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Birame Dah Abeid, extraordinaire percée dans les régions de l’Est et du Nord

Pendant une semaine, du 7 au 13 juin 2019, le candidat à la présidentielle sous les couleurs du changement, Birame Dah Abeid, a conquis les habitants des villes, localités et hameaux des villes de l’Est et du Nord de la Mauritanie. C’est par milliers que les populations assoiffées de liberté, de justice sociale et de prospérité, sont en effet sorties pour l’accueillir, lui et la forte délégation qui l’accompagnent.

Ce dimanche 16 juin à Kaédi (Crédit S.Diagana)

Du Hodh Charghi au Tiris-Zemmour, en passant par le Hodh Gharbi, l’Assaba, le Tagant, l’Adrar et l’Inchiri, ce fut la même ferveur et le même accueil triomphant. Des marées humaines qui ont drainé, vieillards impotents, jeunes filles et garçons, femmes et hommes. Des visages rayonnants où se lit l’espoir pour des lendemains meilleurs, tels que véhiculés par le programme ambitieux du candidat. Les «Vives Birame !», les Youyous stridents de milliers de femmes. Accueilli comme un libérateur, Birame a multiplié partout les promesses d’une Mauritanie nouvelle où tous les citoyens seront réellement égaux en droits et en devoirs, en opportunités de chances et de richesses.

Ces partisans, pris dans la ferveur de cette déferlante humaine dans toutes les cités traversées durant ce périple fait à pas de charge, à la Hussarde, prédisent déjà une victoire au premier tour. La lutte contre l’esclavage, les discriminations, les inégalités, le racisme et l’exclusion, toutes réalités vécues par les Mauritaniens depuis le règne des militaires, de 1978 à nos jours, servira selon Birame Dah Abeid, comme cheval de bataille de son magistère, si les Mauritaniens lui accordent leur confiance le 22 juin 2019, jour du scrutin. Cette percée dans les régions orientales et septentrionales de la Mauritanie des profondeurs, lieux d’extrêmes pauvretés et de dénuement en dix ans de sac perpétrés par le régime finissant de Mohamed Abdel Aziz, leur a même fait dire que Birame a gagné des points inestimables et a pris une longueur d’avance sur les autres candidats.

Les populations semblent en effet avoir adhéré à son programme politique, économique et social qu’il leur propose et qui cadre en tous points à leurs aspirations et attentes. La confiance semble d’autant plus établie entre le candidat et les habitants des zones visitées, que sa tournée est précédée par son parcours de combattant de la liberté et son statut de militant qui a le plus payé de sa liberté, le triomphe de ses idéaux émancipateurs.

Après une brève escale à Nouakchott où il a animé le vendredi 14 juin, un meeting populaire à Tevragh-Zeina, Birame Dah Abeid a repris son bâton de pèlerin, à la conquête des voix de la Vallée et du Centre mauritanien. A Rosso, Boghé, et Kaédi  dont les images ont déjà défilé,  l’apothéose d’une tournée encore plus spectaculaire s’annonce déjà. Les populations de la Vallée semblent en effet avoir déjà dit OUI à Birame.

Cheikh Aïdara


Journée Mondiale des Océans, l’ONG BiodiverCité innove en festivités

La Journée Mondiale des Océans a été célébrée du 8 au 10 juin 2019 par l’ONG BiodiverCité que préside Maïmouna Mint Saleck sous le thème «Une mer sans objets plastics». C’était en collaboration avec le BACoMaB (Fonds Fiduciaire du Banc d’Arguin et de la Biodiversité Côtière et Marine), un mécanisme de financement durable mis en place en 2009 pour la sauvegarde de la biodiversité côtière et marine en Mauritanie. Nettoyage de la plage de Nouakchott, expositions photos sous la khaïma, sketchs, soirée cinéma et remise de prix aux lauréats du concours Journalistes Reporters de la Mer étaient au menu.

Maïmouna Mint Saleck au micro (Crédit BiodiverCité)

C’est dans ce cadre que le Village de la Biodiversité, sis au Musée de Nouakchott, a abrité le samedi 8 juin 2019 une soirée ludique où les tous petits, nationaux comme expatriés, se sont divertis au même titre que les nombreux adultes qui avaient fait le déplacement.  Soirée durant laquelle, BIG BABA, le fameux comédien mauritanien, rendu célèbre par sa publicité pour l’opérateur téléphonique Mattel, «Ma Ndor Couscous» a ravi la vedette comme attraction numéro UN.

Onze productions journalistiques ont été primées durant l’évènement, en présence de plusieurs partenaires, comme le  PRCM (Partenariat Régional pour la Conservation de la zone côtière et Marine) qui regroupe sept pays africains dont la Mauritanie, la Jeune Chambre de Commerce, l’Alliance Franco-Mauritanienne, l’ONG Citoyen Debout et la Fondation Sahel, entre autres.

Le premier prix du concours a été décerné à trois journalistes, dont deux ayant travaillé en duo. Il s’agit de Khdeïja Mouchtaba et Marième Abass pour leur production vidéo, «Hoffman», en hommage à Luc Hoffman Hans, ornithologue, conservateur, philanthrope suisse décédé en juillet 2016, fondateur de la Fondation MAVA et du Banc d’Arguin.. Elles partagent ce prix avec Houleye Kane.

Ce prix remis aux trois journalistes lauréats est constitué d’une enveloppe de 20.000 MRU, d’une immersion de six mois au Centre mauritanien d’innovation plus quatre mois de formation gratuite en français à l’Alliance Franco-Mauritanienne.

Tous les journalistes ont été primés. Mohamed Lemine Ould El Mamy pour l’interview auprès des différents candidats à la présidentielle par rapport aux enjeux posés par l’environnement marin, les deux bloggueuses,  Najia Mahfoudh et Emira Moulaye Hassane, Hidi pour son reportage à Nouadhibou, qui a reçu des livres offerts par Céros plus deux mois de langue à l’Alliance, Ahmed Mohamed Salem Kekoub, Awa Bâ, Tabara MBodj, El Aliya Abass, Baliou Mamayari Coulibaly.

A noter que les journalistes lauréats de ce concours sur la mer avaient suivi auparavant, une session de formation et de renforcement de capacités de plus d’une semaine sur le journalisme reporter de mer. Le public surtout jeune a suivi par la suite les prestations de BIG BABA, puis la projection des vidéo primés.

Cheikh Aïdara

 


Journée internationale pour l’élimination de la fistule, la Mauritanie s’engage à y mettre fin maintenant !

La Mauritanie a célébré le mardi 11 juin 2019, la Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale sous le thème «la fistule est une violation des droits humains, mettons-y fin maintenant». Cette journée, organisée par le Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR) en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), a été marquée par un échange de discours et la remise de soutiens financiers à des victimes ainsi que la distribution de dix kits d’accouchements pour 30.000 bénéficiaires au profit de dix centres de santé, don de l’UNFPA.

Table officielle (Crédit UNFPA)

Célébrée le 23 mai 2019 par la communauté internationale, la Journée pour l’élimination de la fistule obstétricale l’a été en Mauritanie le 11 juin 2019, en présence du Secrétaire général par intérim du Ministère de la Santé, M.Ahmedou Jiddou Ould Zeine. Dans son mot d’ouverture, il a indiqué les efforts déployés par son département pour mettre fin à cette tragédie. «Le Ministère de la Santé a mis en place depuis 2005, la Stratégie Nationale pour l’Elimination de la Fistule. Des campagnes de dépistage régulières des victimes ont été lancées depuis ainsi que leur prise en charge, avec l’appui de l’UNFPA et l’ONG française «Equilibre et Population» a-t-il indiqué. Selon lui, «plusieurs cadres de la santé ont été formés pour la prise en charge des cas, preuve des efforts déployés par l’Etat dans ce cadre, à travers le renforcement du système sanitaire». Il considère par ailleurs que la commémoration de cette journée est la preuve de l’importance que le gouvernement accorde à la fistule comme priorité sanitaire.

Auparavant, le Représentant résident de l’UNFPA en Mauritanie, SEM.Saidou Kaboré, avait souligné que la commémoration de cette journée sous le thème choisi cette année, «intervient dans un environnement marqué par la volonté grandissante des nations à prendre en compte les femmes dans tous les secteurs de développement afin d’assurer l’atteinte des ODD à l’horizon 2030». Rappelant que «l’apparition de la fistule obstétricale est principalement liée à un travail difficile lors d’un accouchement prolongé ou l’absence de soins obstétricaux de qualité», SEM.Saidou Kaboré a indiqué que «l’OMS estime à plus de 2 millions le nombre de femmes vivant avec une fistule obstétricale non traitée en Asie et en Afrique Subsaharienne». La fistule touche en général selon lui, les femmes jeunes et pauvres, vivant dans des contextes où le statut d’une femme dépend du mariage et de la capacité à avoir des enfants.

Une partie de l’assistance (Crédit UNFPA)

En Mauritanie, 150 à 300 femmes sont touchées, situation qui aurait pu être évitée selon le Représentant résident de l’UNFPA, s’il était mis fin au mariage des enfants, si l’âge de la première grossesse avait été repoussée, si les besoins des femmes en planification familiale étaient satisfaits, si les mutilations génitales féminines étaient éradiquées et si les femmes avaient accès à temps à des soins obstétricaux de qualité. Il a précisé que «le thème de la journée s’inscrit parfaitement dans la vision du gouvernement, et plus particulièrement dans sa volonté de réduire la mortalité maternelle (582/100.000 naissances vivantes) » par des accouchements assistés par un personnel qualifié et l’utilisation des méthodes contraceptives.

Le Secrétaire Général du Ministère de la Santé et le Représentant de l’UNFPA (à sa gauche) se serrent la main après la remise de 10 kits d’accouchement, don de l’UNFPA (Crédit UNFPA)

Enfin, il a rappelé le mot de la Directrice Exécutive de l’UNFPA, Mme Natalia Kanem à l’occasion de la célébration de la journée. «Il est temps que le monde entier tienne compte de l’appel lancé par les Etats membres de l’ONU dans la résolution 2018 des Nations Unies sur l’élimination de la fistule dans laquelle ils s’engageaient à éradiquer la situation en une décennie» avait-elle déclaré, soulignant, «aucune «femme ou fille ne devrait être privée de sa dignité, de ses espoirs et de ses rêves. La fistule est une violation des droits humains, mettez-y fin maintenant !»

La journée a été marquée par plusieurs communications présentées par des experts de la santé, en présence d’acteurs clés du secteur, telles l’Association des Sages-femmes de Mauritanie, l’Association mauritanienne des gynéco-obstétriciens, et plusieurs membres de la société civile actifs dans le domaine.

Témoignages de quelques acteurs de la santé et d’anciennes victimes qui ont reçu une aide financière offerte par le PNSR.

Mimi Mint Moulaye Driss, Sage-femme, Point focal de la fistule au PNSR.

«La fistule obstétricale est une malveillance de l’accouchement compliqué. Elle touche en particulier les femmes pauvres et analphabètes. La stratégie mise en place depuis 2005 par le Ministère de la Santé pour y mettre fin, a permis de mener des missions de dépistages et la prise en charge des victimes. Avec l’appui de l’UNFPA et de certains partenaires comme l’ONG WAHA, le PNSR a pris en charge les victimes et leur accompagnant (transport, hébergement, nourriture, frais d’opérations chirurgicales, soins pré et postopératoires, médicaments). La fistule est une réalité en Mauritanie et les victimes se cachent encore. D’où l’intérêt de décupler les efforts pour les dénicher. Le PNSR leur offre aussi des appuis financiers pour leur insertion. Les régions les plus touchées sont le Gorgol, le Hodh Charghi, le Trarza et le Guidimagha».

Aïssata Diop, Sage femme d’Etat, Point Focal Fistule et Surveillante générale à l’Hôpital Mère et Enfant

«Mon numéro de téléphone est disponible auprès de toutes les sages-femmes du pays qui m’alertent dès qu’un cas se présente. Quand les femmes sont acheminées à l’hôpital, je les examine d’abord, puis je les conduis en consultation gynécologique, puis auprès du Dr.Diagana, l’urologue qui détermine s’il s’agit d’une fistuleuse qui doit être opérée ou pas. Avec la prise en charge de l’UNFPA pour ces cas, je m’occupe des restes des formalités postopératoires (bilan, programmation, etc.) jusqu’à la sortie de la malade. Cela fait plus de dix ans que je travaille dans le domaine de la fistule. Parfois, on dénombre jusqu’à quinze à vingt cas par année, lors des missions de dépistage menées en général en décembre».

Aïcha Mint Mohamed Mahmoud, 30 ans, originaire de Mbout (Gorgol)

«J’ai eu la fistule suite à mon premier accouchement très difficile aux termes duquel j’ai été acheminée à Kaédi. J’avais 15 ans et J’ai traîné la maladie pendant dix ans, avant que je ne sois détectée lors d’une mission du PNSR et conduite à l’Hôpital national de Nouakchott. J’ai subi huit opérations de réparation chirurgicale d’abord à l’hôpital national puis à l’hôpital Cheikh Zayed. Aujourd’hui je suis totalement guérie. Je me suis remariée, car mon premier mari m’avait divorcée dès que je suis tombée en état de grossesse, avant même ma maladie. J’ai été entourée de tout l’amour de ma famille, qui ne m’a jamais abandonnée ni isolée. Mais par honte, je préférais toujours rester dans ma chambre pendant toutes ces longues années de souffrance. Je ne pouvais assister à aucun rassemblement populaire (mariage, baptême), ni rendre visite à qui que ce soit. Maintenant, je suis heureuse et mère d’un enfant avec mon deuxième mari».

Houlèye Niane, 35 ans, originaire de Bagodine (Brakna)

«Je me suis mariée à l’âge de 24 ans. J’ai eu la fistule suite à un accouchement très compliqué. On m’avait déjà conduit à Kaédi, mais comme je n’arrivais pas à me délivrer, on m’a acheminée à Nouakchott où j’ai subi un accouchement au forceps. Ce sera le début d’un calvaire qui a duré une année au cours de laquelle je me déplaçais avec des béquilles. Je restais toute la journée debout. Je ne pouvais pas m’asseoir sans déclencher selles et urines. Pendant tout ce temps, mon mari ne m’a jamais abandonnée. C’est lui-même qui lavait mes habits et me faisais des couches, avant d’aller au travail. Ma famille aussi est restée très solidaire et ne m’a jamais abandonnée. J’ai été guérie après avoir subie quatre opérations. J’avais, selon les médecins, une fistule compliquée (fistule vésico-vaginale : Ndlr sage-femme). Aujourd’hui, grâce à l’aide du PNSR et de l’UNFPA, ma vie a changé».

Koueidi Sidi Niang, 34 ans, originaire de Kaédi (Gorgol)

«Je me suis mariée à l’âge de 26 ans et j’ai quatre enfants. J’ai eu la fistule lors de l’accouchement pour mon troisième enfant à l’hôpital de Kaédi. Pourtant, on m’avait averti dès mon deuxième enfant. On m’avait demandé de revenir après le baptême mais par négligence, je  ne suis pas revenue. Et après l’accouchement pour mon troisième enfant, j’ai constaté la perte d’urines et de selles. Je ne savais pas ce qui m’arrivait. Je suis restée dans cet état pendant cinq ans. C’est ainsi que le PNSR m’a repérée et je fus conduite à Nouakchott, au Centre de santé de Sebkha où je fus prise en charge. Je n’ai jamais rencontré de problème. Suivie médicalement et nourrie avec une tante, j’ai été opérée par des blancs (les chirurgiens de l’ONG Equilibre et Population : ndlr). J’ai subi trois opérations avant d’être complètement guérie. Pendant tout ce temps, mon mari est resté avec moi, jusqu’à l’instant où je vous parle. Lui et ma famille ne m’ont jamais abandonnée».

Marième Mint Mohamed, 26 ans, originaire de Oualata (Hodh Charghi)

«Je me suis mariée à l’âge de 17 ans. Au début, après accouchement pour mon premier enfant à l’hôpital de Néma, je perdais involontairement mes urines et mes selles. Je changeais mes habits tous les instants et je passais le temps à pleurer. Je suis restée comme ça pendant cinq longues années de souffrance et de honte. Je ne savais pas que c’était une maladie. C’est après que ma mère a pris contact avec le PNSR qui m’a amenée à Nouakchott, à l’Hôpital Mère et Enfant. Une seule opération a suffi et j’ai été guérie. La plus grande joie de ma vie. Je remercie le PNSR, l’UNFPA, Mimi, Aïssata Diop, les chirurgiens qui m’ont soignée».

Cheikh Aïdara


Tarissement de la mare de Kankossa, un rapport alarmant sur la situation des populations

La ville de Kankossa est en danger. Ses populations sont atterrées par le tarissement de la mare autour de laquelle s’organisait leur vie économique, sociale et culturelle. C’était l’appel de détresse lancé par les populations. C’est ce qu’un rapport d’évaluation rapide menée par le Réseau des Organisations pour la Sécurité Alimentaire (ROSA) et l’Association pour le Développement Intégré du Guidimagha (ADIG), aux termes d’une mission effectué du 22 au 27 mai 2019 sur financement de World Vision, vient de confirmer. Ce document disséminé au sein de la société civile mauritanienne, dont copie a été remise aux autorités nationales et au Coordinateur du Système des Nations Unies en Mauritanie, SEM.Anthony Kwaku Ohemeng, tire la sonnette d’alarme sur la précarité d’une population exposées aujourd’hui à l’insécurité alimentaire, à la malnutrition et à l’exode massif.

Image de désolation de la mare de Kankossa après son assèchement (Crédit Rapport ROSA/ADIG)

Répondant aux appels pressants des populations de Kankossa, face au tarissement de la mare dont elles tirent toute leurs subsistances, ROSA et ADIG, sur financement de World Vision, ont effectué, du 22 au 27 mai 2019,  une mission d’enquête basée sur le manuel édicté par le Bureau de la Coordination des Nations Unies pour les affaires humanitaires (OCHA) et l’institut chargé de l’évaluation rapide initiale multi-grappe par secteur (MIRA) qui développe un outil commun d’évaluation des besoins.

Le rapport publié le 3 juin 2019 indique que la situation des populations est devenue très vulnérable, en particulier les femmes et les enfants de moins de cinq ans dont la situation nutritionnelle avant l’assèchement de la mare de Kankossa était des plus préoccupantes du pays, avec un taux de malnutrition aiguë sévère de 6% et un taux de malnutrition aiguë grave de plus de 20%, dépassant ainsi les seuils d’urgence. Cette situation, selon le rapport, pourrait s’aggraver avec le début de la période de soudure qui s’annonce. Plusieurs centaines de ménages sont ainsi menacés et ont besoin d’assistance rapide.

La mare du temps de l’abondance (Crédit Rapport ROSA/ADIG)

En effet, selon le rapport, les populations de la Moughataa de Kankossa, zone essentiellement agro-sylvopastorale, vivaient depuis toujours des opportunités offerte par la mare du même nom qui régule leur vie économique, sociale et culturelle. Aujourd’hui, cette mare est à sec, compte tenu d’un cumul de sécheresse, mais aussi de la construction mal adaptée de plusieurs ouvrages qui ont ralenti par endroit ou détourné à d’autres endroits les eaux de ruissellement provenant de plusieurs cours d’eau qui alimentaient la mare, en plus de l’ensablement et du mauvais entretien des ouvrages.

Du temps de la navigation sur la mare (Crédit Rapport ROSA/ADIG)

Conséquences, les populations qui vivaient d’agriculture, de maraîchage, de pêche et de transport, grâce à la mare de Kankossa, ont perdu leurs activités, ce qui risque d’impacter sur leurs conditions de vie. La situation a débouché, selon le rapport, sur la disparition des eaux de surface, l’abaissement du niveau de la nappe phréatique et la remontée des eaux usées provenant des fosses sceptiques, exposant gravement la santé humaine.

Ce sont ainsi 9.750 personnes, soit 74% de la population qui sont directement touchées par l’assèchement de la mare de Kankossa, avec 3.453 personnes, soit 41,68% de la population qui sont aujourd’hui dans le besoin humanitaire. D’où un besoin de réponse multisectorielle coordonnée et urgente, pour éviter la perte du cheptel, l’insécurité alimentaire et l’exode massif des populations.

Selon le rapport, «aucune réponse humanitaire n’est en cours et rien n’a été fait pour les populations de Kankossa». Dans l’immédiat, les populations ont besoin d’une assistance alimentaire, de l’apport des boutiques EMEL, de la mise en place d’un programme nutritionnel et de l’accroissement à l’accès à l’eau potable. Dans le moyen terme, la création d’activités génératrices de revenus (AGR) pour les femmes, le cash transfert pour les ménages en situation précaire et la sécurisation des moyens d’existence, pourraient donner de l’espoir. Dans le long terme, le rapport suggère d’organiser les populations, de mettre en place un système d’alerte précoce, d’aménager les bassins versants, de procéder au curage de la mare, de rectifier les ouvrages en amont de la mare, lesquels ouvrages ont contribué à la déviation des cours d’eau et à l’affaiblissement des apports hydriques qui alimentaient la mare.

Cheikh Aïdara
Groupe des Journalistes Mauritaniens pour le Développement (GJMD)