aidara

Main basse sur le domaine foncier de la TVM

On se demandait bien pourquoi Abdallahi Ould Ahmed Damou avait été nommé à la Télévision nationale AlMouritanye en Décembre dernier. D’aucuns avaient pensé qu’il était là juste pour expurger cette institution d’opposants irréductibles comme Mouna Mint Dey ou de bloggeurs impertinents comme Sid’Ahmed Ould Tebakh. Mais apparemment, c’était juste de la diversion face à la mission véritable et fort « exaltante » qu’est la mise en vente de lotissements situés fort opportunément face au très « stratégique » stade olympique de Nouakchott.


Mais nos gouvernants ne sont jamais bien inspirés pour nous délester et ce faisant commettent des erreurs qui sont dues, surtout, à l’assurance de celui qui ne craint rien et est assurée d’une impunité perpétuelle.

La télé n’est pas une agence immobilière. C’est dire que la vente à laquelle va procéder al Mouritanya est illégale à bien des égards.

Mais avant de voir sa légalité, voyons sa pertinence. La télévision Nationale n’est pas une agence immobilière et en principe ce rôle est dévolu à Iskan. Pourquoi donc introduit-elle une demande de concession provisoire et concession définitive si elle a l’intention de mettre en vente pour réaliser une plus-value ? On est là, très loin des médias et de leur domaine classique!

Sur le plan légal, la TVM (Al Mouritanya) est toujours de fait un établissement public à caractère administratif. Son budget est toujours presque intégralement supporté par le budget de l’Etat et son premier responsable est toujours nommé par le gouvernement. Donc s’il ya lieu de vendre son patrimoine, cela est du ressort du Ministère des Finances comme cela fut le cas de la réforme, il y a quelques mois, de ses voitures qui étaient justement parquées sur ce terrain.

Violation des procédures

Qui plus est, la procédure légale d’attribution et notamment le décret N° 2000-089 du 17 Juillet 2000 abrogeant et remplaçant le décret N° 90.020 du 31 Janvier 1990 portant application de l’Ordonnance 83.127 du 5 Juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale, n’a pas été respectée.

Ainsi le Conseil des Ministres dans sa réunion du Jeudi 07 Mars 2019, a examiné et adopté le projet de décret portant concession provisoire d’un terrain à Nouakchott Ouest au profit de la Télévision El Mouritaniya. Trois semaines plus tard, le Conseil des Ministres du Jeudi 28 Mars 2019, a examiné et adopté le projet de décret portant concession définitive d’un terrain à Nouakchott, au profit de la Télévision EL MOURITANIYA (TVM). Alors que la loi prévoit un délai minimal d’un an. Bien entendu, aucune mise en valeur n’a été opérée entre ces deux dates.

Première entorse, aucun plan de lotissement n’a été adopté en conseil des ministres. Alors que la loi prévoit « Article. 137 – En concertation avec le Ministre des Finances et les autorités Territoriales et municipales compétentes, les services de l’Habitat et de l’Urbanisme établissent les plans de lotissement d’après l’état des lieux levés par les services de la Topographie et de la Cartographie, en tenant compte des constructions en dur édifiées sur des terrains appartenant à des personnes privées et des concessions déjà accordées, mises en valeur et non encore titrées.

Article 138 – Le dossier du projet de lotissement comprend, outre les avis des services visés à l’article précédent, le cahier des charges définissant la destination des diverses zones, le minimum de mise en valeur exigée, les servitudes de reculement, le pourcentage et le volume des constructions et, de façon générale, les règles d’urbanisme imposées. Le projet de lotissement est approuvé en Conseil des Ministres, sur l’initiative du Ministre chargé de l’Urbanisme. »

Deuxième entorse, l’Article 144 du même décret le N° 2000-089 dispose : « Dans les centres urbains qui ont fait l’objet de plan directeur, les demandes de concession en zone résidentielle sont examinées par une commission consultative composée comme suit :

– le Wali ou l’autorité qui en tient lieu, Président,

– le Directeur des Domaines qui assure le secrétariat de la commission,

– le Hakem territorialement compétent,

– le Directeur de l’Urbanisme ou son représentant régional,

– le Maire de la Ville concernée.

Cette commission adresse au Ministre des Finances la liste des personnes proposées. Le bénéficiaire s’engage, sous peine de déchéance, à clôturer le terrain dans un délai de deux ans à compter de la date de l’acte de concession, et à y réaliser, dans un délai de cinq ans à compter de la même date, une mise en valeur conforme aux prescriptions du cahier des charges. »

Au moins deux des membres de cette commission que nous avons pu interroger ont affirmé qu’ils n’ont pas été consultés pour cette attribution. Pour quoi attribuer à la télé un terrain dont elle n’a nul besoin ?

A partir de là il est tout a fait légitime de se poser la question de savoir pourquoi attribuer à la TVM un terrain dont elle n’a pas besoin ? Pourquoi l’Etat ne vend-il pas lui-même le terrain et ensuite donner à la TVM la subvention qu’elle demande ?

Terrains de la télé, école marché, école de police…mêmes bénéficiaires

Il est quasiment certain que les bénéficiaires de cette vente attribution ne seront autres que ceux là même qui ont bénéficié par le passé des ventes de l’école marché, de l’école de Police, de l’école Justice de l’Escadron de Gendarmerie, de la Cité Police et des écoles de TevraghZeina. Il s’agit de Zein Abidine Ould Ahmed Mahmoud et son épouse Meyté Mint Abdallahi, Sidi Ould Ely Kory, Ahmed Ould Yehdhih, Mohamed LimamOuld Benné, Ould Amara et Mohamed LemineOuld Bobatt.

C’est dire que la mission de Ould Ahmed Damou à la TVM n’est autre que de profiter de la précampagne pour permettre à quelqu’un de précis de mettre la main sur cet important patrimoine foncier quitte à tordre le cou à la loi en chemin. Entre l’annonce de la vente et la fin du délai pour prendre connaissance du cahier de charge, moins de 15 jours ont été accordés et bien sûr la vente effective qui devrait avoir lieu le 02 Mai prochain c’est la procédure du pas de charge qui a été adoptée.

Source : B.C- Mauriweb

 


Au Trarza comme au Brakna et au Gorgol, des foules en délire accueillent Birame Dah Abeid

Parti de Nouakchott le mercredi 17 avril 2019 pour une tournée régionale d’une semaine, le candidat à la présidentielle de juin 2019, Birame Dah Abeid et la délégation qui l’accompagne ont été accueillis durant leur périple au Trarza, puis au Brakna et au Gorgol, par des foules en délire.

Arivée dimanche de Birame à Kaédi (Crédit SD)

Après Tiguint, Mederdra, Keur Macène, NDiago, R’Kiz et Rosso, ainsi que dans plusieurs localités du Trarza, comme Tékane, Gani ou encore Tiabène pour ne citer que ces localités, la délégation est arrivée samedi à Boghé, au Brakna,  puis dimanche 21 avril à Bababé, MBagne, où des foules de plus en plus denses l’ont accueilli ainsi qu’au Gorgol, notamment dans la capitale régionale Kaédi.

Durant tout son périple, Birame Dah Abeid a harangué les populations, après des difficultés monstres à se frayer un chemin entre les forêts de corps qui scandaient son nom à tue-tête. Le candidat indépendant qui en est à sa deuxième tentative pour briguer la Magistrature Suprême après 2013 a déroulé son programme électoral qui s’articule essentiellement autour de la réunification des Mauritanien sous l’autel de l’égalité, de l’équité et de la justice sociale.

Birame à R’Kiz

Soutenu par le parti SAWAB et plusieurs mouvements de jeunes, dont l’Initiative de résurgence du mouvement abolionniste (IRA) qu’il préside et qui a déjà prouvé son extraordinaire pouvoir de mobilisation, Birame Dah Abeid s’annonce comme un concurrent sérieux à la présidence de la République et pourrait constituer selon ses partisans, la surprise de cette joute électorale malgré la modestie des moyens dont il dispose.

Le candidat qui a fait tabac lors de son arrivée à Kaédi, achèvera son premier périple le mardi 22 avril. Une pause avant d’entamer une deuxième tournée qui pourrait le conduire dans les régions de l’Est et du Nord.

Cheikh Aïdara

Programme de visite de la pré campagne du candidat Biram Dah Abeid

Date Ville/ Lieu Heure de départ Heure d’Arrivée
Mercredi 17/04/2019 Tiguent 10h 00
Mederdra 15 h 11h
Keur Macène 18 h
Ndiago 19 h passer la nuit
           Jeudi 18/04/2019 Rosso 8 h 10 h
Rkiz 19 h Passer la nuit
Vendredi 19/04/2019 Douze douze/ Hsey Amar /Taichtayatt/Nasra/Sekamat/Dar Rghaiwat/Jidrel Mohguen 18 h Passer la nuit
Samedi 20/04/2019 Tékane/ Oumoul Ghoura/Gani/Medina/ Thiambène/Boghé Passer la nuit 18 h Passer la nuit
Dimanche 21/04/2019 Bababé 10h
Mbagne 11h Midi
Kaédi 17 h Passer la nuit
Lundi 22/04/2019 Djéol 8h
Toufoundé Sivé midi
Maghama 18h
Mounguel / Lexeiba Passer la nuit
Mardi 23/04/2019 Mbout 8h

 

Nouakchott le 16/04/2019                        La commission de communication


Bios Diallo, trait d’union entre les peuples

Il est écrivain, poète, journaliste. Bios Diallo est surtout porteur de valeur de tolérance, de partage et de fraternité. À l’occasion de son passage en France pour participer à des rencontres littéraires, il a répondu à nos questions sur son parcours, ses projets culturels et son pays, la Mauritanie. Sans oublier de nous faire part de son regard sur la France d’aujourd’hui.

Bios Diallo, lors du festival littéraire « Les voix d’Orléans » en avril 2019. Photo (c) Bios Diallo
Vous venez d’assister aux « Voix d’Orléans » où vous avez participé à une table ronde sur la liberté de la presse. Quelle est votre vision de cette liberté actuellement?
Aujourd’hui, il est difficile de parler de la liberté de la presse à cause de l’infiltration des réseaux sociaux et de l’importance donnée à « l’instantané ». On fait la course au scoop et au sensationnel… Il devient difficile de discerner la vérité de la fake news. Informer est une chose, diffuser la « bonne » info, c’est autre chose. L’information n’est plus utilisée pour alerter mais pour faire du sensationnel. Certains organes de presse gardent encore un esprit professionnel mais il faut rester prudent et ne pas tomber dans le piège de l’instrumentalisation. Certains États et lobbies utilisent encore la presse pour garder leur suprématie ou détourner l’information.

Comment aider les populations à acquérir un esprit avisé et critique?
En développant la culture. La culture domine toutes mes activités. Celles que je réalise avec l’association des Traversées Mauritanides, que j’ai créée en 2006. Celles que je développe aujourd’hui en tant que directeur de la Formation au ministère de la Culture et de l’Artisanat.

Quels sont les projets que vous avez concrétisés?
Depuis 2010, j’organise les Rencontres littéraires des Traversées Mauritanides qui rassemblent des écrivains et des personnalités de la culture de Mauritanie mais aussi des pays limitrophes tels que le Sénégal, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie et le Mali. Depuis, nous avons aussi invité des auteurs du monde entier. L’invité d’honneur de la dernière édition était le franco-marocain Tahar Ben Jelloun, ancien prix Goncourt. L’an passé, c’était l’écrivaine ivoirienne Marguerite Abouet. Ces noms attestent de l’importance et de la notoriété de ce festival. Le matin, les écrivains rendent visite aux jeunes dans les écoles et l’après-midi, ils participent à des conférences. L’objectif est de donner aux enfants l’envie d’ouvrir des livres et pourquoi pas, de susciter des vocations.


« J’ai écrit parce que j’avais besoin d’exprimer des situations qui m’étaient insupportables »

Affiche des rencontres littéraires de Nouakchott, organisées par l'Association Traversées Mauritanides, en janvier 2019. Photo (c) Association Traversées Mauritanides

Affiche des rencontres littéraires de Nouakchott, organisées par l’Association Traversées Mauritanides, en janvier 2019. Photo (c) Association Traversées Mauritanides
Vous êtes vous-même écrivain et poète. Quels sont les thèmes qui vous inspirent?
J’ai écrit parce que j’avais besoin d’exprimer des situations qui m’étaient insupportables. En 1989, un conflit entre la Mauritanie et le Sénégal a fait de nombreux morts. Il y a eu des déplacements de communautés vers le Sénégal et le Mali. J’étais jeune et mes ouvrages étaient des cris de révolte. J’ai rédigé un recueil de poèmes, « Les pleurs de l’arc-en-ciel », en mémoire des Noirs et des Blancs tués. Pour moi, un homme mort est un mort de trop, quelle que soit sa couleur de peau. Toutes les communautés ont pleuré. La Mauritanie ne méritait pas ça. Plus tard, d’autres évènements ont entraîné l’emprisonnement et la mort de nombreux Mauritaniens. Un drame qui a inspiré mon deuxième livre, « Les os de la terre ». Puis j’ai écrit un troisième livre, « Une vie de sébile », sous la forme d’un roman, un style que je considère plus accessible que la poésie. Tout ça pour dire que nous pouvons tous vivre ensemble et en paix. C’était aussi une manière de dire: on nomme les choses pour qu’elles ne se reproduisent plus. Par la suite, j’ai publié un ouvrage sur Aimé Césaire, que j’ai eu la chance de rencontrer en Martinique, en 2002. J’avais réalisé une interview où il était question de la négritude et que j’avais appelée: »Quand petit nègre rencontre grand nègre ». J’ai ensuite participé à des livres traitant des questions migratoires et des conflits au Mali.

L’écriture fait partie de votre vie. Elle vous a permis de découvrir le monde, et notamment la France…
J’avais écrit un article sur le poète congolais Sony Labou Tansi que j’avais ensuite envoyé à l’une de ses amies, directrice des Francophonies en Limousin. Le texte lui a plu. Elle m’a alors invité à participer à leur festival. J’ai découvert la France… et j’y suis resté 10 ans. J’y ai poursuivi mes études à la Sorbonne, puis j’ai collaboré en tant que journaliste à Jeune Afrique, Afrique Magazine, L’Autre Afrique. J’ai aussi participé à des évènements littéraires et je me suis impliqué dans le secteur social.

En 2006, vous revenez en Mauritanie. Pour quelle raison?
Au départ, j’étais revenu pour des vacances… Sur place, je me suis aperçu du faible intérêt des jeunes pour les livres. Il y avait aussi une méconnaissance de la littérature mauritanienne, pourtant en plein essor, de la part des élèves. Je me suis dit que je serais plus utile dans mon pays qu’en France. Pendant quatre ans, j’ai animé une émission littéraire sur la télévision locale tout en dirigeant l’association Traversées Mauritanides. En 2010, j’ai organisé la première édition du festival des rencontres littéraires. En octobre 2018, j’ai ouvert une maison de quartier à Nouakchott (capitale de la Mauritanie NDLR) dédiée à la culture et aux actions sociales. Une bibliothèque, des espaces de rencontres et de découverte des nouvelles technologies sont mises à disposition de la population.

La Mauritanie est finalement peu connue en France. Pourriez-vous nous la présenter?
C’est un pays charnière entre le sud de l’Afrique et l’Afrique du nord. Entre l’entité arabe et l’entité africaine. Aussi, les cultures sont très différentes d’une région à l’autre, avec de nombreux peuples: Wolofs, Soninkés, Maures, Peuls, Bambaras… tous se retrouvent dans cet espace géographique multiculturel. C’est un pays de brassage.


« Si elle veut conserver sa place sur l’échiquier international, la France doit rester LA patrie des droits de l’homme »

Vue de Nouakchott, capitale de la Mauritanie. Photo (c) Laminesall96 Wikimedia

Vue de Nouakchott, capitale de la Mauritanie. Photo (c) Laminesall96 Wikimedia
Les Arabes l’appellent le « pays au million de poètes ». Pourquoi ce penchant pour la poésie?
Il est vrai que la poésie fait partie de nos rythmes quotidiens. La poésie se déclame lors d’événements festifs, mariages, baptêmes, rencontres de jeunes dans des lieux de réjouissances… C’est aussi un moyen de contourner certains interdits: les élèves d’écoles coraniques les utilisaient à l’intention de l’être aimé. Certains intellectuels s’en servaient aussi pour transcender des interdits, en utilisant des tournures poétiques pour ne pas dire ouvertement les choses et risquer des sanctions.

Quel regard portez-vous sur la France d’aujourd’hui?
La France essaie de s’adapter comme elle peut à une crise mondiale et identitaire. Le danger serait que des leaders politiques tombent dans le piège du populisme. Il faut rester prudent sur les questions liées à la religion et à l’immigration et éviter toute instrumentalisation. Parler de l’immigration comme la cause des problèmes des Français est un faux-fuyant. La présence d’immigrés n’ajoute rien au mal-être des Français. Il ne faut pas les leurrer en leur disant que leur malheur vient des gens qui arrivent dans leur pays. Tenir ce discours, c’est dresser les peuples les uns contre les autres. La vraie question à se poser est: comment offrir du travail aux populations. La France a toujours été une grande nation par sa diversité culturelle, son ouverture au monde, ses idéologies et son respect des droits de l’homme. C’est sa carte d’identité. Si elle veut conserver sa place sur l’échiquier international, elle doit rester LA patrie des droits de l’homme.

Pour conclure, quels sont vos projets à venir?
Nous commençons déjà à préparer les prochaines Rencontres littéraires des Traversées Mauritanides qui se tiendront en décembre 2019. Ce sera sans doute l’occasion de continuer à évoquer les questions migratoires qui sont toujours d’actualité. En tant que directeur de la Formation au ministère de la Culture et de l’Artisanat, je vais développer des ateliers d’écriture, de théâtre et de communication au sein de la nouvelle Maison des quartiers à Nouakchott. Nous allons créer des synergies et des partenariats avec des journalistes et acteurs culturels français d’Orléans, de Nantes, de Paris… où j’ai rencontré divers acteurs et structures intéressés à des collaborations. Nous mettons aussi en place des formations pour les journalistes et les écrivains, en lien avec des écoles françaises d’Orléans, de Nantes et de Paris. Je vais aussi bientôt publier un recueil de poésies consacrées aux conflits en Afrique, aux questions religieuses et identitaires. Je ne lésine pas sur les moyens qui peuvent rapprocher les peuples africains, maghrébins et européens car le monde est un village: tout le monde est concerné !

Par Rédigé le 20/04/2019


L’UE et l’UNICEF aux chevets des enfants de MBerra

L’UNICEF et l’Union Européenne viennent d’octroyer, une enveloppe de 52,6 millions d’ouguiyas (1, 3 million d’euros environ) aux populations réfugiées et à la communauté hôte de Bassiknou. L’essentielle de l’enveloppe est destinée à l’éducation et à la protection des enfants du camp Mberra des réfugiés maliens.

Lors du déclenchement de la crise dans le Nord Mali, la Commission européenne avait pourtant mis en garde dès le 11 avril 2012 contre le risque d’une « catastrophe humanitaire majeure qui pourrait se répercuter sur les pays voisins», annonçant dans la foulée le déblocage immédiat de 9 millions d’euros supplémentaires.

Aujourd’hui, l’UNICEF et l’Union européenne réitèrent leur volonté à placer en priorité l’éducation et la protection des enfants de MBerra, comme l’a souligné Pierre Yves Scotto, chef du bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest de l’Aide Humanitaire de l’UE. Selon lui, «l’éducation en contexte d’urgence est l’une des priorités de l’aide humanitaire de l’UE », précisant que «la part du budget humanitaire européen consacrée à ce secteur extrêmement sous financé est passé de 1% en 2015 à 10% en 2019».

Depuis 2012, l’aide humanitaire d’urgence n’a cessé en effet d’augmenter, l’UE restant de loin le principal pourvoyeur de l’aide internationale et l’UNICEF la première agence des Nations Unies actives sur le terrain.

Ainsi, le soutien financier de l’aide humanitaire européenne, selon le communiqué, a permis la scolarisation de 5 100 élèves au primaire, dont 2 540 filles pour l’année scolaire 2018-2019. «Outre les distributions trimestrielles de kits scolaires individuels, ce projet a également permis la réinsertion de plus de 319 élèves à l’école (dont 148 filles) et la formation de 130 enseignants » est-il précisé. Il a souligné qu’un «nouveau lycée comptant dix salles de classes a été construit et une bibliothèque est en cours de construction» et que «dans le cadre de l’éducation non-formelle, plus de 2 000 jeunes ont été alphabétisés et 75 formés en métiers».

Cheikh Aïdara

COMMUNIQUÉ DE PRESSE CONJOINT

L’UNICEF et l’Union Européenne assistent près de 22 500 enfants en situation d’urgence au camp de réfugiés de M’berra

Nouakchott, le 18 Avril 2019, L’UNICEF et l’Union Européenne se sont engagés à renforcer la résilience et réduire les risques de protection auxquels sont confrontés les enfants et adolescents au camp de réfugiés de M’Berra. L’engament de l’Union Européenne, à travers leur service de Protection Civile et Operations d’Aide Humanitaire Européennes, se matérialise en 2019 avec l’octroi d’une enveloppe de 52.6 millions d’ouguiyas (près de 1.3 million d’euros) accordée à l’UNICEF pour les populations réfugiées et la communauté hôte.

« Sans assistance en éducation et protection, les enfants du camp seraient livrés à eux-mêmes et exposés à de grands risques créant ainsi des conditions propices à la délinquance, aux mariages précoces, et à toute forme de violence à l’égard des enfants », explique M. Hervé Périès, Représentant de l’UNICEF en Mauritanie.

« Les enfants sont parmi les plus touchés par les crises. Leur éducation est systématiquement interrompue lors d’un déplacement de population. Au niveau mondiale, 50 pourcent des enfants réfugiés en âge d’aller à l’école primaire ne sont pas scolarisés. Notre mandat est de les protéger », a affirmé Pierre Yves Scotto, chef du bureau régional pour Afrique de l’Ouest de l’Aide Humanitaire de l’UE. « L’éducation en contexte d’urgence est l’une des priorités de l’aide humanitaire de l’UE. La part du budget humanitaire européen consacrée à ce secteur extrêmement sous financé est passée de 1 pourcent en 2015, à 10 pourcent en 2019 », a-t-il poursuivi.

En effet, depuis janvier 2012, la Mauritanie continue à subir les conséquences du conflit armé dans le nord du Mali et reçoit sur son sol, les réfugiés maliens qui ont fui leur pays. Aujourd’hui encore, le camp de M’Berra en Mauritanie accueille plus de 57 000 réfugiés dont un sur deux sont des enfants. En dépit des avancées politiques et la signature des accords de paix en 2015, la volonté de retourner dans leur pays d’origine reste très faible parmi les réfugiés en raison de la situation d’instabilité et d’insécurité qui perdure au Mali. Par ailleurs, le camp de M’Berra, se trouve dans une région au sud-est de la Mauritanie particulièrement défavorisée et qui connaît un faible développement tant en termes économiques qu’en termes d’offre de services sociaux de base.

Dans ce contexte, la vie des enfants, et particulièrement celle des filles, est exposée à toute sorte de risques incluant la faible offre d’éducation, l’exploitation, l’abus, le mariage des enfants et le viol. La proximité du camp avec le nord du Mali où une situation d’insécurité persiste, favorise également l’apparition de nouvelles problématiques de protection, notamment l’utilisation des enfants par les groupes armés, mais également les risques liés à la présence d’engins et munitions non explosées dans les zones de retour.

« Compte-tenu d’un contexte de crise qui perdure, le renforcement de l’offre des services sociaux de base pour une prise en charge de qualité des enfants et des adolescents, aussi bien dans le domaine de la santé, de l’équilibre psychosocial que de l’éducation s’impose », a également souligné M. Périès.

Le soutien financier de l’aide humanitaire européenne a permis la scolarisation de 5 100 élèves au primaire, dont 2 540 filles pour l’année scolaire 2018-2019. Outre les distributions trimestrielles de kits scolaires individuels, ce projet a également permis la réinsertion de plus de 319 élèves à l’école (dont 148 filles) et la formation de 130 enseignants. Un nouveau lycée comptant dix salles de classes a été construit et une bibliothèque est en cours de construction. Dans le cadre de l’éducation non-formelle, plus de 2 000 jeunes ont été alphabétisés et 75 formés en métiers.

Par ailleurs, 1 813 enfants ont bénéficié d’un paquet intégré de services de protection comprenant l’accès à l’état-civil, l’appui psychosocial et l’appui en activités génératrices de revenus. Les capacités des enseignants, des membres du conseil pédagogique et des acteurs de la protection de l’enfant ont été renforcées en termes de consolidation de la paix et gestion des cas de protection. L’implication des enfants des communautés hôtes a contribué à réduire les tensions et consolider la paix entre les deux communautés du Département de Bassikounou, l’un des plus vulnérables du pays. 2

A propos de l’UNICEF

UNICEF promeut les droits et le bien-être de chaque enfant. Avec ses partenaires, UNICEF travaille dans 190 pays et territoires pour traduire cet engagement en action concrète, en déployant des efforts particuliers pour les enfants les plus vulnérables et les plus marginalisés, pour le bien de tous les enfants partout dans le monde.

A propos de l’aide humanitaire de l’UE

L’Union européenne, avec ses États membres, est le premier bailleur au monde de fonds humanitaires. L’aide d’urgence constitue une expression de la solidarité européenne avec les populations dans le besoin à travers le monde. Elle a pour objectif de sauver des vies, d’éviter et de soulager la souffrance humaine, et de préserver l’intégrité et la dignité humaine des personnes affectées par les catastrophes naturelles ou dues à l’activité humaine. L’Union européenne, par le biais de son service de Protection Civile et Operations d’Aide Humanitaire Européennes (DG ECHO) aide des millions de victimes de conflits et de catastrophes chaque année.

Pour davantage d’informations, veuillez contacter :

Zahra Cheikh Malainine, Manager de la section communication & plaidoyer à l’UNICEF, zcmalainine@unicef.org

Mohamadou Ly, chargée de presse, Délégation de l’Union européenne en République Islamique de Mauritanie, +222 45 25 27 24 / mohamadou.ly@eeas.europa.eu