvres dilatoires menées par la suite pour dissuader la Garde de poursuivre sa plainte auprès du Tribunal arbitral Spécial (TAS).

Passons également sur l’affaire de l’ASAC Concorde, la confiscation de sa direction et les 75.000 Euros de transfert de deux de ses joueurs, détournés par le Président de la FFRIM. Affaire pourtant, où le président de la FFRIM a été condamnée deux fois par la justice mauritanienne pour rembourser les dits montants sans que la sentence soit appliquée.

Passons sur les nombreux clubs arrachés des mains de leurs dirigeants légitimes et distribués entre les proches et les potes.

Passons sur l’affaire AS Oasis, un club de D2, détrôné frauduleusement au profit de l’AS Armée pour la montée en Super D1 lors de la saison 2017-2018.

Passons ensuite sur l’affaire du match SNIM-Nouadhibou lors de la 5ème journée de la Super D1. Ayant refusé le transfert à Nouakchott de la rencontre initialement prévue à Nouadhibou, puis le refus de son report à une date ultérieure, l’AS Snim a vu tous ses droits spoliés, oubliant que le FC Nouadhibou est un club au-dessus des autres clubs et au-dessus de la règlementation en vigueur.

Les scandales  au sein de la FFRIM, de ses instances, de son arbitrage et au niveau de son président sont légions et rien ne semble les arrêter, tant les complicités sont massives,  au sein du Bureau Exécutif et de ses instances, tenus d’une poigne de fer par un président omnipotent qui dirige ses troupes par le bâton et la carotte.

La dernière affaire qui a fait déborder le vase, c’est l’escroquerie d’un footballeur malien, recruté, transporté et devant signer avec l’AS Police. Une fois débarqué à Nouakchott, le footballeur sera poussé dans les bras de Nouakchott King’s, un club dirigé par le beau-frère du président de la FFRIM.  Qu’à cela ne tienne ! Le Malien est arrêté pour escroquerie et sommé de répondre de sa forfaiture. Ce qui amènera le président de la FFRIM à intervenir personnellement dans cette affaire brandissant son éternel arme, «le risque de conséquences pour la Mauritanie auprès de la FIFA ». Et il se fit renvoyer se promener. Frustré et en colère, le président en tiendra rigueur à la présidente de l’AS Police. Cette affaire est le véritable moteur déclencheur de l’inimitié entre le président de la FFRIM Ahmed Yahya et la commissaire Hindou Mohamed Laghdaf. Il ne lui fallait qu’une occasion pour l’extérioriser. La dernière réunion de la FFRIM s’y prêta à merveille. Devant un Bureau Exécutif aplati, transformé en véritable bureau d’enregistrement pour faire passer les quatre volontés de son président, il se défoula sans retenue sur la présidente de l’AS Police.

En attendant, les autorités nationales chargées du Sport sont tenues à l’écart des forfaitures qui minent le football mauritanien. Même les tribunaux nationaux, qu’un article parmi ceux nouvellement adoptés, tient à l’écart des affaires relevant du football. Quels pouvoirs le président de la FFRIM s’auto-autorisent insidieusement année après année pour asseoir sa domination solitaire sur le football national !

Cheikh Aïdara