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Les experts mauritaniens à l’école des changements climatiques

Pendant quatre jours, du 11 au 14 février 2019, plusieurs experts mauritaniens pour la plupart du Ministère de l’Environnement et celui de l’Energie, ont suivi une formation pointue dans le domaine des changements climatiques dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de Gestion Intégrée des Ressources en Eau du Fleuve Sénégal (PGIRE).

Vue d’ensemble des participants -Crédit Aidara

Cette formation initiée par l’Organisation de Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) s’inscrit dans le volet relatif à l’amélioration de la résilience du bassin du fleuve Sénégal. Elle a été dispensée par l’équipe DHI (Danemark) et TROPIS (Sénégal) et a permis aux experts nationaux de se familiariser avec les théories et les fondamentaux des changements climatiques, d’améliorer leurs connaissances des méthodes d’analyse et de production de donnes spécifiques aux changements climatiques, ainsi que le processus de préparation de projets et l’accès aux sources de financement vert.

Cet atelier s’inscrit dans un contexte marqué par l’impact croissant des changements climatiques sur les économies et les sociétés, avec des coûts de plus en plus chers pour les personnes, les communautés et les Etats. Les émissions à effet de serre, les déboisements et les désastres causés par l’homme ont en effet bouleversé les équilibres naturels, provoquant entre autres la hausse constante du niveau de la mer et des températures, l’avancée du désert et la sécheresse. Les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables sont les plus touchées.

Vue partielle des participants – Crédit Aidara

Les changements climatiques sont devenus ainsi un phénomène mondial qui nécessite des solutions coordonnées au niveau international pour aider les pays en développement à évoluer vers une économie à faible émission de carbone. D’où l’initiative prise par l’OMVS de lancer son projet de renforcement des capacités en matière de changement climatique de son personnel ainsi que des cadres et experts appartenant aux quatre pays membres, Mali, Guinée, Sénégal et Mauritanie. C’est l’un des objectifs des ODD, «prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions», autrement dit, «améliorer l’éducation, la sensibilisation et les capacités individuelles et institutionnelles en ce qui concerne l’adaptation aux changements climatiques, l’atténuation de leurs effets et la réduction de leur impact et les systèmes d’alerte rapide».

Les participants ont suivi quatre modules de formation, comprenant les concepts de changements climatiques, définitions, scénarios, impacts et mesures d’adaptation (Module 1), les impacts actuels et potentiels sur des ressources en eau et de l’environnement (Module 2), les méthodes d’identification et priorisation des mesures d’adaptation (Module 3) et enfin, processus de préparation de projets et l’accès aux sources de financement vert (Module 4).

Vue partielle des participants -Crédit Aidara

Il est attendu à la sortie de cette formation, que les experts nationaux soient capables d’expliquer les phénomènes liés aux changements climatiques et ses implications au niveau du bassin du fleuve Sénégal. Il faudrait également qu’ils parviennent à intégrer la question «climat» dans le processus des projets qu’ils vont concevoir et qu’ils envisagent les implications des changements climatiques dans les scénarios de gestion du fleuve Sénégal et au niveau du pays.

Les experts devront également s’imprégner des fonds de financement pour le climat, connaître les modalités d’accès à ces fonds, les types de projets éligibles, comment formuler des projets viables d’un point de vue financier.

Au cours des exercices de groupes, les participants se sont familiarisés avec les notions d’enjeux et de défis, d’adaptation et d’atténuation, des termes souvent confus qui expliquent, selon les consultants, pourquoi beaucoup de projets bien ficelés ne sont pas financés du fait des mauvaises  formulations.

Il existe plusieurs types de financement «Climat», comme le Fonds pour l’adaptation qui visent exclusivement des activité d’adaptation dans les pays en voie de développement les plus vulnérables, comme aussi le Fonds vert pour le climat qui vise tant des projets d’atténuation que d’adaptation aux effets du changement climatique dans les pays en voie de développement.

A noter que la cérémonie d’ouverture de cet atelier de formation a été présidée par Mohamed El Mokhtar Mohamed Mahmoud, Chargé de mission au Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines, Coordinateur de la Cellule Nationale de l’OMVS.

Cheikh Aïdara

Réseau des Journalistes pour les Activités de l’OMVS (REJAO)

 

 


L’école environnementale de la GIZ et ADIG clôt son programme au Guidimagha en récompensant ses jeunes champions

Sélibaby, capitale du Guidimagha a abrité le 9 février 2019 la cérémonie de clôture de son programme «Education environnementale» lancé depuis le 4 décembre 2018 par la Coopération allemande (GIZ) et l’Association pour le Développement Intégré du Guidimagha (ADIG), avec l’appui des autorités administrative, des services techniques de l’Education et de la Décentralisation, en plus du Conseil régional et des élus de la région, en présence de directeurs de dix écoles et de leurs élèves.

 

crédit ADIG
crédit ADIG

La cérémonie, présidée par le Directeur de Cabinet du Wali du Guidimagha, a été marquée par la remise de prix aux élèves gagnants suite aux séries de formations sur des thématiques environnementales, initiées dans le cadre des interventions du Programme «Co-Management des ressources naturelles, côtières et terrestres (CorMCT) de la Coopération mauritano-allemande, à travers son champ d’intervention n°3 intitulé «Gestion décentralisée des ressources naturelles » de la GIZ. Il s’agissait d’initier les élèves à l’éducation environnementale pour la gestion des ressources naturelles et la lutte contre les feux de brousse qui a impliqué des communautés locales du Guidimagha.

A rappeler que ce programme qui a duré un peu plus de deux mois, a été lancé le 4 décembre 2018 dans les locaux de la Wilaya au cours d’une réunion préparatoire des activités de formation, en présence du Wali, Diallo Amadou Oumar, des responsables des services techniques de l’Etat, des élus locaux membres du Conseil régional et de certaines communes de la région.  La formation avait porté essentiellement sur deux thématiques, le rôle des arbres porteurs en général, en particulier les espèces forestières fruitières dont les produits non ligneux sont éligibles à la transformation, la valorisation et la commercialisation, puis les feux de brousse. Cette formation avait été animée par un expert de l’ONG ADIG.

Au cours de son exposé, l’expert avait mis en exergue l’apport de la GIZ et des associations locales, depuis 2000, notamment les actions pilotes menées par le ProGRN-GIZ  dans le cadre de la gestion décentralisée des ressources au Guidimagha, expériences et acquis, mais aussi les actions menées dan le cadre du projet CorMCT-GIZ qui ont contribué au développement et au renforcement de capacité de vingt-cinq (25) associations de gestion locale en ressources au Guidimagha (AGLC). Cette opération avait touché onze (11) communes sur les dix-huit (18) que compte la Wilaya.

crédit ADIG

Quant à Hamada Bneijara, président de l’ONG ADIG, il avait abordé les critères de choix des écoles prioritaires, des localités et communes retenues pour le programme d’éducation environnementale, de l’identification des points focaux jusqu’à la mise en place des «Clubs des amis de la Nature » dans chaque école.  Ont été impliqués dans cette opération, la Direction régionale de l’enseignement, la Direction régionale de l’Environnement, les élus locaux dans la mobilisation sociale. La finalité de cette initiative est selon Hamada Bneijara, «créer une éco-conscience environnementale à partir de la base, dès l’école primaire ». Les principaux intervenants ont bien appréhendé la pertinence de l’approche ainsi que la nécessité de développer ensemble un plaidoyer collectif au niveau de la région pour susciter un militantisme engagé en faveur de la gestion de l’environnement et la préservation des écosystèmes.

Le programme de formation a tourné autour de manuels sur les produits forestiers et les pare-feux distribués aux élèves de dix établissements scolaires, les 5ème et les 6ème année du primaire, répartis dans les communes de Boully, Darffort et Ghabou, avec l’implication de villages environnants, notamment Bourgou, Moyalaha, Karakoro et Adel Assaba (Boully), Karakoro Goudja, Mougnou et Merguemou (Ghabou), MBeidia, Sakha et Daffort (Daffort).

Pour la GIZ, l’essentiel devait porter sur certains éléments d’information, tels que les a détaillés Dr.Maarouf qui représentait la Coopération allemande.  La formation devait toucher selon lui au moins cinq cent (500) apprenants, dont des élèves et des groupes bénéficiaires (membres des AGLC et conseillers municipaux), l’objectif étant selon lui de faire de cette thématique «l’affaire de tous, afin de créer une famille pour l’environnement », de sorte que les parents, leurs enfants et les générations suivantes puissent bénéficier des avantages de l’environnement pour conserver une planète sainte.  Dr.Maarouf a aussi insisté sur le rôle des enseignants qui doivent servir de relais pour que leurs élèves connaissent et aiment mieux la nature pour en devenir les véritables défenseurs.

Cheikh Aïdara

PHOTOS REPORTAGE

crédit ADIG
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Environ 900.000 Euros pour les coopératives féminines du Guidimagha

L’Union des coopératives féminines du Guidimagha (UCFG), qui regroupe 137 structures au niveau de la région, vient de recevoir un important appui financier de la part de l’Union européenne (UE) et de l’ONG internationale Action Contre la Faim (ACF) pour une période de deux ans. Cette convention de financement d’un montant total de 840.890 Euros, dont 630.000 Euros financés par l’UE et le reliquat par ACF, a fait l’objet d’un atelier qui s’est déroulé vendredi 8 février 2019 à l’hôtel Azalaï de Nouakchott, en présence de plusieurs cadres du Guidimagha, notamment Sidney Sokhna, Chargé de mission à la Présidence de la République, Idrissa Diarra, Coordinateur du Projet  Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel (PRAPS), en plus des députés du Guidimagha et du député représentant les Mauritaniens à l’extérieur.

Les représentants de l’UE et ACF entourant la président de l’UCFG -Crédit Aidara

«Je me réjouis du démarrage de cette action, car elle est un excellent exemple du solide partenariat entre mauritaniens et européens et aborde des thèmes très chers à l’UE : la promotion du dialogue entre citoyens, la valorisation de l’artisanat local et l’augmentation des revenus des femmes et des foyers» a déclaré le représentant de l’UE  lors du discours qu’il a prononcé à cette occasion.

La Directrice de l’ACF en Mauritanie a abondé dans le même sens, soulignant son assurance que l’UCFG saura mettre à profit cet important financement pour améliorer la production maraîchère et assurer l’autosuffisance alimentaire et nutritionnelle dans la région, tout en développant d’autres activités pour l’autonomisation de la femme au Guidimagha.

Pour sa part, Mme Coumba Camara, présidente de l’Union des coopératives féminines du Guidimagha, a remercié l’Union européenne et Action Contre la Faim, pour leur importante contribution à l’endroit des femmes du Guidimagha. Elle a souligné le courage, l’abnégation et l’engagement de la femme du Guidimagha dans toute activité productrice, malgré les moyens dérisoires et l’environnement social réfractaire à son épanouissement. En dépit de toutes ces difficultés, dira-t-elle en substance, la femme du Guidimagha a toujours tenu à marquer de son empreinte sa présence en tant qu’élément actif et producteur de la société. Ce financement de deux ans que l’UE et ACF viennent d’octroyer aux coopératives féminines du Guidimagha permettra selon elle d’ouvrir d’autres horizons, de l’autoconsommation ménagères à l’exportation vers les pays limitrophes.

Vue d’ensemble des participants – Crédit Aidara

Selon Ismaël Sylla, qui a accompagné l’UCFG pendant deux ans dans la conception du projet et dans la sensibilisation, ce financement de l’Union européenne aux femmes productrices du Guidimagha, très actives surtout dans le domaine du maraîchage, est le bienvenu. «Les femmes sont très engagées pour leur autonomisation malgré deux difficultés majeures, l’absence d’éducation, la plupart n’ayant jamais fréquenté l’école, et la résistance des hommes, plombés par des pesanteurs sociales qui veulent que la femme reste au foyer» a-t-il indiqué. Selon lui, ce dernier obstacle a été levé quand les hommes ont commencé à goûter aux fruits du labeur des femmes qui, très souvent, comblent le déficit alimentaire de la famille en légumes. «Mais cette production a servi jusque-là à l’autoconsommation, sans autre ambition. Avec ce financement, les femmes pourront investir le marché sous-régional, le Sénégal et le Mali frontalier en particulier, pour vendre leur surplus de production, comme le font les femmes de ces pays. Elles pourront dans ce cadre passer à l’étape de l’entreprenariat agricole en dégageant des bénéfices en numéraire qui pourraient servir à financer d’autres activités», a-t-il poursuivi.

Pour Sidi Traoré, administratif au sein de l’Association pour le Développement Intégré du Guidimagha (ADIG), ce financement vient à point nommé et qu’il va permettre un plus grand regroupement des femmes de la région. «Il faut s’attendre à ce que d’autres coopératives du Guidimagha viennent rejoindre l’Union qui vient de bénéficier d’un important financement de l’ordre de 900.000 Euros pour deux ans». Selon lui, ce montant va permettre la mise en place de 25 microprojets, ce qui va relever le niveau de productivité et de production des coopératives, améliorer leur revenu, ainsi que les conditions de vie de ses membres et de leurs familles.

Les participants ont suivi au cours de la journée, une brève présentation du projet qui va contribuer au développement et à la professionnalisation des Organisations de la société civile au niveau de la Wilaya du Guidimagha, le renforcement de capacité de leurs membres, tout en facilitant une synergie régionale, l’accès des femmes aux terres agricoles et la mise en œuvre de projets de qualité.

Ce projet sera mis en œuvre par Action contre la Faim et l’Union des Coopératives Féminines du Guidimagha, en partenariat avec les Délégations régionales de l’Agriculture et du Ministère des Affaires Sociales, de la Famille et de l’Enfance, ainsi que l’Association des Maires du Guidimagha.

Cheikh Aïdara

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Retour avec Dr.Bâ Mohamedou sur le détournement de 75.000 Euros de l’ASAC Concorde par la FFRIM

Le site sportif «HALARIM » s’est entretenu il y a quelques jours avec Dr.Bâ Mohamedou, président légitime de l’ASAC Concorde, sur les raisons qui ont abouti, selon lui, «à son éviction par abus de pouvoir de la part du Président de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) qui s’est immiscé dans les affaires intérieures d’un club, en violation des textes de la FIFA, suite au détournement d’un montant de 75.000 Euros, fruit du transfert de deux de ses joueurs, Hacen El Id et Aly Abeid, au club espagnol, Levante».

Dr.Bâ (extrême gauche) en compagnie de Pedro Cortes (agent des joueurs) et son fils, ainsi que Hacen El Id (au centre en tee-shirt blanc) Crédit photo / Dr.Bâ

Cette histoire vieille de plus de deux ans continue d’interroger le milieu sportif mauritanien pas suffisamment édifié sur le cas de l’ASAC Concorde, beaucoup pensant jusque-là à une crise interne au club. Selon Dr.Bâ, «il n’y a jamais eu de problèmes entre les dirigeants, tous les présidents qui se sont succédés à la tête de l’association ont été élus avec démocratie et transparence, car la Concorde est avant tout une famille qui regroupe toutes les communautés qui ont toujours vécu dans la fraternité et l’entente».

C’est sur la base d’un Procès-verbal datant du 11 juillet 2011 que le Dr.Bâ a pris les rennes de l’ASAC Concorde, participant à toutes les activités, notamment les Assemblées générales de la FFRIM, les compétitions organisées par la Ligue Nationale (championnat et coupe du Président). Les problèmes de l’ASAC Concorde ont commencé avec le transfert de deux parmi ses joueurs, selon Dr.Bâ.  Il déclare qu’une fois le montant du transfert détourné avec de fausses factures, le président de la FFRIM, a refait surface avec une mystérieuse circulaire taillée sur mesure datant du 19 janvier 2016 lui permettant de s’immiscer dans le fonctionnement d’une association qui menait tranquillement ses activités. La FFRIM par abus d’autorité avait imposé un nouveau collège électoral de 120 membres alors que l’Assemblée générale du club ne regroupe que 49 membres.

«Il s’agit d’un dangereux précédent que rien ne pouvait justifier, d’autant qu’il met en péril notre football national, voir même la crédibilité des institutions du football international » a souligné Dr.Bâ, qui ajoute : «les dirigeants légitimes de l’ASAC Concorde, face à cette situation inique, ont décidé de réagir de façon ferme et soutenue par rapport à de tels agissements irresponsables venant du président de la FFRIM».

Il est à rappeler que la Chambre Civile du tribunal de Nouakchott avait  ordonné d’abord le blocage du montant, source de la plainte déposée par la direction du club sous la férule du Dr.Bâ, puis le 27 février 2017, elle a requis auprès de la FFRIM le remboursement de la totalité du montant. Cette décision a été confirmée par la Cour d’Appel le 27 février 2018. Cependant, Dr.Bâ Mohamedou estime que l’ASAC Concorde reste otage de la FFRIM et de son président, soutenant que les actions de la justice se poursuivent pour l’exécution des sentences prononcées par les autorités judiciaires, en parallèle avec les autres actions menées au niveau de la FIFA et des autres organismes de régulation du football mondial.

Cheikh Aïdara