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Le BIT forme des jeunes à Bassiknou et au camp des réfugiés maliens à MBerra aux métiers du BTP

Offrir des opportunités d’insertion, par la formation professionnelle, à des centaines de jeunes réfugiés de MBerra et des communautés d’accueil à Bassiknou, dans les métiers de construction,  Telle est l’ambition du Bureau International du Travail (BIT) qui vient de lancer le projet «Promouvoir un Modèle d’Accès aux Moyens d’Existence Durables et de Cohésion Sociale à Bassiknou» . Ce projet financé par le Bureau pour les Populations, les Réfugiés et la Migration (BPRM) du Département d’Etat américain, est accompagné par le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), tout au long de l’implantation des travaux de construction et la mise en place des programmes de formation.

Lancement du projet -Crédit Aidara

La cérémonie de lancement du projet s’est déroulée jeudi 21 février 2019 à la Chambre de Commerce de Nouakchott, en présence de cadres du Ministère de la Fonction Publique, du Travail, de l’Emploi et de la Modernisation de l’Administration, ceux du Ministère de l’Education Nationale, de la Formation Technique et Professionnelle, et plusieurs partenaires.

Dans son allocution, le Directeur de la Formation Technique et Professionnelle, M.Sid’Ahmed Ould Iyoh a loué cette initiative du BIT qui selon lui permettra d’extraire des jeunes de Bassiknou des affres du chômage en les dotant d’un métier dans le domaine du BTP, tout en ouvrant des perspectives aux entreprises locales.

Une partie des participants -Crédit Aidara

Auparavant, M.Frederico Barroeta, Point Focal du BIT en Mauritanie avait déclaré dans son allocution  que cette «initiative pilote permet à la Mauritanie de se placer parmi les pays de la région les plus avancés dans le Sahel dans la construction d’un modèle créant des ponts entre les communautés tout en favorisant une réelle insertion dans le marché de l’emploi des jeunes de différentes origines». Mme Anne Linnee, 1ère Conseillère de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique et Mme Fadela Novak Irons, Représentante adjointe du HCR, se sont félicitées quant à elles des opportunités que ce projet va ouvrir dans le département de Bassiknou, pour les jeunes réfugiés de MBerra et ceux issus des communautés d’accueil.

Un point de presse a été animé par les différents intervenants, BIT, Ambassade des USA et HCR, en marge de la cérémonie.

Frederico Barroeta faisant sa déclaration de presse en présence de la 1ère Secrétaire de l’ambassade US et la représentante du HCR -Crédit Aidara

Les participants, représentants des départements du Travail et de l’Education Nationale, patronat, syndicats et autres acteurs de la société civile, ainsi que des partenaires techniques et financiers, ont par la suite suivi deux communications. La première, présentée par Guité Diop, Responsable technique du projet au sein du BIT, a porté sur les activités du BIT dans la Moughataa de Bassiknou et la seconde relative à une présentation technique des travaux en cours dans le même département a été détaillée par Tarba Abidine, Architecte, Experte en construction.

Par la suite, les participants ont visité une exposition de photos sur le programme chantier-école du BIT en Mauritanie et au niveau du camp de MBerra.

Cheikh Aïdara


AMEM, le projet maghrébin de la migration du travail ouvre ses valises à Nouakchott

Nouakchott a accueilli, au troisième jour de l’atelier national sur la migration qui a eu lieu du 12 au 14 février dernier, une journée spéciale dédiée au projet «Appui à la Migration Equitable au Maghreb AMEM ». Cette session spéciale  a été animée par deux experts, Aurélia Segatti, Experte en migration du travail au bureau régional de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) à Alger, et Mohamed Belarbi, Conseiller technique principal du projet AMEM (Tunisie).

Les participants absorbés par la présentation de Mohamed Belarbi (Crédit Aidara)

Cette session de programmation et de planification a été suivie par plusieurs cadres du Ministère de la Fonction Publique, du Travail, de l’Emploi et de la Modernisation de l’Administration ainsi que de l’Agence Nationale de Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANAPEJ), des membres du patronat et des syndicats des travailleurs, ainsi que des organisations de la société civile nationale et d’autres représentant les migrants résidant en Mauritanie.

Mieux gérer la migration au Maghreb

Lancé en septembre 2018, le projet AMEM d’appui à l’amélioration de la gouvernance des migrations et à la promotion de migrations de main d’œuvre équitables au Maghreb regroupe l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie, la Libye et la Tunisie. Il est mis en œuvre par le Bureau International du Travail (BIT), avec le financement de l’Agence italienne de coopération pour le développement (AICS), en partenariat avec les mandants tripartites des quatre pays pour une période de trois ans (2018-2021).

Le projet AMEM prévoit des activités nationales et sous-régionales sur trois objectifs : une meilleure cohérence entre les politiques de migration et l’emploi, une meilleure coordination ente les secteurs du marché du travail concernant la migration pour l’emploi, et enfin, l’amélioration de la gouvernance de la migration pour l’emploi.

La Mauritanie programme ses activités

L’atelier de Nouakchott a été l’occasion pour la partie mauritanienne, encadrés par les experts, de proposer des activités, de définir un canevas de programmation en lien avec les priorités nationales, et de valider les termes de référence du Comité technique national de suivi (CNTS).

Cet atelier a tourné autour de trois axes. Le premier a porté sur les systèmes d’information sur la migration de main d’œuvre, avec comme activités proposées, le diagnostic du système, avec évaluation des capacités de collecte et celle de la qualité des données. Cet axe comprenait l’appui au développement d’un modèle spécifique sur la migration et son introduction dans les enquêtes sur les ménages. Il portait aussi sur les activités à mener sur le plan sous-régional avec des ateliers de formation pour une tentative d’harmonisation des pratiques. Le travail demandé sur ce point a porté sur quelques ajustements à apporter en prenant en considération la création de l’Observatoire africain sur la migration. Il était aussi question de définir le rôle des services publics et privés dans l’intermédiation, et de définir également les modalités pour la conduite d’études qualitatives et quantitatives en lien avec la migration du travail. Enfin, les participants devaient développer des indicateurs fiables pour un système d’informations sur le marché du travail.

Le deuxième axe était relatif au dialogue social sur la migration du travail, avec comme activités, la formation des partenaires sociaux, l’éducation financière, l’état des lieux sur la migration de la main d’œuvre en Mauritanie, l’engagement des syndicats auprès de la diaspora mauritanienne, la formation des syndicats exerçant près des points frontières, le rôle des syndicats dans le contrôle des acteurs de l’emploi privé (AEP), et enfin, l’exécution des Accords bilatéraux ainsi que le suivi de la ratification par le pays de la Convention 143 récemment adoptée en conseil des ministres.

Enfin, le troisième axe portait sur la meilleure cohérence entre les services publics et privés de l’intermédiation  et ceux de la protection sociale. Les activités proposées ont porté sur le diagnostic et l’état des lieux du cadre législatif national par rapport aux conventions ratifiées en lien avec la migration du travail, l’intermédiation sur le marché du travail (accueil des migrants, leur orientation), une activité sous-régionale à programmer sur la protection sociale des migrants, le renforcement de la coopération entre le Ministère du Travail et le Ministère de l’Intérieur autour de l’exécution et de la mise en œuvre de la Stratégie nationale sur la migration, la création d’un mécanisme de surveillance relatif aux droits des travailleurs migrants, et enfin, le renforcement de la coopération entre les pays du Maghreb sur une politique commune de communication pour le changement de comportement, ainsi que la révision des accords bilatéraux avec la CEDEAO dans le domaine de la migration du travail.

L’avis des experts

A la fin des travaux, les experts ont fait les déclarations suivantes :

Aurélia Segatti : «l’atelier d’aujourd’hui était un atelier de programmation du plan de travail du projet AMEM sur l’appui à la gouvernance des migrations équitables au Maghreb et sa programmation en Mauritanie. Cela a porté sur trois axes. Un premier axe qui va s’attacher à améliorer les données sur la migration de travail dans le pays. Un deuxième axe qui va s’attacher à renforcer le dialogue social tripartite sur la gouvernance de la migration au travail, et un troisième axe qui va s’intéresser à différents aspects de cette gouvernance, le cadre législatif notamment, et le renforcement de capacités des instances gouvernementales chargées du pilotage de la migration du travail en Mauritanie».

Mohamed Belarbi : «aujourd’hui, hier et avant-hier, on est là pour un premier contact avec le mandant dans le cadre du projet AMEM. Cela s’est passé en trois phases, d’abord un premier jour de sensibilisation sur le cadre normatif mais aussi sur les instruments en lien avec la migration du travail. Le deuxième jour, l’atelier a porté sur les priorités nationales, notamment sur les aspects liés à la protection des travailleurs migrants et le troisième jour, nous sommes allés sur la programmation des activités du projet AMEM, piloté par le BIT et financé par la Coopération italienne et qui va s’étaler sur trois ans, de septembre 2018 jusqu’en 2021. Principalement, cet atelier est un exercice de réflexion pour une révision des activités et une programmation de mise en œuvre pour les trois prochaines années».

Cheikh Aïdara


Naissance de La Coalition des Opérateurs mauritaniens contre l’extrémisme violent en Mauritanie

Nouakchott a abrité vendredi 15 février 2019 le lancement des activités de la Coalition des opérateurs mauritaniens contre l’extrémisme violent (COMCEV). Cette nouvelle structure présidée par Moussa Ould Khaïry, s’inscrit en droite ligne dans la préoccupation des pays du G 5 Sahel dans la lutte contre le terrorisme dans la région. Il a pour principal partenaire, le «Center International for prived Enterprise » (CIPE), un des quatre instituts américains affiliés à la Chambre de commerce des Etats-Unis et spécialisés dans la récolte de fonds pour le compte d’organisations œuvrant pour la paix et la démocratie dans le monde. Pour les opérateurs mauritaniens, la coalition vient combler un vide dans l’effort de la communauté internationale qui a jusque-là ciblé, outre les Etats, tous les segments de la société civile, sauf les entrepreneurs et les hommes d’affaires des pays du Sahel dont l’apport est crucial tant dans le domaine de la réflexion que dans celui de la consolidation du tissu économique national et sous-régional, notamment dans la création de conditions de travail et de production dans un climat apaisé.

Cérémonie de lancement de la COMCEV -Crédit Aidara

Dans le communiqué de presse diffusé à l’occasion, la Coalition note certes la relative préservation de la Mauritanie par rapport à la violence terroriste qui frappe partout au Sahel, mais note toutefois les effets délétères qui résultent de cette insécurité transfrontalière. L’approche envisagée par la COMCEV repose ainsi sur «une mobilisation citoyennes autour des principes de liberté, de tolérance et des idéaux de paix et de développement économique».

Le président de la coalition, Moussa Ould Khaîry a ainsi invité toutes les bonnes volontés à se joindre aux efforts envisagés, en particulier les acteurs économiques mauritaniens, soucieux de préserver et de consolider les acquis obtenus sur le plan de la sécurité nationale et des grands chantiers de développement en vue. «Nous devons tirer la Mauritanie vers le haut en balisant par le bas, en offrant des plans d’avenir aux jeunes, par la formation et par l’emploi, gages de notre avenir » a-t-il déclaré.

Vue partielle des participants – Crédit Aidara

Auparavant, le maire de la commune de Tevragh-Zeina, Taleb Ould Mahjoub avait souhaité la bienvenue aux participants, se réjouissant que sa commune ait été le lieu de lancement d’une si importante manifestation, précisant que les objectifs déclarés de la coalition cadrent parfaitement avec les plans et programmes nationaux visant à lutter contre la pauvreté et le chômage des jeunes.

Vue partielle des participants -Crédit Aidara

Lui succédant, Moussa Ould Hamed, Conseiller auprès du Centre Stratégique pour la Sécurité au Sahel, que dirige le diplomate mauritanien et ancien Envoyé Spécial du Secrétaire général des Nations-Unis, SEM.Ahmedou Ould Abdallah, avait éclairé le rôle que sa structure a joué dans le rapprochement entre le CIPE et les opérateurs mauritaniens, précisant que cette même structure est à actuellement présente dans cinq pays du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie). Son rôle est d’aider les opérateurs économiques du Sahel a créer des emplois pour les jeunes et à développer des stratégies visant à prémunir cette frange contre l’extrémisme violent par l’auto-emploi ou l’insertion.

La Coalition est composée de vice-présidents, Dr.Mohamedou Bâ, Abderrahmane Marrakchi, Boubacar Timéra et Tahra Mint Hembarra. Le Secrétariat général est assuré par Mohamed El Kébir Bâ, secondé dans ses tâches par Yacine Cissokho.

Cheikh Aïdara

REPORTAGE PHOTOS

G.à Dr. Mohamed El Kébir,Moussa Khairy, Dr.Ba – Crédit Aidara


Sensibilisation et programmation autour de la migration du travail en Mauritanie, avec focus sur le Maghreb et la CEDEAO

Nouakchott a abrité du 12 au 14 février 2019, un atelier national sur la gouvernance équitable des migrations de travail, défis et opportunités, avec un volet consacré à la migration au Maghreb par le biais du programme sous-régional «Appui à la migration équitable pour le Maghreb (AMEM) » du BIT. Il a été organisé par le Ministère de la Fonction Publique, du Travail, de l’Emploi et de la Modernisation de l’Administration, avec l’appui du Bureau International du Travail (BIT), grâce au financement de l’Agence Italienne de Coopération et du Département de Travail du gouvernement des Etats-Unis d’Amérique. Il s’agissait au cours des trois jours d’atelier, de définir un nouveau modèle de relations professionnelles et de mobilité pour l’emploi en Mauritanie, en favorisant des pratiques de recrutement équitable, tout en veillant à la prévention du travail forcé et la traite des êtres humains.

Photo de famille à la fin de l’atelier – Crédit Aidara

La première journée de sensibilisation était consacrée à l’introduction aux normes internationales de la migration du travail, du recrutement équitable, du travail forcé et de la traite, ainsi qu’aux outils de renforcement des cadres de gouvernance de la migration du travail. La deuxième journée a porté sur une réflexion participative des partenaires institutionnels et des mandants mauritaniens pour l’identification de priorités et d’approches nationales. Plusieurs recommandations ont été formulées aux termes de travaux pendant lesquels les participants s’étaient scindés en quatre groupe : les systèmes d’information sur la mobilité (1), le dialogue social (2), l’intermédiation publique et privée et protection des travailleurs migrants (3), le cadre législatif de la migration de travail domestique et le travail forcé (4).

Enfin, la troisième journée a consisté en un travail technique de programmation des activités nationales du nouveau programme sous-régional du BIT, le programme d’Appui à une migration équitable pour le Maghreb (AMEM) en coordination avec le projet Bridge.

Dans le mot d’ouverture qu’il a prononcé à l’ouverture de l’atelier, le Secrétaire général du Ministère de la Fonction Publique, M. Ahmed Ould Mohamed Mahmoud Ould Deh, a souligné  que la Mauritanie a très tôt fait face aux questions liées à la migration, en adaptant sa législation nationale aux principaux instruments internationaux ratifiés dans le domaine de la migration, du travail forcé et de la traite. Il a souligné que l’atelier de Nouakchott «constitue le lancement du projet d’Appui à la migration équitable de la main d’œuvre dans les pays du Maghreb arabe », exécuté par le Bureau International du Travail (BIT), en collaboration avec son département. Ce projet s’inscrit selon lui dans le cadre de la politique nationale en matière de migration et vise à contribuer au renforcement des compétences des différents acteurs ciblés, assurer une bonne gouvernance de la migration du travail au niveau national et développer la coopération régionale.

Cérémonie d’ouverture (de G. à Dr. : Hamoud Conseiller du Ministre, Aurelia Segatti, SG MFPTEMA, et deux de ses collègues) Crédit Aidara

Auparavant, Mme Aurelia Segatti, s’exprimant au nom du Directeur du Bureau de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) à Alger pour les pays du Maghreb, M.Mohamed Ali Deyahi, s’est dite réjouie par cette initiative qui permettra selon elle de consolider la collaboration entre son organisation et les autorités mauritaniennes sur les «thématiques liées à la migration pour l’emploi, le recrutement équitable, la lutte contre le travail forcé et la traite des personnes». Elle a évoqué le caractère exceptionnel de l’année 2018 qui a été marqué par l’adoption à Marrakech du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, ce qui constitue, dira-t-elle, «une affirmation de la valeur du multipartisme comme instrument de consensus et de résolution des questions politiques complexes de notre époque». Evoquant l’agenda régional de l’Union africaine, notamment le Programme conjoint sur la Migration du Travail de 2015, le Protocole sur la liberté de circulation (2018) et le Cadre politique de l’Union africaine sur la migration (2017-2030), elle a félicité la Mauritanie pour avoir approuvé en Conseil des Ministres du 31 janvier 2019 la ratification de deux conventions de l’OIT, dont la C 143. Elle a rappelé en fin, les nombreux cadres de références non-contraignants pris par l’OIT ces dix dernières années, dont certains spécifiques au Maghreb, terminant son allocution par le rappel de quelques défis qui continuent à se poser à la Mauritanie, comme le recrutement des travailleurs mauritaniens placés à l’étranger ou encore, le recrutement de la main d’œuvre étrangère dans le secteur des BTP.

Mohamed Belarbi, Conseiller technique principal à AMEM (Tunisie) avait pour sa part, à l’entame de la journée, esquissé une brève présentation de ce programme sous-régional maghrébin qui regroupe la Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Libye, soulignant qu’une journée de sensibilisation devrait concerner les aspects normatifs de la migration au Maghreb, notamment la migration équitable en prenant en compte le flux de migrants ouest-africain.

Pendant quatre jours, les participants ont suivi diverses communications, notamment «Les enjeux de la mobilité pour l’emploi en Afrique et en Mauritanie», «Aperçu des normes et cadres internationaux et régionaux», «Outils de gestion et exemples d’appui technique pour la migration du travail ». Ils ont également débattu de plusieurs autres questions comme le système d’information sur la mobilité, le dialogue social, l’intermédiation publique et privée et la protection des travailleurs migrants, le cadre législatif de la migration. Ces séances ont été émaillées de travaux de groupes pour discuter du rôle des mandants et la mise en œuvre des interventions possibles et pertinents pour chaque acteur (gouvernement, patronat, syndicats, société civile).

TEMOIGNAGES

Marc Ninérola, responsable du projet Bridge en Mauritanie

«l’atelier  tombe à pic, juste au moment où le Conseil des ministres vient d’adopter le projet de loi pour la ratification de la C 143, convention capitale par rapport à la question de la migration et la promotion de l’égalité. Du point de vue du projet Bridge, cette convention est importante car certains articles portent sur les relations de travail pouvant entraîner des conditions de travail forcé, notamment l’article 2. En ratifiant cette convention, l’Etat s’attache à déterminer s’il existe des migrants illégalement employés en Mauritanie, en provenance ou en partance de la Mauritanie, ou en transit, et qui seraient susceptibles de tomber dans le travail forcé, l’exploitation ou la traite, ce qui renvoie à l’esprit de la C029 sur le travail forcé et son Protocole de 2014, sur lesquels travaille le projet Bridge ».

Ms.Lotte Kejser, Experte en migration du travail à «Free Movement of Persons and Migration (FMM) in West Africa » Abuja (Nigéria) 

«je pense que l’atelier survient à point nommé et je me félicite de l’invitation adressée par la Mauritanie aux experts internationaux, notamment ceux du BIT et du FMM que je représente, pour ces journées de sensibilisation, de coordination et de programmation. La Mauritanie avait déjà développé en 2018 un plan d’action qui est actuellement en phase de mise en œuvre et d’exécution sur la migration du travail. Ce qui est encourageant car cela prouve un très fort engagement des autorités mauritaniennes sur cette question. Je me réjouis surtout de l’implication de la CEDEAO, au sein de laquelle la Mauritanie est observateur, notamment dans le domaine de la mise en œuvre et de la planification. Nos attente sont ainsi grandes par rapport aux résultats de ces journées, ce qui augure de relations fortes avec l’espace CEDEAO qui peut appuyer la Mauritanie en lui fournissant des outils déjà prouvés dans le domaine de la migration du travail, du travail forcé, notamment le travail des enfants et de la traite, des questions fortement liées. Je suis donc très satisfaite aussi de l’engagement des autres partenaires, d’autant que l’atelier porte aussi bien sur des aspects technique que financiers».

Boubacar Sidiki Traoré, Secrétaire général du Conseil supérieur de la diaspora malienne en Mauritanie 

«Je suis très satisfait de l’atelier, car cela m’a permis de découvrir des textes de loi mauritaniens et des traités internationaux ratifiés par la Mauritanie sur les droits des travailleurs migrants. Il s’agit d’un cadre juridique qui existe, pour certains depuis très longtemps, et que j’ignorais parfaitement. Grâce à ces trois jours, j’ai pris conscience des nombreux droits dont jouissent les migrants et qu’ils méconnaissent jusque-là. Je pense qu’il faudrait diffuser ces textes et les vulgariser auprès des migrants résidant dans le pays pour que chacun puisse connaître ses droits et ses devoirs».

NGoné NDione, présidente des femmes migrantes en Mauritanie (regroupe une dizaine de nationalités ouest-africaines)

«j’ai pris connaissance de plusieurs instruments juridiques mauritaniens et internationaux de protection des migrants, notamment les travailleurs migrants et en particulier les femmes domestiques étrangères. Je me réjouis de la signature récente par la Mauritanie de la Convention 143. Si réellement les dispositions de ces textes de loi sont appliquées, les migrants vivant en Mauritanie vivront en paix et ne connaîtront plus ces nombreuses exactions qu’ils rencontrent. Les femmes domestiques souffrent le plus, car elles sont victimes de plusieurs exactions dont les plus récurrentes sont les abus sexuels sur leur lieu de travail et le refus des employeurs de les payer après deux, trois mois de salaires cumulés. Cela frappe paradoxalement des filles que des familles déplacent ailleurs, dans d’autres villes mauritaniennes. Sans salaire après plusieurs mois de travail, face à des employés souvent puissants, ces filles sont obligées de passer par des voies peu orthodoxes pour trouver de quoi payer leur voyage de retour vers Nouakchott ».

Niang Mamadou, Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM)

«mes attentes étaient surtout liées à une meilleur connaissance du programme AMEM dans sa dimension régionale et nationale et ensuite, savoir quels sont les instruments que l’on peut utiliser pour mieux faire avancer les droits des travailleurs migrants en Mauritanie. Je voulais surtout avoir une meilleure idée sur les synergies entre les différents pays pour ce qui est de la gouvernance de la migration au Maghreb, puis comment harmoniser les conventions internationales ratifiées par rapport à la législation nationale. Je me félicite dans ce cadre de la signature récente de la C 143 par la Mauritanie qui vient d’être adoptée en Conseil des ministres. Enfin, il fallait que je m’imprègne davantage  sur les outils pour mieux comprendre la gouvernance et là, nous avions eu droit à une importante communication sur les outils qui a permis à chacun de savoir quoi faire face à telle ou telle situation. En dernier lieu, je me suis davantage réjoui que les droits des travailleurs migrants sont de plus en plus considérés dans le monde, dans la sous-région et dans le pays, ce dont je me réjouis énormément».

 

Cheikh Aidara