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Lancement du projet « Emplois des jeunes pour la paix et la résilience », des emplois verts pour trois régions cibles

Les locaux du Ministère de l’Economie et du Développement Durable ont abrité mardi 12 mars 2024 le lancement du projet « Emplois des jeunes pour la paix et la résilience ». Piloté par la FAO et le BIT, les grandes lignes du projet ont été présentées au cours d’un atelier qui a regroupé plusieurs acteurs institutionnels et des partenaires.

Cérémonie de lancement du projet – Crédit Aidara

Le Ministère de l’Economie et du Développement Durable (MEDD) a procédé au lancement du projet « Emploi des jeunes pour la Paix et la Résilience ». L’évènement a eu lieu mardi 12 mars 2024, en présence des agences d’exécution, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO).

Le projet financé par le Fonds pour la Consolidation de la Paix (PBF) des Nations Unies est conçu en donnant la priorité à la mise à échelle, la durabilité et l’approbation par le gouvernement, les partenaires sociaux et les communautés, selon les termes du communiqué publié à l’occasion.

Consolider la cohésion sociale

Ouvrant les travaux de l’atelier sur le « Renforcement de la paix et de la résilience socioéconomique à travers la création d’emplois décents verts pour les jeunes en zone rurales et péri-urbaines », le Secrétaire général par intérim du MEDD, M. Yeslem Ould Hamdane a déclaré que le projet en question va contribuer à la cohésion sociale et au bien-être des communautés. Il a par la suite déroulé l’agenda de la rencontre qui comporte la présentation du projet et de ses articulations, citant le Trarza, Nouakchott et le Hodh Charghi comme zones d’intervention. Il a également évoqué les étapes qui vont suivre le lancement du projet, citant l’organisation d’ateliers, l’identification des domaines d’intervention et la mise en place de comités locaux de suivi.

Paix et Résilience socioéconomique par l’emploi des jeunes

Auparavant, le Représentant de la FAO en Mauritanie, M. Huynh Anh Tai Alexandre, devait s’exprimer au nom de son organisation, mais aussi celui de son collègue, M. Moussa Oumarou Diallo, Directeur par intérim du bureau de l’OIT basé à Alger et qui représente l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie. Il a remercié les autorités et tous ses partenaires pour leur engagement à contribuer à la promotion de la paix et de la résilience socioéconomique, qu’il a qualifiée de déterminante pour le renforcement de la cohésion sociale et du vivre-ensemble.

Il a profité de l’occasion pour remercier le PBF et ses donateurs dont les principaux depuis 2020 sont l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, le Canada, la Suède, le Danemark, la Suisse, la France, la République de Corée, l’Irlande et le Japon. « Grâce à eux, nous pouvons rêver à travers ce projet, dont le point d’ancrage est le MEDD » a-t-il souligné.

Il a mis l’accent sur les efforts déployés par le gouvernement mauritanien et l’importance qu’il attache à la prévention des conflits à travers la création d’emplois décents et verts pour les jeunes, ainsi que l’appropriation nationale du projet.

Un projet pour 3 régions qui dure 36 mois

M. Guité Diop, Technical Manager, Emploi, Paix et Résilience au BIT Mauritanie, devait par la suite dérouler les divers aspects du projet, rappelant le contexte, les résultats attendus, les produits, les bénéficiaires, les zones d’intervention et le budget.

Résultats attendus

Selon M. Guité Diop, deux résultats sont attendus du projet. Premièrement, les jeunes hommes et les jeunes femmes issus de la population hôte, retournée et réfugiée des zones de Bassiknou (Hodh Charghi), Dar-Naïm (Nouakchott) et Rosso (Trarza) s’engagent activement dans la promotion, le soutien et le renforcement des initiatives communautaires de prévention des conflits et de médiation en matière d’accès aux ressources naturelles et de préservation de l’environnement.

Deuxièmement, les jeunes hommes et les jeunes femmes des communautés cibles, s’engagent dans des initiatives économiques responsables conjointes axées sur une gestion durable de l’environnement au sein de chaînes de valeur inclusives, porteuses de paix et vertes.

Produits du projet

Quant aux produits du projet, ils sont au nombre de cinq.

Un, promotion des cadres de concertation, des solutions locales et innovantes, des dialogues pour l’accès équitable et apaisé aux ressources naturelles.

Deux, renforcement des compétences des jeunes à répondre aux catastrophes naturels, changements climatiques, conflits liés aux ressources naturelles.

Trois, mise en place de plans conjoints de développent locaux inclusifs, participatifs et porteurs de paix et de gestion des ressources naturelles.

Quatre, soutien au secteur privé, et en particulier les PME, pour améliorer leur productivité et réaliser des investissements importants.

Cinq, renforcement des compétences des jeunes en zone rurale pour participer à la mise en œuvre d’une économie locale durable et inclusive.

D’une durée de 36 mois, le budget du projet est de 4 millions de dollars US. Le projet cible les jeunes de 15 à 40 ans, et parmi les bénéficiaires, le conférencier a cité les PME locales, les acteurs de l’emploi comme l’Agence « Techghil », les syndicats, les OSC, les coopératives, les GIE, et les acteurs locaux.

A souligner que plusieurs départements ministériels étaient représentés au cours de la rencontre, ainsi que le Point Focal du BIT en Mauritanie, M. Mark Ninerola, ainsi que plusieurs de ses collaborateurs, dont M. Houssein Kassougue et Cheikh Thiam.

Cheikh Aïdara

COMMUNIQUE DE PRESSE

Nouakchott, Mauritanie – Mardi 12 mars 2024

Lancement officiel du Projet : Emplois des jeunes pour la Paix et la Résilience : « Renforcement de la paix et de la résilience socio-économique à travers la création d’emplois décents verts pour les jeunes en zones rurales et péri-urbaines » en Mauritanie

Le Ministère de l’Economie et du Développement Durable (MEDD) organise — en partenariat avec les Agences d’exécution : l’Organisation internationale du Travail (OIT) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le lancement officiel du projet « Emplois des jeunes pour la Paix et la Résilience » le mardi 12 mars à partir de 08h30 précises dans la grande salle de réunion du Ministère de l’Economie et du Développement Durable (MEDD) à Nouakchott, Mauritanie.

Le projet, financé le Fonds pour la Consolidation de la Paix (PBF) des Nations Unies est conçu en donnant la priorité, à la mise à l’échelle, la durabilité et l’appropriation par le gouvernement, les partenaires sociaux et les communautés. Il vise à répondre aux défis économiques, environnementaux et sécuritaires auxquels la Mauritanie est confrontée, en particulier l’instabilité politique au Mali et ses répercussions dans les régions transfrontalières, les chocs climatiques et le manque de perspectives économiques et d’emplois pour les jeunes.

Conscients que l’inclusion économique des jeunes est une composante essentielle pour construire des communautés résilientes et pacifiques, le projet favorisera l’accès à des opportunités d’emplois décentes et vertes pour les jeunes, en améliorant leurs perspectives économiques et d’emplois, et en renforçant leur leadership et leurs capacités techniques, organisationnelles et managériales. Le projet utilisera le poids démographique des jeunes comme une force motrice pour le changement et la paix.

Cette cérémonie de lancement officiel de haut niveau sera l’occasion d’offrir une visibilité nationale au projet et de renforcer les synergies entre les différents acteurs impliqués sur les thématiques liées à la prévention des conflits et l’emploi des jeunes.

Cet atelier réunira 50 personnes issues des institutions et organisations partenaires, et aura pour objectif d’informer les parties prenantes clés sur les objectifs et résultats du projet, afin de favoriser son appropriation et de créer une base solide pour l’appropriation nationale du projet.

Pour plus d’informations sur le projet et pour participer à cet évènement, veuillez contacter :


Mauritanie : 5ème édition du Woman International Day, une clôture dans la sobriété

Initié par l’Association culturelle « Assalamalekum » présidée par M. Limam Kane Monza, et mené de main de fer par Mme Rosita Hawa Bâ, le festival Woman International Day a baissé les rideaux sur sa 5ème édition, ce 8 mars 2024 au Stade Olympique de Nouakchott.

Photo de groupe après le lancement du Woman Day – Crédit Aidara

C’est au marché créatif, formé de stands où exposent depuis plus d’une semaine plusieurs femmes venues de divers pays de la sous-région et situé à l’intérieur du stade Olympique de Nouakchott, que s’est déroulée la clôture du Woman International Day.

Le marché créatif

Le marché créatif du Woman Day a connu une grande affluence. Plusieurs personnalités s’y sont promenées. Des processions d’étals bien achalandés où s’entassent « thiourayes », « niamatos », vêtements, produits de la médecine traditionnelle, venus du Sénégal, Mali, Guinée, Niger, entre autres pays Parmi les distingués hôtes qui ont visité le marché, l’ambassadrice des Etats-Unis d’Amérique en Mauritanie, Son Excellence Madame Cynthia Kirscht.

Le marché créatif du Woman Day au Stade Olympique – Crédit Aidara

La cérémonie de clôture, bien qu’organisée avec sobriété, a été marquée par un bref speech prononcé par la directrice du festival, Mme Rosita Hawa Bâ, qui a distingué au cours de la soirée plusieurs femmes qui se sont illustrées par leur combat. Ainsi, ce 8 mars 2024, journée internationale des droits des femmes, célébrée en grande pompe en Mauritanie, a coïncidé avec le clou d’un festival qui a ponctué pendant huit jours la vie culturelle, artistique et socioprofessionnelle des Mauritaniens. Le concert prévu dans la soirée a été annulé suite à l’insécurité qui avait marqué le dernier show organisé au stade.

Rosita Hawa Bâ en selfie avec Cynthia Kirscht (avec accord pour publication)

Sous le thème « Refus de confinement aux tâches domestiques », le marché créatif avait jeté depuis le 1er mars 2024 ses chapiteaux au cœur du stade Olympique, guidé par un objectif, l’autonomisation des femmes. Celles-ci ont exposé pendant toute la durée du festival leur savoir-faire et leurs produits tout droit sortis de leur créativité.

Ouverture officielle du festival

Il faut dire que le festival Woman International Day avait lancé le 1er mars 2024 sa 5ème édition au Palais des Congrès de Nouakchott en présence de la présidente de la Région, Mme Fatimetou Abdel Maleck, du corps diplomatique, des activistes de la société civile et le gotha du monde culturel, artistique et sportif du pays.

Mme Oumou Kane et M. Limam Kane Monza – Crédit Aidara

Une dizaine de figures féminines ont été honorées au cours de la cérémonie, des pionnières dans les domaines de la santé, de l’économie, du droit, de la politique, du sport et de la vie sociale. Parmi les lauréates, la présidente du Conseil mauritanien des femmes d’affaires, Mme Fatima Sidi Mohamed El Vil, pour l’entrepreneuriat féminin, Mme Oumou Kane, responsable du football féminin au sein de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM), Mme Zeynabou Taleb Moussa, présidente de l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant (AMSME).

Formations, concerts, débats

Pendant ce festival, qui a été soutenu par plusieurs partenaires, dont la Caisse Nationale d’Assurance et de Solidarité en Santé (CNASS), plusieurs ateliers de formation ont été initiés, notamment dans le domaine de l’agriculture urbaine avec le concours de deux expertes en la matière, Louise Tanchon et Andréa Pasqualini, toutes deux ingénieurs agronomes.

Affiche du 1er concert du Woman Day 2024 / ifmauritanie via Instagram

Il y a eu également une formation en gestion de projet, avec un point essentiel sur la stratégie d’entreprise SWOT. Le festival a connu également plusieurs conférences-débat sur des thèmes variés, « nouvelle loi pour les droits des femmes en Mauritanie », « importance de l’autonomisation économique de la femme », « excision », etc.

Le public a eu aussi droit à des concerts, avec des artistes de renommée comme cette belle soirée animée à l’Institut français de Maurtianie par Noura Mint Seymali et Miss Haga, ou encore cette soirée enflammée au stade Olympique avec Youpi, ou bien encore cette soirée acoustique avec Teacher Sarr à la Mairie de Tevragh-Zeina.

Le festival a été aussi marqué par la mise en place du réseautage des femmes entrepreneuses et créatives, la projection d’un film de Hawa Bâ sur les violences basées sur le genre, un défilé de mode, des matchs de football…

Cheikh Aïdara


Lancement de « Usine Digitale Mauritanie », le numérique pour raccourcir les voies du succès

Après le Bénin, le Gabon, et bientôt la Côte d’Ivoire, la Mauritanie a lancé mercredi 6 mars 2024 la troisième succursale de « Usine Digitale », dont la cellule mère basée à Dakar avait initié cette technologie il y a de cela 8 ans, impulsant cette extraordinaire révolution dans le monde de la communication et de l’entreprenariat en Afrique.

Vue partielle des participants – Crédit Aidara

Il y avait du beau monde, ce mercredi 6 mars 2024, au siège de « Usine Digitale Mauritanie » qui venait de lancer les activités d’une nouvelle structure dans le monde digital mauritanien. Des partenaires, le milieu de la presse et des hommes d’affaires.

Un nouvel acteur dans le monde digital

@aidara

Prenant la parole à cette occasion, Fatimata Abdallahi Lam, Directrice de « Usine Digitale Mauritanie » a déclaré qu’au niveau de sa structure, ils croient fermement que la clé du succès réside dans la capacité à exploiter la dynamique du monde digital pour créer de la valeur ajoutée.

« Nous mettons notre engagement et notre expérience acquise au sein de nos agences de la sous-région à votre service » a-t-elle précisé. Selon elle, « chez nous, à Usine Digitale, chaque client est unique et chaque activité, une nouvelle aventure ». Elle a souligné par ailleurs que « Usine Digitale » deviendra un acteur majeur dans le système digital mauritanien et un partenaire de confiance pour ceux qui aspirent à l’excellence et à l’innovation.

Un partenaire de confiance

@aidara

A son tour, Aminata NDoye, partenaire et collaboratrice dans le projet, a remercié l’assistance à l’occasion du lancement de cette agence de communication digitale.

« Nous avons travaillé dur pour mettre en place une équipe talentueuse et passionnée prête à relever tous les défis qui se présentent à elle » a-t-elle souligné.

Elle a ajouté que dans un monde où la communication numérique est devenue incontournable, « notre agence se positionne comme un partenaire de confiance pour vous accompagner dans la mise en place de stratégies efficaces et innovantes ». Que ce soit d’après elle, « pour la gestion de vos réseaux sociaux, la création de contenu digital, la mise en place de campagnes publicitaires en ligne, ou encore le référencement de vos Web, nous mettons à votre disposition notre expertise et notre créativité.

Retourner au bercail pour offrir son expertise

@aidara

Le partenaire de l’agence, Hassane Met’Hat, devait de son côté se féliciter du lancement d’une nouvelle ère dans le monde du numérique en Mauritanie. « Nous sommes fiers d’annoncer notre partenariat avec « Usine Digitale », une agence de renom au Sénégal. Nous sommes déterminés à repousser les limites du possible et à ouvrir de nouvelles voies vers le succès pour nos clients » a-t-il ajouté.

Il a rappelé être spécialiste du marketing digital et d’avoir l’honneur de participer à cette belle initiative, mais surtout de partager un moment personnel qui illustre son engagement. Il s’agit, selon lui, du sacrifice qu’il a consenti lorsqu’il fut appelé à rejoindre l’équipe, alors qu’il était confortablement installé à Dakar, décidant ainsi de rentrer au pays, de lui apporter son savoir-faire et de participer à son développement économique et social.

Des solutions adaptées et personnalisées

@aidara

Clôturant la liste des intervenants, Moulaye Sall, Directeur Général de « Usine Digital Dakar » et l’un des fondateurs du principe lancé en 2016 au Sénégal, a souligné qu’ils ne viennent pas avec une formule toute prête pour permettre un boom dans le digital, mais que « Usine Digitale », c’est un dialogue,  une discussion et des échanges entre une équipe d’experts du digital à l’écoute d’un entrepreneur, d’une institution, d’un particulier, comme la jeune femme qui a son salon de coiffure et à qui on explique comment faciliter certains process pour développer ses affaires. A chaque client, sa solution digitale adaptée à ses besoins.

Il a précisé que c’est ça l’esprit de « Usine Digitale » qu’ils sont en train de développer en Afrique, au Bénin, au Gabon, et bientôt en Côte d’Ivoire. Il a brossé son parcours et cité certains partenaires déjà conquis par la formule, comme le ministère des Finances du Sénégal, et d’autres géants comme Teylium, BP Prod, Sebamed, etc.

La Directrice de UD Mauritanie au premier plan avec un foulard- Crédit Aidara

Une gamme de produits

Les participants ont suivi par la suite une projection sur les divers produits et services offerts par « Usine Digitale Mauritanie », en particulier UD (Usine Digitale), ID (Identité Digitale) et FA (Freelance Africa), en plus d’une gamme d’autres services comme la stratégie de communication digitale, la conception de site web, la gestion des réseaux sociaux, la création visuelle, le Design, la création de carte visite NFC, le référencement, etc.

Cheikh Aïdara


Birame Dah Abeid : « voilà pourquoi je ne peux pas annoncer ma candidature « 

Au cours d’une conférence de presse animée lundi 4 mars 2024 à l’ilot K de Nouakchott, siège du mouvement abolitionniste IRA qu’il préside, le député Birame Dah Abeid est revenu sur plusieurs points d’actualité, notamment la réunion d’une délégation du FMI avec l’opposition qui a eu lieu le même jour, mais aussi la présidentielle de 2024, l’enrôlement biométrique et des sujets divers.

Birame en conférence, à sa droite Marième Cheikh et à sa gauche Oumar Ould Yali – @Cheikh Aidara

Plusieurs sujets d’actualité ont été abordés par le député et président du mouvement IRA, Birame Dah Abeid au cours d’une conférence de presse le 4 mars 2024 à Nouakchott. Devant un parterre de journalistes, il a fait le point sur la rencontre entre quelques représentants de l’opposition, un émissaire du FMI venu de Washington et la représentante de l’institution monétaire internationale en Mauritanie, Anta NDoye. Il a aussi parlé de la présidentielle en vue, de l’état-civil et d’autres sujets soulevés par les journalistes. Etaient présents à ses côtés, Oumar Ould Yali, président du parti RAG (non reconnu), l’aile politique d’IRA, et la député Marième Cheikh Dieng.

Rencontre avec le FMI

Faisant l’économie de la rencontre avec le FMI, Birame Dah Abeid a expliqué que l’objectif de la rencontre entre la mission du FMI et les leaders politiques invités, tels que présentée par l’émissaire de Washington, est de recueillir l’avis de la classe politique par rapport aux interventions en Mauritanie de l’institution monétaire et le bilan qu’ils en font, ainsi que ses répercussions sur les conditions de vie de la population. Cette pratique entrerait, selon lui, dans la routine du FMI au niveau des pays membres, à la veille de chaque élection présidentielle.

Selon Birame, l’opposition aurait déclaré que les interventions du FMI en Mauritanie n’ont aucune incidence sur la vie des population. Ils auraient mis en exergue la dégradation de l’éducation marquée par les faibles résultats du baccalauréat, la falsification des diplômes, le népotisme et la corruption. Idem sur le plan de la santé, avec la prolifération des médicaments falsifiés, le faible niveau de l’offre médical, le chômage des médecins sortants et des autres diplômés de la santé.

Les partis présents à la rencontre auraient également cité la hausse vertigineuse des prix du fait d’une politique usurière pratiquée par l’Etat à travers la forte taxation des produits de première nécessité, la fraude fiscale pratiquée par les grosses fortunes, la mal gouvernance financière, l’enrichissement illicite des cercles proches du pouvoir, la création par l’Etat d’une clientèle de nouveaux riches au sein des cellules qui lui sont affiliées. En d’autres termes, les responsables de l’opposition auraient mis en exergue la forte discrimination en termes de partage de la richesse nationale, ce qui met en rade une importante partie de la population sur une base ethnique et raciale.

A été également évoquée la question du chômage, surtout celui des jeunes, mais aussi la pauvreté dont les taux augmentent au lieu de baisser.

L’enrôlement et Taazour

Selon Birame, la mission du FMI a déclaré l’importance qu’elle attache à l’enrôlement de tous les citoyens mauritaniens ainsi qu’aux actions de l’Agence de Solidarité Taazour pour son rôle en matière de bien-être social des populations, notamment les plus démunies.

Sur ce point, l’opposition aurait relevé le fait paradoxal en Mauritanie où les citoyens sont à la recherche de leur nationalité comme des étrangers, alors qu’il s’agit d’un droit constitutionnel.  En attestent, selon elle, les longs rangs devant les centres d’état-civil, donnant au visiteur étranger l’impression que ces longues files sont constitués de demandeurs d’asile venus d’ailleurs, alors qu’il s‘agit de Mauritaniens. Selon Birame, c’est comme si l’Etat, à travers le recensement biométrique, chercherait à faire des ciblages dans l’attribution de la nationalité selon l’ethnie et la race. Une discrimination qu’il qualifie de dangereuse.

Quant à Taazour, à travers le registre social établi par le Ministère des Finances, elle ne serait, selon Birame, qu’un instrument politique aux mains du parti au pouvoir pour faire pression en période électorale sur les populations bénéficiaires des aides sociales accordées par l’Etat.

Revenant sur la question de l’enrôlement qu’elle prend en charge en compagnie de deux autres députés, Ghamou Achour et Aminata, Marième Cheikh Dieng a affirmé avoir constaté sur le terrain une volonté politique du pouvoir de refuser l’enrôlement de plusieurs milliers de citoyens mauritaniens, notamment les négro-mauritaniens et les harratines, devenus depuis le 17 février 2024 des apatrides dans leur propre pays. A l’inverse, des Arabes, des Sahraouis et des Touarègues ont été recensés, selon elle.

Clash entre Birame et Ould Maouloud

Birame Dah Abeid est revenu sur le clash qui a eu lieu entre lui et le président de l’UFP, Mohamed Ould Maouloud, au cours de la rencontre des partis d’opposition avec la mission du FMI à Nouakchott. Sur ce point, nous vous livrons la version des deux parties sur l’incident.

Biram et Ould Maouloud – @Aidara (avec IRA)

Version de Birame

Selon Birame, Ould Maouloud a débarqué à l’improviste alors qu’il n’était pas invité, n’étant ni député ni président d’un parti représenté au Parlement. Etaient présents lors de son arrivée, selon lui, les deux fonctionnaires du FMI, en plus de Diop Amadou Tijane, président du FRUD et lui-même. Ils seront rejoints plus tard, probablement après l’incident, par les présidents des partis Sawab et Tawassoul.

Selon Birame, Ould Maouloud aurait salué tout le monde sauf lui, puis prit place. Il se serait ravisé par la suite et lui tendit la main, en lui lançant : « on se salue quand même, même si on va aller en procès ».  Birame aurait refusé de le saluer, arguant qu’il pouvait garder sa main, puis qu’il ne l’a pas salué à son arrivée.

Birame ajoute que Ould Maouloud, s’adressant au chef de mission du FMI et de la représentante de l’institution en Mauritanie, aurait lancé : « celui qui est en face de vous prétend être un défenseur des droits de l’homme, mais en réalité c’est un fauteur de trouble qui cherche à semer la zizanie et la discorde dans le pays ».

Furieux, Birame dit avoir répliqué en le traitant de menteur, ajoutant que Ould Maouloud est en mission commandé par le ministre de l’Intérieur pour le provoquer et créer une bagarre. Et d’ajouter que Ould Maouloud aurait demandé que Birame soit expulsé de la salle, sinon lui il va quitter. Ce à quoi, les responsables du FMI lui aurait répondu qu’ils souhaiteraient bien qu’il reste pour participer aux échanges mais qu’ils ne pouvaient expulser personne, précisant que ce problème est un problème personnel entre lui et Birame et que leur mission est d’écouter leurs avis sur l’objectif de la rencontre. Sur ce, Ould Maouloud serait parti, d’après Birame.

Version de Mohamed Ould Maouloud

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, le président de l’UFP a livré sa version du clash qui l’a opposé à Birame. Selon lui, il a reçu une invitation du Ministère de l’Intérieur pour assister à une réunion convoquée par le FMI adressée à quatre présidents de partis politiques, à savoir l’UFP, Tawassoul, Sawab et FRUD.

A son arrivée dans la salle de réunion qui s’est tenue à la Banque centrale, il trouva les deux représentants du FMI, puis Diop Amadou Tijane et Birame. Il salua tout le monde, y compris Birame. Mais ce dernier aurait refusé sa main tendue, puis lui adressa une volée d’insultes et de diatribes, ne lui laissant aucune possibilité de réplique. Ould Maouloud affirma avoir été profondément gêné par cette attaque agressive d’autant que la scène se déroulait en présence d’une mission étrangère.

Il affirme s’être excusé auprès de la mission du FMI, arguant qu’il ne pouvait pas participer à une rencontre où tant de violences s’est manifestée. Puis, il soutient avoir quitté la salle, suivie par les deux fonctionnaires du FMI, visiblement désolés de ce qui venait de se passer. Ould Maouloud affirme n’avoir à aucun moment demandé que Birame soit expulsé de la salle.

Cet incident, quoiqu’on ne puisse savoir lequel entre Birame et Ould Maouloud est l’agresseur ou l’agressé, a fait le chou gras des réseaux sociaux mauritaniens, où les partisans des deux leaders se sont livrés à des passe-d ’armes truffées d’invectives à travers la toile.

Il faut noter que le torchon brûle entre les deux hommes depuis que Ould Maouloud a porté plainte contre Birame pour diffamation.

Convocation des partis candidats à la reconnaissance

La réunion convoquée par le Ministre de l’Intérieur adressée à tous les partis en quête de reconnaissance officielle a eu lieu lundi 4 mars 2024. Oumar Ould Yali, président du parti RAG dont la demande de reconnaissance bute depuis des années sur le refus des autorités, est revenu sur cette réunion. Selon lui, cette subite envie du Ministre de l’Intérieur de rencontrer les partis en gestation en plus de ceux déjà dissous, est une mascarade et une insulte aux lois de la République. D’après Omar Ould Yali, le régime actuel et celui qui le précède ont gelé depuis des années la loi sur les partis, se substituant à l’Assemblée nationale seul organe de législation, pour suspendre des dispositions légales. En témoigne, cette volonté du Ministre de l’Intérieur de vouloir ressusciter des partis politiques dissous par la force de la loi. En définitive, Oumar Yali trouve dans cette initiative du Ministre de l’Intérieur une intention inavouée de faire reconnaître de nouveaux partis proches de son sérail politique en cherchant à se camoufler derrière la reconnaissance de partis honnis comme le RAG. La réunion à laquelle il avait délégué un membre du parti se serait achevé, selon lui, sur des salamalecks en attendant la prochaine réunion.

De l’élection présidentielle en vue

Birame trouve que c’est la première fois dans l’histoire politique du pays où l’on voit apparaître au sein du pouvoir une puissante aile dont l’objectif est d’empêcher les partis politiques de l’opposition d’être représentés au sein des instances municipales, régionales et législatives. C’est également la première fois, selon lui, qu’une aile puissante émerge au sein du pouvoir pour empêcher que l’opposition puisse aligner aux élections présidentielles des candidats naturellement connus sur la scène politique. Il donne l’exemple des élections générales qui ont eu lieu en 2023 où le ministre de l’Intérieur aurait convoqué certaines personnalités en quête de reconnaissance pour leurs partis en leur disant qu’il ne pouvait pas leur donner un parti car cela l’obligerait à faire de même pour le parti RAG de Birame, ce qu’il ne compte pas faire. C’est ainsi que le Ministre de l’Intérieur aurait dispatché ces personnalités qui ne cherchaient qu’un strapontin pour accéder à un poste électif vers des partis déjà reconnus, certains de la majorité et d’autres de partis soi-disant de l’opposition.  

Birame considère que ces machinations sont une trahison de la volonté populaire et une manière de vider la démocratie et ses institutions de leur substance. Cette même machination serait déclenché ces temps-ci selon lui en prélude à la prochaine présidentielle de 2024. Et cela en connivence avec d’autres forces politiques pour détourner une nouvelle fois la volonté politique en brisant l’élan de la vraie opposition.

C’est cette sourde machination qui l’empêcherait lui Birame d’annoncer sa candidature à la présidentielle de 2024 sachant que l’aile extrémiste du pouvoir cherche à l’écarter de la course à travers le président de l’UFP Mohamed Ould Maouloud et sa plainte pour diffamation.

C’est pourquoi, a-t-il ajouté en substance, l’opposition doit préparer un plan B en s’accordant sur une candidature unique ou tout au moins, autour de trois solides candidats.

Questions diverses

Parmi les autres points abordés, le cas du jeune président du mouvement Kavana, Yacoub Mohamed Lemarabott, objet selon Birame d’une cabale, à travers la publication d’une carte qui attesterait de son statut d’agent des services de renseignement. Selon lui, il considère que ce jeune fait l’objet d’une campagne de dénigrement visant à le porter atteinte à sa crédibilité à cause de son combat contre le système politique dominant et contre ses injustices.

Birame Dah Abeid et Lemrabott de Kavana – @ Aidara (avec IRA)

Birame a aussi parlé de la convention entre l’Union européenne et la Mauritanie sur la migration, soulignant qu’il suit de près ce dossier et qu’il dénoncera toute tentative de rétention et d’emprisonnement de migrants dans des camps conçus à cet effet ou dans les geôles du pays. La migration selon lui n’est pas un crime et le devoir de la Mauritanie est d’expulser ceux parmi les migrants qu’elle ne désire pas accueillir, mais que nul n’a le droit de torturer ou d’enfermer un migrant.

Cheikh Aïdara