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ECODEV, le bilan de 20 ans d’actions pour le développement

Créé en 1999, ECODEV vient de fêter ses 20 ans. C’était en marge de l’Assemblée générale annuelle organisée à Nouakchott les 10 et 11 avril 2019, en présence de délégués venus de plusieurs régions du pays. L’occasion pour l’ONG de présenter une vidéo retraçant ses vingt-ans d’actions en faveur du développement local et communautaire, dans des localités rurales et semi-urbaines  dans les Wilayas de l’Assaba, du Gorgol, du Trarza, des deux Hodhs, du Tagant, notamment.

De G. à Dr. directrice au Ministère de l’Intérieur, Directeur de la Société Civile et Président ECODEV (photo Aidara)

Ouvrant la cérémonie officielle, le Directeur des relations avec la société civile au Commissariat aux droits de l’homme, Mohameden Ould Horma, a félicité les organisateurs pour leur «engagement soutenu pour le développement.» Il a indiqué que les autorités «apprécient l’engagement de l’ONG ECODEV à améliorer les conditions de vie des populations», tout en rappelant les efforts menés par le gouvernement pour encadrer et faciliter la contribution de la société civile dans l’élan de développement.

Auparavant, le Président d’ECODEV, Sidi Ould Khalifou, a rappelé que l’ONG avait «mis en place dès ses débuts une approche méthodologique basée sur la compétence, le respect des engagements et la rigueur». Ce qui va lui attirer au fil des ans la confiance des bailleurs et des partenaires au développement,  notamment l’Union européenne, la Banque Mondiale, les Coopérations française, allemande et espagnole, la Principauté de Monaco, Kosmos Energy, BP, Tasiast, etc.

Stand en marge de la manifestation (Crédit Aidara)

Selon Sidi Khalifou, ECODEV qui a acquis une expertise certaine dans le domaine du développement, s’oriente vers la consolidation des objectifs qu’elle s’est tracés dans sa Stratégie 2016-2020, en parfait alignement avec les ODD et la SCAPP, avec un accent particulier sur deux nouveaux créneaux, l’éducation primaire de base avec l’implication des Associations de Parents d’élèves et d’étudiants (APE), mais aussi l’entreprenariat et l’emploi des jeunes. Ces deux thèmes ont d’ailleurs fait l’objet de deux débats animés par des experts le 11 avril 2019.

La première journée de ces «20 ans d’Engagement pour le Développement de la Mauritanie » s’est ainsi achevée par l’élection d’un bureau, avec maintien de Sidi Ould Khalifou à la tête de l’ONG. Un stand présentant les différents projets menés par ECODEV, a été organisé dans les coulisses.

Cheikh Aïdara 

REPORTAGE PHOTOS


Birame Dah Abeid : «le G 5 Sahel, c’est le choix entre les dictatures d’Etat et le terrorisme, et je refuse de choisir entre le choléra et la peste»

Au cours d’une conférence de presse animée lundi 8 avril 2019 au siège du parti Sawab qui soutient sa candidature à la Magistrature suprême dont l’élection est prévue en juin 2019, l’antiesclavagiste et député Birame Dah Abeid a décrit le G 5 Sahel comme le club des dictatures imposées aux peuples de la sous-région au nom de la lutte contre le terrorisme.  Selon lui, ce regroupement informel qui navigue hors des structures des Nations-Unies et de l’Union Africaine sert comme marketing politique à des Chefs d’Etat honnis par leur peuple dont ils sont loin des préoccupations. «Pourquoi les pays du G 5 Sahel n’ont pas dénoncé le génocide des Peuls au Mali, ou la situation des esclaves et la question négro-mauritanienne en Mauritanie ?» s’est-il interrogé.

Au cours de cette rencontre avec la presse, Birame Dah Abeid a abordé plusieurs autres questions, dont la détention des deux blogueurs Ould Wedadi et Ould Jidou, «des détenus d’opinion dont le seul tort est d’avoir répercuté des informations faisant état du gel aux Emirats Arabes Unis de plus de 2 milliards de dollars déposés par des proches du locataire du Palais présidentiel » a-t-il souligné.

Il  a évoqué l’élection présidentielle à venir et l’impérieuse nécessité pour les candidats de l’opposition de coordonner leurs actions dès maintenant en vue du second tour qui serait selon lui, inéluctable. «Aucun des candidats en lice ne peut passer au premier tour, si le scrutin se déroule dans la transparence et l’équité » a-t-il déclaré. «Avec ma candidature, celle de Sidi Mohamed Ould Boubacar, de Mohamed Ould Maouloud et de Kane Hamidou Baba, la boucle est bouclée pour les candidats de l’opposition » a-t-il énuméré. Selon Birame, l’opposition doit planifier sa participation de sorte à se faire représenter dans l’ensemble des bureaux de vote et sur toute l’étendue du territoire, soulignant que les populations ont un grand rôle à jouer dans la lutte contre la fraude électorale et la transparence du scrutin. «Le peuple doit barrer le chemin au candidat du pouvoir qui n’est en réalité que le prolongement d’un système qui veut se perpétuer sous la fausse couverture d’un candidat nouveau derrière lequel il va continuer à tirer les ficelles » a-t-il prévenu.

Pour Birame, il n’y a pas eu de coup d’Etat blanc de la part de l’armée contre Mohamed Abdel Aziz, comme le prétend ses soutiens. «Mohamed Abdel Aziz continue d’avoir les pleins pouvoirs de nuisibilité, lui qui vient d’apporter un nouveau coup dur contre des associations qui œuvrent pour la cohésion sociale, l’unité nationale et les actions humanitaires, comme «Main dans la Main » et «El Islah » qu’il vient de faire interdire » a-t-il ajouté.

Sur la question des parrainages imposée par la loi électorale aux candidats à la présidentielle, à savoir la caution morale d’au moins cent conseillers municipaux dont cinq maires, Birame Dah Abeid a déclaré détenir plus que ce que la loi exige. «Le problème, ce ne sont pas les parrainages, mais le refus des autorités compétentes à recevoir les parrainages à mon profit, comme les quatre conseillers municipaux de Mâle (Brakna) qui se sont vus refoulés par le commandant de brigade de gendarmerie lorsqu’ils se sont présentés à lui pour cautionner ma candidature » a-t-il mentionné. «La logique actuelle du pouvoir est de m’empêcher de participer à l’élection présidentielle en vue, mais je vous dis que cela ne se passera pas aussi facilement comme le veut les tenants du système » a-t-il prévenu.

Birame est revenu une nouvelle fois sur la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qu’il qualifie de structure dépendante, avec un directoire acquis au candidat du pouvoir. Selon lui, les tenants du système sont aux abois, car ils ne font confiance ni aux prétendus soutiens qui les entourent actuellement ni aux membres du parti-Etat qui  ont déployé tout leur arsenal pour accueillir leur candidat au cours de sa récente tournée, qui se poursuit encore. «Sinon, pourquoi refuser de faire de la CENI, une structure réellement crédible pour gérer en toute impartialité et transparence l’élection présidentielle, comme ce fut le cas en 2009 et en 2013 où la présidence de la CENI a été confiée à l’opposition ? » s’est-il interrogé.

Cheikh Aïdara


Birame Dah Abeid, «le refus par le pouvoir de procéder à la recomposition de la CENI, procède d’un manque de confiance du pouvoir et de son candidat à se prêter au jeu démocratique »

Birame Dah Abeid, président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA), candidat à la présidentielle de 2014 et député à l’Assemblée Nationale, a annoncé le 25 mars dernier sa candidature à l’élection présidentielle de juin 2019. C’était au cours d’un meeting populaire organisé à l’Ancienne Maison des Jeunes de Nouakchott, en présence des ténors de l’opposition et de Sidi Mohamed Boubacar, ancien Premier Ministre et candidat au même scrutin. Dans cet entretien, il est revenu sur sa première expérience en 2014, mais aussi sur ses soutiens, sur le refus du pouvoir de reconstituer la CENI, sur ses relations avec les autres candidats de l’opposition, notamment Sidi Mohamed Boubacar, mais aussi sur le programme de société qu’il propose aux Mauritaniens.

Birame Dah Abeid lors de l’annonce de sa candidature (Crédit Aidara)

Par rapport à votre déclaration de candidature à la présidentielle de 2014, qu’est-ce qui a changé selon vous en 2019 ?

Birame Dah Abeid : beaucoup de choses  ont changé en 2019, par rapport à ma première déclaration de candidature à la magistrature en 2014, qui n’était en réalité qu’une candidature test faite à l’improviste, que nous jugeons positive et qui nous a aidés à préparer les échéances actuelles. Entre 2014 et 2019, j’ai passé la moitié de cette période confronté à  de multiples exactions et emprisonnements, dont la dernière, lors des dernières élections partielles, où on m’a emprisonné pour m’empêcher de battre campagne en tant que candidat à la députation. Se sont ajoutées à ces exactions, les interdictions qui nous ont frappés, interdiction de sortir de la Capitale, interdiction d’organiser des rassemblements et de rencontrer les populations. Je pense que nous avons remporté le bras de fer qui nous a opposé au pouvoir et qui voulait nous éradiquer avant 2019. Nous sommes encore plus présents sur la scène, mais surtout nous sommes les plus présents et les plus forts en termes de contenus et de soutien populaire. Je pense que 2019 sera l’année de la victoire.

A part le parti SAWAB qui soutient votre candidature, y a-t-il d’autres forces politiques ou mouvements qui vous soutiennent ou qui comptent vous soutenir dans ces élections de 2019 ?

Birame Dah Abeid : nous sommes restés dans la même projection d’une opposition sociale populaire droits de l’hommiste qui s’appuie sur la force populaire. C’est ce qui a été la base de la force d’IRA. Cette candidature s’appuie sur la forte opposition des populations mauritaniennes au régime de prédation économique, d’injustices, de racisme et de discrimination, qui a appauvri la population. C’est sur cette opposition populaire que nous nous basons et non pas sur des oppositions institutionnelles comme les partis politiques. Ces derniers n’ont pas pu réussir au premier test que leur dicte la situation exceptionnelle actuelle, en ne parvenant pas à s’accorder sur un candidat unique, alors que l’occasion d’un changement radical qui s’offre à eux aujourd’hui, risque de ne pas se répéter de sitôt. Je pense que la seule opposition, c’est l’opposition populaire, les partis politiques ayant été affaiblis et dégarnis par des années d’usure de la part du pouvoir en place. Ce qui fait que depuis l’avènement de Mohamed Abdel Aziz au pouvoir, la vraie opposition a vécu dans l’illégalité, que cela soit dans les mouvements de jeunes et de la société civile, dont IRA est le fer de lance. C’est cette opposition qui détient réellement la légitimité populaire et électorale. Je pense que nous détenons cette légitimité car nous fédérons toute cette opposition non institutionnelle, ce courant populaire qui traverse tous les pans de la société. C’est de là que nous tirons notre force, et non de la somme de soutiens de partis politiques qui se sont éparpillés entre soutiens au pouvoir et soutiens à d’autres candidats indépendants.

On vous a vus très proches de l’ancien Premier ministre et candidat comme vous à la Magistrature Suprême, Sidi Mohamed Ould Boubacar. Qu’est-ce qui vous rapproche de ce candidat ?

Birame Dah Abeid, entouré de Sidi Mohamed Boubacar (à gauche) et du président de Sawab (à droite) (Crédit Cridem)

Birame Dah Abeid : notre mot d’ordre est de rassembler au maximum toutes les forces qui s’opposent, même de façon conjoncturelle, au pouvoir de Mohamed Abdel Aziz et à la reconduction de ce pouvoir pour une nouvelle décennie pendant laquelle Mohamed Abdel Aziz va continuer à tirer les ficelles dans le dos de son pantin, Mohamed Ould Ghazwani. Nous pensons qu’il est urgent et juste de rassembler toutes les forces, mêmes celles qui sont issues de la désagrégation des groupes qui étaient dans le pouvoir et qui nous ont rejoins dans notre combat contre le système en place dans cette phase conjoncturelle. Je pense qu’il faut aussi unir nos forces, au sein de cette grande opposition, pour barrer le chemin au candidat du pouvoir qui ne ferait que prolonger la souffrance des populations et maintenir les injustices. Le candidat Sidi Mohamed Ould Boubacar est parvenu à rassembler une partie des forces qui étaient au sein du pouvoir et qui veulent se démarquer dans cette phase des présidentielles ainsi que des forces de l’opposition représentées par des partis politiques, comme Tawassoul. Il faut donc s’engager dans ce jeu de l’alternance qui ne peut se faire sans susciter des fissures au sein des groupes dominants.

Le gouvernement, par le biais du Ministère de l’Intérieur, vient de rejeter la principale revendication de l’opposition, c’est-à-dire la recomposition de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), qu’en pensez-vous ?

Birame Dah Abeid : le pouvoir par son refus de permettre la recomposition de la CENI selon les principes fondateurs de la loi électorale, enfreint le jeu démocratique, ce qui constitue un argument de moins à la charge du pouvoir qui n’a pas pu s’apprêter au jeu de la transparence même dans ses principes les plus élémentaires. La CENI doit être constituée de personnalités issues de l’opposition et du pouvoir, alors que tous les membres de la CENI actuelle ont déjà déclaré allégeance et soutien au candidat du pouvoir, Mohamed Ould Ghazwani, à part un seul membre qui est de l’opposition, l’Alliance Populaire Progressiste (APP), parti qui n’a pas encore déclaré sa position. Ce refus du pouvoir de recomposer la CENI, est une aberration tranchée par rapport au sentiment victorieux qu’avait Mohamed Abdel Aziz en 2009 lorsqu’il avait confié la CENI à l’opposition. La position actuelle du pouvoir tranche aussi avec l’esprit de 2013 lorsque Mohamed Abdel Aziz avait accepté de confier la direction de la CENI à un membre de l’opposition, Ould Soueid’Ahmed de l’APP, qui a été nommé par Messaoud Ould Boulkheïr. Nous pensons que cette fois-ci, Mohamed Abdel Aziz et son candidat Ould Ghazwani ne sont pas en confiance par rapport au vote libre des électeurs mauritaniens, mais aussi, ils ne font pas confiance à ces vagues de soutien et de Moubadarat qui semblent ne pas les convaincre. C’est pourquoi ils tiennent à maintenir cette CENI qui est à leur solde et dont les membres leur obéissent au doigt et à l’œil. Une conférence de presse sera d’ailleurs animée ce mardi 2 avril et le décor sera planté pour un mouvement de résistance contre cette tentative de faire élire le candidat du pouvoir avant l’heure par le biais d’une CENI inféodée.

Certains affirment que le candidat Ould Ghazwani utilise les moyens de l’Etat dans sa tournée actuelle, qu’en pensez-vous ?

Birame Dah Abeid : l’utilisation par le candidat Ould Ghazwani des moyens de l’Etat n’est qu’un signe de panique qui s’empare du pouvoir et sa tentative de vouloir confisquer le vote des électeurs en s’accaparant les symboles de l’Etat, l’administration et l’armée. Mais cette fois-ci, le morceau sera dur à faire avaler au peuple mauritanien.

L’argent est le nerf de la guerre dans toute élection. Avez-vous reçu d’aides ou de soutiens de la part d’hommes d’affaires mauritaniens ?

Birame Dah Abeid : nous ne sommes soutenus par aucun homme d’affaires. D’ailleurs, tous les hommes d’affaires craignent les représailles pour oser soutenir un opposant. Ils sont tous sous la coupole du régime de Mohamed Abdel Aziz qui n’hésite pas à suspendre sur leur tête l’épée de Damoclèes de la répression fiscale, mais aussi celle de l’exclusion de tout marché public, sans compter les entraves à leurs activités. Ils sont tous tenus également de financer les campagnes du pouvoir pour ne pas subir de sanctions et des représailles. Aussi, aucun d’entre eux n’ose s’afficher ou aider un candidat opposé au pouvoir.

Quel est en résumé, le programme de société que vous proposez aux Mauritaniens ?

Birame Dah Abeid : dans une formule très ramassée s’agissant de mon programme, je compte restaurer la moralité de la vie publique et assurer une meilleure gouvernance, restaurer la confiance entre la nation et sa classe politique, entre l’administration et ses administrés, assurer l’égalité de tous devant la loi, restaurer l’existence et l’action des structures d’inspections et de contrôles crédibles des finances publiques, garantir l’exercice d’une presse libre et responsable.  Ces paramètres doivent être résolument ramenés. Il faut aussi maintenir les hommes politiques, les cadres de l’administration publique et parapublique dans le strict respect de l’éthique républicaine et de la bonne gouvernance. Toutefois, ce thème de bonne gouvernance peut donner l’impression d’être un critère purement exogène imposé par les institutions internationales, à la limite de l’ingérence pudiquement revêtue de la notion de droit d’ingérence. Il faut bien se persuader que la bonne gouvernance est faite d’abord pour nous-mêmes pour garantir à moyen et long terme les conditions de vie de nos populations.

Propos recueillis par
Cheikh Aïdara


Restructuration et mise aux normes des centres de santé en Mauritanie, l’expérience pilote du «Tab Sweisra» d’El Mina

Le Ministère de la Santé, avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), a entamé depuis plus d’une semaine une expérience pilote au Centre Mère et Enfant d’El Mina, connu populairement sous le nom «Tab Sweisra ». Ce projet, mené avec l’aide d’un expert de l’UNFPA, est destiné à la réorganisation et à la restructuration du centre, sur un modèle qui a donné des résultats au Mali, en Côte d’Ivoire, et ailleurs dans le continent. Cette expérience sera généralisée par la suite à toutes les structures de santé de la Mauritanie.

Entrée principale du Centre Mère et Enfant d’El Mina (Crédit Aidara)

Comment rendre un centre de santé plus attractif en facilitant le circuit patient, en améliorant la qualité des services et en réduisant le temps d’attente des clients ? Une telle expérience, qui a déjà fait ses preuves ailleurs, est en cours depuis près de dix jours au Centre Mère et Enfant d’El Mina, plus connu sous le nom «Tab Sweisra» à Neteg.

 De la réorganisation des services de santé

Les locaux du Centre de santé (Crédit Aidara)

 

Dr.Jules YAO

Selon Dr.Jules YAO, Chargé de Programme Santé de la Reproduction et Jeunes au Bureau UNFPA de Côte d’Ivoire, qui apporte son expertise au projet, «l’approche s’appelle Réorganisation des Services de Santé, particulièrement la Santé de la Reproduction. Elle vise le renforcement du système de santé et repose sur trois éléments inclusifs : Disponibilité, Intégration, Qualité des services ». Parlant de l’expérience en cours au Centre Mère et Enfant d’El Mina, il a déclaré que «depuis une semaine, plusieurs étapes ont été franchies, notamment l’analyse situationnelle du centre, l’élaboration du Plan d’Action par unité de soins, la formation du personnel en normes et gestion ». Il souligne que pour «assurer une prestation de qualité selon les normes et permettre une meilleure utilisation des services, une journée de salubrité a été organisée, jeudi 14 mars 2019 » précisant que cette journée sera institutionnalisée par le centre de santé. En Côte d’Ivoire, l’expérience a été généralisée sur plus de cent (100) centres de santé, dira-t-il en substance, ajoutant qu’il restera, pour ce qui est du centre d’El Mina, la finalisation des outils de gestion (organigramme, fiche de poste, gestion de l’espace et calendrier de travail), la fourniture d’équipements médicaux et le suivi de l’initiative.

Dr.Mohamed Vall Boubacar

Dr.Mohamed Vall Ould Boubacar, médecin-chef du Centre Mère et Enfant d’El Mina, a décrit une situation peu reluisante du centre, situé dans une poche de pauvreté et qui n’a connu comme amélioration qu’un bâtiment neuf construit avec l’aide de l’ONG «Terre des Hommes » il y a quelques mois. Il a déploré le peu d’intérêt accordé au centre qui manque selon lui de tout, notant l’absence de fonds de fonctionnement, avec un laboratoire en panne malgré la présence d’un technicien qualifié, la disponibilité d’un personnel compétent mais manquant de toute motivation, l’absence de matériel et de fournitures essentiels.

Les patients déplorent quant à eux la cherté des prestations, avec un forfait obstétrical à 900 MRU, sans compter l’achat de médicaments et les consultations. Selon Dr. Mohamed Vall Boubacar, le centre enregistre par jour 10 à 30 consultations prénatales et environ 150 accouchements par mois.

De la formation du personnel

Le 11 mars 2019, après plusieurs jours de formation sur les principes de la restructuration du centre, le personnel a assisté à une restitution qui a porté sur le diagnostic situationnel et les améliorations enregistrées. Pour les consultations prénatales et postnatales (CPeN/CPON) et la maternité, beaucoup d’insuffisances ont été notées, comme le manque de matériel, la cherté des prestations, la qualité médiocre de l’accueil, l’insuffisance du personnel sage-femme (une seule pour la vaccination), malgré l’affluence, la non motivation du personnel, l’absence d’hygiène et de toilettes. La maternité souffre aussi de l’absence de table gynécologique avec deux seules tables d’accouchement, alors que la pharmacie est confrontée à des problèmes d’approvisionnement et l’absence de climatisation.

Séance de formation du personnel (Crédit Aidara)

En résumé, il a été constaté que le Centre Mère et Enfant d’El Mina est mal organisé, avec des locaux délabrés, et qu’il manque de matériels et d’équipements essentiels, avec l’absence d’hygiène.

A la lumière de l’analyse situationnelle, un Plan d’Action des unités de soin a été proposé, avec indication des points faibles, des points forts, les responsables chargés de la mise en œuvre des actions envisagées et les solutions avancées. Le Plan d’Action propose aussi un circuit pour faciliter le passage des patients d’un service à l’autre, ce qui va réduire le temps d’attente, par le regroupement de services, comme les CPeN, les CPON et la vaccination dans une même salle, le déplacement de la salle de garde près de la salle d’accouchement, l’externalisation du service échographie, etc.

Il faut souligner que l’ensemble du personnel, les sages-femmes, les infirmiers, les accoucheuses, les bénévoles, et même les plantons et gardiens avaient assisté à toutes les sessions de formation.

L’UNFPA apportera non seulement son expertise, mais contribuera également à la fourniture de matériels et équipements manquants, ainsi que la rénovation des locaux du centre.

Journée de salubrité

Exceptionnelle a été la Journée de Salubrité, organisée au Centre Mère et Enfant d’El Mina, jeudi 14 mars 2019, en présence du Représentant Résident de l’UNFPA, Saidou Kaboré, le Médecin-chef de la Moughataa d’El Mina, Dr.Mohamed Yahya Ould Sidi, le Président du Comité de Santé, Saad Bouh Ould Ahmeida et le 1er Adjoint au maire d’El Mina, Mohamed Mélaïnine Ould Mohamed Vadel, mais aussi Moussa Ould MBareck, président de l’ONG «Jeunesse A l’Heure d’El Mina JAHE» accompagné de ses jeunes bénévoles.

Lancement de la journée de salubrité par Adjoint au Maire, Représentant UNFPA, Médecin-chef et Président du Comité de Santé (Crédit Dr.YAO)

Pendant toute une journée, le personnel du centre avec les responsables cités, ont nettoyé, récuré et balayé les salles de soin ainsi que la cour du centre. Tout le monde a mis la main à la pâte, le Représentant de l’UNFPA et son staff, le médecin-chef de la Moughataa, le président du Comité de Santé, le maire adjoint, le médecin-chef du centre, les sages-femmes, les infirmiers, les accoucheuses, les bénévoles, les jeunes et la population avoisinante. Le tout dans une ambiance bon enfant.

De g.à dr. Moussa MBareck, SaadBouh Ahmeida; Mohamed Melainine; Saidpu Kaboré; Dr.Yahya et Dr.Mohamed Vall (Crédit Dr. Yao)

Le 1Er adjoint au maire a remercié à l’occasion tous ceux qui ont participé à la journée de salubrité, en particulier l’UNFPA, pour son intervention judicieux et à point nommé, soulignant que ce «centre, situé dans une véritable poche de pauvreté, a eu à jouer un rôle prépondérant du temps où il était géré par une ONG étrangère, mais depuis que cette dernière s’est retirée, le centre a périclité au fil du temps, pour devenir ce qu’il est aujourd’hui».

Le Représentant résident de l’UNFPA a, à son tour, remercié la mairie d’El Mina, le médecin-chef de la Moughataa, le président du Comité de Santé, le président de JAHE et ses jeunes, le médecin-chef du centre et son personnel, soulignant que ce que «l’UNFPA apporte  en termes financiers n’est pas beaucoup, mais c’est ce que le gouvernement et la communauté apportent qui est le plus important. Ce que nous apportons, c’est l’expérience d’autres pays, mais votre engagement est déterminant. Car, pour apporter le changement, si ceux qui sont là n’en veulent pas, il n’y aura rien. Mais là, l’équipe du centre est engagée à améliorer, la mairie, la population, tout le monde est là, je vous félicite pour cela, en particulier, le Ministre de la Santé et son staff». Il a profité de l’occasion pour faire le plaidoyer sur la lutte contre la mortalité maternelle et les violences basées sur le genre, mettant l’accent sur la qualité des services et l’accueil des patients qu’il faut améliorer.

Le médecin-chef de la Moughataa a loué l’initiative du Ministère de la Santé et remercié l’UNFPA pour son apport considérable dans le domaine de la santé, précisant que «le centre Mère et Enfant d’El Mina servira de modèle de restructuration et de réorganisation et que son expérience servira à tous les autres centres de santé du pays».

Quant au Président du Comité de Santé de la Mairie d’El Mina, il a remercié lui aussi les autorités, les jeunes, mais en particulier l’UNFPA pour cette expérience pilote, qui selon lui, «permettra de redorer le blason du centre, qui a été presque délaissé par les populations», souhaitant qu’avec l’aide de l’UNFPA, «ce centre pourra retrouver son aura d’antan et récupérer ses patients, qui au lieu de se rendre dans d’autres structures de santé éloignées, pourront y retrouver ses qualités de soin historiques».

Moussa MBareck, président JAHE : «trois associations parmi celles qui composent le réseau Jeunesse A l’Heure, une cinquantaine de jeunes,  ont répondu volontairement à l’appel des autorités et de l’UNFPA pour cette journée de salubrité au Centre Mère et Enfant dit «Tab Sweisra » d’El Mina. Nous nous sommes engagés avec l’UNFPA, à assurer la salubrité du centre tous les trois mois».

Aïchetou Diallo, présidente adjointe JAHE : «nous sommes venus, comme d’habitude pour tout ce qui concerne la Moughataa d’El Mina, pour participer à la salubrité de ce centre où sont nés cinq parmi nos jeunes. Nous sommes venus surtout  car nous sommes, en tant que populations riveraines, les premiers concernés par cette restructuration que les autorités et l’UNFPA ont entamé, surtout que ce centre de santé est situé dans une des plus grandes poches de pauvreté de la capitale.»

Les jeunes de JAHE (Crédit Aidara)

Il faut noter que les sages-femmes formatrices du Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR) avaient bénéficié de deux jours de formation sur l’approche Réorganisation des services de santé, sous l’égide de l’expert ivoirien, Dr.Jules YAO.

Formation des formateurs du PNSR (Crédit Aidara)

Elles on participé à l’encadrement du personnel du centre qu’elles vont suivre durant tout le processus de restructuration.  La première journée de visite au Centre Mère et Enfant, le 6 mars dernier, a été consacrée à une inspection des différentes unités du centre et des échanges avec le personnel de santé.

Cheikh Aïdara

 

PHOTOS REPORTAGES

Session de plaidoyer du Représentant UNFPA (Crédit Dr.YAO)

 

Visite dans la salle des CPeN

 

Visite salle des CPON

 

Salle accouchement

 

Le Représentant de l’UNFPA et l’Adjoint au Maire avec une mère et son béné (Crédit Aidara)